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ISBN : 2266289187
Éditeur : Pocket (09/01/2019)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 903 notes)
Résumé :
" Un vieillard amoureux prétend épouser demain sa pupille ; un jeune amant plus adroit le prévient, et ce jour même en fait sa femme, à la barbe et dans la maison du tuteur. Voilà le fond, dont on eût pu faire, avec un égal succès, une tragédie, une comédie, un drame, un opéra, et coetera. "
C'est ainsi que Beaumarchais lui-même présente Le Barbier de Séville qui en 1775 triomphe rapidement, puis connaît un succès durable : Marie-Antoinette elle-même jouera ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  18 août 2014
Beaumarchais est l'un de ces esprits rares, aux talents multiples, qui réussissent ou peu s'en faut dans tout ce qu'ils entreprennent. Ici nous avons affaire à sa première pièce : coup d'essai ? coup de maître !
C'est vrai qu'elle n'est pas parfaite, c'est vrai qu'il a fallu que son auteur la remanie in extremis, la faisant maigrir en cinq jours de cinq actes à quatre après un premier accueil maussade. Et l'intelligence de Pierre Caron de Beaumarchais et d'avoir su percevoir ce qui était de trop, de la passer au tamis, d'en retirer les gros grains et de n'en garder que la fine fleur.
Car ce qui marque en premier, c'est la finesse de l'élocution, c'est la pétillance des personnages, c'est l'étincelance des répliques et la justesse des réparties. J'y vois une très heureuse transition entre le mordant d'un Voltaire et la légèreté du vaudeville au XIXème.
Le personnage de Figaro réinvente le type du valet rusé et truculent, l'Arlequin de Marivaux ou le Scapin de Molière. Il est pourtant encore assez discret dans ce premier opus de ce qui deviendra une trilogie et qui verra son point culminant dans le célébrissime Mariage de Figaro.
Pourquoi Beaumarchais choisit-il ce titre étonnant puisque Figaro y joue encore un rôle secondaire ? Probablement parce qu'à travers sa voix, c'est celle de son auteur qu'on entend. C'est lui l'homme au mille casquettes, horloger, maître de chant, écrivain, homme d'affaires, c'est lui le barbier de Séville, le valet des puissants, qui par son vif esprit, parvient à toujours retomber sur ses pieds et à s'élever socialement et financièrement.
Le comte Almaviva, grand notable madrilène, fatigué des beautés mondaines qui s'offrent à lui remarque un jour une jeune fille nommée Rosine qui lui semble d'une autre essence. Cependant, à peine aperçue, la jeune fille s'est volatilisée. Il mettra six mois à la retrouver, à l'autre bout du royaume, à Séville.
Ne souhaitant pas se faire aimer pour sa condition ou pour sa fortune, c'est sous l'habit d'un simple étudiant qu'il veut se présenter à elle et être aimé, si possible, pour lui-même. Mais la tâche s'annonce rude car la belle Rosine, orpheline de longue date est la pupille d'un dénommé Bartholo, vieux médecin jaloux et acariâtre, qui l'a élevée dans le but d'en faire son épouse.
D'une jalousie confinant à la paranoïa, Bartholo est continuellement aux aguets, verrouille toutes les issues et motive ses troupes à ouvrir l'oeil pour surveiller son trésor de jeune fille à marier. L'approche s'annonce donc difficile pour l'amoureux jeune comte Almaviva.
C'est alors que surgit pour lui une vieille connaissance, Figaro, qui fut son serviteur naguère à Madrid et dont il a gardé l'image d'un fripon. Celui-ci est devenu barbier ici à Séville et a ses entrées chez le docteur Bartholo, en qualités non seulement de barbier, mais aussi plus ou moins d'apothicaire et d'homme à tout faire.
Figaro acceptera-t-il de se faire graisser la patte pour apporter son concours au comte amoureux ? Profitera-t-il de l'occasion ? le vieux Bartholo, mi-docteur mi-geôlier se fera-t-il rouler ? La belle Rosine tombera-t-elle amoureuse ? Autant de questions et quelques autres encore que je laisse volontiers en suspens pour ceux qui auraient envie soit de relire, soit de découvrir l'un de nos beaux classiques du XVIIIe s.
Je m'arrête ici de mon avis tordu de peur de vous barber de ses vrilles et vous rappelle, s'il était besoin, que ça ne représente pas grand-chose.
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deidamie
  15 août 2018
« Bonjour les Babélionautes ! Aujourd'hui, faisons un peu de théâtre avec le barbier de Séville, célébrissime comédie de Beaumarchais.
-C'est le début du Mariage de Figaro, c'est ça ?
-Exactement.
