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Cancie
  16 mai 2022
Le 4 février 1912 au petit matin, un homme de trente trois ans a le pied posé sur la rambarde du premier étage de la tour Eiffel et regarde la trentaine de personnes, policiers, journalistes et curieux, rassemblée au pied de la tour, qui ont les yeux levés vers lui. Deux reporters commencent à le filmer…
Cet homme s'appelle Franz Reichelt. Tailleur pour dames, il est venu de Bohème à Paris en 1900 tenter sa chance.
Il y mène une vie simple et solitaire. Ce sont les débuts de l'aviation et un véritable engouement est né : « Ça et là, des appareils construits dans des arrière-boutiques ou des cours de ferme s'élevaient laborieusement dans les airs avant de retomber ». Si Franz n'est pas spécialement tenté par ces essais, il aime cependant laisser son regard errer vers les nuages, laissant ainsi refluer en lui les souvenirs d'un amour perdu. Lorsque Antonio Fernandez, son seul ami, véritablement fasciné lui, par l'aventure des airs, après être monté jusqu'à trente mètres à bord de son « Aéral » s'écrasa à la verticale, le 7 décembre 1909, laissant une jeune veuve et un bébé, la vie de Franz va quelque peu changer.
La sécurité aérienne devenue une cause nationale, sept morts ayant endeuillé cette année-là, la Ligue aérienne et l'Aéro-Club décident d'offrir la somme de 5000 francs à l'inventeur d'un parachute adapté aux aviateurs.
Franz se lance dans la compétition, voulant créer un parachute qui sauvera d'autres vies. Il met au point un prototype, un parachute intégré à la tenue du pilote.
Même si plusieurs essais se sont révélés infructueux, le 14 février 1912, il décide de tenter un saut depuis les 57 mètres du premier étage de la tour Eiffel. Malheureusement, son appareillage, qui ne semble qu'à demi-ouvert, se replie sous lui et il tombe alors en chute libre durant quelques secondes avant de s'écraser sur le sol gelé.
Le film de cette mort en direct ainsi que le testament laissé par Franz sont à l'origine du roman de Étienne Kern.
C'est donc l'histoire vraie de cet homme, ni ingénieur, ni savant, mais inventeur, ce destin tragique que Étienne Kern nous confie dans ce roman, Les envolés, en y mêlant le souvenir de ses propres disparus et les traces qu'ils lui ont laissées. En effet, dans ce destin tragique, l'auteur va trouver des résonances avec son propre vécu, avec son grand-père et avec une amie suicidée, amie à qui il dédie le livre, qui sont morts eux aussi dans une chute.
C'est un roman biographique et historique dans lequel, évidemment, l'imagination a sa place et il est souvent difficile de savoir si les scènes sont tirées de la vie de Reichelt ou pas. Bravo à l'auteur d'ailleurs, car j'ai été surprise par la réalité de certaines que je pensais fictives.
En lisant ce roman j'ai été très émue par ce héros à la fois doux, simple, touchant et généreux.
Les envolés, premier roman de Étienne Kern, à la fois sobre, beau, mélancolique et bouleversant m'a permis de découvrir la figure méconnue de Franz Reichelt à qui l'auteur rend hommage ainsi qu'à ses chers disparus.
Portrait d'un inventeur au destin tragique, Les envolés est un roman court, très sensible au titre poétique, il est l'histoire d'une incroyable solitude et un beau témoignage d'amour à ces « envolés ».

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Cannetille
  10 janvier 2022
Le 4 février 1912, les caméras filmaient en direct la mort de Franz Reichelt, alors qu'il essayait son invention de costume-parachute depuis le premier étage de la tour Eiffel. Qu'est-ce qui avait bien pu pousser cet homme à sauter, quand tous l'avaient prévenu qu'il n'avait aucune chance de réussir ? Etienne Kern reconstitue le parcours de ce tailleur pour dames d'origine autrichienne, mêlant à sa narration les interrogations qui le hantent depuis la mort par défenestration de deux êtres chers.


