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Velta Skujina (Traducteur)
EAN : 9782845450790
267 pages
Éditeur : Editions des Syrtes (17/04/2003)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 21 notes)
Résumé :

«Je suis née au goulag le 22 décembre 1952 au village de Togour, district de Kolpacbevo, région de Tomsk. Deux fois par mois, mes parents devaient obligatoirement se rendre à la komendatoura pour pointer.

Ainsi, les instances de surveillance soviétiques s'assuraient que les déportés n avaient pas quitté arbitrairement le lieu de relégation qui leur était assigné. Mes parents n ont pas voulu offrir d'autres esclaves au pouvoir soviétique, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
ivredelivres
  28 novembre 2010
La lecture de Purge de Sofi Oksanen m'a bien sûr énormément plu, par delà ce roman j'ai voulu en savoir un peu plus sur cette histoire des Pays Baltes, le livre de Sandra Kalniete" En escarpins dans les neiges de Sibérie" est venu m'éclairer et du même coup apporter un complément bienvenu au livre de Sofi Oksanen.
Deux petits pays qui ont vécu des tourments identiques et ont retrouvé leur liberté au début des années 90. Ce que Sofi Oksanen a si bien su rendre dans son roman qui se déroule en Estonie trouve un écho très fort dans le récit familial de Sandra Kalniete qui lui vient de Lettonie.
Pour mieux comprendre ce qui s'est passé dans ces pays une carte des années 20 qui montre les deux pays pris en étau entre l'Allemagne belliqueuse et expansionniste et la Russie soviétique prête à faire main basse sur la Pologne, la Finlande et les Pays Baltes
La Lettonie connaît quelques années d'indépendance pendant lesquelles le niveau de vie croît, la vie est douce, la jeunesse studieuse (le plus fort taux d'étudiants de l'Europe de cette période).
La signature du Pacte Germano-Soviétique va marquer la fin de cette indépendance et pendant 50 ans les Pays Baltes vont connaître invasions barbares et oppression politique sous le joug communiste.
Ce sont trois vagues qui vont se succéder : L'URSS occupe les territoires sitôt le Pacte signé, la population subit une première vague d'arrestations, exécutions, déportations. Les familles, les individus sont convoyés vers la Sibérie, vers des camps de travail ou des Kolkhozes.
Dans son livre Sandra Kalniete décrit le martyr de son grand-père maternel qui mourra en captivité, de sa grand-mère et de sa mère déportées toutes deux. Elles vont devoir survivre aux maladies, au travail forcé, à l'absence de nouvelles du reste de la famille, et surtout à la terrible famine qui va les accompagner les 10 premières années de cet exil forcé.
Elle décrit la joie qui nous parait stupéfiante, lors de l'occupation allemande car pour les Lettons tout valait mieux que les communistes. Une partie de la population collaborera comme dans tous les pays envahis et une partie de la population masculine sera contrainte de rejoindre les rangs de l'armée allemande pour combattre sur le front russe.
C'est lors de la déroute allemande et de la nouvelle invasion soviétique que la famille de son père est arrêtée et déportée.
La mère de l'auteur Ligita et son père Aivars se rencontrent en Sibérie,
Elle n'aura ni frère ni soeur « Nous n'enfanterons plus d'esclaves » décidèrent ses parents lorsque la police leur demanda d'inscrire leur fille bébé sur la liste des déportés.
La mort de Staline apporte quelques améliorations à la vie des prisonniers mais il faut attendre 1957 pour que la famille soit autorisée à rentrer en Lettonie.
Sandra Kalniete s'engage dans le combat politique et la lutte pour l'indépendance de la Lettonie dans les années 80. Ce n'est qu'en 1994 que tous les membres de sa famille seront définitivement réhabilités.
J'ai aimé ce témoignage qui éclaire une période très sombre dans ces pays, on sent dans le récit l'incompréhension devant l'inertie des alliés à la fin de la guerre face à l'URSS toute puissante, les peuples de ces pays se sentent les oubliés de l'histoire.
