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EAN : 9782072920820
160 pages
Gallimard (26/08/2021)
3.83/5   235 notes
Résumé :
4 février 1912. Le jour se lève à peine. Entourés d’une petite foule de badauds, deux reporters commencent à filmer. Là-haut, au premier étage de la tour Eiffel, un homme pose le pied sur la rambarde. Il veut essayer son invention, un parachute. On l’a prévenu : il n’a aucune chance. Acte d’amour ? Geste fou, désespéré ? Il a un rêve et nul ne pourra l’arrêter. Sa mort est l’une des premières qu’ait saisies une caméra.
Hanté par les images de cette chute, Éti... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (105) Voir plus Ajouter une critique
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Cancie
  16 mai 2022
Le 4 février 1912 au petit matin, un homme de trente trois ans a le pied posé sur la rambarde du premier étage de la tour Eiffel et regarde la trentaine de personnes, policiers, journalistes et curieux, rassemblée au pied de la tour, qui ont les yeux levés vers lui. Deux reporters commencent à le filmer…
Cet homme s'appelle Franz Reichelt. Tailleur pour dames, il est venu de Bohème à Paris en 1900 tenter sa chance.
Il y mène une vie simple et solitaire. Ce sont les débuts de l'aviation et un véritable engouement est né : « Ça et là, des appareils construits dans des arrière-boutiques ou des cours de ferme s'élevaient laborieusement dans les airs avant de retomber ». Si Franz n'est pas spécialement tenté par ces essais, il aime cependant laisser son regard errer vers les nuages, laissant ainsi refluer en lui les souvenirs d'un amour perdu. Lorsque Antonio Fernandez, son seul ami, véritablement fasciné lui, par l'aventure des airs, après être monté jusqu'à trente mètres à bord de son « Aéral » s'écrasa à la verticale, le 7 décembre 1909, laissant une jeune veuve et un bébé, la vie de Franz va quelque peu changer.
La sécurité aérienne devenue une cause nationale, sept morts ayant endeuillé cette année-là, la Ligue aérienne et l'Aéro-Club décident d'offrir la somme de 5000 francs à l'inventeur d'un parachute adapté aux aviateurs.
Franz se lance dans la compétition, voulant créer un parachute qui sauvera d'autres vies. Il met au point un prototype, un parachute intégré à la tenue du pilote.
Même si plusieurs essais se sont révélés infructueux, le 14 février 1912, il décide de tenter un saut depuis les 57 mètres du premier étage de la tour Eiffel. Malheureusement, son appareillage, qui ne semble qu'à demi-ouvert, se replie sous lui et il tombe alors en chute libre durant quelques secondes avant de s'écraser sur le sol gelé.
Le film de cette mort en direct ainsi que le testament laissé par Franz sont à l'origine du roman de Étienne Kern.
C'est donc l'histoire vraie de cet homme, ni ingénieur, ni savant, mais inventeur, ce destin tragique que Étienne Kern nous confie dans ce roman, Les envolés, en y mêlant le souvenir de ses propres disparus et les traces qu'ils lui ont laissées. En effet, dans ce destin tragique, l'auteur va trouver des résonances avec son propre vécu, avec son grand-père et avec une amie suicidée, amie à qui il dédie le livre, qui sont morts eux aussi dans une chute.
C'est un roman biographique et historique dans lequel, évidemment, l'imagination a sa place et il est souvent difficile de savoir si les scènes sont tirées de la vie de Reichelt ou pas. Bravo à l'auteur d'ailleurs, car j'ai été surprise par la réalité de certaines que je pensais fictives.
En lisant ce roman j'ai été très émue par ce héros à la fois doux, simple, touchant et généreux.
Les envolés, premier roman de Étienne Kern, à la fois sobre, beau, mélancolique et bouleversant m'a permis de découvrir la figure méconnue de Franz Reichelt à qui l'auteur rend hommage ainsi qu'à ses chers disparus.
Portrait d'un inventeur au destin tragique, Les envolés est un roman court, très sensible au titre poétique, il est l'histoire d'une incroyable solitude et un beau témoignage d'amour à ces « envolés ».

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Cannetille
  10 janvier 2022
Le 4 février 1912, les caméras filmaient en direct la mort de Franz Reichelt, alors qu'il essayait son invention de costume-parachute depuis le premier étage de la tour Eiffel. Qu'est-ce qui avait bien pu pousser cet homme à sauter, quand tous l'avaient prévenu qu'il n'avait aucune chance de réussir ? Etienne Kern reconstitue le parcours de ce tailleur pour dames d'origine autrichienne, mêlant à sa narration les interrogations qui le hantent depuis la mort par défenestration de deux êtres chers.

Du vieux film en noir et blanc, l'on ne sait ce qui est le plus saisissant : des hésitations de l'homme avant son saut, ou du public et des caméras venus assister sans broncher à un dénouement que tous savaient inéluctable. Au-delà de la curiosité malsaine des foules, c'est à ce qui a pu conduire Franz Reichelt à une telle extrémité qui intéresse l'auteur, lui que la peur du vide assaille depuis la chute accidentelle d'un parent et le suicide d'une amie. Ses doutes et ses interrogations quant à ces deux fins dramatiques que rien ne laissaient prévoir, trouvent une résonance obsédante dans l'étonnant cheminement d'un homme que son métier de tailleur, associé à son amitié pour un ami mort de sa passion pour l'aviation, ont curieusement amené à défier toute raison.

