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Je sors de ce repas littéraire un peu frustré.
La carte que me proposait Leïla Bahsaïn m'avait pourtant alléché, et je peux vous assurer qu'elle y a mis les meilleurs ingrédients (franchement, sa plume est remarquable).
Mais voilà, j'ai trouvé les plats fades.
Quant au personnel, que dire, je n'ai eu d'empathie pour aucun des personnages et c'est quand même sur eux qu'elle avait braqué les projecteurs.
Dija (diminutif de Khadija), rédactrice dans une agence de pub est froidement remercié par les nouveaux dirigeants de la société.
Au chômage !
Impensable pour cette mère de famille, si fière de travailler.
Ce n'est pas Pôle emploi qui va la sauver, non, là, on se moque plutôt de ses envies de se lancer dans la cuisine.
C'est de son ancienne boîte que vient le salut, une idée a mûri dans la tête de son directeur.
Faire de la réinsertion par la cuisine.
On prend des chômeurs, des délinquants, des migrants, on les met derrière un piano avec un chef motivé et intransigeant et on demande à Dija de filmer tout ça, d'écrire et de poster sur les réseaux.
Xavier en est sûr, succès assuré.
Si tout le monde y met du sien et ça, c'est pas gagné.
C'est là qu'entrent en scène, Achour (aux commandes), Véronique, Gérald  ou Johnny-Bryan notamment.
Soit j'avais trop d'appétit et j'attendais trop, soit j'étais repu et n'avais en fait plus faim, toujours est-il que ce n'était sans doute pas le bon moment, pour moi, de déguster ce roman plein de promesses.
Je suis passé à côté.
Il m'a manqué les saveurs, les odeurs.
Il m'a manqué les rires ou l'émotion.
De la narratrice aux autres protagonistes, aucun n'a réussi à me séduire, c'est dommage.
Reste que l'écriture de Leïla Bahsaïn mérite le détour et que ce livre, j'en suis sûr trouvera un public plus réceptif que moi.
 

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Un livre un peu décevant qui pourtant trait une belle idée.
Celle d'un atelier de cuisine pour réinsérer des chômeurs de longue durée ou autre problèmes persistants. La narratrice vient de perdre son emploi, elle se fait recruter en free-lance par son ancien employeur pour raconter l'expérience d'un atelier de cuisine montée par la boîte pour redorer son blason au niveau "image sociale".
les personnages sont intéressants mais ça reste plat, banal, l'écriture est très scolaire, bref je ne suis pas rentrée dans le récit.
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A-t-on idée de s'appeler Khadija Ben-Abdelhilalilakbir ? Dans une société où « la communication est "com" et la publicité "pub" », elle, elle se nommera Dija Ben. Dans l'agence, elle travaille comme rédactrice, ce qui lui plaît car elle aime le beau langage et les mots. Malheureusement, elle se rend compte que tout ça, c'est du passé. « Je n'ai pas su négocier le virage du numérique, alors que les publications dont j'avais la charge s'allégeaient et se dématérialisaient. » Aussi, tout comme on l'a dépossédée de son nom, on l'a « spoliée de [son] gagne-pain ». En quelques minutes, sa vie vole en éclats. Elle est priée de « 1. Ramasser [ses] effets personnels. 2. Libérer le bureau . 3. Rentrer [se] reposer chez [elle]. »
C'est au moment où elle touche le fond que le grand patron « d'Araknid » envisage la création d'une cellule de reconversion qui accueillera chômeurs longue durée, migrants, exclus de la société. Ils travailleront en cuisine sous la houlette du chef Achour et prépareront le repas des employés. Une page web mettra en valeur cette innovation, c'est Dija qui en sera la responsable.
Après avoir lu « Le ciel sous ses pas », j'étais curieuse de découvrir ce que nous réservait Leïla Bahsaïn dans ce roman au titre surprenant.
En pénétrant dans le domaine d'Achour, on surprend sa brigade en plein coup de feu, l'un coupant les aubergines en tranches, l'autre préparant la garniture, de sorte qu'en formant une chaîne, ils arrivent en quelques minutes à un résultat qui aurait demandé plusieurs heures à un seul homme. Car c'est dans une cuisine que nous conduit l'auteure. C'est là que se retrouvent des êtres que la vie a malmenés et qui doivent suivre un stage destiné à les remettre sur pied et à les réinsérer.
