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Enya75
  11 avril 2020
Le rêve de la Licorne de Martine Hermant
La magnifique couverture parle déjà d'elle-même, il s'agit d'une illustration d'Anne Stokes, dont j'admire le talent depuis un bon moment. Quel joli choix éditorial !



Dès la première page, un récit captivant nous entraîne dans une épopée de la plus pure Fantasy. Même si la trame reste classique, on se laisse conduire dans cette belle aventure, emporté par une plume experte et inspirée, elle coule, fluide et précise, dotée d'un bel imaginaire à l'inspiration médiévale.



Menuisel du Bois d'Hélode, notre héroïne, est une phurana, (un peu prêtresse, un peu magicienne) elle reçoit l'Appel de l'elme et se retrouve en compagnie de cinq compagnons pour mener à bien son voyage vers un trésor mythique (Coup de coeur pour le beau ténébreux de l'équipe : Odiem-Quin).



Une phurana, un mercenaire, le frère d'un roi, un voleur, un nain et un loup d'érèbe, chacun a ses qualités et ses spécialités afin de mener à bien cette quête. Je n'en dis pas plus : jamais de spoiler dans mes chroniques, je veux juste donner l'envie à un futur lecteur d'aller acheter le livre sur le champ, parce que tout amateur de Fantasy de très belle qualité ne lâchera sa lecture qu'une fois le livre terminé. Le voyage est magnifique, la poésie et l'émerveillement sont là, jusqu'au point final.



L'histoire est bien construite, le rythme prenant, il n'y a pas de temps mort, on visualise très bien les tableaux, les actions, les paysages. La psychologie des personnages est aboutie, ils sont tous attachants, avec leurs doutes, leurs peurs, leurs qualités et leurs défauts, par contre, le comportement du nain est légèrement cliché. Les descriptions des lieux sont particulièrement percutantes, c'est un univers enchanteur joliment élaboré, rempli de créatures oniriques, de sortilèges, de légendes, de trésors et de magie.



Les noms des personnages et les mots inventés sont particulièrement poétiques, comme l'Opale noctilune, ou le "conciliâme" : action de se connecter à une âme animale ou autre être vivant. Je n'avais même pas fait attention qu'il y avait un lexique, je ne l'avais pas cherché, tant ces noms et ces termes n'avaient pas besoin d'explication, on les comprend tout de suite...



Un grand merci à Martine Hermant pour ce si beau voyage écrit avec subtilité et pour sa chaleureuse dédicace aux strass violets.
Lien : https://lecturesdartlubie.bl..
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Sarindar
  26 mars 2020
Anne de Joyeuse de Anne Comtour
Seconde moitié du XVIème siècle. Une matinée dominicale sous le règne de Charles IX, alors encore materné et gouverné par sa mère Catherine de Médicis, sagement secondée par le chancelier Michel de l'Hospital, homme de grand mérite.



On est en province et la maîtresse de maison appelle ses enfants et toute la famille de Joyeuse à la messe. L'aîné, Anne, les cheveux en bataille, se présente bon dernier. À la main, il porte une vipère aspic qu'il tient par la queue, la brandissant devant sa mère apeurée. Marie demande à son fils de se débarrasser du dangereux animal, mais Anne sans se démonter demande à la domesticité de témoigner qu'il serait mieux d'enfermer le reptile venimeux dans un bocal rempli d'eau-de-vie et de l'y laisser tremper afin de produire de quoi combattre les rhumatismes et les maux hivernaux.

Ce garçon effronté a de qui tenir : il est le fils de Guillaume, vicomte de Joyeuse, famille noble du Vivarais, et de Marie, femme d'ordre et de bon goût, raffinée, dont les douces moeurs tourangelles ne transparaissent pas d'emblée chez son fils, qui a tant de répondant, d'audace et de toupet.

Le mariage de Marie et de Guillaume fut de raison pour la première, mais elle apprit à aimer son fougueux compagnon avec le temps.

Et avec le temps, Anne et ses frères ont tout appris en parcourant la campagne environnante et au contact des enfants de paysans, de la façon de pêcher et de faire cuire le poisson et les châtaignes à celle de savoir distinguer les bons des mauvais champignons.

