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Dernières critiques
Olive71
  06 mai 2021
Une vie de Guy de Maupassant
Ce roman est un chef-d'oeuvre. On peut le rapprocher de Madame Bovary par la qualité de la construction et la caractérisation des personnages, leur profil psychologique (c'est d'ailleurs auprès de Flaubert que Maupassant a appris à écrire). Comme la plupart des romans de cette époque, il comporte des descriptions qui peuvent sembler un peu longues au lecteur contemporain. Mais la maîtrise de la langue par Maupassant est tout simplement un régal. Je ne reviendrai pas sur l'histoire que d'autres ont résumée. Je vais me contenter de pointer ce qui m'a le plus intéressée dans ce roman :

- l'éducation de Jeanne qui ne lui a pas permis de s'émanciper. On voit à quel point sa mère ne l'a pas aidée...

- la relation de Jeanne à son fils : on a là un exemple de ce qu'il ne faut pas faire...

- le portrait de la noblesse de l'époque

La scène avec le comte de Fourville à la recherche de sa femme (je n'en dis pas plus) m'a tenue en haleine, c'est décrit de manière magistrale ! Le personnage de tante Lison, cette femme seule et transparente aux yeux de sa famille, m'a touchée. Même le chien suscite de l'empathie... Maupassant sait faire passer les émotions, incontestablement...



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Bibliorium
  05 mai 2021
Pierre et Jean de Guy de Maupassant
De la jalousie fraternelle, du "il en a plus que moi, c'est pas juste" version grands garçons. Maupassant construit volontairement deux frères que tout oppose, du physique au tempérament, les place en situation de déséquilibre (un des frères fait un héritage) et s'amuse à disséquer l'état d'esprit du laissé pour compte. Désoeuvrement, espérances déçues, colère, soupçons, haine, cruauté, désespoir: un crescendo finement mené dans la gamme de la jalousie. Et toujours dans le cadre d'une Normandie du 19e siècle que Maupassant décrit si bien. Le roman étant court, je n'en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir.
Lien : https://tsllangues.wordpress..
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DrWayn
  02 mai 2021
Caligula - Le malentendu de Albert Camus
Caligula est la troisième oeuvre du cycle de l'absurde d'Albert Camus. Cycle initial de son oeuvre, et socle de celle-ci, car c'est elle qui permet de comprendre les oeuvres de la révolte, vrai porte de sortie, de cet absurde implacable.



Ici le pouvoir est au mains de l'homme qui a perçu toute l'absurdité de l'existence après la mort de sa soeur et amante. Au premier acte, Caligula est l'homme blessé et lucide qui s'agite. Il n'a rien qui satisfasse pleinement l'existence. Pas de raison valable au fond pour poursuivre l'addition des jours à vivre aux jours déjà vécus.



Et 3 ans plus tard, Caligula à trouvé la solution. La voie de l'absurde. La logique de l'absurde qu'il a liberté de mener jusqu'au bout, puisqu'il a le pouvoir. Puisqu'il est empereur. Le trésor publique vaut plus que la vie des practicens et que celle des citoyens.

Car enfin chaque homme qui respire est coupable, toute exécution n'est alors que justice. Parce qu'au fond la vie humaine si elle peut s'arrêter ainsi, n'a pas vraiment de valeur.



C'est face à ce fléau que se retrouve les praticiens, et que Camus nous propose visages et réactions des hommes face au mal absurde, qui se pare de la justification d'une recherche d'absolu, fusse dans le meurtre et le sang, modèle peut-être des totalisatrismes du XXème siècle.



Scipion est l'homme pur dans le bien, au point d'être entièrement lucide. Fils d'un praticien exécuté par Caligula avant le début de la pièce, il sait que son cœur porte les mêmes monstruosités que l'empereur. Il ne peut faire taire cette vérité, cette profond conviction de Camus, et affirmation tellement courageuse : la part d'ombre qu'il réprouve chez l'empereur, il la porte aussi en lui, et c'est bien à l'intérieur de chaque homme que se joue la lute du bien contre le mal. Il ne pourra pas assassiner l'empereur, ni vraiment participer à la conspiration.

Cherea au contraire sera la figure de l'homme raisonnable et préfigure peut être le Dr Rieux de La Peste. Il choisit la vie et le bonheur. Il a surtout cette liberté intérieure de se battre sans mépris ni haine, puisque son ennemie n'est pas heureux, puisqu'il cherche lui aussi une issue à cette existence décevante. C'est au nom de cette recherche de bonheur qu'il mènera la conspiration contre Caligula, et qu'il pourra tuer un homme pour protéger les autres hommes.



Caligula finira assassiné par ces praticiens qu'il méprise et qu'il a poussé à bout.

car la conclusion de la pièce nous laisse peu de doute : Le chemin de l'absurde poussé au bout, dans son intransigeance ne mène nul part. L'amour lui même a déçu. Et Caligula a brûlé la preuve de la conspiration des praticiens. Il leur rends la justice qui revient de leur coté, lui qui tue sans preuve ni embarras. Les hommes, dans leurs ridicules et dans leurs faiblesse gardent ce droit de se révolter, de lutter contre cet absurde. Camus ouvre ainsi le cycle de la révolte qui commencera avec la peste d'Oran
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