Mais ne vous attendez pas à trouver ici une version papier des émissions culinaires à la mode. Leïla Bahsaïn a choisi cet endroit particulier pour croquer des portraits réalistes et très réussis de personnages assez surprenants. de cet introverti qui n'arrive pas à prononcer deux mots distinctement et sans bégayer, au repris de justice qui s'insurge contre tout ce qu'on lui propose, cachant sous sa jambe de pantalon un bracelet électronique et sous ses airs bravache et bougon un coeur somme toute assez tendre, en passant par l'infirmière énergique et grande gueule et l'adulescent désemparé, l'auteure aligne d'une plume alerte les situations cocasses ou dramatiques. Ou plutôt non. Car ce n'est pas elle qui parle. Ce rôle, c'est celui de Dija. le zèle qu'elle apporte à sa tâche n'est plus reconnu en cette époque où, au travail bien fait, on préfère rapidité et tape-à-l'oeil. Comme on a donné sa place à un plus jeune, elle occupe ici, à l'essai, un poste d'observatrice. Après avoir fait connaissance avec « Les gens de la cuisine », elle en tirera des profils et fera connaître le rôle qu'ils jouent.
Leïla Bahsaïn excelle dans l'art de narrer avec verve mille épisodes du quotidien de ces mal aimés de la vie et du monde qui les entoure. Elle cible le détail qui fait mouche, telles ces « mains en pinces de crabe [qui] dessinent des filets d'huile et d'or. » Ce sont celles de la fille qui tente de manipuler légumes et ustensiles avec des doigts terminés par de faux ongles, beaucoup trop longs et épais. Les images sont justes et étonnantes. « Un bruit de gargarisme : la cafetière italienne sifflote ». Les passages comiques cèdent la place à l'émotion, voire aux larmes. « Vous connaissez pas la tétine ? C'est le pis de la meuh-meuh, le mamelon de la vache si t'aimes mieux », explique celle qui se délecte de ce mets étrange. Tandis que, lorsqu'on s'interroge sur les raisons de la désertion d'un des leurs, on apprend que « Elle l'a quitté (…) Elle les a abandonnés, le copain, le môme et même le clebs ». Pire, la gorge se noue quand on se rend compte qu'un des amis « est mort d'un coeur flemmard qui se laissait vivre. Ses problèmes de santé, il n'en avait jamais parlé. »
Pour diriger cette improbable brigade, il y a le chef Achour, toujours en train de houspiller les membres de son équipe : « Et vas-y battre ne serait-ce qu'une omelette avec des bras cassés ». « Vous passez au lavabo vous désinfecter les paluches, je vous équipe et Arbeit ! » Pourtant, malgré ses dehors bourrus, il a bon coeur. Il accueille tout le monde avec un surprenant café aromatisé à la cannelle, écoute avec patience chacun raconter sa vie, et, mine de rien, réussit à remonter le moral en soulignant les qualités de tous.
C'est un livre qui parle de valeurs fondamentales, d'entraide, de solidarité et transmet, malgré les mauvais coups du sort une formidable dose d'optimisme. Il m'a beaucoup plu.
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Dija, la narratrice, perd son emploi de rédactrice dans une grosse boîte. Peu après, elle est engagée pour chroniquer la vie de quelques chômeurs en formation de cuisine sous la direction d'Achour, un ancien restaurateur. C'est le quotidien de ce petit groupe sympathique que l'on suit dans le roman.
Le style est très enlevé, le ton humoristique. Bien que constitué de menus faits, la narration permet de découvrir peu à peu qui sont ces personnes en difficulté et comment ce stage va leur permettre de reprendre pied. Fait assez extraordinaire, le roman est optimiste, sans histoire de sexe, la narratrice est mariée et heureuse en ménage avec ses deux enfants. Bref un beau roman qui ne se savoure pas seulement par ses multiples recettes de cuisine.
