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Bidoche. L'industrie de la viande menace le monde de
Fabrice Nicolino
Autre péripétie d’une tragédie que personne ne veut considérer en Europe, où les supermarchés débordent de viande « nourrie » avec le soja transgénique débarqué à Brest, Lorient, Anvers ou Rotterdam : le cas Agripina. […]
Agripina Britez vit avec ses onze enfants et ses deux nièces sur une propriété agricole de dix hectares, dans le département paraguayen de San Pedro. Elle y cultive, à la manière ancienne, sésame et maïs. Au milieu de 3000 hectares de soja transgénique. Chaque mois, à quatre reprises, un avion largue des fumigations chimiques, dont nul ne sait rien précisément. Agripina, en tout cas, rapporte qu’elle a le côté droit à moitié paralysé. Deux de ses gosses, Carolina (18 ans) et Carmén (6 ans), se plaignent depuis deux ans de nausées et de maux de tête. Ce doit être psychologique.
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Bidoche. L'industrie de la viande menace le monde de
Fabrice Nicolino
« Un Français mange en moyenne 92 kilos de viande, 250 œufs et une centaine de kilos de produits laitiers chaque année, ce qui nécessite une surface cultivée en soja de 458 m² par habitant pour répondre aux besoins en alimentation animale. La France fait partie des principaux responsables de cette tragédie. Elle est en effet le premier consommateur européen de soja, principalement originaire du Brésil (22% du soja exporté du Brésil arrive en France). »
WWF
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Bidoche. L'industrie de la viande menace le monde de
Fabrice Nicolino
[A propos d’Adisseo, « cette entreprise modèle du secteur où certains ouvriers tombent mystérieusement malades »] :
[…] le patron en titre d’Adisseo, Gérard Deman, déclare : « Depuis de nombreuses années, Adisseo est engagé dans le développement durable au travers des politiques de progrès en matière de qualité, de sécurité, de product stewardship et d’environnement. Nos plans d’action sont basés sur les principes fondamentaux de prévention, de responsabilisation, d’élimination permanente des risques ». Comme on dirait chez le Winston Smith d’Orwell, « la guerre c’est la paix », « la liberté c’est l’esclavage, « l’ignorance c’est la force ». Le mot de cancer n’est pas prononcé une seule fois dans ce texte écrit en pure novlangue. Ainsi va la vie dans l’univers impitoyable de l’alimentation animale.
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Bidoche. L'industrie de la viande menace le monde de
Fabrice Nicolino
Un petit passage en revue des dernières années. 2003 : « Effets de la région du gène IFG2 et du gène halothane sur la composition corporelle et la qualité de la viande dans une population F2 Piétrain x Large White » ; 2004 : « La supplémentation de l’aliment de sevrage en colostrum bovin améliore l’ingestion et les performances zootechniques chez les porcelets au sevrage » ; 2005 : « Nettoyage-désinfection des porcheries d’attente à l’abattoir : maillon dans la lutte contre la contamination des porcs par les salmonelles » ; 2006 : « Anesthésie gazeuse des porcs : variations physiologiques et comportementales et qualités des viandes » ; 2009, enfin : « Estimation, par utilisation de semence congelée, des évolutions génétiques réalisées entre 1977 et 1998-2000 dans les races Large White et Landrace pour les systèmes neuroendocriniens de réponse au stress. »
[…] Depuis quarante ans, sans qu’aucune voix ne vienne troubler les repas de l’industrie ni de l’Inra, des chercheurs mettent leur savoir au service de l’économie de la viande industrielle.
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Bidoche. L'industrie de la viande menace le monde de
Fabrice Nicolino
En 1950, la France produit 600 000 tonnes d’aliments composés, lesquels par définition mélangent de nombreuses matières premières, soja compris. En 1982, elle en produira 15 millions de tonnes. Vingt-cinq fois plus ! Ainsi se bâtissent des fortunes. Ainsi se détruisent des pays.
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Bidoche. L'industrie de la viande menace le monde de
Fabrice Nicolino
En 1950, il faut 110 jours pour « faire » un poulet fermier, qui ne pèse que de 1,3 à 1,5 kilo en moyenne. En 1978, un poulet standardisé est tué entre 50 et 56 jours et pèse, toujours en moyenne, 1,8 kilo. Mieux, le taux de mortalité passe de 20% à 3 ou 4%, et l’indice de consommation –le nombre de kilos d’alimentation par kilo –est divisé par deux. En effet, en 1950, il faut donner à peu près 4,5 kilo de nourriture, sans compter la cueillette libre du volatile, pour obtenir un kilo de poulet. En 1978, il suffit de 2,05 à 2,1 kilos. Moins de la moitié !
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Par Jumax, le 04/02/2012
Ma tata Thérèse de
Fabrice Nicolino
"Chez elle, tout était riquiqui, sauf son coeur, qui comme tu le verras, était grand comme la terre entière."
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Bidoche. L'industrie de la viande menace le monde de
Fabrice Nicolino
"Modifier ses habitudes est l'une des vraies grandes libertés qui nous sont laissées. Je l'ai fait. Derrière la viande, peu à peu, les morceaux, hauts et bas, se sont reformés, comme dans les dessins animés de mon enfance, qui ignorent tout de la logique triviale de la vie ordinaire.
Derrière une côte de boeuf, j'ai fini par voir un boeuf. Derrière un gigot, un agneau. Derrière un jambon, un cochon. On peut parler d'un choc, immense et lent."
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Bidoche. L'industrie de la viande menace le monde de
Fabrice Nicolino
Les poussins font du toboggan, direction le hangar, ou sont jetés vivants à la poubelle. Les vaches sont nourries « scientifiquement » et les taureaux agrémentés de vagins artificiels. Les veaux sont sevrés au bout de deux jours et n’ont pas le droit de bouger un sabot. Les cochons, sans queue ni dents, deviennent pourtant cannibales. Et les poules ne peuvent plus avoir de bec. Bienvenue à la Ferme des animaux.
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Bidoche. L'industrie de la viande menace le monde de
Fabrice Nicolino
« La gestion avisée des ressources zoogénétiques n’a jamais été aussi cruciale. Le changement climatique et l’émergence de maladies du bétail virulentes soulignent la nécessité de préserver la capacité d’adapter nos systèmes de production agricoles. […] Le changement climatique signifie que nous entamons une phase d’incertitude et de crise sans précédent qui touchera tous les pays. »
Alexander Müller
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