Christie Malry règle ses comptes de
Bryan Stanley Johnson
Le système comptable dit de la partie double du moine bénédictin, Fra Luca Bartolomeo Pacioli, et écrit en 1494 portant le titre Suma de Arithmética Geométria Proportioni et Proportionalita, est encore considéré comme l’outil économique le plus important jamais inventé.
Voyons comment Christie Marlry en fait usage, et ce n’est pas dénué d’intérêt.
Exemple à la page 27 du livre, en faisant une incursion dans le cerveau de Christie Malry :
Je peux fort bien choisir de parcourir une dizaine de mètres sur cette bande de trottoir précise d’une largeur de deux mètres environ.
D’un côté, ma liberté se trouve limitée par mon désir de ne pas être percuté par un véhicule.
De l’autre, elle l’est par quiconque a un jour construit ce sans nul doute spéculatif immeuble de bureaux.
La première de ces limites, je l’accepte, en ce qu’elle m’est assez légitimement imposée par la société.
La seconde, il n’en est pas question.
Qui puis-je blâmer ?
La personne qui a pris cette décision, qui ne m’est clairement d’aucun bénéfice, n’est sans doute plus de ce monde.
En revanche, ses successeurs, héritiers, exécuteurs testamentaires, administrateurs, représentants privés et autres bénéficiaires le sont encore certainement, ou alors ils ne seraient pas, ici, à faire des affaires.
Ils ne répugnent aucunement à assumer la responsabilité de tout l’argent qu’il/elle/ils/elles/ leur a ou ont légué.
Par conséquent, ils assumeront volontiers la responsabilité d’avoir disposé cet immeuble sur mon passage, contrevenant ainsi à ma liberté de mouvement et m’imposant l’endroit où je suis autorisé ou non à marcher dans cette rue.
Je pourrais traduire ceci en termes de Partie Double, Débiteur, Créditeur, la deuxième règle d’Or, Débiter Christie Malry pour l’offense subie, Créditer Immeuble-Bureaux pour l’offense occasionnée.
Comment équilibrer un tel compte ?
Je suis en droit d’exiger réparation, c’est évident. Chaque Débit doit avoir son Crédit, Première Règle d’Or.
Mais qu’elle forme de réparation ?
Christie fit demi-tour, remontant le flot de la foule, et repassa devant l’immeuble de bureaux.
Il s’arrêta et sortit une pièce de monnaie de sa poche ; et longeant le mur d’assez prés, la pièce dans une main, il fit une rayure disgracieuse d’environ un mètre sur la façade noircie de l’immeuble de bureaux en pierre de Portland.
Je les Débite, je me Crédite ! Compte équilibré !
Christie poursuivit son chemin comme si de rien n’était, personne n’avait rien remarqué. Personne !
Pourtant, Christie dut retenir un cri à cette découverte :
C’est une idée de Génie ! Euréka !
Mon compte en partie Double Personnel.
Fin de cette incursion dans le cerveau de Christie à la page 29.
Le roman d’écrit comment Christie Malry s’approprie et fait usage de manière inattendu du principe de comptabilité dit « en partie Double »
Pour toute offense subie, Christie est débiteur ; pour toute attaque portée à la société, Christie se crédite.
Mais les comptes doivent toujours être équilibrés de façons fantaisistes, dramatiques et des plus jubilatoires.
En cours de Lecture, et croyez moi c’est assez cocasse.
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Christie Malry règle ses comptes de
Bryan Stanley Johnson
Je reviens sur une de mes critiques concernant ce livre Christie Malry règle ses comptes. Peut –être un peu excessive. Mais je m’en expliquerais un peu plus loin.
Finalement Bryan Stanley Johnson n’a fait que décrire un état d’esprit qui existe à différent degrés chez chacun d’entre nous.
C’est en lisant les frères Karamazov de Dostoïevski, que j’ai eu un autre regard sur ce livre. Et, force est de constater que notre quotidien est quelque fois troublé par des Christie Malry en puissance.
Si nous considérons le cas d’Anders Behring Breiving , ce Norvégien responsable des attentats d'Oslo, qui a reconnu avoir préparé l'attentat qui a fait plus de 90 morts, nous ne sommes pas loin du passage ou Christie Malry se rendra responsable par la mise en scène de meurtre de masse murement réfléchi, toujours dans cette détermination à ce créditer.
L’application du système de compte à partie double n’est en définitif qu’une raison du passage à l’acte chez Christie Malry, celle d’un homme désespéré et mégalomane y trouvant même exaltation et jubilation dans tout acte malveillant.
La question que l’on peut se poser est, à partir de quel moment commençons-nous à devenir des Christie Malry ?
Parce que celui-ci, avait tout simplement commencé par une simple rayure sur une façade d’un bâtiment, uniquement pour se créditer, parce qu’il estimait que ce bâtiment portait atteinte à sa liberté de mouvement. Ensuite, il n’a plus eu de limite dans (sa logique ou sa bêtise).
Qui n’a pas vu un jour des véhicules rayés de toute leur longueur, pourquoi ?
Et bien tout simplement par des gens qui s’imaginent eux aussi s’être crédités par un acte malveillant tout comme Christie Malry.
En première lecture j’avais été troublé par autant de description sur la façon de concevoir un cocktail Molotov. J’avais l’impression que ce livre était un manifeste pour tous ceux qui se sentent frustrés, les laissés pour compte, etc..., une sorte d’encouragement à la désobéissance civique.
Lors de ma première critique je ne le recommandais pas, je fais donc amende honorable en rectifiant celle-ci.
Donc à lire.
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