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Par keisha, le 20/05/2013
Le Sel de la vie : Lettre à un ami de
Françoise Héritier
... marcher d'un bon pas, traîner des pieds dans les feuilles mortes, ..., écouter les hulottes la nuit et les grillons le jour, faire un bouquet de fleurs de talus, regarder glisser les nappes de brouillard, suivre la course d'un lièvre à travers champs ..., essayer de saisir le moment où l'on s'endort, sentir le poids de son corps recru de fatigue dans le lit, être reçu à un examen, dormir sur l'épaule de quelqu’un, participer à une liesse populaire, voir un beau feu d'artifice, écouter la Callas ou gémir le vent ou crépiter la grêle, regarder le feu, manger un sandwich dans le rue, marcher sur du sable chaud mais pas trop, siroter, faire sauter un trousseau de clés, faire pipi dans la nature, être ému aux larmes, ..., caresser, être caressé, enlacer, être enlacé (avec amour, complicité, tendresse), se sentir plein d'allant, d'enthousiasme, de passion, avoir des élans du cœur, se moquer des convenances, admirer la jeunesse, avoir les yeux plus gros que le ventre, avoir délicieusement peur, ..., se délecter en secret d'une idée ou d'un projet ou d'un souvenir, sortir sur le tarmac à la saison des pluies à la nuit à Niamey et sentir l'odeur chaude et épicée de la terre africaine, ...
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Par keisha, le 20/05/2013
Le Sel de la vie : Lettre à un ami de
Françoise Héritier
Il ne s'agit pas là de hautes considérations métaphysiques ni de réflexions très profondes sur la vanité de l’existence ni de l'intimité brûlante de tout un chacun. Il s'agit tout simplement de la manière de faire de chaque épisode de sa vie un trésor de beauté et de grâce qui s'accroît sans cesse, tout seul, et où l'on peut se ressourcer chaque jour. (...) Il y a sûrement dans ce fatras hétéroclite des sentiments, des sensations, des émotions, des bonheurs que vous avez éprouvés et que vous éprouvez toujours. Et vous avez votre provende de souvenirs propres qui ne demandent qu'à ressurgir pour vous tenir compagnie et vous soutenir dans tous vos actes à venir. J'ai appris à les reconnaître pour ce qu'ils sont : les jalons goûteux de notre vie. -Du coup, elle devient tellement plus riche et plus intéressante que ce que l'on croit. Et surtout, dites vous bien que rien de tout cela ne pourra jamais vous être enlevé.
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Par BRIGITTEB, le 15/05/2013
Le Sel de la vie : Lettre à un ami de
Françoise Héritier
...conduire une conversation complice avec un chat siamois ou un épagneul breton, éternuer sept fois de suite, voir le premier la flèche de l'église de Trégunc, faire un pique-nique avec tout ce qu'il faut, chanter Stormy Weather comme Lena Horne ou Over the Rainbow comme Judy Garland, s'essayer à chanter Mexico comme Luis Mariano et échouer à monter dans les aigus, se perdre dans les ciels immenses de John Ford, survoler la brousse africaine avec un petit avion, faire des ricochets, frémir d'impatience, sentir la crispation des papilles sur le gingembre, toucher les naseaux humides d'un jeune veau, trouver des champignons, ramasser des myrtilles sauvages, aller à la pêche aux coquillages lors des grandes marées, contempler sa cuisine ou sa chambre ou son bureau remis en état, ....
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Par Femi, le 29/09/2011
Masculin/féminin : Tome 2, Dissoudre la hiérarchie de
Françoise Héritier
Les femmes sont dominées non parce qu'elles sont sexuellement des femmes, non parce qu'elles ont une anatomie différente, non parce qu'elles auraient naturellement des manières de penser et d'agir différentes de celles des hommes, non parce qu'elles seraient fragiles et incapables, mais parce qu'elles ont ce privilège de la fécondité et de la reproduction des mâles.
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Par cicou45, le 28/05/2012
Le Sel de la vie : Lettre à un ami de
Françoise Héritier
"Il s'agit tout simplement de la manière de faire de chaque épisode de sa vie un trésor de beauté et de grâce qui s'accroît sans cesse, tout seul, et où l'on peut se ressourcer chaque jour."
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Le Sel de la vie : Lettre à un ami de
Françoise Héritier
.....les fous rires, la recherche d’odeurs ou de saveurs, mettre un beau couvert, ruminer autour d’une idée, le moment ou l’on sait qu’on plaît ( ou on vous regarde et on vous écoute), faire la grasse matinée, écouter religieusement Mozart,.....
