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Critique de Caro29


Caro29
  03 mars 2015
Encore une très belle rencontre avec Annie Ernaux. Décidément, il faudrait que je relise « Passion simple », peut-être que je suis passée à côté de quelque chose…

Dans « La femme gelée », on assiste à l'évolution de la narratrice, qui était une petite fille libre et devient, petit à petit, une « femme gelée » qui finit par se taire devant l'inégalité des rôles de l'homme et de la femme au sein du foyer. « La femme gelée », c'est l'histoire d'une petite fille qui avait pour modèle ses tantes qui se « battaient l'oeil » de la poussière et du rangement et qui va découvrir que « papa va travailler, maman range la maison, berce bébé et prépare un bon repas ». le tout, en passant par une adolescente qui, « en deux ou trois ans (va) devenir une fille évidée d'elle-même, bouffée de romanesque dans un monde rétréci aux regards des autres ». Et c'est d'autant plus dur encore pour elle que ses parents, commerçants, se partagent les tâches à la maison : maman fait la compta et papa fait la « popote », épluche les patates et fait la vaisselle. Petite, Annie Ernaux ne sait pas qu'il existe une « différence » établie par la société entre l'homme et la femme. Pour elle, les deux sont complètement égaux. C'est en fréquentant des filles « filles », comme sa copine Brigitte, qui ont une maman « féminine » que la narratrice a commencé à attacher de l'importance à ce qui auparavant n'en avait pas : une femme, doit savoir tenir son intérieur, faire à manger et être féminine, le tout, pour plaire aux hommes. Heureusement, cette période ne dure pas, car après sa première expérience amoureuse, Annie Ernaux déclare : « morte la croyance que sortir avec un garçon était un aboutissement, presque risible. Fini les bêtasseries et le feuilleton. (…) Comme les problèmes de robes et de rancarts foirés paraissent mesquins ». Puis, vient le temps du mariage…

L'écriture d'Annie Ernaux est rapide, saccadée. Elle utilise des phrases courtes, souvent nominales (quoique moins que dans « La place »), montrant, comme toujours, son besoin d'aller à l'essentiel, sans détour, sans fioritures, sans éléments superflus. Et le tout, même si les choses ont évolué depuis les années 60, reste encore bien souvent d'actualité.
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