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Dessain et Tolra


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Delphine145
  20 mai 2019
Les Rougon Macquart, tome 7 : L'assommoir de Émile Zola
A première vue, on peut se dire que cela ne nous concerne plus car le roman se passe au 19 ème siècle dans un Paris qui n'existe plus. C'est vrai que certains métiers décrits n'existent plus ou ont pris d'autres formes. Mais, il y a toujours des ouvriers du bâtiment aujourd'hui. On peut espérer que leurs conditions de travail sont meilleures... Et les constructions actuelles du Grand Paris se rapprochent des travaux immenses d'Haussmann.



Grâce à ce livre, on comprend ce que signifie travailler de ses mains, sans cesse. Les métiers décrits sont zingueurs, charpentiers, forgerons, blanchisseuses, couturières, fleuristes et aussi un métier plus rare : en rapport avec des fils d'or...mais je n'ai pas bien compris en quoi il consistait:) C'est dur, parce que Zola montre les risques du métier et aussi qu'il ne fait pas bon vivre pour les ouvriers à cette époque.



Je m'interroge sur l'évolution de ces métiers et je me dis qu'aujourd'hui tant de monde cherche à retrouver un sens à leur vie en faisant un métier manuel! Le décalage entre la vision de Zola et les désirs actuels m'interpelle et m'intéresse beaucoup.



L'alcool fait partie du quotidien de ces hommes. C'est normal et encouragé. Tout le monde boit. Pourquoi? Par ennui? Par habitude? Par virilité? C'est un plaisir simple et accessible à tous. Zola en montre les effets sur l'organisme, la psychologie et les femmes.



En effet, le grand sujet du livre c'est la place de la femme dans ce monde ouvrier. GERVAISE c'est l'héroïne du roman. On suit son destin jusqu'à la fin. Gervaise c'est une femme douce; elle fait confiance... Elle espère pouvoir vivre de son travail avec un homme à ses côtés. Elle monte sa boîte! Elle se bat, elle travaille jour et nuit! Mais il y a l'alcool qui détruit son couple. Son mari Coupeau boit de plus en plus. Elle s'en occupe. Grâce à ce roman, on s'interroge sur la condition des femmes. Les femmes s'en prennent plein la tête. Elles font tout le sale boulot sans rien dire! Elles n'ont pas le temps de se révolter... Bien sûr il y a l'alcool omniprésent! Mais est-ce seulement dû à l'alcool?

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lesmiscellaneesdepapier
  16 mai 2019
Les Misérables de Victor Hugo
Hugo m’a toujours conquise, que ce soit avec ses poèmes, Notre-Dame de Paris ou encore Le dernier jour d’un condamné. Je souhaitais m’attaquer à ce monument des Misérables mais j’appréhendais également sans pouvoir mettre de mots sur ce sentiment. Mon cousin a lu cet ouvrage et m’en a parlé avec beaucoup d’enthousiasme et cela m’a convaincue de m’y mettre.

L’ouvrage démarrait par l’histoire de Monseigneur Bienvenue, personnage inconnu de moi jusqu’alors. Son rôle est pourtant très important, car c’est lui qui donnera à Jean Valjean la graine qui donnera toute sa splendeur à sa personnalité. On découvre l’histoire de Jean Valjean, ce forçat condamné pour avoir volé une pomme afin de nourrir sa famille puis pour avoir tenté de s’échapper. Cet homme, déçu de la vie reprend un droit chemin grâce à la bienveillance de Monseigneur Bienvenue. Il devient ensuite maire de la ville de Montrouge et décide d’aider les gens pour racheter son âme.



Nous rencontrons ensuite Fantine cette innocente et attachante jeune femme abandonnée par son promis, enceinte elle est obligée de fuir. Elle décida alors de donner aux bons soins des Thénardiers sa petite Cosette. Ce couple abject détruirons Fantine par leur avidité.



Je ne poursuivrais pas le résumé pour vous laisser découvrir ce chef-d’oeuvre.



Hugo fait une dénonciation sociale très important de l’époque, des caractères et de la politique. Il condamne le traitements du peuple. La religion, sa place et son importance est également très exploitée et les réflexions nous poussent à nous interroger nous-même.



Pour l’auteur tout est sujet à approfondissement, il utilise les personnages à ses propres fins. Par exemple, il utilise une vague relation entre Thénardier et le père de Marius pour parler de Waterloo, bataille qu’il arrive à nous dépeindre avec tant de justesse que l’on s’y croirait et plus improbable dans mon cas, on s’y interesse!



Les personnages sont puissants, notamment Javert pour qui la description de ses origines et de sa mentalité est extrêmement forte.



Dans chacun de ses personnages on retrouve, le génie de Hugo dénonciateur de son temps, puissant dans le choix de ses mots et ses descriptions. Aucun personnage n’est manichéen et nous pouvons nous attacher à tous les personnages.



