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Deux soeurs de
Madeleine Chapsal
Quand survient le moment de la séparation définitive d'avec un être aimé, aucune préparation ne vaut: c'est chaque fois l'effondrement.
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Par Elisanne, le 15/05/2010
Oser écrire de
Madeleine Chapsal
Je ne suis jamais seule ni totalement abandonnée, du moment qu’il y a des livres
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Par latina, le 14/10/2011
Mère et filles de
Madeleine Chapsal
Antoinette et Léo, comme tous les parents - pour ne pas dire tous les "vieux" -, s'imaginent qu'ils comprennent parfaitement les problèmes des plus jeunes, et même mieux qu'eux ! Sans se rendre compte qu'une dimension leur échappe totalement : celle qu'apporte avec elle la génération suivante, du seul fait qu'elle est nouvelle; et qui transforme le sens de la vie.
Est-ce pour avoir trop vu les choses recommencer? Les gens âgés finissent par croire que rien ne change jamais sur cette planète quand les aventures des jeunes tournent mal, au lieu de se dire qu'ils sont aux prises avec des circonstances fondamentalement différentes, ils pensent que c'est l'expérience qui leur manque, mais que la sagesse leur viendra avec l'âge, comme à eux !
Les jeunes manquent certes d'expérience, mais heureusement ! Sinon, ils ne tenteraient jamais rien. Tout est tellement risqué, terrible ! En revanche, les vieux n'ont plus assez d'imagination pour envisager ce qu'eux-mêmes n'ont pas vécu, parce que, de leur temps, cela ne se faisait pas comme ça - ou n'existait pas !
Ils sont, c'est inévitable, un peu à côté de la plaque...
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Par latina, le 14/10/2011
Mère et filles de
Madeleine Chapsal
Une femme de son âge, trente ans dans trois mois...
Il n'y a rien à faire ; avec leur mère, les filles se conduisent toujours en toutes petites filles... Delphine était déjà comme ça à trois ans, ivre de rage si Antoinette offrait à Eliane une babiole quelconque sans lui donner aussitôt la même (pas question qu'elle ne soit pas de taille et de couleur identiques!). "Moi, moi, moi!..."hurlait le bébé.
Antoinette était exaspérée, attendrie aussi : ce petit bout de femme réclamait déjà sa part de tout, de la vie, de l'amour, avec une terrible énergie.
- Tu sais quoi? dit Antoinette pour tenter, comme elle l'a fait tant de fois au cours de leur vie commune, d'apaiser sa cadette. Pendant qu'Eliane ne sera pas là, nous irons toutes les deux au théâtre !
Delphine lui lance un regard pénétrant, glacial même.
Sous-entendu : tu veux tromper ma soeur avec moi? Très bien, je suis d'accord, mais dis-toi que j'ai percé ton jeu à jour : ça n'est pas joli-joli, ce que tu fais là, Maman !
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Une soudaine solitude de
Madeleine Chapsal
Votre douleur, cette souffrance, tout ce que vous décrivez, je le vis entièrement. Je suis détruite, je suis devenue une loque humaine, je ne suis plus qu'une matière qui attend que tout cela cesse, et rien ne vient.
Ce qui est très dur pour moi, c'est que la souffrance ne se fait plus sentir par rapport à un homme, mais par rapport à la vie.
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Par latina, le 14/10/2011
Mère et filles de
Madeleine Chapsal
- Maman, je suis sûre que Papa te manque, mais ça n'est pas pour vérifier la pression de tes pneus, c'est pour autre chose de plus profond...
- Oui, ma petite chérie, tu as raison. Quand ton père était encore là, j'avais l'impression qu'il traçait un espace autour de moi, avec ses bras, et que je vivais à l'intérieur. Cela n'empêchait pas les soucis de m'atteindre, mais je savais où je me situais, il me dessinait un territoire...A présent, j'ai parfois le sentiment de ne plus avoir de frontières...Une femme sans homme, cela va dans tous les sens !
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Par latina, le 14/10/2011
Mère et filles de
Madeleine Chapsal
- Tu pars déjà? dit-elle à Delphine quand celle-ci, après une visite qui lui a coûté des acrobaties horaires, sans compter l'énervement dans la circulation, s'apprête à rentrer chez elle.
- Mais, Maman, je suis restée trois quarts d'heure !
- Cela me fait tellement plaisir quand tu es là !
Comment répliquer à une telle manifestation de tendresse, sinon par la réciproque?
Sur le palier, Delphine prend une fois de plus conscience de la charge de culpabilité que lui a en douce refilée sa mère.
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Par latina, le 14/10/2011
Mère et filles de
Madeleine Chapsal
Delphine hausse les épaules. Eliane peut se permettre de jouer les filles dévouées qui n'abandonnent pas le chevet de leur mère; dans son métier, elle n'a pas d'horaires. Alors qu'elle-même est attendue : à dix heures trente, elle a rendez-vous avec ce chimiste, puis la réunion hebdomadaire. Elle ne peut pas manquer, elle reviendra à l'heure du déjeuner.
La vie moderne est ainsi faite : en cas d'imprévu, fût-il dramatique, on ne peut pas tout abandonner dans l'instant pour s'y consacrer; il faut commencer par régler les "affaires courantes". C'est cela qu'Eliane lui reproche, sa conscience professionnelle : si sa soeur s'est montrée excessive, c'était pour tenter de lui faire perdre pied et, au fond, la garder près d'elle. Or, elle a fait tout ce qu'il fallait pour obtenir le contraire.
Dans le taxi, elle reconnait qu'elle n'est pas mécontente qu'Eliane soit demeurée à l'hôpital : s'il se passait quelque chose, sa soeur l'appellerait sur-le-champ.
Au plus fort de leurs luttes intestines, toutes deux ont beau se porter des coups, parfois très bas, elles n'en restent pas moins complices. Comme un vieux couple.
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Par zazimuth, le 28/08/2010
Noces avec la vie de
Madeleine Chapsal
En cela aussi, la montagne, comme tous les pays du froid, offre un charme particulier : les saisons y sont si marquées qu'on a le sentiment, en passant de l'une à l'autre, de changer totalement de vie. On ne fait plus les mêmes choses, ne se comporte plus de la même manière, à la limite on parle autrement ! (p.63)
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Les amoureux de
Madeleine Chapsal
louise sent son cœur se dilater, sans autre raison que la douceur des choses, la beauté de l'heure…