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Dernières critiques
lebelier
  20 septembre 2021
Dévotion de Patti Smith
Dans ce recueil qui n’est ni un journal, ni vraiment un récit de voyage, Patti Smith note ses recherches personnelles, raconte ses fantômes préférés(Simone Weil, Albert Camus…) et son amour d’une certaine culture française.

Au milieu du livre, se trouve une espèce de nouvelle cruelle, l’histoire d’une patineuse entretenue par un homme plus vieux et, bien sûr, très riche qu’elle finit par détester, sorte d’allégorie des rêves brisés lorsque le temps passe comme la fonte des glaces. Cette histoire porte le nom de « Devotion » (Dévouement), inscription que Patti Smith vit un jour sur une stèle dans le cimetière de Sète, alors qu’elle est à la recherche de la tombe de Valéry, sur laquelle était inscrit le mot « dévouement » et qui rendait hommage à une jeune fille qui aimait les chevaux. Elle en demanda la traduction exacte à son accompagnateur et voilà.

L’ouvrage s’achève par une visite dans la maison de Camus à Lourmarin et une réflexion sur le pourquoi de l’écriture.

Des feuillets écrits dans le train closent le livre mais ils sont difficilement lisibles.

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isabelledesage
  19 août 2021
Dévotion de Patti Smith
«Tout ce que contient ce petit livre est vrai, et écrit exactement tel que ça s'est passé. Son écriture m'a tirée de mon étrange torpeur et j'espère que dans une certaine mesure, il emplira le lecteur d'une joie vague et singulière » (Glaneurs de rêve) 



Ces phrases qui ouvrent l'oeuvre ressemblent étrangement à celles scellant un pacte autobiographique. Mais, si Patti Smith fait de sa propre expérience « la matière » de ses livres, Glaneurs de rêve et Dévotion ont pour points communs un questionnement sur l'inspiration et le désir d'écrire.

Ainsi, dans ces deux ouvrages, Patti Smith recourt à son histoire personnelle de façon très réaliste, l'auteur prenant la parole à la première personne et s'adressant parfois au lecteur, avant de rédiger une fiction, récit ou poésie. Patti Smith fait de ses livres des objets littéraires dans le sens où l'intertextualité y est omniprésente grâce aux différents documents inhérents et constitutifs des oeuvres qui apparaissent sous la forme de photographies diverses, d'extraits de poésies, de manuscrits  : ceux-ci élargissent l'univers dans lequel le lecteur s'aventure et le guident, tout d'abord par des repères précis, lieux ou dates, avant de le perdre, au gré des mots et de la multiplicité des images qui résonnent en chacun de nous, comme à la lecture des poésies de Rimbaud, poète si cher à Patti Smith et toujours présent dans ces oeuvres.

De part ces récits poétiques, Patti S. magnifie le quotidien puisque chaque moment vécu est montré comme intéressant, « glané » comme pouvant devenir une matière utilisable, à l'instar de matériaux divers propres à des collages. Dans la seconde partie de Dévotion, c'est exactement ce à quoi le lecteur est témoin : l'utilisation de plusieurs moments vécus, lus ou vus, relatés dans la première partie qui vont apparaître, disséminés, métamorphosés. Ainsi, au fil de l'écriture, chaque instant trouve une place dans la constitution d'un nouveau paysage à la fois sonore et visuel, tactile ou odorant, réaliste ou onirique et surtout, vivant.

Mais c'est aussi le parcours de la vie de cette artiste qui apparaît au fil des lignes grâce à l'évocation de souvenirs, de musiques ou de références littéraires ainsi que la liberté formelle intrinsèque qui fait écho à son passé de plasticienne. Patti Smith n'hésite pas à évoquer ses doutes et ses questionnements concernant le besoin d'écrire, le lien entre l'écriture et la vie, comme un aboutissement : « Pourquoi est-on poussé à écrire ? Pour se mettre à part, à l'abri, se plonger dans la solitude, en dépit des demandes d'autrui. Virginia Woolf avait sa chambre. Proust, ses fenêtres aux volets tirés. Marguerite Duras, sa maison silencieuse. Dylan Thomas, sa modeste cabane. Tous cherchant un vide pour s'imprégner de mots. Les mots qui pénétreront un territoire vierge, inventeront des combinaisons inédites […]. Quel est le rêve ? Ecrire quelque chose de bien qui serait mieux que je ne le suis, et qui justifierait mes épreuves et mes errances. Pourquoi écrivons-nous ? Irruption du choeur. Parce que nous ne pouvons pas simplement vivre. »

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Laureneb
  15 juin 2021
La Nuit des rois de William Shakespeare
Travestissements, miroirs, folie et farce, voici les principaux thèmes de cette pièce.

Les travestissements perturbent la ronde amoureuse, car si la jeune fille déguisée en page aime son seigneur, lui courtise une belle dame tout en étant troublé par son gentil page, qui lui plaît à la dame, laquelle est aimée de son intendant. N'y a-t-il pas aussi une relation plus que fusionnelle entre le frère et la soeur si parfaitement semblables ? (ou cette interprétation incestueuse me vient de Game of Thrones ? ...). Et Antonio qui s'attache si vite à Sébastien le jumeau, lui prêtant sa bourse, le protégeant physiquement, le guidant partout y compris au péril de sa propre vie, quels sont ses sentiments pour Sébastien quand il admire ses traits, son visage ? N'y aurait-il pas plus que de l'amitié ? Ces travestissements et ces jeux de miroirs doivent pouvoir donner lieu à de nombreuses interprétations et mises en scène - envie de pouvoir retourner au théâtre !

Il y a aussi une intéressante réflexion sur la folie : le fou Feste est en réalité plein d'esprit, le duc est fou d'amour, Malvolio semble possédé, fou de désir et d'ambition.

Enfin, ce que j'ai le moins aimé car un peu répétitif et un peu long, malgré de bons passages, c'est la farce, introduite par les deux chevaliers ridicules, bêtes, vaniteux et couards.

Après cette lecture, je reviendrai aux comédies de Shakespeare, moi qui connaissais surtout ses tragédies historiques.
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