AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
3,75

sur 30 notes
5
2 avis
4
6 avis
3
2 avis
2
0 avis
1
0 avis

Critiques filtrées sur 4 étoiles  
C'est une histoire douce et nostalgique.
Simon est un jeune homme attachant, plutôt classique, étudiant en médecine.
Élevé par un père veuf très soucieux de la réussite de son fils, il a été préservé de tout souci jusque là. le belle Clarice, étudiante elle aussi, est entrée dans sa vie. Mais pas de la manière qu'on imagine.

« La place de Clarice dans notre vie demeura singulière tout au long de ces années. Elle ne devint ni ma soeur adoptive ni mon premier amour. Pourtant, elle se mua sous mes yeux en une jeune femme qui ne manquait ni d'atouts physiques ou de charme, et encore moins d'intelligence. »

Clarice transforme le duo père-fils en trio. Et tout va pour le mieux jusqu'à ce qu'on découvre que Simon a une tumeur au cerveau. Grain de sable dans une machine bien huilée qui devait conduire le père à voir son fils triompher.

« Je vais partir après la chimio. En Israël. Dès que j'aurai repris un peu de force. » déclare Simon à son père qui n'en revient pas. Est-ce la rencontre sur un banc avec Amir, un jeune homme juif qui l'a aidé à rentrer chez lui le jour où il a appris la fameuse nouvelle ? Pas seulement. Ce serait plutôt le contraire d'un pèlerinage. Simon s'interroge sur sa judéité paternelle, et Amir devient le nouveau membre du trio puisque Clarice est partie étudier en Australie. Il faut dire que ses bonnes manières sont indiscutables, sa politesse exquise, et qu'il apporte la légèreté qui manque au duo père-fils depuis l'annonce de la maladie.

« Amir, j'en avais conscience, séduisait mon père encore plus que moi, en éveillant le souvenir d'une certaine insouciance. » Amir devient donc le confident du père et du fils.
Simon a été traumatisé par une séance chez le Docteur Coupez qui lui a annoncé un effet secondaire fâcheux du traitement par chimiothérapie. Un effet secondaire d'autant plus regrettable qu'il est souligné par l'absence de présence féminine dans cette histoire masculine.

S'agit-il d'homosexualité entre les deux jeunes hommes ? Pas vraiment. le père, qui après avoir fini une traduction décide de rejoindre Israël, est-il séduit par l'érudition d'Amir ? Sans doute. Mais rien ne peut résumer à quelques mots.

Mais c'est aussi le combat contre la maladie et la colère que ressent Simon qui sont touchants. Et le lien avec la musique qui les unit tous les trois - et qui dit mieux que par des mots l'affection mutuelle entre les trois hommes.

« Tu le sais déjà, ou tu es en train de l'apprendre, on ne comprend pas toujours pourquoi on aime quelqu'un. En tout cas, j'ai toujours été incapable d'y voir clair. » C'est ce que dit son père à Simon. Et cela résume bien le livre.

Et quand enfin Clarice rejoindra les trois hommes à Jérusalem, le trio deviendra quatuor et apportera la touche féminine et pleine d'humour qui manquait peut-être à Simon. Un quatuor harmonieux, qui mènera à une fin ouverte, avec un mise en abyme finale très réussie.

On refermera donc simplement le livre avec une touche de nostalgie et de douceur devant la finesse de l'écriture et la description des sentiments, ambivalents et ambigus, mais toujours très justement décrits.