Du vieux film en noir et blanc, l'on ne sait ce qui est le plus saisissant : des hésitations de l'homme avant son saut, ou du public et des caméras venus assister sans broncher à un dénouement que tous savaient inéluctable. Au-delà de la curiosité malsaine des foules, c'est à ce qui a pu conduire Franz Reichelt à une telle extrémité qui intéresse l'auteur, lui que la peur du vide assaille depuis la chute accidentelle d'un parent et le suicide d'une amie. Ses doutes et ses interrogations quant à ces deux fins dramatiques que rien ne laissaient prévoir, trouvent une résonance obsédante dans l'étonnant cheminement d'un homme que son métier de tailleur, associé à son amitié pour un ami mort de sa passion pour l'aviation, ont curieusement amené à défier toute raison.


Pendant que le Paris de la Belle Epoque entrevoit avec optimisme un futur ouvert à tous les possibles d'un progrès technique en soudaine accélération, il faut bien des illuminés et des aventuriers pour s'élancer dans l'expérimentation des inventions, notamment celles qui entament la conquête du ciel. Franz Reichelt s'est-il laissé contaminer par une foi inébranlable en cet avenir magique ? A-t-il fini par prendre ses rêves pour des réalités, lui que son monde modeste, ses deuils et ses amours déçues clouaient au sol ? A moins qu'il n'ait choisi, en toute conscience, de préserver jusqu'au bout une illusion mortelle, mais qui valait pourtant mieux que sa morne et terre-à-terre réalité ? Sans les caméras qui le poussaient dans la lumière, aurait-il renoncé ?


Une certaine tristesse étreint le lecteur qui l'accompagne dans la très crédible restitution historique d'Etienne Kern. Les réflexions contemporaines et personnelles de l'auteur contribuent à cette mélancolie, alors qu'elles apparaissent de plus en plus clairement relever du terrible questionnement dans lequel vous jettent ceux qui ont choisi de « s'envoler ». Un texte délicat et ciselé, tout en nuances et non-dits.

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Kittiwake
  08 octobre 2021
C'est à partir d'un fait divers tragique qu'Étienne Kern a bâti ce roman. En 1912, un homme s'élance du premier étage de la Tour Eiffel pour expérimenter son invention, un parachute. le drame se déroule devant une foule de badauds et de journalistes venus assister à une performance dont l'issue ne laisse pas de doute, d'autant que les tentatives précédentes, avec un mannequin, ont les unes après les autres échoué malgré les améliorations successives du prototype.

Qui était ce fou volant, dont l'histoire s'inscrit au coeur de cette émulation inventive du début du vingtième siècle ? Quelles motivations l'ont conduit au terme de cette démarche ? Son sens de l'amitié, ses amours complexes , son histoire familiale ou un rêve de gloire ?

C'est ce que le roman va tenter d ‘élucider tout en établissant des parallèles avec des éléments biographiques de l'auteur lui-même qui sont une clé de compréhension pour expliquer cet intérêt pour le sujet. Car elle est au coeur de ces pages, l'amie disparue, celle dont l'envol, contrairement à celui du tailleur, a suivi la chute, volontaire, pour quitter ce monde devenu trop pesant, avec de nombreuses questions sans réponse.

C'est un récit tout en délicatesse, où l'on perçoit l'empathie et le souci de comprendre ces gestes fous.

Ce premier roman parvient en peu de pages à explorer avec tact et compassion un fait divers cruel et énigmatique, tout en rendant hommage à un être cher.


Lien : https://kittylamouette.blogs..
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QUILESR
  28 décembre 2021
Je viens de finir ce petit livre de 150 pages ' Les Envolés' d' Etienne Kern. le livre raconte une histoire vraie,on peut d'ailleurs sur Youtube voir la chute du 1 er étage de la Tour-Eiffel sur un film datant de 1912. Frantz Reichel était tailleur pour dames ,venu de Bohême pour s'installer rue Gaillon à Paris près de l'Opéra. Il n'a eu qu'un but après la mort d'un ami qui lui aussi s'est tué en voulant faire le même saut,,fabriquer un parachute et être le premier homme qui réussit le saut de la Tour-Eiffel..C'est son histoire qui nous ait contés de son enfance en Bohême,son arrivée à Paris,jusqu'au saut final. Il y a d'autres personnages dans le film,notamment la femme de son ami qui n'a pas survécu au saut et dont il tombe amoureux.
Les Envolés sont tous ceux qui ont perdu la vie en voulant voler ,les aviateurs de l'époque ou tout simplement ceux que l'on a perdus et qui se sont envolés à jamais.
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AudreyT
  31 décembre 2021
****

