AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782952995375
Abel Bécanes (31/01/2008)
4/5   2 notes
Résumé :
À la sortie de train, elle ne fait pas attention à moi, ne me prend pas dans les bras. Tout de suite elles partent toutes les deux, Nadia porte sa valise, elles parlent, je marche derrière. Le Béarn c’est une région où l’on fabrique de bons jambons, on y tue beaucoup le cochon, je les ai entendus glapir plus d’une fois. Alors, derrière Nadia et cette mère dont je ne veux pas, je suis prise d’une inspiration soudaine, je me mets à glapir comme un goret qu’on égorge.<... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Ce petit livre vert qui ne paye pas de mine est le récit autobiographique que nous offre Cécile Odartchenko de son enfance et de son adolescence. Si la lecture en a été plutôt plaisante et intéressante, je ne crois toutefois pas qu'elle me marquera durablement.
Commençons par le style. Certaines phrases, notamment au début du roman, sont trop longues à mon goût. Amateurs de Proust, réjouissez-vous ! Telle la madeleine du célèbre auteur, les souvenirs ressurgissent chez la narratrice si vivement qu'ils se déversent en flots sur le papier. Certains passages manquaient vraiment de lisibilité, mais c'est un trait de style qui peut assurément plaire. Vous l'aurez compris, Chardonneret est une oeuvre du souvenir : souvenir des lectures faites par Nadia, la femme qui a élevé la narratrice, souvenir de son père, un artiste russe, à la fois peintre et poète – « Il était le conteur, le pitre, le compagnon de jeux inventés par lui, le jardinier, le maître de toutes les cérémonies passées et à venir. » –, souvenir de sa mère, ancienne résistante. Au-delà des personnages, ce sont des couleurs, des senteurs, des mots qui lui reviennent en mémoire. Le récit se transforme alors en poème, en chant, en tableau. C'est une mise en scène artistique du souvenir que ce court récit. Mais le problème de ce genre de récits, c'est l'aspect fourre-tout, un peu désordonné. Si certains passages m'ont beaucoup plu, d'autres n'ont pas su m'emporter et m'ont laissée sur le bas-côté. J'ai eu du mal à distinguer des unités dans ce texte et l'absence de chapitrage ne m'a pas aidée à y voir plus clair.
Alors, dois-je vous convaincre de lire ce livre ou, à l'inverse, de passer votre route ? Je crois avoir déjà énuméré quelques points négatifs. Pour celles et ceux qui seraient toutefois tentés par cette découverte, sachez que Chardonneret est aussi un beau texte sur l'éducation, le déracinement, la religion, le pouvoir de la lecture, l'amour…

Lien : http://aperto.libro.over-blo..
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Avec Dine, il s’était trouvé dans une barque, sur un étang, après une marche dans la forêt. Elle avait seize ans, était la fille de notables du coin qui venaient en vacances dans un château qu’avait fréquenté un certain abbé de Bucquoy. Les grandes personnes faisaient la fête, sa grand-mère servait les tables disposées sur la pelouse. Il était venu en vélo chercher un sandwich et s’apprêtait à repartir pour aller pêcher. Dine, accourue à sa rencontre, lui avait demandé de l’accompagner en promenade. Ils avaient marché ensemble, lui poussant son vélo, elle s’arrêtant au bord des talus pour faire un bouquet bleu de campanules et de scabieuses. Au bord de l’étang, ils avaient trouvé une barque et elle lui avait dit que Gérard de Nerval, après avoir lu le manuscrit de l’abbé de Bucquoy relatant la vie malheureuse et romantique d’Angélique, était venu sur cet étang méditer sur une destinée presque en tout point semblable à la destinée de sa mère. Il l’écoutait en ramant, puis, silencieux, les rames en l’air, comme fasciné, mais aussi pris de malaise quand elle lui avait parlé du garçon charcutier qui avait séduit Angélique. Bêtement, il s’était senti visé, presque offensé. En descendant de la barque, il lui avait tendu une main moite en guise d’au-revoir et la vit qui essuyait la sienne au coin de sa jupe, en s’éloignant. Cette vision avait fait monter en lui une étrange colère noire. Assis au bord du lit, il se pencha brusquement, attrapa la tête de Dine, comme on attrape une boule de bowling, ses doigts dans ses orbites creuses, et la lança contre le mur de boîtes rouges, qui s’écroula dans un tintamarre de ferblanterie. Les boîtes, certaines cabossées, roulèrent contre les plinthes, contre les autres têtes et s’immobilisèrent. Il se mit à jouir du silence, allongé sur son lit, les yeux fermés, les mains croisées sous ses cheveux rouges.