Lien : https://www.biblioblog.fr/po..
Commenter  J’apprécie          123
Simon Weber est un jeune homme de 19 ans. Ayant perdu sa mère à l'âge de 12 ans, il vit à Paris avec son père qui a sacrifié sa vie pour la réussite de son fils. Appartement dans le secteur des bons lycées, visites de toutes les expos, abonnement au théâtre des Champs Elysées, rien n'a été laissé au hasard pour lui offrir le plus bel avenir possible. Simon est en première année de médecine lorsque, pris de violentes migraines, on lui découvre une tumeur au cerveau. Après un premier traitement chimiothérapique de choc et avant de connaître l'évolution exacte de sa maladie, il décide de partir quelques mois à Jérusalem chez un jeune écrivain rencontré fortuitement lors de l'annonce de son cancer.
A lire ce résumé, on pourrait s'attendre à un de ces nombreux témoignages sur le parcours terriblement éprouvant d'un cancéreux doublé d'une réflexion sur l'état d'Israël, sa politique et sa ferveur religieuse. Hé bien, pas tout à fait ! Même si ces deux thèmes sont présents en tant que toile de fond ou ressort dramatique, ils servent surtout à Jean Mattern, l'auteur, à explorer la ronde trouble et troublantes de ses personnages. Quels sont les liens exacts qui les unissent ? Un drôle de jeu va s'enclencher en Israël lorsque le père de Simon va venir y passer quelques jours, avec au bout quelques petites surprises sur les sentiments profonds de chacun.
L'écriture très maîtrisée de ce roman laisse la place à une palette d'interprétations, surprenant de plus en plus le lecteur qui se trouve embarqué dans un terrain qu'il n'avait pas imaginé au départ.
Un peu plus sur le blog.
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
Commenter  J’apprécie          30
A tout juste vingt ans, Simon apprend qu'il est atteint d'une tumeur au cerveau. Ce jeune étudiant en médecine, confronté jusque alors à la maladie d'un point de vue théorique, voit son quotidien profondément bouleversé. Persuadé d'être condamné, il se soumet néanmoins aux traitements lourds et éreintants qui lui sont imposés. Peu à peu, il se sent disparaître derrière la maladie, jusqu'à n'être plus qu'un objet d'expériences et d'analyses. Cette perte d'identité le pousse à quitter la France pour l'Israël, afin de se recentrer sur lui-même et de profiter de ce qui lui reste à vivre, en attendant les résultats de ses derniers examens, qui lui annonceront peut-être une rémission du mal. Il est accueilli par Amir, avec qui il entretient une relation ambigüe, entre admiration, amour et jalousie. Un voyage qui sera l'occasion pour Simon de s'enrichir de nouvelles expériences, de se réconcilier avec son passé et d'appréhender différemment le futur… Avec son nouveau roman, Jean Mattern nous offre un texte fort et sensible sur les thèmes de la maladie et de la filiation. Loin d'être dans l'auto-apitoiement, Simon se montre plutôt dans l'observation et le ressenti. Il raconte, dans quelques passages particulièrement précis, la dépossession de soi due aux examens. Il témoigne du regard froid et scientifique des médecins qui ne voient en lui qu'un sujet d'analyses et non une victime. Pour autant, son regard n'est absolument pas dépourvu d'humanité, mais l'objectivité dont il fait preuve fait montre d'une certaine maturité chez un personnage aussi jeune. La maladie est également l'occasion pour Simon de faire un point sur sa vie et notamment sur la relation parfois difficile avec un père trop aimant, trop protecteur. C'est aussi le moment pour lui de s'interroger sur la transmission, ce qu'on laisse sur terre après notre passage. Un roman dense, qui soulève des questions essentielles, chez un être trop jeune pour se les poser. Un texte bouleversant, servi par un trio père/fils/confident surprenant et attachant. Il s'agit d'une belle découverte en ce qui me concerne !
Commenter  J’apprécie          30
J'ai vraiment aimé ce roman qui nous raconte la maladie de Simon Weber, jeune étudiant en médecine choyé par son père qui apprend qu'il est atteint d'un cancer. C'est une tranche de vie que nous raconte l'auteur mais au fur et à mesure du roman, on a le sentiment de connaitre de mieux en mieux les personnages. La relation entre le père et le fils, toute en nuances, avec sa part d'amour et de non-dits m'a subjuguée. L'atmosphère de ce roman est très douce, très nostalgique et c'est en même temps une célébration de la vie et de la jeunesse. Un très bon moment de lecture, je regrette simplement de ne pas avoir lu les 2 romans précédents de Jean Mattern avant d'avoir lu celui-ci, lacune que je vais m'empresser de combler!
Commenter  J’apprécie          20
Je n'ai quasiment jamais été déçue par les publications de Sabine Wespieser, et en tout cas, la qualité n'a jamais fait défaut. Un seul bémol, la quatrième de couverture est bien trop bavarde, et gagnerait à être plus succincte, et plus elliptique.
Encore une fois, cette nouvelle rencontre littéraire me donne envie d'y revenir sans trop tarder.
D'une plume élégante, et sans superflu, ce roman nous emmène au coeur d'un couple père-fils, lequel deviendra vide un étrange trio, dans lequel la clé de voute n'est pas forcément celui que l'on croit.
C'est l'histoire de plusieurs fuites ; fuir un père-poule entièrement dévoué à son garçon, mais terriblement hermétique, fuir un verdict médical tant redouté, fuir une histoire familiale incomplète dans un pays qui peut surprendre, fuir une enfance pour entrer en accéléré dans la vie d'adulte avant qu'il ne soit trop tard.
La transmission est également bien présente, avec notamment la transmission biologique qui ne cesse de tarauder Simon.
Un roman qui pose beaucoup plus de questions, qu'il ne donne de réponse ; un roman qui laisse le lecteur face à lui-même et face à ses propres questions ; un roman sensible. Un roman, qui se révèle en définitive, assez difficile présenter. Je n'ai qu'un conseil : osez !!!
Si à priori, il se situe dans une certaine continuité avec les deux premiers ouvrages de l'auteur, il n'en reste pas moins accessible quand on ne les a pas lus au préalable.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
Commenter  J’apprécie          10
Simon et son père vivent en milieu presque clos, depuis la mort de la mère survenue huit ans plus tôt. Seule Clarice, dont les parents se déchirent en un interminable divorce, a réussi à s'immiscer dans l'amour étouffant du père pour son fils. La soudaine et terrible maladie de ce dernier va faire voler en éclats cette relation exclusive et, peu à peu, mettre à jour les secrets de famille. Simon découvre la sexualité, ses penchants pour Amir qui l'accompagne en voyage, le désir d'émancipation, la jalousie, l'amitié, la peur de la mort. Une écriture subtile et délicate, pudique.
Commenter  J’apprécie          00


Lecteurs (48) Voir plus



Quiz Voir plus

Ecrivain et malade

Marcel Proust écrivit les derniers volumes de La Recherche dans une chambre obscurcie, tapissée de liège, au milieu des fumigations. Il souffrait

d'agoraphobie
de calculs dans le cosinus
d'asthme
de rhumatismes

10 questions
282 lecteurs ont répondu
Thèmes : maladie , écriture , santéCréer un quiz sur ce livre

{* *}