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François Cavanna

François Cavanna

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Interallié - 1979
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  • 48 critiques

Note moyenne : 3.77/5 (sur 365 notes) François Cavanna

Biographie et informations

Né(e) à : Nogent-sur-Marne , le 22/02/1923

Biographie :

François Cavanna est un écrivain et dessinateur humoristique français né le 22 février 1923 à Nogent-sur-Marne d'un père italien et d'une mère française.
Suite à des menaces de renvoi en Italie pendant les années 30, son pèrel demande la naturalisation qu'il obtient le 25 octobre 1939.
Durant son enfance, Cavanna fait preuve d'un goût exceptionnel pour la lecture et réussit très bien à l'école, malgré une attitude très dissipée. Il passe le Certificat d'études primaire à 12 ans, suit les cours de l'Ecole primaire supérieure (EPS) de Nogent et obtient le Brevet en 1939. Mais il n'est pas motivé pour poursuivre des études et entre à la Poste en septembre 1939. En juin 1940, il reçoit, comme les autres employés, l'ordre de partir pour Bordeaux. Il quitte Paris à vélo, atteint Gien où il voit pour la première fois des soldats allemands. il est bloqué par un poste de contrôle allemand et est obligé de rentrer à Paris. Il perd son emploi à la Poste. Fin 1942, il est recruté comme maçon par le service d'entretien d'une firme nogentaise, mais presque aussitôt se trouve requis pour le STO (début 1943). Son groupe de requis arrive dans la banlieue sud-est de Berlin. François Cavanna se retrouve dans un commando disciplinaire chargé du déblaiement des gravats après les bombardements alliés.Il est amené de Schwerin à Lübeck, en zone américaine, et rapatrié fin mai 1945. Il redevient dessinateur de presse, activité dont il parvient à tirer un revenu qu'il juge convenable. Cavanna s'associe avec Georges Bernier et quelques autres pour fonder le magazine Hara-Kiri (mensuel), puis en 1969 de Hara-Kiri Hebdo qui deviendra ensuite Charlie Hebdo.


> lire la suite Source : Wikipédia
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roman   journal   récits   gaulois   roman historique   essai   Ouvrages humoristiques   bande dessinée   biographie   autobiographie   roman biographique   histoire   cycle   exil   préhistoire   humour   amour   france   littérature française   20ème siècle  

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Citations de François Cavanna

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  • Par carre, le 23/04/2012

    Lune de miel de François Cavanna

    Derrière tout ça perce la trouille, non pas d'être un jour alzheimer soi-même, mais d'hériter d'un légume, et de sa petite voiture, et du caca qu'il faut nettoyer après avoir forcé le légume à l'ingurgiter par l'autre bout. « Ils ont bien du courage. Moi, je sais pas ce que je ferais à leur place.» Tu ferais comme eux, Ducon, si t'as pas les moyens de payer une aide ou un placement en maison « médicalisée ».

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  • Par Nelja, le 16/05/2012

    Le saviez-vous? de François Cavanna

    A l'époque du rut, quand deux chevreuils convoitent la même biche, ils se livrent un combat acharné qui ne se termine que par la mort de l'un d'eux. Le vainqueur s'approche alors de la biche, laquelle le traite de sale vicieux et court chercher son mari, car la biche n'est pas la femelle du chevreuil, mais celle du cerf.

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  • Par carre, le 06/04/2012

    Les Ritals de François Cavanna

    Bien calé sur l'oreiller, la couverture au ras des narines, le bouquin pesant de tout son poids ami sur l'estomac, je lisais jusqu'à ce que les yeux me brûlent, et encore, je luttais, je me cramponnais, une ligne de plus, une autre, plof ! je basculais dans le grand trou, sans même éteindre bien souvent.

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  • Par carre, le 16/04/2012

    Les Ritals de François Cavanna

    La lecture emplissait tous les interstices de ma vie. A peine éveillé, je tâtonnais de la main vers le livre comme un fumeur vers ses clopes .

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  • Par johnbxl, le 26/05/2010

    Les écritures : les aventures de dieu, les aventures du petit jesus de François Cavanna

    4. Or Dieu n'avait encore rien créé. Puisque c'était le commencement.
    5. Pour créer, il faut non seulement être Dieu,
    6. Mais encore il faut savoir qu'on est Dieu.
    7. Or Dieu ne savait pas qu'Il était Dieu,
    8. Puisqu'Il était tout seul.
    9. Pour savoir qu'on est Dieu, il faut être deux :
    10. Un qui est Dieu, et l'autre qui Lui dit : " Mon Dieu ".
    11. Car on ne peut pas être Dieu tout court. On ne peut être que le Dieu de quelqu'un.
    12. Or Dieu était tout seul.
    13. Il n'était donc le Dieu de personne.
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  • Par Sly, le 24/03/2012

    La Hache et la Croix de François Cavanna

    Tout chagrin passe. Tout bonheur perdu n'est que l'attente d'un bonheur plus grand.