C’est ainsi qu’une vieille guimbarde rafistolée pouvait rendre l’âme, à grand bruit, au bout d’une piste, au pied d’une dune. Se saisissant du jerrycan à demi plein d’eau tiède, pieds nus, il s’avancerait dans le désert, à la recherche de lui-même, petite silhouette maigre et grise, tremblante comme un mirage, au sommet de la montagne de sable ridée. Il irait coulant avec elle vers le sud, écoutant sa respiration grave, se noyant dans l’infini d’un temps qui cesserait d’exister. Des bêtes jaunes à écailles, mi-serpents, mi-géants, plongeraient la tête la première dans la farine de quartz rose. Lui- même pourrait se coucher dedans pour se reposer, enveloppé par le sable, par la lumière intense, baigné dans le vent, dans l’eau fraîche d’un oued, la nuit, plus près du ciel et des étoiles, il ne serait plus seul. Il n’éprouverait plus d’autre besoin que celui de marcher, d’avancer. Des hommes d’une grande beauté, enveloppés de bleu et de noir, le croiseraient, lui offriraient des dattes... Exceptionnellement, en étranger, assuré de respect et de discrétion, il aurait le privilège de s’asseoir près d’un feu et de partager avec une femme voilée une galette cuite sous les pierres. Son corps n’aurait presque plus d’exigences et retrouverait une dignité sereine, son esprit s’élèverait au-dessus de lui- même, tracerait des cercles autour de lui comme le vol lent et fier d’un gypaète. Il lui viendrait peut-être l’idée de fondre sur soi-même, dédoublé, de s’arracher les yeux. Encore plus tard, ses os échoués au bord d’une piste de caravane blanchiraient au soleil, auprès d’autres ossements aussi beaux.
Commenter  J’apprécie          00
Aimantée, la vague du désir, aimantée la vague d’Hokusai, aimanté le regard de Courbet, aimantés les regards amoureux des peintres, du photographe aussi, la femme s’abandonne, dans la baignoire, elle s’endort et rêve, langoureuse, se fait toute molle pour l’étreinte, et souple, ses articulations ne s’opposeront pas aux exercices périlleux, elle s’enroulera autour du corps de l’amant. Lumière et chaleur toute neuve dans le midi, dehors les acacias en fleur. Les mimosas. Sensitives qui flottent dans le vent encore plus mollement dans leur langueur de pollens et de miel. Boire aux lèvres de l’autre, obsession de tous les instants, tandis que je jardine, désherbe, dégage les touffes de vivaces qui vont bientôt se balancer en offrande. Offrandes toujours, grande et imperturbable leçon, pourquoi serais-je confuse de m’y conformer sans répit, de ne voir dans le regard du monde sur moi qu’une invitation à l’amour ?
Sensitive moi aussi, je me balance entre deux regards, entre deux hommes, peut-être trois, qui me reconnaissent, l’un qui me lit, l’autre qui me voit, le troisième qui est comme mon alter ego, toujours en amour du monde en fleurs, Lambert Schlechter, et puis bien sûr aussi mes compagnons en poésie, J.P.K. ce très grand lyrique, L.F.D. cet épistolier de si bonne compagnie, Pierre Garnier, l’ornithologue et Pierre Dhainaut, l’homme des murmures dans le vent et compagnon de Jean Malrieu.
Dans le jardin privilégié par Beth Chatto, et tant d’autres avec elle, je me conforme à ses leçons, leçon des choses, comme elles sont. Et c’est à ma première leçon d’éducation sexuelle que j’aime penser parfois et même assez souvent, leçon unique et déterminante. Leçon donnée en marchant, rue Perronnet, je me souviens, nous avions traversé avec Nadia, la rue des Saints-Pères, encore pavée de ses pavés de bois pour rejoindre la rue du Pré-aux-clercs. Elle me raccompagnait donc. Et je lui demandais tout de go, ce que faisaient ensemble un garçon et une fille lorsqu’ils s’aimaient. Elle me demanda alors si j’avais remarqué la différence, ce que les garçons avaient que je n’avais pas. Je dis que oui, je l’avais remarqué. Elle me dit alors tout simplement que ce qu’ils avaient là, ils le mettaient dans le trou des filles. Et c’est tout ! « Formidable ! » dis-je avec un enthousiasme sincère ! Je n’ai jamais varié depuis ! Contraste formidable aussi, entre les terreurs éprouvées et concernant mon corps et cette simple pièce essentielle à mon édifice, le mât de ma barque... Ah ! comme j’allais aimer embarquer et hisser les voiles de mon plaisir, les voiles de mon bonheur, et naviguer, naviguer par tous les temps et toutes les forces des vents... Toutes les caresses venant en plus, l’heureux artisan de mes bonheurs étant lui-même aurore aux doigts de rose, aurore aux doigts de fée... et musicien des enchantements véritables, tout ce qu’il y a de plus concrets.