Or donc, le comte Almaviva est amoureux de la belle Rosine et se déguise en homme sans fortune pour la courtiser. Hélas, la jeune fille est littéralement maintenue prisonnière par son tuteur, le vieux Bartholo, qui compte bien l'épouser quoi qu'elle en pense. L'amour va-t-il triompher des difficultés ?
-Nan mais arrête de faire genre « un suspense insoutenable », Déidamie. On sait que ça finit bien depuis le collège, depuis Molière, quoi.
-« Depuis Molière », n'exagère pas. On ne date pas de si loin, s'il te plaît.
-Et si on revenait à la pièce ?
-Mmh ? Ah oui, la pièce. Alors, le barbier de Séville est une comédie vive et spirituelle ! le confinement de Rosine oblige l'auteur à laisser une large place aux jeux de scène : il faut que les amants communiquent sans être vus par Bartholo. L'indispensable quiproquo n'est pas oublié et ajoute une tension dramatique à une intrigue qui aurait été trop linéaire sinon : bien joué, M. de Beaumarchais !
-Moué. Moi, j'ai été désappointée.
-Désappointée ? M'enfin ! Ce titre compte parmi nos plus brillants classiques de la littérature !
-Sans doute, mais j'ai trouvé qu'il ne souffrait pas la comparaison avec le mariage de Figaro, plus vif, plus alerte, plus percutant. Je m'attendais à davantage de dénonciation dans l'humour. De la même façon que Marcelline et Figaro plaident leur cause d'une voix poignante dans le Mariage, j'espérais que Rosine dénonce l'enfermement des jeunes filles, harcelées par des vieillards égoïstes et libidineux. Elle se révolte comme elle le peut, certes, elle envoie quelques phrases bien senties à l'égard de Bartholo, consciente que sa situation s'apparente davantage à celle d'une esclave prisonnière qu'à celle d'une femme respectée.
En revanche, j'ai adoré Bartholo.
-Bartholo ?! le méchant de l'histoire ?
-Oui. Il est montré comme ridicule, lourdaud, stupide et pourtant il est parvenu à me glacer de dégoût. La façon dont il poursuit Rosine, de la considérer comme sa chose, sa propriété dont il va user et abuser a éveillé chez moi répugnance pour le personnage et admiration pour le portraitiste.
Il existe en effet des hommes pour lesquels aimer signifie « être propriétaire de » ; ils ne supportent pas que leur partenaire ait une existence propre. Ses plaintes ne m'émeuvent pas, ne me touchent pas : elles ne constituent jamais que l'auto-apitoiement d'un pervers, fictif, mais hélas trop vrai.
Cependant, il manque à cette pièce un soupçon de révolte sous la comédie, une louchée d'émotion sous la farce : c'est pourquoi j'ai préféré le mariage de Figaro, à la fois drôle et émouvant. »
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lecassin
  02 février 2019
Une lecture qui ne m'a pas été imposée au collège, bien qu'il s'agissait d'une possibilité offerte par le programme de l'époque… Lu à l'âge adulte, et grandement apprécié.
A l'époque de la création de la pièce en 1775, Marivaux a déjà écrit « le jeu de l'amour et du hasard », avec laquelle, je trouve pour « le mariage de Figaro », comme une parenté, une filiation : on se travestit pour s'assurer que l'aimée fera son choix, non pas par l'attrait de la condition sociale et de la fortune du prétendant, mais bien par ce qu'il est vraiment.
Le comte Almaviva tombe sous le charme de Rosine. Afin de tester les véritables aspirations de la jeune fille, il se présente à elle en étudiant … Il faudra néanmoins compter avec la jalousie et les manigances de Bartholo dont elle est la pupille : il entend bien l'épouser, lui, le médecin…
Et le barbier de Séville, dans tout ça ? C'est Figaro, un ancien serviteur du Comte ; il a ses entrées dans la maison de Bartholo, où il officie en tant que barbier…
Une pièce qui se lit d'une traite. C'est fluide, c'est brillant, truffé de traits d'esprit. En un mot comme en cent : un indispensable à tout amateur de théâtre, en général et du XVIII ème siècle en particulier.
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AMR
  25 février 2019
Depuis mon inscription sur Babelio, je prends plaisir à replonger dans d'anciennes lectures et je retrouve toujours avec plaisir mes prises de notes de l'époque afin d'en publier un petit billet.
Ainsi, je relis le Barbier de Séville de Beaumarchais, une pièce de théâtre comique qui fait partie de nos incontournables classiques du XVIIIème siècle.
Avant d'écrire le Barbier de Séville, Beaumarchais était connu à partir de 1760 pour ses « parades du théâtre de société » ; à l'origine, les « parades » étaient des pièces courtes et drôles que l'on jouait dans les fêtes foraines, un genre populaire, outrancier et caricatural. Peu à peu, des codes ont été élaborés pour obéir aux goûts de l'élite de la société et aux exigences des petits comités choisis devant lesquels elles étaient jouées. Beaumarchais proposait donc des saynètes à l'intrigue minimaliste et aux personnages stéréotypés, sans analyse psychologique ni but moral, organisées à partir de jeux de mots et d'allusions lestes et scabreuses sans cependant tomber dans la grossièreté ou l'obscénité. Puis, comme Diderot, il est passé au drame bourgeois et enfin à la théorie littéraire vers 1767.