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  • Par triplidio, le 27/12/2009

    Les aventures de Dieu de François Cavanna

    1 - Au commencement, il y avait Dieu.
    2 - Et rien d'autre.
    3 - Il ne pouvait y avoir rien d'autre car, pour qu'il y eût quelque chose, il eût fallu que Dieu l'eût créé.
    4 - Or Dieu n'avait encore rien créé.
    4 bis- Puisque c'était le commencement.
    5 - Pour créer, il faut non seulement être Dieu,`
    6 - Mais encore il faut savoir qu'on est Dieu.
    7 - Or Dieu ne savait pas qu'il était Dieu,
    8 - Puisque il était tout seul.
    9 - Pour savoir qu'on est Dieu, il faut être deux :
    10 - Un qui est Dieu, et l'autre qui lui dit : "Mon Dieu."
    11 - Car on ne peut pas être Dieu tout court. On ne peut qu'être le Dieu de quelqu'un.
    12 - Or Dieu était tout seul.
    13 - Il n'était donc le Dieu de personne.
    14 - J'espère que vous avez tous compris.
    15 - Sinon, recommencez en lisant très lentement.
    16 - Cela aurait pu durer longtemps.
    17 - C'est bien ce qui arriva.
    18 - cela dura très, très, très longtemps.
    19 - Tellement longtemps qu'il fallait être Dieu pour supporter ça.
    20 - Aucune bête au monde n'aurait pu.
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  • Par annie, le 17/04/2009

    Lettre ouverte aux culs-bénits de François Cavanna

    "Dieu est à la mode. Raison de plus pour le laisser aux abrutis qui la suivent."
    (François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

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  • Par annie, le 17/04/2009

    Lettre ouverte aux culs-bénits de François Cavanna

    "Conseils pour la route :
    Pars de zéro.
    Mets tout à plat.
    Rejette toute tradition.
    Méprise tout rituel
    Ne respecte aucun tabou.
    Tiens tout symbole pour ce qu'il est : du vent
    Pisse sur le sacré.
    N'écoute aucune parole "révélée".
    Fuis ceux qui ont la vérité par la foi.
    Crache à la gueule des charlatans du "merveilleux".
    Ris de tout, pleure de tout, mais selon ton humeur.
    Éduque ta raison, tu n'as rien d'autre.
    N'admets pour provisoirement acceptable que ce que ta raison estime dûment démontré.
    Laisse de côté les questions sans réponse.
    Fuis la métaphysique.
    Ne te conduis pas en fonction d'une morale transcendante.
    Mais que ta morale soit faite des règles nécessaires à la vie de chacun dans une société harmonieuse et fraternelle.
    ... Sauf, bien sûr, si les hommes noirs prennent le pouvoir et rallument les bûchers. Dans ce cas, mon fils, fais semblant !"
    (François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)
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  • Par kanterror, le 17/04/2011

    Lune de miel de François Cavanna

    "POUR LA FRANCE"

    Je devais avoir pas plus de dix ans quand ils se sont mis à nous emmerder vraiment. Les Pouvoirs Publics. Nous, les Ritals. Voyez-vous, c’était la Crise. Il y a toujours une crise. Plus ou moins. Celle-là, c’était la Crise avec la majuscule. Partout. La planète s’était arrêtée de tourner. Faute aux Ricains, paraît. Ils avaient encore joué aux cons. Total… Les usines débauchaient, les chantiers restaient une patte en l’air, les grues rouillaient, ramollissaient et finissaient par se casser la gueule en s’affaissant comme des merdes, avec le petit bonhomme qui roupillait là-haut dans la cabine.

    Plus de travail. Seuls les bistrots tenaient le coup. Fallait bien qu’il y ait un endroit pour se réunir et gémir sur la vacherie des temps. À croum, bien sûr. Les ardoises s’allongeaient sur la glace derrière le comptoir. On paierait quand les beaux jours à se crever le cul seraient revenus. Remarquez, il y en a qui y ont tout paumé et ont mangé le rideau de fer. Plus par vengeance que par malhonnêteté. L’ouvrier ne peut pas s’en prendre au patron, encore moins au gouvernement, alors il se venge sur ce qu’il a à portée, sur le gentil troquet qui lui a fait confiance, le con.

    Quand on a des ouvriers étrangers et des français, et qu’il faut en mettre la moitié dehors, qu’est-ce qui reste? Pince-moi! T’as tout compris. Et quand un étranger pauvre se trouve sans travail sur le sol de France, on lui fi le un permis provisoire et on lui dit: «Quinze jours. T’as quinze jours pour retourner dans ton bled de merde, et crois pas qu’on va te payer le train.»

    Ça s’arrangeait pas. Même, ça empirait. Il paraît qu’à New York on balançait les banquiers par les fenêtres. Du centième étage, si ça se trouve. À Paris, c’est les maçons qu’on voulait foutre à l’eau. À cette époque, tout ce qui était dans le bâtiment était étranger, et tout ce qui était étranger était rital. Valait mieux pas trop se montrer, vu qu’une gueule de Rital, ça fait peut-être moins tache qu’une tronche de Banania, mais ça se repère quand même au premier coup d’œil malveillant. Tous les coups d’œil étaient malveillants, il y a des époques comme ça.

