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Une semaine de vacances de
Christine Angot
Il est assis sur la lunette en bois blanc des toilettes, la porte est restée entrouverte, il bande. Riant à l’intérieur de lui-même, il sort de son papier une tranche de jambon blanc qu’ils ont achetée à la supérette du village, et la place sur son sexe. Elle est dans le couloir, elle sort de la salle de bain, elle marche, elle prend la direction de la chambre pour aller s’habiller, il l’appelle, lui dit de pousser la porte.
- Tu as pris ton petit déjeuner ce matin ? Tu n’as pas faim ? Tu ne veux pas un peu de jambon ?
(Première page)
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Par ChezLo, le 27/11/2010
Pourquoi le Brésil ? de
Christine Angot
Ensuite. Le lendemain. Il revient. On passe comme ça plusieurs jours, à se revoir, il me téléphone la journée, un peu, on se voit. Rien n'est difficile. Je ne sais pas raconter ça. Ca glissait. Enfin. Ca glissait enfin. Enfin quelque chose qui allait. Quelqu'un qui allait. Qui pouvait aller.
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Par wictoria, le 19/06/2010
L'Inceste de
Christine Angot
Je ne sais plus ce qu'il faut faire, je ne sais plus ce qu'il faut dire. Je vais raconter cette anecdote, je ne suis pas Nietzsche, je ne suis pas Nijinski, je ne suis pas Artaud, je ne suis pas Genet, je suis Christine Angot, j'ai les moyens que j'ai, je fais avec. Il y aura une anecdote, tant pis, la description d'un déclic, ce sera Noël, ce sera descriptif. Ma folie sera décrite à travers un déclic. J'en étais à peine consciente, jusqu'à la page précédente. C'était pire.
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Par gcd, le 04/11/2012
Une semaine de vacances de
Christine Angot
J'aimerais ici parler de l'aspect littéraire du livre. Car les critiques négatives, qui semblent avoir été rédigées par des personnes choquées, ne parlent pas vraiment du livre.
Le projet littéraire d'Angot est de donner à voir au lecteur la mort d'une jeune fille dans le cas particulier de l'inceste. De ce point de vue, c'est indéniablement réussi. L'adolescente meurt noyée par le sexe paternel: soit elle se donne à son père, soit il l'humilie et elle se sent bête.
La lecture est dérangeante, éprouvante mais permet au lecteur d'expérimenter le dégoût de l'inceste. Evidemment, il faut être intéressé par ce que François Busnel nomme crime malheureusement "universel". Sinon, mieux vaut ne pas entreprendre la lecture. Si on ouvre le livre, on découvre une écriture, précise, concise et ciselée, magnifiquement balancée, avec des longues périodes qui alternent avec des phrases courtes et tranchantes. Le roman peut se lire d'une traite. Le travail mené par Angot sur le rythme, la prosodie est remarquable.
Mais ce qui, selon moi, a trop peu été dit sur ce livre, c'est qu'il dresse le portrait d'un monstre. Ce père n'est pas la métaphore de la mort, il l'incarne, il l'est. L'arme de cet individu qui viole sa fille sans relâche, c'est la rhétorique. Monsieur est linguiste. Il parle sans cesse. Sa fille l'admire, lit ses travaux entre deux fellations. Elle, elle ne parle jamais, ou sous la contrainte. Elle est écrasé par le corps et la condition sociale élevée de son immondice de père. Elle n'existe pas. Elle est annihilée par son pénis et sa prétendue science. Elle est coincée. Chaperon rouge, le loup est son père. Est-il possible de survivre à la mort psychologique qu'inflige l'inceste? La dernière page propose une réponse ferme à cette question.
Bref, si cette Semaine n'est pas de tout repos, elle est une éclatante réussite littéraire, classique et moderne à la fois. Classique car il s'agit en fait d'une tragédie utilisant le principe ancestral de la triple unité et moderne car elle développe une réflexion sur la domination masculine, sociale et rhétorique. C'est aussi un réquisitoire contre la domination d'hommes issus de la classe dominante, ordures humaines impunies capables de tout pour assouvir leurs pires pulsions.
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Par Outis, le 12/10/2007
Rendez-vous de
Christine Angot
Le risque de l’amour pour un être humain, je ne l’avais jamais pris, comme ça je n’étais jamais emportée par la vague. Je me dégoûtais. Au sens propre j’avais la nausée, après un repas j’étais dégoûtée pendant des heures, j ‘avais une impression de faim et de satiété. Le soir, en me nettoyant le visage, je me regardais dans la glace, et je pleurais. Je ne pouvais pas vivre comme tout le monde. Et je ne pouvais plus donner le change.
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Par Outis, le 10/10/2007
Rendez-vous de
Christine Angot
La sincérité n’existait pas. Il y a toujours un moment où on finissait par apercevoir le fond où ça s’écrasait, il ne restait rien entre les gens, aucune parole ne restait vraie, rien ne tenait. Personne ne disait jamais rien de vrai, les vérités étaient valables par secondes. Je pensais la même chose, moi qui avais cessé d’aimer tous ceux que j’avais aimés les uns après les autres, j’en avait fait le tour.
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Par Outis, le 12/10/2007
Rendez-vous de
Christine Angot
Quand je plaisais à quelqu’un qui me plaisait, et que je me l’avouais, j’étais heureuse mais tellement impatiente que ça se fasse, je voulais en être sûre trop vite, je faisais tout rater. J’étais incapable d’attendre que les gestes viennent au bon moment, j’étais trop angoissée. Je préférais partir ou poser une question brutale avant que les choses arrivent naturellement, une question sur un ton tragique et énervé, en disant que je ne pouvais plus dormir et qu’il fallait qu’on arrête de se voir. Les choses légères prenaient alors les proportions du drame, il n’y avait plus de fluidité, de souplesse, de liberté, l’autre était coincé et moi aussi, la question était réglée. A contraire, quand je n’admirais pas, je trouvais érotique de craquer sous la pression au bout de plusieurs semaines ou de plusieurs mois. Ca ne me dérangeais pas, je n’étais pas stressée.
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Pourquoi le Brésil ? de
Christine Angot
« J’étais tellement fatiguée, et je n’en pouvais tellement plus, que j’en étais arrivée à la conclusion qu’il fallait que j’organise ma vie en fonction d’un bien être physique. Et que j’évite tout le reste, c’est-à-dire l’amour. Longtemps je me suis demandée comment faisaient les autres. Je ne pouvais plus me régénérer. Il m’arrivait de rencontrer des gens comme moi, ils n’en pouvaient plus non plus. J’étais tellement fatiguée, tellement épuisée, je n’en pouvais plus, je me demandais combien de temps j’allais encore tenir. C’était trop. Je ne tenais plus. J’étais tellement à bout que, à l’époque, j’aurais aimé qu’on m’emporte sur une civière ou dans une clinique. »
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Par Lea25, le 08/05/2013
Le marché des amants de
Christine Angot
Quand ils entendent le mot amour il sortent leur dictionnaire.
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Par Sly, le 25/01/2012
Quitter la ville de
Christine Angot
Anonyme veut dire collectif. Un mot qu'on ne signe pas, ça veut dire qu'il représente la collectivité, quand on ne s'individualise pas.