Enfin les relations entre les personnages sont toutes aussi fortes, la relation de Cosette et Jean Valjean est sublime, on y retrouve tout l’amour et la difficulté de cet amour paternel d’un père pour sa fille, qui résonne d’ailleurs particulièrement quand on pense à la vie de l’auteur.



Un ouvrage fort, un véritable coup de coeur qui classe définitivement Hugo dans mes auteurs préférés et Les Misérables sur le podium de mes ouvrages préférés.
Lien : http://www.lesmiscellaneesde..
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vibrelivre
  15 mai 2019
L'École des femmes de Molière
L'Ecole des Femmes

Molière

comédie en V actes et en vers 1662

classiques Bordas



La comédie présente un être que sa folie névrotique et son  besoin d'amour conformiste mettent au supplice : le sieur Arnolphe, l'odieux étouffeur d'esprit, d'esprit féminin, faut-il le préciser, pour que sa femme ne le fasse pas porteur de cornes. C'est une entreprise longuement préméditée, il achète alors qu'elle a quatre ans une fillette, Agnès, qu'il enferme par deux fois, dans un couvent et dans une éducation pervertie  qui consiste à la rendre niaise. C'est que l'obsédé du cocuage se façonne une femme, comme si elle était une, sa, chose- comme il se fabrique un nom. Il est seigneur et tient maison, maison d'intolérance. Pas de femme qui se pique d'esprit, pas de serviteurs futés, pas de visiteur mâle, jeune et pétillant.

            On peut replacer la pièce dans le sillage de Me too ou de Balance ton porc . Or ce n'est pas seulement le corps de la femme décrété public ou propriété des  prédateurs longtemps impunissables, dotés qu'ils sont de phallus et de fortune, dont il est question, mais de son esprit qu'on lui confisque à l'instar des Talibans ou d'autres obscurantistes, sans oublier la religion catholique qui a fait de la femme, formée à partir d'une côte d'Adam, un être inférieur, partant à soumettre, et impur, qu'il faut enlever au diable. N'y a-t-il pas des bréviaires où les femmes mariées sont contraintes de lire les maximes concoctées à leur usage par un directeur de conscience,  étiolé par sa religion sans amour ou surtout par l'absence d'une femme à ses côtés- et qui avalisent le pouvoir despotique de l'époux ? Si bien que les accents d'Agnès, qui, pas si bête, reconnaît sa stupidité, sonnent clairement accusateurs contre celui qui interdit son épanouissement, Arnolphe et les autres, ceux du clergé, comme ceux qui ne sont pas si sûrs de la supériorité de leur sexe.

            La maison d'Arnolphe, qui se veut absolu, et qui est effaré d'être comme les autres  cornards qui par-dessus le marché s'en accommodent, mais se pique d'aristocratie, montre, bien que désertée par l'esprit, qu'une place forte n'est jamais si bien gardée qu'elle ne puisse être ouverte par l'ingéniosité de l'homme, à la fois mâle et femme, et qu'à s'entourer de gardiens benêts et couards, mais pas si jobards qu'on le croit, elle devient inaccessible à celui qui l'a érigée. C'est un lieu d'isolement qui serait monstrueux s'il n'avait un balcon. Ses barreaux n'empêchent pas cependant le développement d'une saine intelligence qui permette à Agnès de vivre comme elle l'entend et comme un être humain. Elle sait entendre Horace, et se faire entendre de ce jeune homme décontracté, qui sacrifie tout à ses fantaisies, et qui se découvre un amour sincère pour la jeune femme devant son esprit et son habileté. Il n'en reste pas moins lâche à l'arrivée de son père, et Agnès qui l'admoneste ne lui rend pas ce qu'il n'a pas. Décidément les personnages masculins ne sont pas à leur avantage dans cette pièce.



            Mais Arnolphe, tout odieux qu'il est, émeut. Il implore Agnès de l'aimer, comme si l'amour se commandait, il doit écouter les heurs et malheurs d'un jeunot turbulent qui tourne avec succès autour de sa pupille et lui fait prendre douches chaudes et glacées, il est lâché par ses amis las de lui faire entendre raison.  Arnolphe est suffisant, sûr de lui, il s'éprouve supérieur à tous ceux qu'il croit user de compromis, quand ils veulent jouir des charmes de la vie, de l'élégance des habits et de la conversation des femmes spirituelles. Mais c'est aussi un homme que l'amour domine insensiblement quand il perd, et sent qu'il perd, celle qu'il se gardait pour lui tout seul. 

La scène finale des reconnaissances quasi miraculeuses permet à Horace et à Agnès de former un couple, laissant Arnolphe dans une solitude nourrie d'orgueil. Qui s'enferme dans le jusqu'au boutisme peut réfléchir à la voie du relatif. Cet esseulement témoigne d'une évolution fragile et déjà en marche des mœurs, la femme étant libérée non seulement d'une sujétion mais surtout d'une dépendance contre nature .

           

            Cela fait du bien de revoir ses classiques. Les souvenirs se fortifient, et surtout on voit d'autres choses, rendues plus aiguës peut-être par l'air du temps ou l'âge, et la force toujours jeune du rire.



           

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