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Isabelle Reinharez (Autre)
ISBN : 286930000X
Éditeur : Payot et Rivages (01/04/1986)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Bob et Lee ont grandi dans le Sud rural des États-Unis sous le regard implacable d’un père autoritaire, vétéran de la seconde guerre mondiale.

Si Lee, l’aîné, est le préféré, le "beau gosse" qui fait tourner les têtes des filles du coin, Bob a dû s’exiler à l’Université, après une brouille définitive avec le paternel, pour tenter sans succès de devenir joueur de football professionnel.

Lorsque le fils maudit revient au pays après le déc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
jeranjou
  14 mars 2013
Numéro 2…
Oui, oui, je vous entends murmurer derrière votre écran « Williams, je ne connais pas ce romancier ». Pas de rapport avec les deux soeurs championnes de tennis, ni avec le frère jumeau Saurin des boites de conserve ou encore l'homonyme écrivain anglais auteur de «La Guerre du Graal ».
Non, non, « La fille des collines », écrit en 1951, demeure le premier roman d'un auteur américain. Né en 1909, Charles Williams a travaillé dans la marine marchande et la marine nationale américaine avant de devenir écrivain et auteur d'une vingtaine de romans jusqu'à son suicide en 1975. Grand succès à l'époque, le roman noir « La fille des collines » s'inscrit comme le premier d'une trilogie tournant sur les filles (Souchon aurait précisé « sous les jupes des filles » je suppose) sous les titres originaux : Hill Girl, River Girl et Big City Girl.
Dans ce premier opus, Bob Crane revient au pays et retrouve son frère Lee désormais en couple avec la belle Mary. Toujours en bisbille avec son père qu'il surnommait le Major, Bob était le bad boy de la famille comparé à son beau gosse de frère. Quelques années auparavant, Bob s'était disputé pour de bon avec son père et avait quitté la maison familiale pour tenter une carrière de boxeur puis de footballeur vouée à l'échec semble-t-il.
Aujourd'hui, Bob peut donc exaucer son vieux rêve d'exercer le métier de fermier en exploitant les terres familiales après le décès du Major et de son grand-père. C'est alors que Bob découvre que son frère Lee, en plus de boire comme un trou, fricote avec Angelina, la jolie fille de Sam Harley, un fermier pur jus qui ne tolèrerait pas qu'un homme marié dans le sud des Etats-Unis déshonore sa famille. A vous de découvrir la suite de ce récit…
Ce roman, marqué par les racines rurales de personnages, raconte l'histoire de deux frères que tout oppose tant physiquement et que psychologiquement. Pendant la majeure partie du récit, on n'est bien incapable de classer ce roman dans une catégorie donnée. Est-un polar noir qui va se finir dans un bain de sang entre voisins ? Est-une lutte familiale dont un des deux frères, coûte que coûte, doit être perdre sa vie ou son honneur ? Est-ce une banale histoire de jalousie entre deux hommes pour récupérer une fille ? Ou encore est-ce tout simplement une histoire d'amour qui va finir de façon dramatique ? Verdict à la dernière page…

Outre cette incertitude excitante sur le devenir des frères Crane et de leurs proches voisins, l'auteur manie la plume avec grâce et même poésie lorsqu'il se laisse divaguer dans les pensées de Bob Crane. Mais il sait également aiguiser ses dialogues avec force et rudesse lorsqu'il confronte les personnages de son roman, il est vrai, têtus comme des mules.
Qu'il est bon parfois de sortir des sentiers balisés du genre et de se laisser guider par le texte du récit sans connaitre l'issue finale. J'ai savouré ce roman du début à la fin, que vous pouvez agrémenter d'une fine eau de vie de poire Williams pour faire passer certains moments de stress intense. Avec modération évidemment…
Comme vous l'aurez compris, je ne puis que vous encourager à lire ce magnifique roman noir, particulièrement bien écrit et passionnant jusqu'à la toute dernière ligne. Merci encore à ma chère et tendre de m'avoir conseillé ce petit chef d'oeuvre tombé dans l'oubli, semble-t-il. Conclusion, courez acheter ou emprunter le numéro 2 aux éditions « Rivages noir »… avec ou sans l'eau de vie de poire...

PS : En fait, « La fille des collines » est le second roman sorti chez Rivages noir après « Liberté sous condition » de Jim Thompson, the number one. Spécialement pour ma critique aujourd'hui et en honneur de ma couverture fétiche, Rivages a sorti et attribué le dernier numéro 906 à « Boston noir » de Dennis Lehane. Belle brochette d'auteurs, ma foi !!!
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JoedeCarc
  26 mars 2018
Premier roman de Charles Williams, deuxième référence des Éditions Rivages Noir, ce livre est un petit bijou sombre, un drame psychologique prenant, qui prend soin d'éviter tout pathos ou dégringolade finale regrettable (enfin,...c'est tout de même un drame).
J'ai apprécié les descriptions de la vie aux champs, du travail de la terre, qui sont exposées sans lourdeur, mais qui contribuent à enraciner le récit dans un contexte particulier.
Cette histoire d'amour - haine entre deux frères, dont les caractères opposés vont finir par s'affronter, est électrisée par la présence d'Angelina, personnage au tempérament brûlant, à la plastique de rêve, source de rivalité et de jalousie.
L'auteur déploie toute sa finesse pour donner vie à cette jeune fille de la campagne, prisonnière de l'autorité paternelle et des préjugés sexistes. Au cours de la lecture, Angelina se libère de son statut d'objet de fascination pour se révéler être un personnage cohérent.
Une douce tension court tout au long du livre, ce qui lui donne toute sa saveur.
Un bon roman, qui m'est resté en mémoire plusieurs jours après.
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carnet-de-voyage
  21 octobre 2017
Lee et Bob sont deux frères que tout oppose...
Surtout leur père..
Lee que la Dame Nature semble avoir gâté est le préféré du paternel..
Bob, quant à lui, se contente des miettes, si il en reste...
Un jour il se tire de ce Sud, où il s'enlise et croit atteindre ses rêves d'être un joueur professionnel et être enfin reconnu... et aimé...
Ses rêves évanouis, il revient, à la mort du grand-père, sur "ses terres"...
Il retrouve son frère, Lee, marié à une de ces beautés du Sud.....
Mais Lee est imbibé du soir au matin....
Et Bob est attiré du matin au soir par la femme de son frère....
Bob n'est pas Casanova, mais il pourrait bien tenir compte de ce que disait le fameux culbuteur de jeunes filles et autres : " Dépêchez vous de succomber à la tentation avant qu'elle ne s'éloigne. "
"La fille des collines" est le premier livre de Charles Williams, qui traite du Sud des Etats-Unis...
Les filles sont comme le Sud : belles, chaudes, languissantes, étourdissantes, soulantes et envoutantes...
L'histoire l'est tout autant, mais c'est bon.
Difficile de résister...