Sur certains sites j'ai trouvé des réactions sévères à ce livre et Sandra Kalniete est accusée comme le gouvernement Letton de faire silence sur le sort des juifs de Lettonie et sur une adhésion au fascisme des habitants.
On sait que le sort des juifs dans les Pays Baltes fut terrible et Sandra Kalniete y fait quelques brèves allusions mais défend le peuple Letton sur ce sujet. Ceci n'enlève rien à la réalité du sort de sa famille tant paternelle que maternelle.
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Commenter  J’apprécie          30
Fuyating
  15 mars 2020
Le destin de la famille de l'auteure est terrible !
Plus qu'une biographie, cette oeuvre de Sandra Kalniete est une mine d'or d'informations sur l'occupation de la Lettonie par l'URSS et la tragédie vécue par les Lettons. L'auteure s'appuie sur une bibliographie solide qu'elle cite en bas de pages pour étayer ses propos, donnant ainsi également à son ouvrage une valeur historique.
Ce livre est donc très intéressant pour en découvrir plus sur ce pays que je connaissais très peu et sur les horreurs ayant eu lieu là-bas, notamment avec les pertes de liberté, les abus de pouvoir, les massacres et les déportations abusives d'innocents, dont des enfants et des vieillards, les envoyant à une mort certaine. Sandra Kalniete insiste sur l'hypocrisie du communisme et des décisions mises en place, notamment sur l'importance de remplir les quotas pour être bien vus, quitte à déporter des personnes n'ayant rien fait. Elle souligne également le côté inhumain à envoyer des gens loin de chez eux, avec très peu pour survivre,
Une chose m'a également marquée : l'auteure est attristée de voir les Lettons traités de fascistes par des personnes ne cherchant pas plus loin les raisons du comportement des gens : ils ont acclamé l'arrivée des Allemands, pensant ainsi être libérés du joug russe, après avoir vécu une année très difficile d'occupation. Avec l'arrivée des Nazis, le peuple pensait reprendre leur indépendance, et ont donc manifesté leur joie. Mais ils ont vite déchanté par la suite, puisque les Allemands n'étaient pas mieux que les Russes... et idem, à la fin de la guerre, ils ont de nouveau étaient occupés. Quelle tragédie !
J'ai donc trouvé ce récit très instructif et assez touchant. L'auteure a beaucoup de tendresse pour sa famille et nous le ressentons dans son écriture. Comment ont-ils pu survivre à tour cela ? J'ai beaucoup aimé les lettres écrites par les membres de sa famille que Sandra Kalniete a inséré dans sa narration.
J'ai eu un tout petit peu de difficultés à me repérer dans les noms et les liens familiaux au début, mais je me suis habituée.
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Parthenia
  08 décembre 2015
J'ai grandi à la fin de la Guerre froide, et le mot "goulag" m'est familier car mes parents l'employaient pour parler des opposants soviétiques et de leur famille qui étaient envoyés en Sibérie pour y vivre dans des conditions très difficiles sans espoir de retour.
Et c'est ce thème que le livre aborde. L'auteure, Sandra Kalniete, est née dans un camp de relégation et retrace dans ce livre l'expérience aussi douloureuse qu'inhumaine qu'a subie ses parents et ses grands-parents maternels et paternels à la suite d'une arrestation et d'une accusation aussi mensongère qu'arbitraire, en s'appuyant sur les archives soviétiques, des ouvrages d'historiens, et bien sûr les lettres et témoignages des membres de sa famille.
J'ai trouvé également intéressant d'en découvrir davantage sur l'histoire de la Lettonie. Pour être tout à fait franche, je ne connais pratiquement rien aux pays baltes, étant née au moment où ils n'étaient que des satellites de l'U.R.S.S.
J'ai ainsi appris que les Bolcheviks, lors de la 1ère Guerre mondiale, avaient installé des bases soviétiques en Lettonie où ils avaient perpétré de telles horreurs que les Lettons accueillirent les Allemands en 1941 comme des libérateurs. Les Soviétiques se servirent ensuite de cet épisode pour présenter auprès du reste de l'Europe à la fin de la Seconde Guerre mondiale les Lettons comme des fascistes et des antisémites.
