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Une histoire d'amour et de ténèbres de
Amos Oz
Je lui en voulais d’être partie sans me dire au revoir, sans m’embrasse, sans explication : pourtant même un parfait étranger, un coursier un colporteur qui frappait à la porte, ma mère ne le laissait jamais repartir sans lui proposer un verre d’eau, sans un sourire, un mot d’excuse, quelques paroles aimables. Quand j’étais petit elle ne me permettait jamais d’aller seul à l’épicerie dans une cour inconnue ou un jardin public. Comment avait-elle pu ?
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Par Outis, le 09/04/2008
Ailleurs peut-être de
Amos Oz
Il y a une certaine justice en ce monde, pour parler comme les philosophes, une certaine logique qui fait que l’intelligence ne va pas avec la bonté, et que la beauté et la bonté font chacune bande à part. Sinon, il y en a qui seraient parfaits, des créatures immaculées, et les autres, des cochons. Voilà pourquoi il a été décrété qu’une jolie femme aurait une cervelle d’oiseau.
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Soudain Dans la Foret Profonde de
Amos Oz
En effet, quiconque refuse de se fondre dans le moule, d'être comme tout le monde souffre de la maladie du hennissement, ou du hurlement, ou de Dieu sait quoi, et alors, il a intérêt à se tenir à l'écart pour ne pas contaminer les autres.
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Par ballad, le 11/09/2011
La boîte noire de
Amos Oz
"Les infortunés subissent leurs tourments selon un rite immuable à partir de l'une ou de l'autre des quatre ou cinq épreuves que l'usage a instituées. La félicité, elle, est un objet fin et rare, une porcelaine chinoise. Les rares privilégiés qui y aient touché, l'ont gravée trait à trait au long des années, chacun à sa ressemblance, chacun selon ses propres règles. Il n'y a pas de joie identique à une autre. En coulant leur bonheur, ils fondent pêle-mêle leurs peines et leurs humiliations, alchimistes transmuant en or le minerai brut."
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Soudain Dans la Foret Profonde de
Amos Oz
C'étaient des superstitions qu'il fallait rejeter pour reprendre enfin pied dans la réalité, car ceux qui vivent de fantasmes ne sont pas comme tout le monde, et qui n'est pas comme tout le monde attrapera une hennite, on le fuira comme la peste et personne ne pourra rien pour lui.
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Seule la mer de
Amos Oz
A présent lève-toi et mets-toi en quête, lève-toi d'un pied léger et va t'en tranquillement chercher ce que tu as perdu.
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Soudain Dans la Foret Profonde de
Amos Oz
La dérision est peut-être un rempart contre la solitude. En effet, les moqueurs veulent un public, et celui qui en est la victime est toujours seul.
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Seule la mer de
Amos Oz
Le soir. La pluie tombe sur les collines nues du désert. La craie, le silex et l'odeur de poussière mouillée après un été torride. L'envie me prend d'être ce que j'aurais été si j'avais su ce que tout le monde sait. Être avant la connaissance. Comme les collines. Comme une pierre à la surface de la lune. Posé là sans bouger, confiant en la longévité des livres.
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Par DIEGO, le 23/06/2011
Seule la mer de
Amos Oz
L’été quarante-six mon père et ma mère avaient loué pour les vacances une chambre
chez un tailleur à Bat-Yam. Une nuit, je fus réveillé par une quinte
de toux qui n’en était pas
une, c’était la première fois de ma vie que j’entendais un inconnu
pleurer de l’autre côté du mur. Il avait pleuré toute la nuit et moi,
éveillé, paniqué,
je n’avais pas osé bouger de crainte de réveiller mes parents
jusqu’à ce que le ciel blanchisse et que je me glisse sur le balcon ses
épaules tremblaient
un oiseau s’envola dans le silence de l’aube et l’homme le désigna en
disant n’y crois pas
petit. Cinquante ans ont passé et l’oiseau n’est plus,
ni l’homme. Ni mes parents. Seule la mer est encore là qui de bleue
est devenue grise elle aussi. N’y crois pas petit. Ou plutôt si. Crois-le. Qu’importe.
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Soudain Dans la Foret Profonde de
Amos Oz
Durant des années, pour s'endormir, Almon avait coutume de se laisser bercer par le grignotement destructeur des insectes xylophages, au sein de l'obscurité. De sorte que, depuis cette terrible nuit, il peinait à trouver le sommeil : comme si le silence pesant le narguait dans les ténèbres. Assis à la table de la cuisine, le pêcheur veillait jusqu'à minuit, se rappelant que jadis, à cette heure, s'infiltraient à travers les persiennes closes les jappements tristes des chacals de la forêt auxquels répondaient les aboiements furieux des chiens du village qui se muaient à leur tour en glapissements. A ces moments-là, son chien, ce cher animal, posait sa tête tiède sur ses genoux et levait vers lui un regard rayonnant d'intelligence, de compassion muette, d'amour et de tristesse. "Merci, Zito, lui disait Almon. Ça va passer. Ça ira.
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