Pendant que le Paris de la Belle Epoque entrevoit avec optimisme un futur ouvert à tous les possibles d'un progrès technique en soudaine accélération, il faut bien des illuminés et des aventuriers pour s'élancer dans l'expérimentation des inventions, notamment celles qui entament la conquête du ciel. Franz Reichelt s'est-il laissé contaminer par une foi inébranlable en cet avenir magique ? A-t-il fini par prendre ses rêves pour des réalités, lui que son monde modeste, ses deuils et ses amours déçues clouaient au sol ? A moins qu'il n'ait choisi, en toute conscience, de préserver jusqu'au bout une illusion mortelle, mais qui valait pourtant mieux que sa morne et terre-à-terre réalité ? Sans les caméras qui le poussaient dans la lumière, aurait-il renoncé ?

Une certaine tristesse étreint le lecteur qui l'accompagne dans la très crédible restitution historique d'Etienne Kern. Les réflexions contemporaines et personnelles de l'auteur contribuent à cette mélancolie, alors qu'elles apparaissent de plus en plus clairement relever du terrible questionnement dans lequel vous jettent ceux qui ont choisi de « s'envoler ». Un texte délicat et ciselé, tout en nuances et non-dits.

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Kittiwake
  08 octobre 2021
C'est à partir d'un fait divers tragique qu'Étienne Kern a bâti ce roman. En 1912, un homme s'élance du premier étage de la Tour Eiffel pour expérimenter son invention, un parachute. le drame se déroule devant une foule de badauds et de journalistes venus assister à une performance dont l'issue ne laisse pas de doute, d'autant que les tentatives précédentes, avec un mannequin, ont les unes après les autres échoué malgré les améliorations successives du prototype.
Qui était ce fou volant, dont l'histoire s'inscrit au coeur de cette émulation inventive du début du vingtième siècle ? Quelles motivations l'ont conduit au terme de cette démarche ? Son sens de l'amitié, ses amours complexes , son histoire familiale ou un rêve de gloire ?
C'est ce que le roman va tenter d ‘élucider tout en établissant des parallèles avec des éléments biographiques de l'auteur lui-même qui sont une clé de compréhension pour expliquer cet intérêt pour le sujet. Car elle est au coeur de ces pages, l'amie disparue, celle dont l'envol, contrairement à celui du tailleur, a suivi la chute, volontaire, pour quitter ce monde devenu trop pesant, avec de nombreuses questions sans réponse.
C'est un récit tout en délicatesse, où l'on perçoit l'empathie et le souci de comprendre ces gestes fous.
Ce premier roman parvient en peu de pages à explorer avec tact et compassion un fait divers cruel et énigmatique, tout en rendant hommage à un être cher.

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hcdahlem
  10 octobre 2022
Pour un moment d'éternité
Étienne Kern a choisi, pour son premier roman, de retracer le parcours de Franz Reichelt. Car l'histoire de l'homme qui s'est jeté de la tour Eiffel en 1912 est bien plus riche que le fait divers filmé à l'époque. Elle dit aussi la puissance d'une conviction, la force d'un rêve.
Il s'appelait Franz Reichelt, avait émigré en France et était tailleur. Mais il est surtout connu pour avoir sauté un jour de février 1912 du premier étage de la tour Eiffel. La courte vidéo de ce drame a été visionnée des millions de fois, symbole tout à la fois d'un monstrueux accident et de la volonté farouche de vivre son rêve.
Étienne Kern, qui vient de décrocher le Prix Goncourt du premier roman pour ce livre, a choisi de raconter comment il en était arrivé à faire ce choix. Et c'est passionnant.
Sur ses pas, on découvre combien la France se passionnait alors pour les pionniers de l'aviation. «Chauffeurs de taxi, étudiants, coureurs cyclistes, des centaines de têtes brûlées se prenaient à rêver des nuages. C'était plus qu'un engouement, c'était une frénésie, un élan gigantesque comme après une longue absence. Les étagères sc tapissaient de revues spécialisées. Jamais les coeurs n'avaient vibré de plus d'émotions. Çà et là, des appareils construits dans des arrière-boutiques ou des cours de ferme s'élevaient laborieusement dans les airs avant de retomber.
Partout, les pieds enfoncés dans le sol, des foules se rassemblaient, poussant le même cri de plaisir, les bras tendus vers tous ces héros, ces perdus, ces damnés qui lançaient de gros jouets vers le ciel sans savoir qu'ils y creusaient leur tombe.
En ce temps-là, on ne parlait pas encore d'avions. On parlait d'aéroplanes.»
Si Franz n'avait pas croisé la route de Antonio Fernandez, il n'aurait sans doute jamais envisagé de voler. Ce collègue, qui lui a mis le pied à l'étrier quand il est arrivé en France et ne parlait quasiment pas la langue, a rapidement fait fortune avant de se lancer dans la construction de l'un de ces aéroplanes. Lors d'une soirée passablement avinée, il va lui faire détailler son projet. Quelques jours plus tard, du côté de Nice, il mourra aux commandes de l'Aréal, son invention qui avait réussi à décoller, mais un câble défectueux a sans doute lâché et provoqué sa chute.
Quelques jours plus tard sa veuve, accompagnée de leur fille que son père n'aura jamais vue, se présentera à sa boutique parisienne, vendue pour trois fois rien. Elle parviendra à se faire embaucher comme couturière et croisera par la suite la route de Franz. Ignorant leur amitié passée, Emma va accorder sa confiance à cette homme si attentionné. Franz, quant à lui, s'est lancé dans la confection d'un costume-parachute. Il veut ainsi rendre hommage à son ami Antonio et offrir une belle preuve d'amour à sa veuve. Qui se sent trahie, qui voit une seconde fois la folie s'emparer de son homme.
Étienne Kern, en racontant les jours et les heures qui vont mener Franz à la mort, dit bien davantage que les journalistes qui ont alors relaté ce fait divers. Il dit les rêves des émigrés, il dit la chute de son grand-père et celui de son amie, de tous ceux qui sont partis trop tôt, des rêves plein les yeux.
En insérant son histoire personnelle entre les chapitres, en racontant son enquête sur les pas de Franz Reichelt, le romancier donne à ce livre une dimension universelle. En rendant hommage à tous les envolés, il montre aussi que leurs espoirs continuent de nous accompagner, qu'ils sont au-dessus de leur tragique destin. Derrière la mort, il nous donne une émouvante leçon de vie.