Juste avant l'invasion allemande, une première grande déportation est préparée en grand secret par les Bolcheviks, provoquant la surprise des Lettons qui, ayant toujours vécu dans un état de droit, ne pouvaient imaginer l'arrestation d'innocents.
” Amis, connaissances et personnalités en vue disparaissaient. Une tension vigilante se lisait sur les visages. Les rires s'éteignaient ; le poison de la méfiance mutuelle, telle une araignée, tisait une toile qui engluait tout le pays.
(page 34)
En juin 1941, Ligita, la mère de l'auteure, et Emilija, sa grand-mère, sont arrêtées en pleine nuit, quelques jours avant le bal du lycée (les escarpins du titre sont ceux offerts par le frère de Ligita pour cette occasion). Elles sont rejointes par Janis, le grand-père, débusqué dans leur maison de campagne.
On assiste aux conditions inhumaines de leur longue déportation (les Bolcheviks n'ont rien à envier aux nazis) : parquage dans des wagons à bestiaux, promiscuité, épidémie, mort, etc...
A leur arrivée en Sibérie, les femmes sont séparées du chef de famille (Ligita n'apprendra la mort de son père qu'en 1999 alors que le décès était survenu à peine quelques mois après son arrestation). L'auteure nous livre un témoignage terrifiant et poignant sur leurs conditions de vie (ou plutôt de survie) : les corps, affaiblis par la malnutrition et l'absence d'hygiène, sont décharnés, couverts d'abcès purulents, de poux et de vermine. Les seuls vêtements qu'ils portent sont ceux qu'ils avaient sur le dos au moment de leur arrestation et se sont transformés en haillons incapables de les préserver du froid sibérien. Les déportés sont tellement affamés qu'ils n'hésitent pas à manger des charognes de cheval ou des rats crevés.
L'auteure nous décrit "un monde où les souffrances, la famine et la mort étaient quotidiennes" (page 159).
En 1946, un colis de victuailles,de vêtements et de draps envoyé par la famille rescapée les sauvent d'une mort certaine. Les femmes ne peuvent compter sur une amélioration de leurs conditions de vie car elles sont régulièrement transférées d'un lieu de relégation à un autre, leur faisant abandonner leur potager si durement acquis.
Bref, la lecture de ce livre est parfois insoutenable, toujours révoltante. On se demande comment des êtres humains ont pu participer à l'élaboration puis au maintien et au contrôle de ces déportations qui rabaissaient d'autres êtres humains au rang d'animaux. D'autant que la plupart étaient des innocents condamnés arbitrairement comme "ennemi de classe" dans une mascarade de justice, et qu'ils entraînaient dans leur chute toute leur famille.
Lien : http://parthenia01.eklablog...
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Chabe37
  26 décembre 2018
Ce témoignage m'a permis de découvrir une partie de la seconde guerre mondiale dont je ne connaissais rien : la déportation des Lettons au beau milieu de la Sibérie si hostile et implacable, dans des conditions de vie ignobles.
Et d'ailleurs plus largement une partie de l'histoire de la Lettonie.
Le livre est très bien écrit, tout en pudeur.
Parfois il est judicieux de se reporter à l'arbre généalogique de la famille pour ne pas se perdre dans les noms. Certains passages sont denses avec des annotations longues qui nécessitent une certaine concentration.
Un récit bouleversant et poignant, on se demande parfois comment on peut survivre dans de telles conditions. J'ai été très émue à certains passages.
Je recommande vivement.
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lcath
  01 juin 2020
Plus qu'un roman, c'est un témoignage sur la famille de l'auteure et sur l'histoire de la Lettonie au XXe siècle.
Un coup sous la coupe des Soviétiques, un coup sous celle des Allemands pour retourner sous domination soviétique, la Lettonie, comme les autres pays baltes n'a pas été ménagée. La population a forcément payé cher, très cher, ces différentes mises sous tutelles. Cela m'a renvoyé à "Purge" de Sofi Oksanen.
