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Par ChezLo, le 27/11/2010
Pourquoi le Brésil ? de
Christine Angot
Ensuite. Le lendemain. Il revient. On passe comme ça plusieurs jours, à se revoir, il me téléphone la journée, un peu, on se voit. Rien n'est difficile. Je ne sais pas raconter ça. Ca glissait. Enfin. Ca glissait enfin. Enfin quelque chose qui allait. Quelqu'un qui allait. Qui pouvait aller.
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Par Outis, le 12/10/2007
Rendez-vous de
Christine Angot
Le risque de l’amour pour un être humain, je ne l’avais jamais pris, comme ça je n’étais jamais emportée par la vague. Je me dégoûtais. Au sens propre j’avais la nausée, après un repas j’étais dégoûtée pendant des heures, j ‘avais une impression de faim et de satiété. Le soir, en me nettoyant le visage, je me regardais dans la glace, et je pleurais. Je ne pouvais pas vivre comme tout le monde. Et je ne pouvais plus donner le change.
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Par Outis, le 10/10/2007
Rendez-vous de
Christine Angot
La sincérité n’existait pas. Il y a toujours un moment où on finissait par apercevoir le fond où ça s’écrasait, il ne restait rien entre les gens, aucune parole ne restait vraie, rien ne tenait. Personne ne disait jamais rien de vrai, les vérités étaient valables par secondes. Je pensais la même chose, moi qui avais cessé d’aimer tous ceux que j’avais aimés les uns après les autres, j’en avait fait le tour.
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Pourquoi le Brésil ? de
Christine Angot
« J’étais tellement fatiguée, et je n’en pouvais tellement plus, que j’en étais arrivée à la conclusion qu’il fallait que j’organise ma vie en fonction d’un bien être physique. Et que j’évite tout le reste, c’est-à-dire l’amour. Longtemps je me suis demandée comment faisaient les autres. Je ne pouvais plus me régénérer. Il m’arrivait de rencontrer des gens comme moi, ils n’en pouvaient plus non plus. J’étais tellement fatiguée, tellement épuisée, je n’en pouvais plus, je me demandais combien de temps j’allais encore tenir. C’était trop. Je ne tenais plus. J’étais tellement à bout que, à l’époque, j’aurais aimé qu’on m’emporte sur une civière ou dans une clinique. »
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Par Sly, le 25/01/2012
Quitter la ville de
Christine Angot
Anonyme veut dire collectif. Un mot qu'on ne signe pas, ça veut dire qu'il représente la collectivité, quand on ne s'individualise pas.
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Normalement, suivi de "La Peur du lendemain" de
Christine Angot
Quand on regarde un spectacle, on ne pense pas à ce qu'on voit. Mais derrière à d'autres images. Dans sa tête à soi. Enfin moi.
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Par Outis, le 12/10/2007
Rendez-vous de
Christine Angot
Quand je plaisais à quelqu’un qui me plaisait, et que je me l’avouais, j’étais heureuse mais tellement impatiente que ça se fasse, je voulais en être sûre trop vite, je faisais tout rater. J’étais incapable d’attendre que les gestes viennent au bon moment, j’étais trop angoissée. Je préférais partir ou poser une question brutale avant que les choses arrivent naturellement, une question sur un ton tragique et énervé, en disant que je ne pouvais plus dormir et qu’il fallait qu’on arrête de se voir. Les choses légères prenaient alors les proportions du drame, il n’y avait plus de fluidité, de souplesse, de liberté, l’autre était coincé et moi aussi, la question était réglée. A contraire, quand je n’admirais pas, je trouvais érotique de craquer sous la pression au bout de plusieurs semaines ou de plusieurs mois. Ca ne me dérangeais pas, je n’étais pas stressée.
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Par Outis, le 17/09/2007
Rendez-vous de
Christine Angot
Je me laissais de nouveau séduire sans choisir moi même, en sachant que ce n’était pas ma vie, par défi et pour me prouver que je comprenais le pouvoir érotique de n’importe qui. Je me disais : toi tu ne me plais pas, mais je peux quand même. Mais après je restais longtemps accrochée dans la toile, parce que les réseaux affectifs se mettaient en place. C’était automatique, que la personne me plaisait vraiment ou pas. Je partais généralement après avoir fait un livre où mon éloignement se ressentait et les efforts que j’avais faits, la personne se blessait et ne voulait plus me voir. J’avais fait tous mes choix amoureux peut-être en fonction d’un seul critère, que ça m’éloigne de ma mère… Je regrettais les efforts accumulés pour aimer des êtres qui n’en valait pas la peine. Ils m’apparaissaient dans leur banalité maintenant.
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Par wictoria, le 19/06/2010
L'Inceste de
Christine Angot
Je ne sais plus ce qu'il faut faire, je ne sais plus ce qu'il faut dire. Je vais raconter cette anecdote, je ne suis pas Nietzsche, je ne suis pas Nijinski, je ne suis pas Artaud, je ne suis pas Genet, je suis Christine Angot, j'ai les moyens que j'ai, je fais avec. Il y aura une anecdote, tant pis, la description d'un déclic, ce sera Noël, ce sera descriptif. Ma folie sera décrite à travers un déclic. J'en étais à peine consciente, jusqu'à la page précédente. C'était pire.
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Le marché des amants de
Christine Angot
[ Incipit ]
Marc était chaleureux et sympathique, il avait envie de rapports intimes, tout en étant réservé il aimait parler. C’était un intellectuel de la rive gauche, décontracté, rieur, pas très grand, petites lunettes pour lire qu’il posait sur le bout du nez au lieu de les mettre et de les enlever, il lisait la carte au restaurant puis levait les yeux par-dessus pour vous parler. Il avait une voiture pour les longues distances, un scooter pour aller d’un rendez-vous à un autre en évitant les encombrements, un vélo parce qu’il aimait ça : sa pensée restait active, pendant qu’il se déplaçait à un rythme tranquille, en silence, il réfléchissait. Il aimait faire le marché, la cuisine aussi. Les cèpes. De temps en temps un très bon restaurant. Il aimait bien. Il s’occupait de ses enfants, même s’il les voyait peu, il était séparé de leur mère depuis trois ans. Il travaillait beaucoup. Il avait toujours beaucoup travaillé. Il faisait une belle carrière, il avait un bon salaire. Il habitait dans le quartier de Paris qui correspondait à ses centres d’intérêt, et lui permettait en même temps d’avoir une vie de famille. Le quatorzième.
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