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Par castabea, le 09/09/2009
Le Desespoir des Singes et Autres Bagatelles de
Françoise Hardy
Force est de reconnaître que plus les amours sont impossibles, plus elles s'exacerbent et entretiennent l'illusion que l'être sur lequel nous avons cristallisé nos manques et nos espoirs est le seul aimable au monde, le seul qu'on aimera jamais. La souffrance qui en résulte est pourtant bien réelle et peut détruire autant que dynamiser. Bien qu'elle ait été de loin ma principale source d'inspiration, je me suis souvent demandé s'il n'aurait pas mieux valu que je sois assez équilibrée pour me porter au-devant de partenaires épanouissants, plutôt que passer ma vie à compenser des frustrations aussi dérisoires que les miennes en faisant des chansons. Il m'arrive de me dire aussi qu'il vallait mieux me morfondre seule avec ma guitare et des idéalisations sans aussi proches de moi qu'éloignées de leur objet, qu'aller au bout d'une attirance qui n'aurait pas résisté longtemps à l'épreuve de la réalité, au rpix parfois d'un terrible gâchis. Mais on ne peut pas lutter contre l'inconscient qui nous dirige obstinément, avec la précision du radar le plus sophistiqué, vers l'être dont les failles sont suffisamment complémentaires des nôtres afin d'actualiser la problématique dont nous sommes prisonniers, jusqu'à ce que, à force d'échecs et de douleurs, nous finissons par la percevoir avec assez de lucidité pour tenter de nous en dégager.
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Par castabea, le 12/09/2009
Le Desespoir des Singes et Autres Bagatelles de
Françoise Hardy
Dans un premier, l'absence, l'infidélité, l'insaisissabilité de l'autre exacerbent sinon les sentiments que l'on croit éprouver à son égard, du moins le besoin qu'on a de lui. Durant nos trop rares moments d'intimité, Jacques me témoignait malgré tout tant de tendresse, de délicatesse, de possessivité et de jalousie aussi, qu'il me donnait l'impression de compter presque autant pour lui que pour moi. Peut-être ne voyais-je que ce que j'avais envie de voir, mais Jean-Marie, me confia, longtemps après, qu'à force de me savoir au plus mal, seule chez moi, pendant que Jacques "s'amusait"; il lui avait un jour posé carrément la question : "Et Françoise dans tout ça ?", ce à quoi l'intéressé aurait répondu : "Elle, c'est différent, je l'aime, et je ne eaux pas faire comme tout le monde : ne voir qu'elle au début pour la tromper à la fin. Mieux vaut commencer par la fin et finir par le commencement". Jean-Marie avait été bluffé par cette façon originale d'envisager les rapports de couple, mais quand j'en eus la révélation sur le tard, je me sentis flouée. Changer les règles du jeu sans en informer sa partenaire mène autant à l'échec que les suivre, et revient à jouer délibérément sans elle. Je me rappelai toutes ces lettres, envoyées ou non, où je tentais stupidement de convaincre l'homme de ma vie que c'était une erreur de tabler sur un avenir, par définition incertain, et qu'il fallait vivre au présent. Mais sans doute vivait-il bien plus au présent que moi, simplement nous n'en avions pas la même notion : il vivait au jour le jour ce qui était sans lendemain, et restait parcimonieux pour ce qui lui semblait relever du long terme. Vu sous cet angle, il était beaucoup plus sage que moi
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Par castabea, le 12/09/2009
Le Desespoir des Singes et Autres Bagatelles de
Françoise Hardy
La maladie ne frappe pas n'importe où, ni n'importe comment non plus : les organes ou les fonctions qu'elle affecte, renseignent sur la nature de notre souffrance psychique. C'est parce que nous ne sommes pas à même de percevoir cette souffrance dans sa globalité, avec ses enjeux contradictoires, qu'elle s'exprime dans le corps. Notre vision de la réalité est faussée par les jugements conditionnels partiaux et partiels que nous portons sur ce qui nous blesse et sur nous-mêmes. En diversifiant les angles de vision et en aidant ainsi à y voir plus clair, le langage métaphorique d'une somatisation peut contribuer à la guérison *. "Nous ne pouvons faire en sorte que les situations traumatisantes que nous avons vécues n'aient pas eu lieu, insiste le Dr. Dransart, mais nous pouvons changer le reagrd que nous portions sur elles jusque-là. "
*On en peut évoquer en quelques lignes la pensée aussi subtile que lumineuse du Dr Dransart, sans être très réducteur
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Le Desespoir des Singes et Autres Bagatelles de
Françoise Hardy
on n'est jamais totalement innocent de ce qui nous arrive
p 141
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Le Desespoir des Singes et Autres Bagatelles de
Françoise Hardy
tout donner, tout accepter revient à de l'égoïsme
et à du chantage affectif p 141
jouer l'abnégation est une avidité inavouée p 142