Mais ces occupations insouciantes sont troublées par l'annonce qui est faite à Anne, à Henri et à François qu'ils seront envoyés au collège qui se trouve à Toulouse et où ils vont découvrir le merveilleux enseignement de deux maîtres étrangers : Chricton l'Écossais et Marcile le Néerlandais.

Puis en août 1572, on entre au collège de Navarre, à Paris. Et les jeunes Joyeuse, dont le nom rappelle celui de l'épée dite de Charlemagne, l'épée du sacre des rois, d'apprendre l'art du duel en même temps que les humanités.

"Comme vient d'écrire Michel de Montaigne, mens sana in corpore sano! Pas de vie intellectuelle sans la culture du corps" (page 33).

Et la musique aussi, belle découverte, et réjouissante, Henri et François penchant pour le luth et Anne pour la harpe.

"La musique permet à l'âme humaine de se mettre en rapport harmonieux avec l'âme de l'univers" (page 36).

Et danser ?

"Oui : pour avoir la grâce du souverain, il faut être grâcieux !" (page 38).

Après cela, on peut bien approcher la cour à Fontainebleau. Égal à lui-même, Anne s'aventure, explore les lieux, pousse les portes d'une salle puis d'une autre et le voici soudain dans un salon au milieu duquel trône une "cuve baigneresse" où s'ébattent trois jeunes gens, parmi lesquels un beau garçon aux oreilles parées de boucles de perle fine. Un échange de regards furtifs avec celui qui deviendra Henri III, et la destinée d'Anne va basculer.



Je vous invite à lire ce livre, composé de 78 très courts chapitres, d'une écriture délicieuse, féminine, que je ne connaissais pas : c'est la plume fine d'Anne Comtour, dont l'ouvrage, joliment préfacé par Élise Fontenaille, raconte une belle histoire sur fond de guerre de religion.



François Sarindar
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Sarindar
  13 janvier 2020
Le rêve de la Licorne de Martine Hermant
Tout comme Lydia Bonaventure, je ne suis pas un habitué de la littérature du genre "fantasy", mais sous la plume de Martine Hermant cela devient un plaisir qui permet d'entrer dans l'histoire et de se familiariser avec ce monde fantastique.

Mais voilà, derrière des décors et des situations qui semblent irréels en nous transplantant dans un imaginaire qui fait rêver, et qui est sans doute fait pour faire rêver et nous dépayser, on retrouve, parce que c'est le don de l'auteure, des personnages qui ne raisonnent pas autrement que nous et leurs pensées, si elles sont percées presque miraculeusement par une sorte d'ultra-lucidité, n'en sont pas moins "réalistes" au point de nous rappeler les préoccupations et les réflexions humaines, ce qui nous permet d'oublier ce qui pourrait nous paraître étrange pour ne plus nous intéresser qu'à l'intrigue qui, du coup, nous prend tout entier, tant le rythme est soutenu et tant le récit est captivant. La beauté du style contribue à nous faire adhérer à tout cela sans crainte, en confiance, comme si nous y étions. Les mots inventés n'arrêtent ni ne rebutent le lecteur, qui est habitué assez vite à ce qui ne demande finalement aucune définition pour être compris. J'aime particulièrement ce néologisme : le conciliâme, comme accord des âmes dans l'elme, essence de toute vie et source inépuisable de magie. Les épreuves connues par Ménuisel sont finalement initiatiques et l'action est l'un des moyens utilisés par lesquels l'incompréhensible devient compréhensible, et l'aventure passionnante. Et puis dans cette histoire, on retrouve un peu- beaucoup même de Moyen Âge, en partie parce qu'elle nous vient de Martine Hermant et pas seulement parce que la fantasy voudrait cela. Un exemple parmi bien d'autres : "La vie se développait donc dans les citadelles qui, en plus de leur évidente fonction militaire et juridique, faisaient office de centres commerciaux et religieux". En somme, c'est la destination des châteaux forts médiévaux qui pourrait ici être rappelée et dite, sauf dans sa dimension religieuse pas si évidente hors de la fantasy. Expérience d'écriture et de lecture réussie.

Il faut se laisser bercer par les mots et emporter par les événements, et l'on est de suite conquis. Dans ce monde qui ne serait pas d'ici, on retrouve sans cesse quelque chose de nous. Le rêve de la licorne est un livre qui parle à nos cœurs, nos intelligences, notre esprit autant qu'à notre imaginaire.
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