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Critique de jeranjou


jeranjou
  14 mars 2013
Numéro 2…

Oui, oui, je vous entends murmurer derrière votre écran « Williams, je ne connais pas ce romancier ». Pas de rapport avec les deux soeurs championnes de tennis, ni avec le frère jumeau Saurin des boites de conserve ou encore l'homonyme écrivain anglais auteur de «La Guerre du Graal ».

Non, non, « La fille des collines », écrit en 1951, demeure le premier roman d'un auteur américain. Né en 1909, Charles Williams a travaillé dans la marine marchande et la marine nationale américaine avant de devenir écrivain et auteur d'une vingtaine de romans jusqu'à son suicide en 1975. Grand succès à l'époque, le roman noir « La fille des collines » s'inscrit comme le premier d'une trilogie tournant sur les filles (Souchon aurait précisé « sous les jupes des filles » je suppose) sous les titres originaux : Hill Girl, River Girl et Big City Girl.

Dans ce premier opus, Bob Crane revient au pays et retrouve son frère Lee désormais en couple avec la belle Mary. Toujours en bisbille avec son père qu'il surnommait le Major, Bob était le bad boy de la famille comparé à son beau gosse de frère. Quelques années auparavant, Bob s'était disputé pour de bon avec son père et avait quitté la maison familiale pour tenter une carrière de boxeur puis de footballeur vouée à l'échec semble-t-il.

Aujourd'hui, Bob peut donc exaucer son vieux rêve d'exercer le métier de fermier en exploitant les terres familiales après le décès du Major et de son grand-père. C'est alors que Bob découvre que son frère Lee, en plus de boire comme un trou, fricote avec Angelina, la jolie fille de Sam Harley, un fermier pur jus qui ne tolèrerait pas qu'un homme marié dans le sud des Etats-Unis déshonore sa famille. A vous de découvrir la suite de ce récit…

Ce roman, marqué par les racines rurales de personnages, raconte l'histoire de deux frères que tout oppose tant physiquement et que psychologiquement. Pendant la majeure partie du récit, on n'est bien incapable de classer ce roman dans une catégorie donnée. Est-un polar noir qui va se finir dans un bain de sang entre voisins ? Est-une lutte familiale dont un des deux frères, coûte que coûte, doit être perdre sa vie ou son honneur ? Est-ce une banale histoire de jalousie entre deux hommes pour récupérer une fille ? Ou encore est-ce tout simplement une histoire d'amour qui va finir de façon dramatique ? Verdict à la dernière page…

Outre cette incertitude excitante sur le devenir des frères Crane et de leurs proches voisins, l'auteur manie la plume avec grâce et même poésie lorsqu'il se laisse divaguer dans les pensées de Bob Crane. Mais il sait également aiguiser ses dialogues avec force et rudesse lorsqu'il confronte les personnages de son roman, il est vrai, têtus comme des mules.

Qu'il est bon parfois de sortir des sentiers balisés du genre et de se laisser guider par le texte du récit sans connaitre l'issue finale. J'ai savouré ce roman du début à la fin, que vous pouvez agrémenter d'une fine eau de vie de poire Williams pour faire passer certains moments de stress intense. Avec modération évidemment…

Comme vous l'aurez compris, je ne puis que vous encourager à lire ce magnifique roman noir, particulièrement bien écrit et passionnant jusqu'à la toute dernière ligne. Merci encore à ma chère et tendre de m'avoir conseillé ce petit chef d'oeuvre tombé dans l'oubli, semble-t-il. Conclusion, courez acheter ou emprunter le numéro 2 aux éditions « Rivages noir »… avec ou sans l'eau de vie de poire...


PS : En fait, « La fille des collines » est le second roman sorti chez Rivages noir après « Liberté sous condition » de Jim Thompson, the number one. Spécialement pour ma critique aujourd'hui et en honneur de ma couverture fétiche, Rivages a sorti et attribué le dernier numéro 906 à « Boston noir » de Dennis Lehane. Belle brochette d'auteurs, ma foi !!!
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