Main d'oeuvre gratuite, les Lettons ont été envoyé dans les camps de Sibérie comme tant d'autre peuples des républiques"soeurs" et l'enfer du Goulag recommence version lettone, froid, faim, coups, mépris, exploitation, usure des corps et des esprits...
Il manque à ce livre une qualité littéraire qui le rendrait plus attachant, plus émouvant mais sa valeur de témoignage mérite la lecture. Les petits pays baltes ont une histoire extrêmement douloureuse et je comprends la volonté d'être dans l'union Européenne et la peur,toujours présente, de leur belliqueux voisin.
Lien : http://theetlivres.eklablog...
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
GuyMontagGuyMontag   20 août 2018
Les opinions des soviétiques et des nazis divergent uniquement sur « la solution
finale ». La plus grande préoccupation du Reich était de savoir de quels moyens se doter pour
accroître l’efficacité de la machine à tuer, afin d’exterminer le plus de personnes possible dans un
délai très court. Les tchékistes soviétiques, eux, pouvaient se permettre le luxe d’expérimenter
combien de temps un ennemi de classe arrivait à survivre dans des conditions extrêmes ! Et quelle
aubaine, un tel essai ne coûtait pratiquement pas un sou à l’État ! Au contraire ! Car tant que
le « contingent » était vivant, il travaillait. Les uns étaient donc occupés à vider une Europe
« surpeuplée », tandis que les autres pouvaient opportunément, sans entraves et en catimini,
investir les immensités infinies de la Sibérie. Seul problème pour le pouvoir soviétique : en dépit
des conditions inhumaines qu’ils avaient imaginées avec tant de « générosité », une partie des
relégués spéciaux réussissaient quand même à survivre. Il fallait donc reléguer à vie.
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AllilyAllily   15 octobre 2018
La cour martiale siégeait à huis clos, comme il se doit pour un tribunal soviétique, avec des juges, un procureur et, à ma grande surprise, un avocat. En tout, trente et un témoins avaient fait des dépositions. Le procès se déroulait en russe, alors que la plupart des accusés étaient incapables de le comprendre. Les serviteurs de Thémis -  le major Ragoulov, le lieutenant Oleinikov et le lieutenant Levan - devaient certainement s'ennuyer ferme. Ce n'était pas la première fois qu'ils devaient incarner des juges intègres. Les rôles étaient distribués à l'avance, il n'y aurait donc aucune surprise. 
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Agate03Agate03   30 mai 2020
Mes parents se sont rencontrés en Sibérie et se sont mariés le 25 mai 1951. Je suis née le 22 décembre 1952 au village de Togour, district de Kolpachevo, région de Tomsk. Deux fois par mois, mes parents devaient obligatoirement se rendre à la "komendatoura" pour pointer. Les instances de surveillance soviétiques s'assuraient ainsi que les déportés n'avaient pas quitté arbitrairement le lieu de résidence qui leur était assigné. Un mois après ma naissance, mon père dut m'enregistrer pour la première fois _ j étais destinée à la captivité, moi aussi. Mes parents n'ont pas souhaité offrir d'autres esclaves au pouvoir soviétique. Je n'ai eu ni frère ni soeur. Nous sommes rentrés en Lettonie le 30 mai 1957.
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FuyatingFuyating   15 mars 2020
Il aurait été beaucoup plus simple de ne pas faire semblant et de massacrer les gens que d'accumuler ces montagnes de paperasserie. Cependant, on ne sait pour quelles raisons, le Code de procédure pénale soviétique a été scrupuleusement respecté. Cela donne aux évènements un côté tragiquement grotesque. Arraches illégalement à leurs foyers, séparés de force de leurs familles, réduits à la famine, les déportés devaient de surcroît se prêter à une parodie de justice.
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GuyMontagGuyMontag   18 août 2018
Les héritiers de Staline n'ont toujours pas compris que les mots communisme et terreur forment un tout indissociable.
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>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie générale et généalogique (557)
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