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Critiques sur Enon (27)
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cicou45
  07 novembre 2014
Comment peut-on vivre, ou dirais-je simplement survivre, après la perte d'un enfant, surtout lorsque celui-ci ou celle-ci a été enlevé alors qu'il était à l'aube de sa vie ?
C'est tout le thème de cet ouvrage mais avant de commencer ma critique, je tenais à remercier Babelio ainsi que les éditions Cherche Midi pour m'avoir gracieusement envoyé cet ouvrage dans le cadre de l'avant-dernière édition de Masse Critique.

Ici, le lecteur se retrouve dans le petit village d'Enon en Nouvelle-Angleterre où Kate, âgée de seulement treize ans, se fait brusquement fauchée par une voiture alors qu'elle était en vélo. Pour ses parents, Susan et Charlie (surnom de Charles) Crosby, c'est bien plus qu'un terrible et dramatique accident. Leur mariage, déjà si frêle, qui était consolidé par l'amour qu'ils portaient tous deux à leur fille unique et qu'ils chérissaient plus que tout au monde, va donc indubitablement battre de l'aile. Alors que cette tragédie aurait dû les souder encore plus afin de faire face à l'inacceptable, elle va au au contraire, continuer à ruiner leur mariage. Si Susan a assez de force en elle pour accepter que la chaire de sa chair lui aie été injustement ravie, Charlie, lui, au contraire, se refuse à l'admettre. Aussitôt commence alors une interminable dégringolade dans l'enfer, celui des médicaments, de l'alcool et de la drogue. Cet homme qui a tout perdu, femme et enfant, se retrouve encore plus bas que terre en devenant une véritable loque humaine, entraînant le lecteur avec lui dans sa chute.

Un roman absolument poignant, criard de vérité mais qui, bien que nous montrant l'enfer tel qu'il peut être sur Terre, nous donne aussi de sacrées leçons de morale.
Un roman que je ne peux donc pas qualifier de léger tant les thèmes abordés ici sont extrêmement durs mais qui se lit pourtant très rapidement. Il faut dire aussi que je l'ai lu pendant ma semaine de congés (eh oui, j'ai le chic pour prendre mes vacances alors que tout le monde est soit retourné à l'école pour certains, au boulot pour d'autres et enfin que les derniers n'ont tout simplement pas eu de vacances alors je ne me plains pas !). En tout cas, je ne peux que vous recommander cette lecture qui ne vous laissera pas indemne. Aussi, un bon conseil lisez cet ouvrage quand vous êtes reposé surtout, quand vous avez un moral d'acier !
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Bazart
  10 novembre 2016
Un couple perd sa fille unique, écrasée par une voiture. Comme c'est malheureusement souvent le cas, le couple se délite. La femme part, l'homme ne la retient pas. C''est alors la descente aux enfers pour le père, Charlie, qui tombe dans la drogue et l'alcool, qui le pousse jusqu'à s'introduire chez ses voisins pour leur voler leurs médicaments.

Malgré le sujet tristeent banal, on lit ce livre d'un bout à l'autre. L'intéret tient à la ville d'Enon, lieu du récit, et des descriptions émouvantes du bonheur passé. Charlie arrive t-il à s'en sortir ? Et comment ? Nous le saurons dans le dernier chapitre, pour cela on va jusqu'au bout

Après les Foudroyés (prix Pulitzer 2010), Paul Harding signe un roman incandescent vibrant d'émotions et d'une infirme cruauté,comme la vie..
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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spleen
  02 septembre 2014
Je n'avais pas réussi à finir Les Foudroyés, l'ouvrage précédent de Paul Harding mais j'ai fait l'effort d'aller jusqu'au bout de ce nouveau roman.

Bien sûr le sujet est sensible puisqu'il s'agit de la perte d'un enfant et vraisemblablement cela bloque des rouages dans le subconscient du lecteur (dans le mien en tout cas ...)

