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Dernières critiques
ArmelleAlx
  18 juin 2019
Histoire de ta bêtise de François Bégaudeau
Curieuse de découvrir cet essai du réalisateur d'Entre les murs, j'ai savouré cet essai qui tient à la fois des moralistes du grand siècle et de Flaubert.

Attaqué, déstabilisé, le lecteur - le bourgeois - l'est dès la première phrase :

Souvent pendant la campagne je t'ai trouvé bête.

Usant de cette deuxième personne dans tout son ouvrage, François Begaudeau observe son lecteur comme un entomologiste, et le force à analyser, décrypter ses actes, attitudes et paroles à l'aune des déterminismes sociaux. C'est aussi dérangeant que stimulant. Les reproches fusent.

Selon ton habitude, tu te détournes de ce qui est au profit de ce qui pourrait être, tu spécules au lieu d'observer. Ce pli spéculatif entre pour beaucoup dans cette manière de vacuité que j'ai l'outrecuidance d'appeler bêtise.*

Ce que j'appelle ta bêtise ne vient pas d'une carence de ton cerveau au moins aussi bien fait que le mien, mais de ta manie héritée d'en limiter l'usage.

*Tu es nombreux

Vilain petit bourgeois honteux

Amusé, le lecteur l'est souvent, comme lorsqu'il se reconnaît dans sa volonté de faire barrage à Marine Le Pen en 2017 :

Tu veux qu'on s'engage, par la présente pizza végétarienne cuite au feu de bois dans cet italien rue des Martyrs, à voter contre le pire.

Certes François Begaudeau malmène son lecteur, dans la tradition polémiste, mais pas seulement ! Il lui procure beaucoup d'amusement par ses saillies très spirituelles, par son jeu constant sur nos paradoxes qu'il exhibe. En me reconnaissant dans ce "tu", à l'issue de cette lecture, je suis toujours bourgeoise, mais peut-être un peu moins bête.
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papillon_livres30
  11 juin 2019
L'Ecume des jours de Boris Vian
Un beau roman d'amour et d'amitié tragi-comique.

Un style simple, fantaisiste, plein d'humour, des personnages attachants.

Dans ce roman surréaliste, on retrouve également la prédilection de Boris Vian pour la musique, pour le jazz (Duke Ellington), et pour son ami Jean-Paul Sartre qu'il n'hésite pas à caricaturer.

Ce roman, témoigne, entre autre, de l'absurde.
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Meps
  10 juin 2019
L'Ecume des jours de Boris Vian
Je ne connaissais Vian que par ses chansons, le Déserteur, Complainte du progrès ou On n'est pas là pour se faire engueuler. J'appréciais l'inventivité, l'humour mais j'avais du mal à imaginer ce que ça pourrait donner en roman.



J'avais raison, c'était inimaginable. J'ai d'abord été saisi de peur en retrouvant un démarrage dans le style de Jarry et de son Ubu Roi, où on a du mal à trouver du sens à l'absurde de certaines propositions. Et puis tout se met en place, l'univers devient presque logique dans son absurdité. On en comprend les règles ou en tout cas on accepte leur côté farfelu qui confine à une absence de règles. Au détour d'une page, la poésie nous cueille sans qu'on l'ait vu venir, le rire nous saisit et fait mouche et sans l'avoir décidé, on se retrouve à s'attacher à des personnages qui finissent par nous ressembler dans leur fantaisie baroque. Qui n'a pas fait des choses stupides pour conjurer le sort (les tics de superstition de Colin avec les lignes ou la conjugaison) ?



Le livre n'est pas exempt de critiques acerbes de notre société, Vian y fait preuve de multitudes d'anti (anti-capitalisme-militarisme-cléricalisme-sartrisme), la satire fait souvent mouche même si elle est parfois un peu daté (les références de l'époque m'ont à quelques occasions manqué.). Dans le même ordre d'idée, les références au jazz ont eu un goût d'élitisme pour un néophyte comme moi... mais c'est sans doute plus dû à mon inculture qu'à un travers de l'auteur.



Et Vian nous invite ainsi dans son univers, nous fait rentrer sous son crâne ou tout bouillonne d'inventivité. Et quand il nous a bien diverti, il nous cueille dans l'émotion. J'ai fini le livre la boule au ventre comme rarement cela m'est arrivé avec un autre ouvrage. Le voyage dans la gamme des émotions est donc complet, le cocktail composé par le piano de Vian multiplie tellement les saveurs qu'il nous laisse avec une certaine ivresse... J'espère éviter la gueule de bois du lendemain.
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