En février 1912, Franz Reichelt s'élance du premier étage de la tour Eiffel, son costume-parachute sur le dos. Voilà des années qu'il travaille sur son invention, pensant remporter le prix Lalance de 10 000 francs. Mais au-delà de la gloire, du succès et de l'argent, c'est avant tout pour sauver les nouveaux aviateurs, et la mémoire de son meilleur ami, que ce tailleur autrichien dessine, coud et expérimente un costume qui les détournera de la mort. Alors qu'il croit en son projet, les fantômes de sa vie l'accompagnent vers sa chute. Franz Reichelt ira jusqu'au bout, sur cette rembarde de fer, se jetant dans le vide pour l'éternité...

Cette vidéo, en noir et blanc, floue, brouillée, silencieuse, est le point de départ du premier roman d'Etienne Kern. Cet homme, qu'on a filmé, qu'on n'a pas retenu, qu'on a même encouragé, est l'image de ses cauchemars. Ce rêveur, ce tailleur généreux et foncièrement bon, est l'étoile filante dans le ciel de ces premières années du XXème siècle.

Alors que tous les regards sont tournés dans les airs, que les aéroplanes laissent la place aux avions, aux inventions de toutes sortes, Franz Reichelt veut offrir au monde un espoir de survie.
Encombré de son passé, des absents, des silences et des secrets, il n'aura de cesse d'éclairer son présent par des souvenirs enfouis. Une robe sur un mannequin, une photo au fond d'un tiroir, un amour regretté... Franz Reichelt fait revivre ses inachevés...

Un roman où une douce poésie côtoie la mémoire, l'amour et l'amitié. Une histoire qui place nos envolés au coeur de notre monde...
Lien : https://lire-et-vous.fr/2021..
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Didjmix
  28 novembre 2021
Tiré d'un fait divers, ce premier roman est joliment écrit et d'une grande pudeur. Histoires d'amitié pour ces envolés qui partent pour des raisons différentes : maladie d'un côté, obsession de l'autre. Histoire vraie surtout de cet inventeur qui décida de sauter de la Tour Eiffel pour tester son parachute ; vol qui a donné lieu à l'un des premiers reportages dramatiques du cinéma (on trouve encore la vidéo sur le net). L'obsession de cet homme se résume magnifiquement dans cette citation : "Les gens que nous aimons, nous ne pouvons rien pour eux".
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CatF
  01 janvier 2022
Ce livre est court, un peu plus de 100 pages. On découvre la vie, mais surtout la fin de Franz Reichelt.
Je n'ai pas pu m'en empêcher et j'ai regardé plusieurs fois la vidéo où il saute.
On y voit sa fierté puis son hésitation.
J'ai même prié pour qu'il ne saute pas.
En voyant sa parure derrière lui on se dit, c'est évident, ça ne peut pas marcher. Mais lui, il y croyait et c'est grâce à ces courageux d'un autre temps que nous possédons tant de choses aujourd'hui.

Extrait :
Tu es tous ceux qui sont tombés. Tu es ceux qu'on a perdus.
Tu es cette évidence qui suffit à me rendre le jour un peu plus beau et le soir un peu plus triste...

Un récit finement raconté…

Bonne lecture !
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tynn
  23 septembre 2021
Etienne Kern serait-il fasciné par le vide pour avoir imaginé ce petit roman insolite où se côtoient des tentatives improbables de machines volantes et parachutes et ses propres pertes familiales ou amicales, par défenestration ?

Il mêle deux époques, établissant un pont entre lui-même et Franz Reichelt, tailleur autrichien établi à Paris et inventeur malheureux d'un modèle de parachute, l'entraînant vers la mort lors d'un saut d'essai depuis la Tour Eiffel. On est en 1912. Les avions et machines volantes fascinent la société de la Belle Epoque et bien des passionnés vont « mourir au champ d'honneur du progrès ». Ce sera la première mort « en direct », filmée en actualité et conservée en postérité de courage ou de folie.
A l'image de la vidéo (saisissante), le livre est comme un vieux film muet et noir et blanc, porté par une petite musique triste en arrière fond, faits de scénettes qui s'entremêlent entre passé et présent avec une forme légère et aérée pour un sujet pourtant grave où la mort rode. L'auteur s'invite dans des digressions et des errances de souvenirs ou de recherche de lieux.