Charles Crosby perd accidentellement sa fille Kate de 13 ans et se sépare rapidement après de sa femme.

Il raconte son enfance à Enon avec son grand-père, sa rencontre avec Susan sa femme et sa vie avec Kate .

Cela n'a jamais été une vraie vie de famille, chaque parent étant en fait, un parent seul avec son enfant , Kate étant devenue très vite le seul ciment de la cellule familiale .

Ces évocations sont mêlées astucieusement à l'histoire de la petite ville d'Enon qui intéresse depuis longtemps Charlie .

Peu à peu , ces souvenirs se mélangent aux délires et aux rêves sous l'emprise de l'alcool,des médicaments et de la drogue, Charlie devenant un être solitaire, une épave errant la nuit dans le cimetière ou s'introduisant dans les demeures .

Autant la première période où il raconte les histoires avec son grand-père horloger et les ballades dans la nature avec lui ou sa fille est plaisante autant les descriptions sous l'emprise des différentes substances m'ont dérangée, mais tout ceci n'est que mon ressenti !
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MarianneL
  14 décembre 2014
Dans son deuxième roman publié en 2013, et en France dans la collection Lot 49 du Cherche-midi en 2014, Paul Harding révèle toute l'intrigue au premier paragraphe, plongeant son lecteur sans affect au coeur de ce trou noir, la perte d'un enfant.

«La plupart des hommes de ma famille font de leurs épouses des veuves, et de leurs enfants des orphelins. Je suis l'exception. Ma fille unique, Kate, est morte renversée par une voiture alors qu'elle rentrait de la plage à bicyclette, un après-midi de septembre, il y a un an. Elle avait treize ans. Ma femme Susan et moi nous sommes séparés peu de temps après.»

Reclus dans sa petite maison du village d'Enon, transformée en bloc de désespoir et de silence après le décès de Kate et le départ de sa femme, Charlie Crosby abandonne toute activité et se laisse tomber dans l'abîme du chagrin, une déchéance pour s'approcher au plus près de la frontière des ténèbres, entouré des fantômes de sa fille et de tous les disparus qui peuplent sa mémoire.

«J'étais affamé de mon enfant et je venais me repaître dans le cimetière, dans l'espoir qu'elle me rejoigne, à mi-chemin de nos deux mondes, ou juste au-delà, ne fut-ce qu'une nuit, ne fut-ce que pour un instant – qu'elle se dresse de nouveau, debout sur ses pieds nus, et foule l'herbe humide ou les feuilles mortes ou la terre enneigée de l'Enon vivant afin que nous puissions échanger elle et moi ne fut-ce qu'un seul, un dernier mot humain.»

Avec pour seul soutien les drogues et le whisky pendant cette année de descente aux enfers, Charlie se remémore, en une mosaïque de souvenirs et d'hallucinations d'une étrange beauté, l'achat de la première bicyclette pour sa fille et leurs ballades dans les environs d'Enon, ses propres jeux d'enfants et les souvenirs de son grand-père horloger, les histoires des habitants et ancêtres de ce village de Nouvelle-Angleterre tels Sarah Good, exécutée pour sorcellerie en 1692 et dont il imagine la rencontre avec Kate, et la sépulture :

«Mais les bois d'Enon regorgent de très vieilles pierres tombales, dépourvues de toute inscription, et il se peut que la sienne s'y trouve, parmi d'autres ossements de bêtes et de bons citoyens : moutons et chiens, pères et frères, boeufs et chevaux, mères et tantes, cochons et poulets, fils et filles, chats et chouettes anonymes, Puritains et Indiens, enfants à jamais innommés, et dont les os se mêlent aux alluvions de la terre et de l'eau souterraine, migrant sous les fondations de nos maisons et les fairways du parcours de golf, troquant leur thorax, leurs dents, leurs tibias, leurs phalanges, circulant sous le diamant des terrains de baseball et le lit des cours d'eau, s'accrochant aux racines et à la roche, aux tables granitiques et aux méandres d'argile. Enon compte sans doute plus d'habitants sous ses 2200 hectares de surface qu'on en recense au-dessus. Juste sous nos pieds, de l'autre côté de la croûte terrestre, se trouve un autre Enon, un Enon souterrain, qui dissimule ses activités en les menant avec une telle lenteur que les vivants ne sauraient en appréhender l'exacte teneur.»