On retrouve quelques-unes des caractéristiques de la parade du théâtre de société dans le Barbier de Séville, qui a d'abord été un intermède, puis un opéra-comique avant de devenir la pièce comique définitive jouée pour la première fois en 1775.
Le Barbier de Séville revisite de manière novatrice une intrigue très conventionnelle servie par les personnages-types traditionnels du genre comique : un vieux barbon veut se marier avec sa pupille, une jeune et belle ingénue, mais l'amant de celle-ci parvient à l'épouser avant grâce à l'aide de son valet.
C'est surtout le personnage du valet qui est mis à l'honneur et enrichi : il est non seulement rusé, intrigant et cupide mais il a aussi une véritable épaisseur sociologique et romanesque, un parcours et un vécu qui va au-delà de la pièce. Il est à la fois barbier, apothicaire, chirurgien, auteur dramatique méconnu, le représentant en quelque sorte des gens de lettres désargentés de la bohème littéraire. Dès la deuxième scène, il fait le récit de sa vie passée qui n'apporte rien à l'intrigue à venir mais étoffe son personnage. Quand on pense à cette pièce, c'est souvent une citation de Figaro qui vient à l'esprit : « je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer » (acte I, scène 2).
En outre, contrairement aux usages, Bartholo est particulièrement rusé et difficile à manipuler ; rien ne lui échappe. Il symbolise tout ce qui est contraire à l'esprit des Lumières, dans sa posture autoritaire et supérieure.
Le Comte Almaviva doit beaucoup payer de sa personne, se déguiser par exemple, et ne pas se contenter de profiter des ficelles mises en place par son valet pour parvenir à ses fins.
Rosine, enfin, prend des initiatives et nous parle de la condition des femmes, toujours considérées comme mineures et dépendantes de l'autorité masculine.
En effet, tout cela déroge un peu si l'on considère les codes habituels de la comédie où les barbons ne sont pas très malins, les jeunes amoureux sont plutôt ternes et les ingénues restent à leur place. Beaumarchais, tout en gardant le canevas d'origine, brode une pièce plus complexe qu'il n'y paraît. Il joue également avec les espaces, entre une rue de Séville et la maison de Bartholo dont la frontière est symbolisée par la fameuse jalousie, un dispositif de fermeture de fenêtre au travers duquel on pouvait voir sans être vu.
Beaumarchais renouvèle la grande comédie, amusante et de bon goût, en crise depuis 1730.
Sa pièce est avant tout gaie et optimiste ; son comique n'est pas cruel mais lié aux jeux de l'enfance, à l'insouciance et à la vitalité d'une innocente jeunesse pour laquelle rien n'est impossible : « quand la jeunesse et l'amour sont d'accord pour tromper un vieillard, tout ce qu'il fait pour l'empêcher peut s'appeler à bon droit la précaution inutile » (acte IV, scène 8).
L'ensemble est très vivant, particulièrement dynamique dans la mise en scène et dans la rapidité des répliques, les interruptions, la manière dont parfois les acteurs semblent s'adresser aux spectateurs, les prendre à témoin dans une recherche de proximité et de complicité.
Certains bons mots méritent d'être cités car ils portent la réflexion bien au-delà de la situation jouée : « aux vertus qu'on exige dans un domestique, votre excellence connaît-elle beaucoup de maître qui fussent dignes d'être valets ? » (acte I, scène 2). Beaumarchais recherche une véritable connivence avec les spectateurs en mêlant à son intrigue des réflexions sur l'actualité et les polémiques de son époque.
Je conseille évidemment la lecture de la fameuse « lettre modérée » dans laquelle l'auteur présente sa pièce au lecteur, véritable préface donnée dans la plupart des éditions, qui reprend les tenants et aboutissants et le contexte de cette oeuvre. Beaumarchais y revendique à la fois « une pièce légère, amusante et sans fatigue » et « une espèce d'imbroille » c'est à dire une oeuvre pleine d'imbroglios, à l'intrigue compliquée.
Et, naturellement, il faut lire aussi le Mariage de Figaro et La Mère coupable qui reprennent et développent certaines thématiques comme la condition des femmes et les abus de pouvoir.

Un grand plaisir de relecture et de souvenir d'études.
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sebbys
  18 janvier 2013
Une pièce très agréable à jouer avec des personnages parfois surprenants. L'humour du Figaro est parfois étonnant. La mise en scène de cette pièce n'est pas vraiment compliquée à faire. Les metteurs en scène ont souvent beaucoup d'idées pour les différentes scènes.