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Ce deuxième roman est pour moi un coup de coeur qui confirme le talent de l'auteure.
J'ai trouvé magique d'aborder d'une telle manière les thèmes sérieux du social tout en apportant de l'optimisme.
Le style est très bien travaillé avec des dialogues qui respectent le phrasé de chaque personnage, et la narratrice qui fait preuve de poésie, surtout pour parler d'amour. La cuisine est le prétexte du mille-feuille social.
J'ai trouvé le roman à la fois drôle et touchant. Je le recommande !
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Dija perd son poste de rédactrice dans 1 agence de pub et se voit proposer de rejoindre une entreprise d'insertion par la cuisine. Atmosphere chaleureuse, sympathique, le casting y est relevé :Jean le timide, Gérald le repris de justice, Johnny-Bryan, l altruiste opposé à l'idée de travail et d'autres vont integrer cette brigade. le chef Achour, convaincu des bienfaits de l'esprit d'équipe et de l entraide, va être le maître d'oeuvre de cette apprivoisonnement.
Leila Bahsaïn nous offre ici un beau texte lucide, vrai avec un brin caustique.
Elle montre que rien n'est acquis, que les reconversions sont possibles et que nous avons tous et toutes en nous des capacités de se réinventer.
Sa plume est incisive quand cela est nécessaire, douce par moments quand ik s'agit de montrer les failles des protagonistes de cette belle histoire d acceptation de l'autre, de soi-même.
Une belle decouverte.
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Qu'est-ce que la théorie des aubergines ? Pour le savoir, il faudra lire le dernier roman de Leïla Bahsaïn. Afin de retrouver les saveurs d'une vie perdue, rien ne vaut l'entraide et, pourquoi pas, l'envie de se retrouver en participant à des ateliers culinaires ? Lorsqu'elle perd son emploi de rédactrice dans une agence de pub en même temps que le périmètre stable de son existence, Dija se voit proposer une entreprise d'insertion par la cuisine. Directement, elle se sent à l'aise dans ce milieu. Les contacts sont vrais et le dialogue chaleureux. Elle y côtoie une faune qu'elle n'imaginait pas fréquenter auparavant : un délinquant plus ou moins repenti, une infirmière dépressive, un homme phobique au travail, etc. Les séances se déroulent dans l'harmonie et sous la tutelle bienveillante du chef Achour, qui met place son énergie dans chacun de ses gestes journaliers avec la ferme intention de remettre d'aplomb des êtres abîmés, usés ou qui ont perdu le goût de se lever chaque matin pour guider leur parcours dans la société. En leur apprenant à marier les saveurs, il espère avant tout révéler à chacun ce qu'il possède de meilleur au plus profond de lui-même.
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Victime du rachat de la société de communication « Tralala » par ARAKNID, Khadija Ben-Abdelhilaliakbir, nommée Dijà Ben par ses collègues pour raison de facilité, se retrouve au chômage. D'emblée le lecteur est plongé dans les comportements du monde du travail à l'ère moderne où tout doit aller vite, au prix d'une certaine dépersonnalisation des travailleurs. le nom de la société qui avale l'autre n'est pas anodin non plus. On n'a plus besoin d'une rédactrice soucieuse de beaux textes au langage choisi, il faut des images et des slogans courts frappant rapidement le chaland. Après une certaine période contemplative, face à la fenêtre de sa cuisine dont l'espace est occupé par un noyer (faut-il aussi voir ici une métaphore ?) et la visite inattendue d'un renardeau, Khadija se mobilise pour tenter de retrouver sa place dans une société en marche. La voici confrontée aux placeurs du bureau de chômage, au racisme, et autres idées reçues. A tel point qu'elle va fonder son auto-entreprise et accepter un emploi précaire dans la nouvelle société fusionnée. En effet son directeur Xavier Kalakson, dit le poulpe, soucieux d'offrir une image sociale réconfortante, va, en tant que mécène, permettre la création d'un atelier cuisine dans l'annexe de l'entreprise. Y seront engagés les laissés pour compte du système, les « inutiles » qu'il faut remettre sur le chemin de