Dans cette époque où le spectacle submerge tout d'émotions artificielles, ce roman de la souffrance intime d'un homme est d'une intense et authentique tristesse, un récit d'une poésie hypnotisante.
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krol-franca
  14 septembre 2014
Un homme perd sa fille unique de 13 ans, renversée par une voiture alors qu'elle rentrait de la plage à bicyclette.



Comme j'ai eu du mal à le lire ce roman ! Non pas à cause du sujet, plutôt à cause de la façon dont l'auteur en parle. Je me suis ennuyée, ennuyée, et même endormie à plusieurs reprises. Je n'ai pas réussi à m'intéresser à la chute de cet homme, qui, évidemment, ne se remet pas de la mort subite de sa fille. J'ai eu l'impression que l'auteur se répétait et tournait en rond. J'aurais aimé que le roman décolle, aille vers autre chose plutôt que de nous proposer une vision très terre à terre d'un homme abattu et emmêlé dans ses souvenirs. Et pourtant, il y avait de bonnes choses, mais l'étincelle n'a pas jailli…

Cependant, ma vision du roman est peut-être aussi celle d'une femme fatiguée de ses journées et qui ne pouvait donc pas savourer un texte que l'éditeur qualifie de "palpitant, vibrant d'émotion, mais aussi d'humour et d'espoir."


Lien : http://krolfranca.wordpress...
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trust_me
  21 août 2014
"La plupart des hommes de ma famille font de leurs épouses des veuves, et de leurs enfants des orphelins. Je suis l'exception. Ma fille unique, Kate, est morte renversée par une voiture alors qu'elle rentrait de la plage à bicyclette, un après-midi de septembre, il y a un an. Elle avait 13 ans. Ma femme Susan et moi nous sommes séparés peu de temps après".

Les six premières lignes du texte. Tout est dit. Charlie a perdu sa fille unique. Charlie a perdu sa femme. Charlie a perdu pied. Totalement.

Le Charlie, on a souvent envie de lui botter le cul, de lui dire qu'il n'est pas le premier à qui ça arrive et qu'il ne sera malheureusement pas le dernier. On a aussi envie de lui dire que c'est un peu facile de se laisser couler de la sorte plutôt que d'affronter la réalité en face. Mais ce que j'aime chez Paul Harding c'est qu'il ne saute pas à la gorge de son lecteur en hurlant « regarde et pleure ! » comme tant d'autres savent si bien le faire. Il dessine l'indicible par petites touches, il bifurque, il vagabonde sur des chemins de traverse, perd le fil de son récit pour plonger dans les souvenirs d'enfance de son personnage ou exposer l'histoire de la ville d'Enon et sa toponymie. Et sans crier gare il revient au quotidien de Charlie et nous immerge à nouveau dans son terrible voyage aux confins de la déchéance et de la folie. J'adore ce choix narratif plein de liberté, une manière de dire au lecteur « qui m'aime me suive, et tant pis si j'en perds en route ». Et puis il peut se le permettre parce qu'il écrit magnifiquement bien.

Un roman d'une beauté tragique, un roman anti « feel good » par excellence. Tout ce que j'aime, quoi.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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LeaTouchBook
  23 novembre 2015
3.5/5 : Enon avait eu un bon accueil lors de la rentrée littéraire 2014, avec sa sortie poche c'est l'occasion de faire connaissance avec cet auteur américain incontournable !

