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Dernières critiques
krzysvanco
  19 septembre 2020
Poltava - Le Cavalier de bronze de Alexandre Pouchkine
Ces deux poèmes d’Alexandre Pouchkine ont un point commun, le tsar Pierre le Grand de Russie.



1. Poltava

Le premier, Poltava, du nom de la bataille décisive de 1709 qui vit le tsar l’emporter sur Charles XII, roi de Suède s’attache principalement au hetman Ivan Zapeta, à la tête des Cosaques alliés à la Suède.

Contrairement à Victor Hugo, à Lord Byron, aux peintres Delacroix et Vernet, Zapeta est ici représenté sous un jour peu flatteur : c’est un fourbe, traitre à son tsar, il est pervers car amoureux de Maria, beaucoup trop jeune pour lui, il est le bourreau du père de sa maîtresse. Les seuls traits d’humanité que lui laisse Pouchkine se trouvent dans son amour pour Maria...

L’on retrouve ici le très ancien antagonisme russo-ukrainien, Zapeta s’étant allié à la Suède pour donner à l’Ukraine son indépendance. Pouchkine est Russe et ne peut admettre sa trahison.

Pouchkine décrit la bataille de Poltava de manière vivante.

Ce poème se lit comme de la prose, et une prose dotée de rythme et de musicalité, avec un langage sobre ; on en oublie que ce texte a près de 200 ans..

Je viens de le relire après sept années et son charme opère toujours !



2. Le Cavalier de bronze

Saint-Pétersbourg a été imaginé, voulu et construit par la volonté du tsar Pierre le Grand.

Le poème débute par un tableau idyllique de la ville. - « la jeune cité, merveille des terres boréales » - Pouchkine nous fait voir ses palais, ses quais où accostent des vaisseaux du monde entier, ses jardins, ses patineurs, ses bals

Cette quiétude change ensuite : les eaux de la Néva jaillissent et inondent la ville. Le jeune Eugène, amoureux de Paracha est pauvre et fait des projets d’avenir. Devant l’inondation, il s’inquiète du sort de sa bien-aimée et part à sa recherche. Il sera trop tard. Sa vie n’a plus de sens, il voit la statue de Pierre le Grand et l’invective puis imaginant celui-ci le poursuivre, perd la raison.

Ce second poème est beaucoup plus court, sa structure est remarquable, un andante pour débuter, un mouvement rapide ensuite pour se terminer par une finale enfiévrée.

C’est ici une critique de l’œuvre du tsar.

À nouveau, le style est sobre et le rythme très présent.



J’ai adoré !













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ben75011
  19 septembre 2020
Les Petrov, la grippe, etc. de Alexeï Salnikov
Sans dévoiler aucune intrigue, on peut dire que dans ce bouquin, il ne se passe rien. Ou presque. Sinon le quotidien d'une petite famille russe, dans les membres, tour à tour, se voient atteints par le virus de la grippe.



C'est d'ailleurs, tout le charme de ce roman. Beaucoup de description, j'ai beaucoup aimé vivre dans la peau de cet enfant de 8 ans, tout découvrir avec ses yeux.



Pendant quelques heures de lecture, on se retrouve plongé dans leurs vies, forcément, un peu romancé, avec pour fil conducteur le froid, et la grippe.
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Bookycooky
  14 septembre 2020
Brisbane de Evguéni Vodolazkine
Brisbane, une ville d'Australie, “Dans notre famille on pensait que là-bas, c'est le paradis”. La famille c'est Fiodor, ukrainien, sa femme Irina, russe, la grand-mère maternelle Antonina Pavlovna et Gleb le fils, notre protagoniste, devenu quarante ans plus tard musicien mondialement acclamé. La rencontre sur un vol Paris-Leningrad de l'écrivain russe Sergueï Nesterov qui lui propose d'écrire sa biographie va lui donner l'occasion de remonter le cours de sa vie, alors qu'une rude Épreuve l'attend au tournant de son existence.



Alternant les années 70 de son enfance en Ukraine racontées à la troisième personne du singulier, rapportées par Nesterov, et les années 2012 et plus, où il est le narrateur, Gleb Ianovski devenu musicien de renommée mondiale, parcourant le globe, nous plonge dans un récit emmitouflé dans la musique. Étonnant parcours, d'une enfance ukrainienne compliquée, dorlotée par une mamie aimante et intelligente, une maman souvent absente et un papa remarié, où la musique va s'ingérer doucement, à une vie de musicien virtuose adulé, marié, mais non moins compliquée à Munich, quarante ans plus tard. Face à l'Épreuve, Gleb va y opposer une puissante volonté de vivre, puisant sa force dans un passé et un présent où la parole remplacera la musique pour vaincre la peur de ce qui nous attend tous, "Gleb prit conscience que la mort ne mettait pas seulement fin à une belle vie : elle rendait absurde ce qu'on avait déjà vécu et atteint."..... Absurde, oui , et pourtant...



Vous en raconter plus serait gâcher ce récit intéressant, à l'humour discret mais subtil, à la très belle prose concise et délicate, où chaque mot est à sa place. Les personnages sont nombreux et haut en couleurs, les anecdotes sans exception interessantes avec de nombreux rebondissements et de belles réflexions qui sont au coeur du livre, sur la précarité de la Vie et la crainte de la mort, dont celles de Mefodi, le grand-père de Gleb, ".....du point de vue de l'éternité il n'y a ni temps ni direction. Donc la vie n'est pas un moment du présent, mais tous les moments que tu as vécus.....l'avenir..en vérité il n'existe pas.....c'est un monceau de rêveries. Ou, encore pire : d'utopies : pour les réaliser on sacrifie le présent."

Un auteur déjà connu sur Babelio, mais dont je croise la route pour la première fois, mais non la dernière. Un livre de la rentrée littéraire à conseiller à tous les curieuses et curieux de la Littérature Russe Contemporaine. Un beau roman avec une fin touchante et un post-scriptum surprenant.





"......rien ne prolonge aussi efficacement la vie que le sentiment d'être utile."

"La musique idéale- c'est le silence."

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