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Critique de jeff2u12


Téléchargé sur le site gratuit (une mine d'or) de la bibliothèque russe et slave, chez Bossard, traduction de H. Pernot et L. Stahl, 1922. C'est cette version que j'ai lue et non la réédition de 2018 sur une traduction de 1977 de George Arout.
Un roman classique de la littérature russe qui fait le lien entre Les âmes mortes de Gogol et le maître et Marguerite de Boulgakov. Un des aspects spécifiques à la littérature russe est qu'elle mélange sans vergogne et réconcilie des styles aussi différents que la farce burlesque, le fantastique modernisé des contes d'autrefois et le pamphlet politique et social souvent dissimulé, censure oblige, derrière les deux précédents. A ce titre, on peut dire que, ni Dostoievski, encore moins Tolstoi, les deux écrivains russes les plus célèbres en France, n'en sont pas représentatifs. On pourrait par contre parler de Gontcharov (Oblomov) ou Lermontov (UN HÉROS DE NOTRE TEMPS) et, plus récemment, Viktor Pelevine (La vie des insectes).
Le démon mesquin, livre de 1907, est typiquement dans cette lignée, et en constitue un véritable fleuron. L'histoire démarre comme une simple peinture de moeurs autour des manoeuvres que concocte Peredonov pour obtenir un poste d'inspecteur et des manoeuvres de plusieurs femmes autour de lui pour se faire épouser par ce fonctionnaire – un statut très prisé dans la russie tsariste de l'époque. Ces manoeuvres vont virer de part de d'autres à l'obsession et l'état mental de Peredonov va partir dans la psychose et les hallucinations de toutes sortes. Une histoire d'adolescent androgyne vient un peu s'intercaler et brouiller un peu les pistes sans que le lien avec le fil directeur me soit clairement apparu.
Le roman va crescendo virer dans la paranoia et la folie de Peredonov jusqu'à un final meurtrier (un peu décevant, peut-être le seul bémol de mon point de vue) précédé d'une scène de bal/concours de costumes très réussie.
Si le contexte est très situé, le rapport à l'avancement social, aux mariages d'intérêt et aux dérèglements mentaux qui en résultent sont totalement d'actualité - comme le dit Bobby_The_Rasta_Lama dans sa longue analyse, « cela pourrait se passer n'importe où et n'importe quand »
Et c'est ce qui en fait un roman résolument moderne.
492 pages qui se lisent sans effort, style fluide, une découverte très réussie et dont je vous conseille fortement la lecture 😉
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