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Mousquetaire11
  17 juillet 2022
Qui n'a jamais rêvé de pouvoir voler un jour ou du moins pouvoir s'envoler dans les airs et de se poser ensuite delicatement comme un oiseau?
Ce doux rêve a été le dernier de Franz Reichelt qui le 4 février 1912 tenta l'expérience en se jetant du premier étage de la tour Eiffel pour démontrer l'efficacité du parachute qu'il a cousu dans son atelier. Malheureusement, le saut de l'ange de ce couturier autrichien fût son dernier...
Cent ans plus tard, Etienne Kern, marqué par la chute du jeune homme visionnable encore aujourd'hui sur internet lui rend hommage en racontant de manière romancée son histoire. Pourquoi ce drame a-t-il tant influencé l'auteur pour décider d'en écrire un roman?
Ouvrage agréable à lire, on y découvre une époque et les progrès technique et avancées dans le domaine de l'aviation qui en est qu'à ses balbutiements. Premier roman écrit par Etienne Kern, sa plume délicate et pleine de finesse va retracer la vie du couturier qui a rejoint trop vite les cieux dans une volonté d'en sauver de nombreuses grâce à son invention...
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critiques presse (2)
LeFigaro   06 septembre 2022
Action d'éclat, suicide déguisé, panache d'un homme qui voulait croire à son rêve ? Etienne Kern s'interroge en respectant le mystère de son personnage et reconstitue autour de lui cette époque un peu folle qu'était la Belle Époque.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
SudOuestPresse   11 mai 2022
Au-delà du personnage de Franz Reichelt, il évoque d’autres chutes, d’autres disparitions, et les vides qu’elles laissent dans nos vies.
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
YindiYindi   19 novembre 2022
Bientôt son visage, le son de sa voix, son nom même s'effaceraient et il ne resterait rien de son échec comme il ne resterait rien de tous ceux qu'il aimait.
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YindiYindi   18 novembre 2022
Louise murmurait : Si seulement son père...
Elle n'en disait jamais plus. Franz ne posait pas de questions. Il savait sans savoir. Une histoire de violence, de dettes, la déchéance d'un mari qui noyait sa vie dans l'alcool, disparaissait, revenait, plein d'une colère vaine envers le monde et lui-même.
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YindiYindi   19 novembre 2022
Tu es tous ceux qui sont tombés. Tu es ceux qu'on a perdus. Tu es cette évidence qui suffit à me rendre le jour un peu plus beau et le soir un peu plus triste, cette évidence que dit chacune des images où demeure quelque chose de leur présence et se retrouve leur visage familier, aimé, envolé : ils ont été.
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YindiYindi   18 novembre 2022
J'essayais quelquefois. Je passais de longs moments à ma table, accablé. J'échafaudais des plans.
Je renonçais.
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CancieCancie   19 mai 2022
C’est alors l’édifice le plus haut jamais construit par les hommes. C’est la Tour. C’est Babel. C’est la bergère d’Apollinaire, la girafe en dentelle de Cocteau, la cheminée d’usine de Maupassant, l’inutile et monstrueuse construction pourfendue par Zola. Elle est tiède encore d’avoir été fondue, martelée, caressée par tous ceux qui, deux ans durant, à raison de douze heurs par jour pendant l’été, neuf heures pendant l’hiver, ont, rivet après rivet, assemblé, fixé, poli, rendu possible la formidable éruption de métal qui jaillit vers le ciel.
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