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Par litolff, le 25/07/2012
Les mille automnes de Jacob de Zoet de
David Mitchell
Quel prophète du commerce aurait prédit, disons en l'an 1700, que les roturiers consommeraient du thé et du sucre par sacs entiers ? Quel sujet de William ou de Mary aurait anticipé que les masses éprouveraient le "besoin" d'avoir des draps en coton, le "besoin" de consommer du café et du chocolat ? Les besoins de l'Homme sont sujets aux modes ; et à l'instar de ces nouvelles nécessités qui chassent les précédentes, le monde lui aussi change de visage.
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Par twinckel, le 18/11/2012
Cartographie des nuages de
David Mitchell
Une fois votre passage initiatique dans le monde de la vieillesse effectué, la société ne veut plus de vous. De par notre simple existence, nous autres, j'entends quiconque ayant dépassé la soixantaine, commettons deux infractions. La première est le manque de vitesse. Nous conduisons, marchons, parlons trop lentement. L'humanité traite avec les dictateurs, les pervers et les barons de la drogue, mais ralentir son allure ? C'est inacceptable !
La seconde tient au fait que nous incarnons le memento mori de tout un chacun. Tant que nous restons invisibles, le monde continue à trouver la paix dans un refus naïf de la mort.
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Par phildec, le 22/08/2012
Cartographie des nuages de
David Mitchell
Mes aventures dernières me rendent philosophe, notamment à la nuit tombée, lorsque je n'entends que le bruit du ruisseau qui réduit les rochers en cailloux dans une tranquille éternité. Ainsi voguent les pensées. Les érudits relèvent les mouvements de l'histoire puis en déduisent des règles régissant l'avènement et le déclin des civilisations. Cependant, ma croyance est tout autre. À savoir, que l'histoire n'admet aucune règle : seuls les résultats importent.
Ce qui provoque des résultats ? Les agissements, vils ou vertueux.
Ce qui provoque les agissements ? La foi.
La foi est victoire et bataille ; elle siège tant en l'esprit qu'en son miroir : le monde. Si nous avons foi en ce que l'humanité est semblable à une échelle que gravissent les tribus, un Colisée où sévissent le conflit, l'exploitation d'autrui et la sauvagerie, pareille humanité sera assurément amenée à exister, et tous les Horrox, Boerhaave et Goose de l'histoire l'emporteront. Vous et moi qui sommes aisés, privilégiés, fortunés, ne devrions pas souffrir dec ce monde, chanceux que nous sommes. Grand bien nous fasse si notre conscience nous démange : pourquoi renoncer à la prédominance de notre race, de nos flottes, hêritage et legs ? Pourquoi lutter contre le "naturel" (ô perfide mot) ordre des choses ?
Pourquoi ? En voici la raison : un beau jour, un monde totalement voué à la prédation brûlera de lui-même. Et j'ajoute que le Diable procédera du moindre au majeur, jusqu'à ce que le majeur devienne moindre. À l'échelle d'un individu, l'égoïsme enlaidit l'âme ; à l'échelle humaine, l'égoïsme signifie l'extinction.
Notre perte serait donc inscrite en notre nature ?
Si nous avons foi en ce qu'il demeure possible à l'humanité de transcender ses crocs et griffes, si nous avons foi en ce que des hommes de races et de croyances diverses sauront partager la planète et rester en paix, à l'image de ces enfants juchés sur leur kukui, si nous avons foi en ce que les dirigeants doivent être justes ; que la violence doit être muselée ; le pouvoir, responsable ; et les ressources de la Terre et de ses océans, équitablement réparties, alors ce monde-là verra le jour. Je ne me fais point d'illusions. Parmi les possibles, celui-ci est le plus difficile à concrétiser. De laborieux progrès obtenus sur plusieurs générations menaceront à tout instant de disparaître sous la plume d'un président myope ou l'épée d'un général vaniteux. (p712, Ewing)
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Par Megelio, le 06/04/2013
Cartographie des nuages de
David Mitchell
Et seulement à votre dernier souffle, enfin comprendrez-vous que votre vie n’a guère davantage compté qu’une goutte dans l’infini de l’océan ! Cependant qu’est-ce qu’un océan, sinon une multitude de gouttes ?
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Les mille automnes de Jacob de Zoet de
David Mitchell
"Cinq ans, le temps sera long. Mais la plupart des femmes mettent toute une vie à trouver une homme gentil et honnête." Jacob avait tenté de lui répondre, mais elle l'en avait empêché. "Je sais comment les hommes agissent quand ils partent loin; peut-être sont-ils voués à se comporter ainsi - silence, Jacob de Zoet! Aussi, tout ce que je vous demande est d'être prudent à Java: que votre cœur reste à moi, à moi seule. Je ne vous donnerai pas de bague ou de médaillon, car il est possible de perdre ce genre de choses, mais ceci, au moins, vous ne pourrez le perdre..." Anna l'embrassa pour la première fois et la dernière fois. Un long et triste baiser.
(P91)
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Par Megelio, le 23/04/2013
Cartographie des nuages de
David Mitchell
Après que j'eus recouvré les tréfonds de ma cabine, le sauvage me remercia et mangea l'humble chère comme s'il s'agissait d'un dîner présidentiel. Je ne lui confiai guère mes véritables motivations, id est, mieux rempli était son estomac, moins grandes seraient les chances qu'il me mangeât, et je préférai lui demander pourquoi, durant sa flagellation, il m'avait souri. "La douleur, c'est fort, oui : mais les yeux d'amis, c'est plus fort." Je lui dis qu'il ne savait presque rien de moi, et moi, rien de lui. Il désigna son œil, puis le mien, comme si ce geste fournissait quelque plénière explication.
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Cartographie des nuages de
David Mitchell
... Ce sextuor, Cartographie des nuages, renferme ma vie, il en a même pris la place, maintenant que le feu d'artifice est terminé; au moins, j'aurais été feu d'artifice.
Je préfère être musique qu'une tuyauterie pompant en boucle toutes sortes de semi-solides pendant plusieurs décennies avant que la machinerie fuie de toute part et finisse par tomber en panne.
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Par ecotopye, le 24/10/2012
David Mitchell
Nous ne sommes que ce que nous savons et moi, je souhaitais être tellement plus que ce que j'étais.
Sonmi-451
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Par olivierc, le 18/02/2012
Cartographie des nuages de
David Mitchell
En poussant à l'absurde la vision de M. D., on pouvait spéculer que si la science inventait des machines de guerre toujours plus destructrices, le pouvoir de destruction de l'humanité finirait par dépasser son pouvoir de création, et en conclure que notre civilisation était vouée à l'extinction.
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Par fran04, le 26/04/2013
Cartographie des nuages de
David Mitchell
Quelle vulgarité ce rêve d'immortalité, quelle vanité, quelle frauduleuse invention! Les compositeurs sont ces mêmes hommes qui barbouillaient dans les cavernes! L'on écrit de la musique parce que l'hiver est éternel; si l'on ne composait pas , les loups et la bise nous sauteraient à la gorge.