Un tout petit garçon, un angelot tout doré, avait fait son apparition dans mon jardin, très tôt, à Salies, et il s’était déboutonné, m’avait montré le petit instrument, m’avait même invité à le toucher, je l’avais fait, parfaitement, respectueusement, et enchantée.
Puck, je t’ai vu ! Et tu m’as donné la pensée d’amour !
Commenter  J’apprécie          00
Le temps est à nouveau gris aujourd’hui (annoncé, un peu de vent) Les plantes se balancent. Caroline se lève. Je vais poser le plateau du thé dans la salle à manger. Encore un moment avec mon journal, même si je n’ai rien à dire, c’est ce rien qui donne une impression de liberté, de paix. Le papier ferme du cahier, les lignes qui guident l’écriture, l’encre que je tiens d’une main et qui fait une croûte au bord de l’encrier. Cuisson de l’encre à l’air libre. Combustion. La croûte ressemble à celle de la confiture de cerises noires. Richesse de ce résidu condensé de matière, croûtes sur les plaies aussi, et goût des croûtes (celles-ci) que j’aime bien croquer. La croûte (peinture) inutile peut-être – gaspillage de matière toujours un peu grasse – le surplus, l’évaporation, la condensation. À l’opposé, la légèreté de l’ombre antimatière, la légèreté de l’aquarelle, matière très diluée, peinture chinoise aussi à l’encre diluée, nécessité du talent, du geste qui ne trompe pas, vérité de l’ombre donc, de l’allusif, du presque rien, mais aussi, à l’inverse de la laque, des couches superposées enfermant un secret lentement élaboré au plus profond de la matière. Sous la croûte, la vie souterraine, sous le rocher la source, sous la paupière, l’œil limpide. Au fond de la matière épaisse, un œil virtuel qui nous regarde. Les fleurs, yeux de la terre et lumière, lente traversée de la croûte épaisse pour accéder à la lumière, à la contemplation du ciel. L’attente passionnée de la plante qui sort, comme la découverte d’un secret, de mille secrets. Hier, nous avons vu de près le champ de colza jaune ; beauté et vigueur du colza dont les tiges ressemblent un peu à celles du chou. Odeur de potager dans la plaine, odeur subtile et sucrée, le sucre liquide, sève et pollen des plantes, source aromatique qui embaume l’air et dont se gorgent les insectes pollinisateurs, les abeilles ouvrières du miel. Il y a dans l’air comme un bain parfumé d’odeurs diverses, dilution de tous les concentrés qui arrivent à la lumière et que les plantes distillent, ce sucre dans l’air et le goût du lait maternel. Au printemps, nous nous transformons tous en nouveau-nés, nous pompons le lait de l’atmosphère printanière. L’enchantement de ces échanges naît dans un silence relatif ; le corps participe aux échanges des plantes par le sens olfactif, la vue aussi. Le tintamarre dérange. Le matin très tôt, lorsqu’il fait encore nuit ou presque, le gazouillis des premiers oiseaux, comme la mise en marche d’une petite boîte à musique, presque la même toujours, pas de surprise là, plutôt confirmation du silence comme les étoiles, confirmation de la nuit. Quelques notes, quelques points lumineux, célébration de ce qui est grand, infini, envoûtant, éparpillement de trésors, cassette répandue.
Commenter  J’apprécie          00
À la sortie de train, elle ne fait pas attention à moi, ne me prend pas dans les bras. Tout de suite elles partent toutes les deux, Nadia porte sa valise, elles parlent, je marche derrière. Le Béarn c’est une région où l’on fabrique de bons jambons, on y tue beaucoup le cochon, je les ai entendus glapir plus d’une fois. Alors, derrière Nadia et cette mère dont je ne veux pas, je suis prise d’une inspiration soudaine, je me mets à glapir comme un goret qu’on égorge.
– Mais qu’est-ce qu’elle fait, cette petite ? demande maman.
Nadia est confuse et bredouille.
Je fais une démonstration d’éducation ratée sans le savoir, je glapis de plus belle.
Maman se retourne et me gifle. Voilà pour elle. Elle fera, dans le jardin, de la chaise longue comme d’habitude, est-ce que je sais pourquoi elle est toujours si fatiguée ?
Je l’observerai en coin à distance respectueuse pour ne pas m’en prendre une encore et je dirai ouf quand elle sera partie.
Nous serons deux à nous réjouir.
