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Par carre, le 24/05/2012
Le Portique de
Philippe Delerm
Très vite, on culpabilise, et ça n’arrange rien. Il y a les handicapés, les cancéreux, les sidéens, tous ceux qui viennent de perdre quelqu’un. De quel droit peut-on se sentir mal, être si mal ? Et puis c’est beaucoup plus stupide encore, mais on se sent vexé. On ne meurt pas.
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Par oops, le 12/05/2010
La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de
Philippe Delerm
(Dans le journal du petit déjeuner) - On y lit que le monde se ressemble, et que le jour n'est pas pressé de commencer.
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La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de
Philippe Delerm
On pourrait presque manger dehors...
C'est le "presque" qui compte, et le conditionnel. Sur le coup, ça semble une folie. On est tout juste au début de mars, la semaine n'a été que pluie, vent et giboulées. Et puis voilà. Depuis le matin, le soleil est venu avec une intensité mate, une force tranquille.
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Par soukee, le 10/06/2010
Dickens, barbe à papa : Et autres nourritures délectables de
Philippe Delerm
Savourer encore quarante pages de Mustang, c'est un meilleur rapport qualité-prix que pour tant d'œuvres littéraires qu'on se doit de lire sous peine de délabrement intellectuel. Aujourd'hui comme hier, c'est bon de mépriser la prescription.
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Par Seraphita, le 29/04/2009
La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de
Philippe Delerm
La dynamo ouvre toujours le chemin d’une liberté à déguster dans le presque gris, le pas tout à fait mauve.
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Par carre, le 05/03/2012
La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de
Philippe Delerm
Ah ! Les petites maladies de l’enfance qui vous laissent quelques jours de convalescence, à lire au lit des Bugs Bunny ! Hélas, quand on vieillit, les plaisirs de la maladie deviennent rares.
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Par soukee, le 10/06/2010
Dickens, barbe à papa : Et autres nourritures délectables de
Philippe Delerm
La barbe à papa, ça se vendait avec une espèce de générosité bizarre : il y en avait toujours trop.
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Par cc, le 13/01/2011
Le trottoir au soleil de
Philippe Delerm
mais on n'est pas non plus de ceux qui ont envie de lire seulement ce que les autres lisent
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La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de
Philippe Delerm
Ce qui compte, c'est le moment de la petite phrase. On pourrait presque... C'est bon, la vie au conditionnel, comme autrefois, dans les jeux enfantins: "On aurait dit que tu serais..." Une vie inventée, qui prend à contre-pied les certitudes.
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Par tex_242, le 15/03/2012
La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de
Philippe Delerm
C'est bien, le bibliobus. Il passe une fois par mois, et s'installe sur la Place de la Poste. On connaît toutes les dates de l'année à l'avance.
- Elles sont écrites sur une petite carte brune qu'on vous glisse dans un livre emprunté. Le 17 décembre, de 16 heures à 18 heures, on sait que le grand camion blanc balafré du sigle « Conseil général » sera fidèle au rendez-vous. C'est rassurant, cette mainmise sur le temps. Rien de mal ne peut vous arriver, puisque l'on sait déjà que dans un mois le salon de lecture ambulant reviendra mettre une petite tache de lumière sur la place. Oui, c'est encore mieux l'hiver, quand les rues du village sont désertes. Le seul centre d'animation devient alors le bibliobus. Oh ! il n'y a pas foule, ce n'est pas le marché. Mais quand même, des silhouettes familières convergent vers le petit escalier mal commode qui permet d'accéder au camion.
On sait que dans six mois on rencontrera là Michèle et Jacques (« Alors, cette retraite, c'est pour quand? »), Armelle et Océane (« Elle porte bien son nom, ta fille, elle a des yeux d'un bleu ! »), d'autres qu'on connaît moins mais qu'on salue d'un sourire entendu : rien que ce rite à partager, c'est toute une complicité.
La porte du camion est étrange. Il faut se glisser entre deux parois transparentes de plastique rigide, qui prémunissent à l'intérieur des courants d'air. Ce sas entrouvert, traversé, on est tout de suite dans le moquetté, le silence douillet, la flânerie studieuse. La jeune fille et l'employé plus âgé à qui l'on rend les livres rapportés témoignent par leur salut qu'ils vous connaissent, mais leur amabilité ne va pas jusqu'à l'enjouement. Tout doit rester feutré. Même si certains jours l'exiguïté du lieu fait déployer des trésors d'ingéniosité déambulatoire pour ne pas déraper vers la promiscuité, chacun reste libre dans son silence, dans son choix.
Les rayons sont des plus variés. On a droit au total à douze emprunts, et c'est très bon de faire dans l'hétéroclite. Ce petit recueil de poèmes en prose de Jean-Michel Maul poix, pourquoi pas? « Le jour tarde sous un entassement de feuilles et de fleurs de tilleul. » Cette phrase suffit à en donner l'envie.
L'énorme album de Christopher Finch. L'aquarelle au XIXè siècle sera un peu lourd, mais il y a des beautés rousses préraphaélites, des aubes de Turner, et puis quel privilège de s'arroger ainsi en toute impunité ces trois kilos volumineux de luxe mat ! Un magazine de photos avec des enfants de Boubat, une cassette des cantates de Bach, un album sur le Tour de France : on peut glisser dans son panier toutes ces merveilles disparates; déjà comblé, se dire que l'on va en glaner encore tout autant, au hasard des étagères. Les enfants n'en finissent pas de s'accroupir devant les bandes dessinées, les romans illustrés, de s'émerveiller parfois : « La dame a dit que je pouvais en prendre un de plus ! »
La soif étanchée, le choix s'alentit. Une odeur de laine tiède, de gabardine mouillée monte dans l'espace étroit. Mais c'est du sol surtout que monte une sensation particulière : une espèce de tangage infime, de roulis. On avait oublié l'équilibre des pneus, le fonde ment mobile de ce temple familial. Ce mal de mer au chaud des livres, c'est la province en creux d'hiver. Prochain passage du bibliobus : jeudi 15 janvier, de 10 heures à 12 heures, Place de l'Église, de 16 heures à 18 heures, Place de la Poste.
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