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Le Sel de la vie : Lettre à un ami de
Françoise Héritier
...faire siffler un brin d'herbe entre ses doigts et ses lèvres, écouter dans la nuit du fond du lit le carillon Westminster qui augmente à chaque quart d'heure la durée de sa ritournelle dans la cuisine de Bodelio, entendre la vache de Moelan, voir un grand stampede dans un western, caresser la peau douce et flétrie des mains d'une vieille dame, appeler sa mère "ma petite mère", sa fille "mon trésor", son mari "mon coeur" et ressentir pleinement la justesse de ces appellations, dîner aux Bons Enfants dans une cour enclavée, savourer une histoire drôle rabbinique, chanter avec jean Gabin "Quand on s'promène au bord de l'eau", savoir prononcer correctement le nom de la ville de Cunlhat, ouvrir une lettre le coeur battant, être dehors quand le diable marie ses filles (What ? oh pardon ! sous une giboulée par beau temps), prédire qu'il pleuvra le lendemain à la position des rayons du soleil couchant, donner solennellement du "Monsieur" à un adolescent, écouter la voie sucrée de Rina Ketty attendant "le retour" et celle, piquante, de Mireille sur "le petit chemin", tomber en extase devant une couleur si juste, sautiller avec Charles Trénet et regarder avec Yves Montand les jambes de la demoiselle sur une balançoire, appeler avec un frémissement interne par son prénom quelqu'un que l'on vénère et qui vous en a prié, s'éveiller dans Paris avec Jacques Dutronc, lécher consciencieusement le fond des plats, s'asseoir au soleil à Rome piazza Navona en février et manger une salade de roquette avec un verre d'orvietto, faire se refléter sous le menton le jaune des boutons d'or, manger du raisin pris directement à la treille sur la façade d'une maison, voir de grosse gouttes d'eau s'écraser sur le sol ou un immense arc-en-ciel ou une lumière lointaine dans la nuit noire ou une étoile filante ou silencieusement passer très haut une capsule spatiale, avoir une tirelire, surprendre un animal qui vaque à ses affaires, sentir la densité d'un silence attentif, entrer dans la parole comme on entre dans l'arène, trouver enfin le mot juste, attendre un coup de fil, s'attrister parce que les galets perdent leurs belles couleurs en séchant, avoir le fantasme d'une grande maison à volets verts située à une croisée de chemins au coeur d'une forêt, admirer un grand perron doté de deux élégantes volées de marches ou des roses trémières opulentes ou un toit de tuiles vernissées, chanter à capella et à l'unisson, vibrer au timbre d'une voix, recevoir en pleine figure des ressemblances troublantes et agir avec le nouveau venu comme une ancienne connaissance, se parler à soi-même in petto, garder fidèlement une certaine idée de ceux que l'on a aimés, recevoir les épreuves d'un nouveau livre, manger des rayons de miel sauvage récolté par enfumage, croquer des radis, faire des compotes de pomme et des tartes à la pâte brisée, boire du cidre frais, coucher à la belle étoile, admirer le travail de nuit des termites sur des chaussures oubliées sur le sol, boire à la calebasse de la bière de mil chaude en passant à son voisin, faire un long voyage sur piste sans crever un pneu, entrevoir au bout du couloir la démarche de grand héron pressé et les pans de la blouse blanche du patron que l'on attend dans son service à l'hôpital et se sentir réconforté, empli de joie et de bien-être, aimer tout de la vie sur le terrain, même l'inconfort, nouer conversation facilement, assumer ses détestations, garder les vaches, tirer du vin nouveau, regarder les mains expertes de son médecin qui sait identifier le mal du bout des doigts, faire un bon mot ingénument et ne s'en rendre compte qu'à l'hilarité des autres, descendre en voiture un jour la rue de Belleville d'un trait, aller chez le coiffeur, se faire une manucure...
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Par LUKE59, le 07/08/2012
Le Sel de la vie : Lettre à un ami de
Françoise Héritier
..., goûter les saillies spirituelles, les traits d' humour, même les facéties ou l' ironie, mais détester le sarcasme,...(p81)
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Hommes, femmes : la construction de la différence de
Françoise Héritier
Cette prise de conscience du plaisir à parler d'égal à égal entre les sexes... est , pour les hommes aussi, du renversement du modèle archaïque dominant. Mais il faut avoir constamment présente à l'esprit la difficulté de l'entreprise, ne serait-ce que parce qu'elle demande à une moitié de l'humanité de se défaire de privilèges millénaires pour accéder à des bonheurs dans l'égalité dont nul ne lui a jamais fait envisager la simple possibilité.
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Par Moumoune, le 14/07/2012
Le Sel de la vie : Lettre à un ami de
Françoise Héritier
...exulter secrètement quand quelque chose se passe comme on l'avait prévu, trouver que le fond de l'air est frais et qu'on mettrait bien une petite laine, s'étonner du rajeunissement des gens autour de soi et prendre un professeur d'informatique de 25 ans, s'émouvoir de ce que sa mère disait avoir toujours 20 ans dans sa tête et de ce que son père ne vous reconnaissait plus...