Il y a toutefois peu de personnages dans cette pièce contrairement au Mariage du Figaro où les personnages sont beaucoup plus nombreux. Beaumarchais m'a surpris à certains endroits de la pièce car certaines répliques sont débordantes de culot. C'est dommage que Le Figaro s'efface tant dans les actes deux et trois. Il est en revanche très présent dans l'acte un aux côtés du Comte.
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Citations et extraits (77) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   16 août 2014
BAZILE : La calomnie, Monsieur ! Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens près d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse !… D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait ; il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil. Elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?

Acte II, Scène 8.
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Nastasia-BNastasia-B   10 septembre 2014
LA JEUNESSE : Y a-t-il de la justice ?…
BARTHOLO : De la justice ! C’est bon entre vous autres misérables, la justice ! Je suis votre maître, moi, pour avoir toujours raison.
LA JEUNESSE (éternuant.) : Mais, pardi, quand une chose est vraie…
BARTHOLO : Quand une chose est vraie ! Si je ne veux pas qu’elle soit vraie, je prétends bien qu’elle ne soit pas vraie. Il n’y aurait qu’à permettre à tous ces faquins-là d’avoir raison, vous verriez bientôt ce que deviendrait l’autorité.

Acte II, Scène 7.
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Nastasia-BNastasia-B   23 août 2014
FIGARO : Voyant à Madrid que la république des lettres était celle des loups, toujours armés les uns contre les autres, et que, livrés au mépris où ce risible acharnement les conduit, tous les insectes, les moustiques, les cousins, les critiques, les maringouins, les envieux, les feuillistes, les libraires, les censeurs, et tout ce qui s’attache à la peau des malheureux gens de lettres, achevait de déchiqueter et sucer le peu de substance qui leur restait ; fatigué d’écrire, ennuyé de moi, dégoûté des autres, abîmé de dettes et léger d’argent ; à la fin convaincu que l’utile revenu du rasoir est préférable aux vains honneurs de la plume, j’ai quitté Madrid ; et, mon bagage en sautoir, [...] aidant au bon temps, supportant le mauvais ; me moquant des sots, bravant les méchants ; riant de ma misère, et faisant la barbe à tout le monde, vous me voyez enfin établi dans Séville.

Acte I, Scène 2.
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OrpheaOrphea   25 mai 2010
FIGARO -- C'est mon bon ange, Excellence, puisque je suis assez heureux pour retrouver mon ancien maître. Voyant à Madrid que la République des Lettres était celle des loups, toujours armés les uns contre les autres, et que, livrés au mépris où ce risible acharnement les conduit, tous les insectes, les moustiques, les cousins, les critiques, les maringouins, les envieux, les feuillistes, les libraires, les censeurs, et tout ce qui s'attache à la peau des malheureux gens, achevait de déchiqueter et sucer le peu de substance qui leur restait ; fatigué d'écrire, ennuyé de moi, dégoûté des autres, abîmé de dettes et léger d'argent ; à la fin, convaincu que l'utile revenu du rasoir est préférable aux vains honneurs de la plume, j'ai quitté Madrid, et, mon bagage en sautoir, parcourant philosophiquement les deux Castilles, la Manche, l'Estramadure, la Sierra-Morena, l'Andalousie ; accueilli dans une ville, emprisonné dans l'autre, et partout supérieur aux événements ; loué par ceux-ci, blâmé par ceux-là ; aidant au bon temps, supportant le mauvais ; me moquant des sots, bravant les méchants ; riant de ma misère et faisant la barbe à tout le monde ;vous me voyez enfin établi dans Séville et prêt à servir de nouveau Votre Excellence en tout ce qu'il lui plaira m'ordonner.
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Nastasia-BNastasia-B   02 septembre 2014
ROSINE (chante) : Quand, dans la plaine
L’amour ramène
Le printemps
Si chéri des amants,
Tout reprend l’être,
Son feu pénètre
Dans les fleurs
Et dans les jeunes cœurs.
On voit les troupeaux
Sortir des hameaux ;
Dans tous les coteaux
Les cris des agneaux
Retentissent ;
Ils bondissent ;
Tout fermente,
Tout augmente ;
Les brebis paissent
Les fleurs qui naissent ;
Les chiens fidèles
Veillent sur elles.

Acte III, Scène 4.
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Video de Beaumarchais (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Beaumarchais
Beaumarchais, agent secret au service de Louis XVI .Avec ces nouveaux "Secrets d?Histoire", Stéphane Bern révèle les extraordinaires destins de personnages aux existences tumultueuses, aux parcours aussi surprenants que fascinants. http://www.albin-michel.fr/ouvrages/secrets-d-histoire-tome-7-9782226325013
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