l'emploi, une réinsertion de bon aloi, dont dépendent évidemment les allocations. Khadija en sera la rédactrice afin de répercuter l'image positive de l'action. Vont défiler ainsi une série de « bras cassés » victimes de la société moderne qui ne laisse pas beaucoup de place à la différence. Véronique, l'infirmière métisse que l'on a tellement exploitée, qu'en surmenage majeur elle a pété les plombs et a été licenciée sans droit pour faute grave. Gérald, homme violent sous bracelet électronique. Jean de la Belle Tour, brillant, multilingue, artiste, cultivé mais tellement introverti et timide qu'il en est quasi muet et incapable de passer un entretien d'embauche. Son espoir est de trouver une place de jardinier à la commune. Johnny-Bryan, un doux rêveur, bien qu'il se dévoue corps et âme dans le bénévolat et l'aide aux plus démunis que lui, est absolument réfractaire à tout type de travail. Tout ce petit monde est sous la houlette du chef Achour, sexagénaire ayant perdu son restaurant et grand ami du Poulpe. Au fil du roman, certains disparaissent : Gérald, qui a fait une « sortie positive » (autrement dit il a retrouvé du travail) et Johnny-Bryan une « sortie négative », (il a été exclu du programme de réinsertion et privé de ses allocations, car il ne s'est plus présenté à la cuisine). Cela donne à de nouveaux personnages, hauts en couleur, l'occasion de faire leur apparition. On découvrira ainsi Ishtar et Sam l'ambianceur. La « théorie des aubergines » représente le travail à la chaîne. Si chacun est assigné à une tâche, laver- peler- couper- mettre de l'huile et des épices- griller, cela va beaucoup plus vite que si une seule personne réalisait seule le tout. C'est le taylorisme opposé à l'artisanat. La force du roman est de nous montrer que chacun possède une richesse qu'il faut découvrir et que ne pas rentrer dans le moule est sans doute plus une force qu'un handicap. J'ai ri, mais j'ai surtout été très émue. Surtout à la fin, où les larmes me sont montées aux yeux lorsque tout ce qui avait été tu sur la personnalité et le chemin de croix d'Achour nous est révélé. « La théorie des aubergines » est un roman social tendre et poétique, rédigé dans une merveilleuse langue française. J'ai beaucoup aimé.
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Des personnages malmenés par la vie vont être réinsérés par la cuisine. Leur projet : faire un repas inoubliable pour le Préfet. Malgré leurs vécus et leurs caractères, ils vont s'entraider, s'attacher les uns aux autres et relever les défis. Mention spéciale et réaliste pour les moments de solitude avec les conseillers ANPE 😱. Une plume drôle et bienveillante. Un agréable moment dans cette brigade !
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Dija Ben, alias Khadija Ben-Abdelhilalilakbir, marocaine mariée à Eugène, deux gamins, Inès et Yanis, écrivassant dans des brochures touristiques ou pour des institutions, est licenciée, avant d'être embauchée en tant qu'auto-entrepreneuse, par le repreneur de son ex-boite, pour communiquer sur un atelier d'insertion « par la cuisine ». Un texte comme un compte rendu de cette expérience professionnelle. L'autrice développe une grande empathie pour les admis.e.s à cet atelier, que l'on accompagne avec plaisir.
Un texte sensoriel ; ainsi des fragrances, des couleurs, des bruits, des textures alimentaires rappellent à l'autrice sa mère, la cuisine de sa mère, sa vie marocaine, avec des paragraphes d'une justesse absolue, comme seul.e.s celles et ceux qui vécurent de nombreuses fois ces moments, qui possèdent une bonne acuité sensorielle peuvent appréhender ; aspects du roman que shunte la quatrième de couverture.
Oui l'autrice est lucide, sur son intégration en France, sur les remarques désobligeantes « Ah! Mais c'est dégueulasse. Tu manges directement à la main. Lave-toi bien les paluches avant de nous rejoindre, ... » qu'elle affronta, sur sa place d'« arabe de service ».  
Lecture aisée et plaisante, mais un texte sur lequel je ne reviendrai probablement jamais, car il ne m'a pas fait trébucher.
Lien : https://qasbat-tadla.webnode..
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