Enon est une petite ville américaine qui a été le théâtre d'un drame : la mort d'une enfant, celle de Charlie, un père dévasté. Ce roman n'est pas fait pour les lecteurs en quête de rire : c'est une histoire terriblement triste, elle mélange le sentiment de perte et la descente aux enfers qui la suit. C'est l'histoire d'un père qui a tout perdu et qui se rappelle de sa fille et de tous les autres êtres ayant quitté sa vie.

Paul Harding a une écriture redoutable, elle incise le réel : c'est une ode aux sentiments du deuil, du regret, et du monde qui continue encore et malgré tout de tourner. La première partie est tellement belle : on ressent la musique des mots, on est touché par ce protagoniste, on essaye de lui tendre la main pour qu'il se relève mais sans grand succès.

La deuxième partie du roman est un peu plus difficile à appréhender : c'est celle du chaos et de la drogue. le lecteur aura du mal parfois à suivre les pensées de Charlie qui sombre petit à petit dans une forme de folie et s'abandonne aux substances et à la mélancolie... Cela n'en reste pas moins réaliste et la fin est vraiment émouvante.

En définitive, un roman émouvant dont la première partie est plus réussie que la seconde.
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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Pixie-Flore
  08 novembre 2015
Le thème abordé était intéressant: un père est confronté au décès de sa fille unique et perd complètement pied. Mais je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout, accroché au style de l'auteur. Je viens de trouver le champion des phrases à rallonge. Elles sont interminables. Au point que le lecteur s'y perd dans le sens.
De plus, ce genre de narration a tendance à m'ennuyer très vite. Et c'est vraiment dommage parce que malgré cela, on sent la détresse de ce père. On souffre avec lui. Mais pas toujours. Parfois, on s'ennuie aussi. On devient presque un témoin distant, détaché.
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UglyBetty
  11 février 2015
Eh oui,Enon; la vie ne fait pas de cadeaux,chantait un certain...
"Je me suis réveillé tôt un matin sur le canapé.Je me réveillais tous les matins sur le canapé.J'avais l'impression que c'était chaque fois le même matin,où une série infinie de rêves enchassés les uns dans les autres,dont je m'imaginais chaque matin me réveiller mais dont je ne quittais jamais en réalité le précédent que pour enter dans le suivant.Parfois quand mon humeur n'était pas d'une noirceur absolue,je me disais qu'il serait intéressant d'inventer une formule homérique pour marquer chacun de ces réveils sur le canapé,une invocation qui enoblirait ce moment,le rendrait plus poétique,moins tributaire de ma petite apocalypse intime et monotone."
Cela résume l'état d'esprit de Charlie tout au long du récit.Un personnage,comme on en rencontre beaucoup,chacun fait comme il peut avec sa solitude et ses blessures.
Comment survivre à ceux qu'on aime?Est-on libre de ses choix de vie?
Charlie plonge dans la drogue et l'alcool croyant apaiser son ,fuir la mort,mais il sombre dans l'enfer de la dépendance.
Un portrait psychologique suicidaireune histoire triste,,mais qui laisse suffisamment de distance au lecteur pour vouloir secouer le pauvre endeuillé.C'est toute la dimension de l'écriture créative de Paul Harding.On en sort plus léger que l'on y entre.Certes une happy end mais il fallait bien une morale pour redonner l'espoir !!!
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franconville
  10 octobre 2014
Charlie vient de perdre dans un accident sa fille unique de 13 ans. Paul Harding fait le portrait d'un homme à la dérive, il nous donne à voir la descente aux enfers sous l'effet des drogues et de l'alcool d'un homme désespéré. Ce deuxième roman, après "Les foudroyés", prix Pulitzer 2010, confirme le talent de l'auteur. Il nous entraîne dans la petite ville d'Enon, en Nouvelle-Angleterre et fait d'elle un personnage à part entière.
Il nous dépeint les rêves hallucinés de Charlie dans un style baroque et poétique. La rédemption viendra-t-elle de la nature somptueuse de cet endroit ? Comment l'espoir peut-il renaître après cette tragédie ? Un livre à ne pas manquer dans cette rentrée littéraire foisonnante.
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