Joli roman, personnel et historique.
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jg69
  27 août 2021
COUP DE COeUR

" Les gens que nous aimons, nous ne pouvons rien pour eux."

4 février 1912. Devant une trentaine de badauds et des reporters qui le filment, un homme s'élance du premier étage de la tour Eiffel, il veut tester son invention, un "costume-parachute d'aviateur". On l'a prévenu : il n'a aucune chance. C'est une des premières fois de l'histoire qu'une caméra saisissait la mort en direct.

L'homme avait trente-trois ans, il s'appelait Franz Reichelt et était tailleur pour dames. Né en Autriche, le jeune homme avait tenté sa chance à Paris, capitale de la mode, il avait réussi à se faire embaucher grâce à son ami Antonio Fernandez. En ce début de siècle les français se sont pris de passion pour les aéroplanes, certains construisaient des appareils dans leur arrière-boutique ou dans la cour de leur ferme, des foules se rassemblaient pour admirer ces pionniers qui n'hésitaient pas à lancer leurs gros jouets dans le ciel.

Pour son premier roman Étienne Kern a choisi de se pencher sur le geste d'un inventeur qui s'est jeté de la tour Eiffel pour tester le parachute qu'il venait de faire breveter et avec lequel il espérait gagner le Prix Lalance doté d'une belle somme. Étienne Kern remonte le fil de l'histoire de Franz à la recherche ce qui a bien pu mener cet homme à ce geste fou. A cette histoire vraie romancée, il mêle, dans des chapitres en italiques, des éléments intimes dont il n'est pas toujours aisé, tout au moins au début, de comprendre le sens ou même de savoir à qui ils s'adressent, je me suis laissée porter par ces passages d'une grande sensibilité qui renvoient pour certains au souvenir de ses propres disparus, autres "envolés".

Étienne Kern brosse minutieusement le portrait de Franz, un homme réservé et solitaire, hanté par la culpabilité, un homme pour lequel j'ai éprouvé immédiatement beaucoup d'empathie, un homme qui ne rêve pas de gloire, ses raisons pour mener à terme son projet sont très touchantes. " Franz est appelé par des voix qu'il est le seul à entendre. Il porte son rêve comme une blessure au flanc." L'auteur nous montre bien comment cette invention d'un costume qui imite une chauve-souris déployée mènera le jeune homme au bord de la folie et combien il a été difficile pour la personne qui partageait sa vie de le voir dériver, happé par un rêve où elle n'avait pas de place.

J'avais déjà vu les images du saut de ce parachutiste mais les revoir après avoir lu ce roman est particulièrement émouvant, le voir hésiter puis finalement sauter... Et ce parachute qui ne s'ouvre pas... Des images impressionnantes qui interrogent sur le pouvoir d'attraction des images et qui nous obligent à nous demander si la présence de la caméra n'a pas contribué à ce qu'il n'abandonne pas son projet.

Étienne Kern m'a embarquée dès les premiers chapitres de son roman pour ne plus me lâcher. Un premier roman admirablement bien maîtrisé et très sobre. Une écriture ciselée, des personnages bien incarnés, une construction audacieuse, des passages d'une infinie poésie ... Sobriété, pudeur et délicatesse caractérisent ce grand livre. Un auteur à suivre...

Lien : https://leslivresdejoelle.bl..
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dgidgil
  01 février 2022
Un court roman lu en deux soirées.
Juste avant la première guerre mondiale, en France, c'est l'euphorie du progrès, dans une sorte d'insouciance aussi, malgré de nombreux essais-erreurs voire échecs.
A partir d'une vidéo d'un homme, Franz Reichelt, sautant de la Tour Eiffel pour tester le premier parachute au monde, l'auteur va imaginer l'histoire, les motivations, les raisons de son expérimentation qui va pourtant le conduire à une mort certaine. Rêve d'être un héros, insouciance ou suicide déguisé, qu'en est-il finalement dans ce geste périlleux?
L'écriture est belle, l'histoire bien menée et j'ai apprécié les chapitres où l'auteur nous fait aussi part de ses réflexions et évoque certains de ses souvenirs qui réapparaissent avec l'avancée dans la folie/l'aventure de Franz Reichelt.
Une jolie surprise.

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