    *

    Les deux Dominique, les patrons, avaient maintenu vaille que vaille l’entreprise. Arriva quand même le samedi noir où papa ramena sa dernière paye. Suivit le lundi, le premier lundi depuis qu’il tenait sur ses jambes où il n’alla pas au boulot. Et ce fut le chômage. La honte du chômage. J’ai vu papa, perdu dans la queue des sans-travail, baissant le nez, ne sachant où se cacher.

    Le bureau du chômage se trouvait dans le commissariat. La queue tournait tout autour de la cour et continuait sur le trottoir de la Grande-Rue, ça gênait l’abord des boutiques, les commerçants faisaient la gueule mais n’osaient pas trop gronder, le journal leur avait expliqué que c’était partout pareil, que c’était vraiment très triste, une espèce de malheur national. Certains ajoutaient «Pas pour tout le monde» et parlaient de Juifs. Je comprenais pas tout.

    Là-dessus, on reçoit une lettre avec «République Française» sur l’enveloppe et la tête de Marianne. Maman n’osait pas l’ouvrir. Elle disait: «Je sens que c’est du pas bon.» Et en effet.

    C’est moi qui l’ai lue, la lettre. Maman n’osait pas. Papa ne savait pas. «Vous êtes prié de vous présenter à la Préfecture de Police, service des travailleurs étrangers, bureau tant et tant.» Il y avait en plus un coup de tampon tout de travers, à moitié mal tamponné, qui ordonnait: «Muni de votre carte d’identité.»

    J’ai prévenu à l’école que je viendrais pas ce jour-là, j’ai pris papa par la main, sa grosse main qu’on aurait crue toujours encroûtée de ciment, et nous voilà partis. Maman pleurait comme si on partait pour la guerre.

    On a pris le métro au château de Vincennes. Je lâchais pas la main de papa, je la tenais serrée-serrée, pas que je le perde. Dans le métro sans savoir lire, sans connaître Paris, sans presque savoir parler… la terreur. Déjà la bousculade pour monter… Nous étions debout, peur qu’arrivés à Châtelet on ne parvienne pas à se lever assez vite et à descendre à temps. Je vis que papa marmonnait en comptant sur les doigts de sa main, celle que je ne tenais pas. Je lui ai demandé. Il m’a dit: « Je le sais qu’il est dix stations jusqu’à c’te Châtelet où qu’on descende nous. Allora, je fas le compte. Ecco.»

    Au Châtelet, il y avait la correspondance pour Cité. Mais j’ai regardé la carte et j’ai vu que c’est tout près, juste à côté. On a trouvé la sortie et on est allés à la préfecture à pied.

    La queue faisait tout le tour de la cour de la préfecture, qui est une cour vraiment immense, et puis elle passait sous le porche et continuait en s’enroulant autour de la place devant Notre-Dame, qui s’appelle le parvis. À l’école on m’avait expliqué que Notre-Dame avait été reconstruite presque à partir de zéro par un nommé Viollet-le-Duc, qu’il fallait beaucoup admirer cette merveille, surtout les sculptures du Moyen Âge, et moi, justement, je venais à peine de lire Notre-Dame de Paris, qui est de Victor Hugo, je regardais de tous mes yeux, je voyais très bien les gargouilles, tout là-haut, j’imaginais Quasimodo, et la belle fille, j’ai oublié son nom, amoureuse d’un con comme souvent les filles, et j’aurais voulu raconter tout ça à papa, juste là devant Notre-Dame, mais papa n’avait pas la tête à ça, je le voyais bien.

    On y a passé la journée. À six heures du soir, on avait tout juste atteint l’entrée du porche. Des flics sont venus, ils ont dit: «On ferme. Vous reviendrez demain.»

    Bon. On a fini par se retrouver devant un comptoir, papa et moi, avec derrière un mec pas commode. Il portait des espèces de manchons noirs pour pas user ses manches de veste sur le bois de la table. Il posait des questions, je voyais bien qu’il cherchait à nous baiser, mais je faisais gaffe. «Oui», «Non», «Je sais pas.» Il regardait papa, l’air de dire: «Vous êtes d’accord?»,

    papa faisait: «Vi, Messieur.» Le type a fini par donner son coup de tampon, comme à regret. On s’en était sortis. Pour cette fois…

    Papa avait un atout: son fils né français. J’avais le droit d’opter à vingt et un ans. Ça jouait. Mais où maman l’a trouvée mauvaise, c’est quand elle a appris qu’elle était devenue italienne par son mariage. Elle aurait pu rester française, elle ne savait pas…

    *

    [...]

    Enfin, il est arrivé, le décret ! Il faisait de papa un Français de plein droit, rétablissait maman «dans la nationalité française» et me confirmait dans la mienne. [...]

    Entre-temps, la guerre avait éclaté.

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