Elle partie, on n’en parlera plus, comme si elle n’était pas venue. Ignorante que je l’aime, je n’y penserai pas non plus. Je penserai à eux, ils m’écriront des lettres et j’aimerai par-dessus tout celles de La Favière, près de Bormes-les-Mimosas où s’est installée la colonie russe. Même plus tard, après mon retour, je n’irai jamais, papa ne voudra pas parce qu’il y règne une certaine licence et que moi, je serai intouchable.
Elevée dans cette couveuse, il sait que je suis particulière, plus vierge que les jeunes filles en pensionnat qui se livrent entre elles à des confidences, des bavardages obscènes sur le sexe, sur les règles, sur leurs premiers baisers et sur les langues au fond de leurs bouches...
Ce n’est pas Nadia qui pourrait me salir avec des confidences puisque, il le sait, elle a perdu son fiancé pendant la guerre civile et ne l’a jamais remplacé. Du sexe, elle ne sait rien, et c’est sans doute cela qui provoque son mépris, mais pour ce qui est de moi, il est content, je n’ai rien besoin de savoir. C’est ignorer la formidable charge érotique dont il est porteur. Ils sont passés à trois comme un régiment de légionnaires et je n’en finis pas de réin¬venter leurs yeux bleus et leur sable chaud.
Comme tous les Russes émigrés, je vis dans la nostalgie du retour. Mais pour moi, le retour, ce n’est pas pour la terre et sous ses arbres et au milieu de ses blés, c’est dans leurs bras. Ils sont le port. Il est la bitte et le bollard à laquelle je m’arrime en rêve, le palmier aussi sous lequel je jette l’ancre et où j’attends comme Ulysse, ligotée. Chantez au loin mes sirènes mâles, mes lamantins.
J’entends vos chants puissants et le tien surtout, mon père, qui as le rire tonitruant.
Commenter  J’apprécie          00
La grande fête de sa vie, celle qui les avait précédées toutes, c’était dans son jardin de roses et de solitude qu’elle l’avait connue, foudroyante et superbe. Les bombes pleuvaient alors sur Rouen, Beau vais, Paris ; les cathédrales s’effondraient ou résistaient, selon le cas ; les gens se terraient dans les caves, s’enroulaient frileusement dans des couvertures nuit après nuit, leurs enfants dans les bras et mangeant des rats. Sa mère, les cheveux au vent, accrochée à la barre extérieure chromée, verticale, d’une portière de wagon de chemin de fer, debout sur le marchepied, regardait filer les rails avant de se laisser tomber en contrebas, sur le talus, tandis que le train explosait un peu plus loin dans le brouillard. Les lits de pétales de roses fraîches que le père lui faisait, allant jusqu’à acheter, dans son délire, des charrettes entières de fleurs à la marchande du coin, c’était bien fini. A sa façon, sa mère aérait son corps, le livrait au vent, et la vie, en elle, choisissait une forme particulière de résistance : la résistance-fer. Pendant ce temps, le père, démuni, s’était inventé un nouveau jeu : aller dans le Midi, avec les garçons, rendre visite à la Reine de Saba. Il avait vendu son costume de rechange, ses chaussures, sa machine à écrire, quelques livres rares, emprunté à gauche et à droite et ils étaient arrivés, triomphants, des pétards plein les poches, pour bousculer les habitudes, rire, tempêter, raconter, promener, gaver, acheter, surprendre. Et elle riait jusqu’aux larmes, sursautait, écoutait, roulait en carrosse, consommait, n’en revenait pas d’ahurissement, assise en haut d’un escalier de grand magasin sous une coupole en verre de couleur, un ours blanc dans les bras, trop beau pour elle. C’étaient des histoires à n’en plus finir, des oies rôties, des pêches Melba, des fiacres, des virées à la mer, des photographes de plage et, le matin, dans le lit énorme, avec les hommes, les garçons, les trois rois mages, l’érotisme et la volupté. Son cœur battait toujours, quand elle gravissait l’escalier matinal, petite, menue dans sa chemise de flanelle. Elle avait peur. Elle leur en voulait presque d’être tout à coup si effroyablement présents, de n’avoir pas plus de délicatesse, de pudeur. Mais elle ne pouvait pas leur exprimer cette démesure ; elle pouvait seulement la subir, puis, l’air égarée, serrant l’ours dans ses bras, rester de nouveau seule dans le jardin où leurs rires résonnaient encore. Ils lui écrivaient des lettres, le ciel transportait leurs pensées ; des tortues marchaient obstinément dans la campagne chargée de mimosa ; l’ours était doux à caresser ; elle se mit à rêver d’apparitions.
Commenter  J’apprécie          00

autres livres classés : sexeVoir plus


Lecteurs (7) Voir plus



Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
1726 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre

{* *}