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Bird_reader
  06 mars 2017
Quel livre !
Ce fut une réelle surprise pour moi. Je ne connaissais l'auteur que de nom et n'avait donc lu aucun de ses textes : Aujourd'hui je le regrette !
La critique de Jeranjou a motivé cette lecture et j'avoue que je suis devenu fan de l'écriture simple et fluide, drôle et poétique de Charles Williams !
L'histoire c'est celle de Bob Crane, fils du Major, qui revient chez lui pour reprendre la ferme de son grand-père et être proche de son frère Lee.
Ce dernier s'est marié mais éprouve une forte attirance pour la belle et jeune Angelina. Bob va tout faire pour dissuader son frère de cette folie et lui éviter une mort certaine car Sam, le père d'Angelina, n'est pas du genre à accepter le déshonneur.
Une intrigue simple et qui découle d'elle-même. J'ai eu du mal à quitter ce livre tant il a été pour moi un plaisir. Un chef-d'oeuvre !

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Azeline
  22 juin 2019
Un si charmant coin de campagne, deux frères si proches et une jeune fille, si troublante qu'elle devient obsession.
Le récit démarre dans une ambiance bon enfant pour virer électrique.
L' écriture est tout en jeu d'ombre et de lumière (le travail de la terre, la sensualité d'Angelina, le paysage bucolique, la violence des hommes).
J'ai aimé cette intelligence dans les répliques, dans la mise à nu et la transformation des personnages, l'intensité dramatique qui s'installe lentement.
Premier roman noir de l'auteur, écrit en 1951.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
jeranjoujeranjou   26 mars 2013
Nous remontâmes sur la plage, vers le feu qui n'était plus qu'un lit de braises rougeoyantes. [...]

Nous nous étendîmes sur la sortie de bain jaune et regardâmes le vent fouiller les braises et envoyer des étincelles voltiger dans les dunes vides.

La plage était noire sur des kilomètres et nous étions les seuls êtres vivants sur un continent sombre et sauvage. Elle avait ôté son bonnet de bain et la lueur du feu qui mourait jouait dans ses boucles et chauffait les doux contours de son corps.
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jeranjoujeranjou   25 mars 2013
Les grands chênes blancs, de l’autre coté du vallon, étaient voilés et sombres comme les nappes de brumes éparses, et sur ceux qui n’étaient pas loin, nous apercevions les anneaux gris-brun qui révélaient les niveaux des eaux pendant les crues d’hiver. Un moqueur se réveillait, et seul son chant accompagnait le gargouillement profond de l’eau sur le banc de sable en dessous de nous.

- C’est joli, non ?


Je m’imagine parfaitement écouter l'oiseau-moqueur chanter devant ce beau paysage embrumé à l’aube....
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jeranjoujeranjou   31 mars 2013
Ça avait l’air idiot et très sentimental, un peu boy-scout même, de dire « Je veux que ma femme soit heureuse », mais quand on y réfléchissait, ce n’était qu’une façon de dire : je veux être heureux.
On ne peut pas vivre avec une femme heureuse sans être heureux soi-même.
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jeranjoujeranjou   18 mars 2013
- Vous avez eu beaucoup d'oiseaux ? demanda Sam.
- A peu près une douzaine, répondit Lee. Notre vieux Gras-et-Moche ici présent faisait des trous dans l'air et il fallait que je les descende pour lui.

Sam hocha la tête et me sourit, un peu géné.
- Ouais ! tout l'monde a son mauvais jour de temps en temps.

- Encore un peu coup, Sam, proposa Lee.


Bob Crane pas très bon tireur et son frère Lee, l'as de la gachette déja un peu éméché après la chasse chez le distilleur d'alcool clandestin Sam.
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jeranjoujeranjou   13 mars 2013
Je ne lui racontai pas que j'avais voulu devenir un pro de la boxe et la claque que j'avais prise. C'était quelque chose que je préférais oublier. J'étais assez bon dans les combats de boxe intercollèges pour commencer à croire que j'étais bon. [...]
J'avais disputé huit combats professionnels et j'avais pris la première sortie dans six d'entre eux; alors j'avais abandonné le métier avant de devenir crétin à force de recevoir des gnons.
Ce n'est pas un boulot pour les deuxièmes classes.


Je rejoins tout à fait Bob Crane, le narrateur, dans son analyse.
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