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Par Ancolie, le 04/09/2012
Les Disparus de
Daniel Adam Mendelsohn
Quiconque a beaucoup voyagé sait que même si vous croyez savoir ce que vous cherchez et où vous allez quand vous décidez de partir, ce que vous apprenez en route est souvent tout à fait surprenant.
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Les Disparus de
Daniel Adam Mendelsohn
... les morts reposent dans leurs tombes, dans les cimetières ou les forêts ou les fossés au bord des routes, et tout cela ne présente aucun intérêt pour eux, dans la mesure où ils n'ont plus désormais d'intérêt pour rien. C'est bien nous, les vivants, qui avons besoin des détails, des histoires, parce que ce dont les morts ne se soucient plus, les simples fragments, une image qui ne sera jamais complète, rendra fous les vivants. Littéralement fous.
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Par paroles, le 02/03/2013
Les Disparus de
Daniel Adam Mendelsohn
Etre en vie, c'est avoir une histoire à raconter. Etre en vie, c'est précisément être le héros, le centre de l'histoire de toute une vie. Lorsque vous n'êtes rien de plus qu'un personnage mineur dans l'histoire d'un autre, cela signifie que vous êtes véritablement mort.
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Les Disparus de
Daniel Adam Mendelsohn
Auschwitz, désormais, est devenu, en un seul mot, le symbole de ce qui est géant, la généralisation grossière, la formule consacrée de ce qui est arrivé aux Juifs en Europe – même si ce qui s’est passé à Auschwitz n’est pas arrivé, en fait, à des millions de Juifs dans des endroits comme Bolechow, des Juifs qui ont été alignés et abattus au bord de fosses communes ou, échappant à ça, ont été envoyés dans des camps qui, à la différence d’Auschwitz, n’avaient qu’un but, des camps qui sont moins connus du public, précisément parce qu’ils n’offraient pas d’autre issue que la mort et ne laissaient par conséquent aucun survivant, aucune mémoire, aucune histoire.
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Par tulisquoi, le 05/08/2010
Les Disparus de
Daniel Adam Mendelsohn
Quand j’étais petit, je regardais le père de mon père et puis je regardais le père de ma mère, et le contraste entre les deux est à l’origine de la formation, dans mon esprit d’enfant, d’une sorte de liste. Dans une colonne, il y avait ceci : Jaeger, judaïté, Europe, langues, histoires. Dans l’autre, il y avait ceci : Mendelsohn, athées, Amérique, anglais, silence. Je comparais et j’opposais ces colonnes, lorsque j’étais bien plus jeune et, même alors, je me demandais quel genre de présent on pouvait avoir sans connaître les histoires de son passé.
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Par Revouest, le 09/11/2011
Les Disparus de
Daniel Adam Mendelsohn
Il y a tant qui restera à jamais impossible à connaître, mais nous savons qu’ils ont été, un jour, eux-mêmes, spécifiques, les sujets de leur propre vie et de leur propre mort, et pas simplement des marionnettes manipulées pour les besoins d’une bonne histoire, pour des mémoires, pour les films ou les romans du réalisme magique. Le temps viendra pour ça, une fois que chaque personne qui a connu chaque personne qui les a connus et moi seront morts ; puisque, comme nous le savons, tout à la fin, disparaît.
Donc, en quelque sort, au moment même où je les trouvais de la façon la plus spécifique qui soit, je sentais qu’il me fallait les abandonner à nouveau, les laisser être eux-mêmes, quoi que cela puisse être. C’était amer et c’était doux, et en effet lorsque je devais décrire par la suite ce moment à Jack Greene, à qui je devais tout, il m’a déclaré, en faisant allusion à sa propre émotion au moment où il est sorti de sa cachette, tant d’années auparavant, Oui, je connais cette impression, c’est un sentiment d’accomplissement, mais on ne se sent pas heureux. J’avais voyagé loin, fait le tour de la planète et étudié ma Torah, et à la toute fin de ma quête, je me retrouvais à l’endroit où tout commence : l’arbre dans le jardin, l’arbre de la connaissance qui, comme je le savais depuis longtemps, est quelque chose de divisé, quelque chose qui apporte à la fois du plaisir et du fait que la croissance n’est possible que dans le temps, du chagrin.
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Les Disparus de
Daniel Adam Mendelsohn
C’était seulement en écoutant Jack Greene que j’ai compris que j’étais à la recherche de la mauvaise histoire – l’histoire de la façon dont ils étaient morts, plutôt que celle dont ils avaient vécu.
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Par Eric75019, le 15/06/2011
Les Disparus de
Daniel Adam Mendelsohn
Parmi ces gens, il y en avait certains qui pleuraient lorsqu'ils me voyaient. J'entrais dans la pièce et ils me regardaient (des femmes, pour la plupart), et elles portaient leurs mains tordues, avec ces bagues et ces nœuds déformés, gonflés et durs comme ceux d'un arbre qu'étaient leurs phalanges, elles portaient ces mains sur leurs joues desséchées et disaient, d'une voix un peu essoufflée et dramatique, Oy, er zett oys zeyzr eynlikh tzu Shmiel !
Oh, comme il ressemble à Shmiel !
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Par Ancolie, le 29/03/2012
Les Disparus de
Daniel Adam Mendelsohn
Etre en vie, c'est avoir une histoire à raconter. Etre en vie c'est précisément être le héros, le centre de l'histoire de toute une vie. Lorsque vous n'êtes rien de plus qu'une personne mineure dans l'histoire d'un autre, cela signifie que vous êtes mort.
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Par Nanne, le 15/01/2009
Les Disparus de
Daniel Adam Mendelsohn
De ce Shmiel, bien entendu, je savais quelque chose : le frère aîné de mon grand-père qui, avec sa femme et ses quatre filles superbes, avait été tué par les nazis pendant la guerre [...]. C'était là, nous le comprenions tous, la légende non écrite des quelques photos que nous avions de lui et de sa famille, qui étaient désormais rangées soigneusement dans un sac en plastique, à l'intérieur d'une boîte qui se trouvait elle-même à l'intérieur d'un carton dans la cave de ma mère.
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