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Les raisons du doute de
Gianrico Carofiglio
« J’ai toujours détesté les gens qui pleurnichent sur leur sort.
Je décidai donc d’aller acheter un livre.
A l’heure qu’il était - 23 heures – il n’y avait qu’un seul endroit où acheter des livres et bavarder un peu. L’Osteria del Caffelatte qui malgré son nom est une librairie.
Elle ouvre le soir à 22 heures et ferme le matin à 6 heures. Le libraire, Ottavio, est un ancien professeur de lycée insomniaque chronique. Il a détesté avec ténacité son métier d’enseignant pendant tout le temps qu’il a été contraint de l’exercer
Il y a toujours du monde à l’Osteria del Caffelatte. Pas beaucoup, mais tout le temps. Des individus bizarres, bien sûr, surtout des individus normaux. Qui sont plus étranges que les autres puisqu’ils achètent des livres à 4 heures du matin.
La librairie possède trois tables et un petit comptoir de bar. Quand on en a envie,on peut consommer une boisson et un morceau des gâteaux qu’Ottavio prépare l’après-midi. Au petit matin, il est possible de prendre un petit déjeuner composé de ces mêmes gâteaux et d’un café au lait. A l’heure de la fermeture, Ottavio vous offre le gâteau entamé, vous salue et fume devant l’entrée son unique cigarette de la journée. Après quoi, il fait un tour dans la ville qui se ranime et va se coucher au moment où les autres commencent à travailler, parce qu’il ne parvient à dormir que le jour."
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Par urbanbike, le 19/03/2010
Les raisons du doute de
Gianrico Carofiglio
Il faisait un froid de loup à Foggia ce matin-là, et il fut donc très agréable de pénétrer dans le restaurant bien chauffé et plein de bonnes odeurs. Colaianni était déjà là, assis à une table en compagnie de deux individus à l'air peu recommandable : les policiers de son escorte.
Nous nous étreignîmes, échangeâmes les politesses habituelles de lycéens d'un certain âge. Sans un mot, les deux membres de l'escorte se levèrent et prirent place à une autre table, près de l'entrée.
« Depuis combien de temps vis-tu à Rome ?
- Depuis trop longtemps. J'en ai plein les bottes. En particulier, j'en ai plein les bottes du boulot de l'anti-Mafia. Nous passons notre temps à arrêter trafiquants et dealers, à dépenser des centaines de milliers d'euros en écoutes téléphoniques, à interroger des repentis, ou des pseudo-repentis, et rien ne change. Je devrais me trouver un travail honnête. »
Voilà, pensai-je, c'est exactement ce que je me suis dit il y a quelques jours en sortant de la prison. Nous étions les meilleurs représentants d'une génération en plein succès professionnel.
Je gardai ces réflexions pour moi, et il poursuivit. Il avait brusquement abandonné le ton de la plaisanterie pour celui d'une amertume que je n'aurais jamais soupçonnée chez lui.
Contrairement à moi, il avait toujours nourri des passions et surtout des certitudes.
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Par Onclepaul, le 30/05/2011
Le silence pour preuve de
Gianrico Carofiglio
Je pensais aux personnages peu crédibles de certains romans noirs de seconde catégorie, des détectives sans le sou qui reçoivent la visite d’un client et refusent de l’aider, puis se ravisent, font feu de tout bois et, bien entendu, résolvent l’énigme. C’est une astuce d’écrivain pour donner du rythme au récit et y instaurer un peu de suspense
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Par Inextenso, le 28/05/2011
Le silence pour preuve de
Gianrico Carofiglio
Ne sachant comment passer le temps, je saisis mon iPod dans ma sacoche et l'actionnai en mode aléatoire. Comme par magie, la scène se changea en un spectacle d'une beauté mythique et insensée. Au rythme du rock, avocats, prévenus, juge, greffier et surveillants exécutaient à leur insu une danse syncopée sur ma scène personnelle.
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Par Seraphita, le 31/05/2011
Le silence pour preuve de
Gianrico Carofiglio
Procrastination, tel est le nom de cette pathologie.
Les sujets manquant d’assurance et dotés d’une faible estime de soi renvoient à plus tard les besognes désagréables pour éviter de se mesurer à leurs faiblesses, leurs peurs et leurs limites. C’est tout du moins ce que j’avais lu dans un manuel intitulé Cessez de remettre à plus tard et commencez à vivre, qui expliquait en deux cents pages, de manière analytique, les causes de ce phénomène et proposait des exercices délirants du style – textuellement – « se libérer de cette maladie de la volonté et mener une existence pleine, productive et sans frustration ».
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Par Onclepaul, le 30/05/2011
Le silence pour preuve de
Gianrico Carofiglio
Les souvenirs ne se dissipent jamais. Ils demeurent tous cachés sous la fine croûte de la conscience, y compris ceux que nous croyions à jamais perdus. Parfois un geste, une image suffisent à les ramener à la réalité
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Par Nanne, le 03/04/2010
Les raisons du doute de
Gianrico Carofiglio
Les fascistes étaient organisés de façon très professionnelle. Comme des criminels professionnels. Ils avaient pour arguments politiques des barres de fer, des chaînes et des couteaux. Quand ils n'empoignaient pas des révolvers. Il suffisait de traverser la via Sparano, non loin de l'église de San Fernandino, considérée comme une zone noire, avec un journal, un livre, voire des vêtements inadéquats, pour passer un mauvais quart d'heure. J'en fis, moi aussi, l'expérience.
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Le silence pour preuve de
Gianrico Carofiglio
Il existe des crétins paresseux, en général insignifiant et inoffensifs, et des intelligents ambitieux, auxquels il est possible d'attribuer des tâches importantes, alors que, dans tous les domaines, ce sont les intelligents paresseux qui accomplissent les exploits les plus notables. Mais il est un point incontestable : les crétins entreprenants constituent une catégorie si dangereuse et si dévastatrice qu’il convient de les éviter soigneusement
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Par athena1, le 20/05/2011
Le silence pour preuve de
Gianrico Carofiglio
Je ne peux m'empêcher de trouver sympathiques les gens qui déclarent vouloir être libraires. Adolescent, j'ai envisagé ce métier. Pour dire la vérité, j'en avais une vision romantique et totalement irréaliste : à mes yeux, il consistait à passer des journées à lire gratuitement les ouvrages de son choix.
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Témoin involontaire de
Gianrico Carofiglio
Je me souviens parfaitement du jour, ou plutôt de l'après-midi, où tout a commencé. J'étais arrivé à mon cabinet depuis un quart d'heure, et je n'avais aucune envie de travailler. J'avais déjà consulté mon courrier électronique, ouvert ma correspondance, remis de l'ordre dans mes papiers, passé deux ou trois coups de fil inutiles. Bref, j'avais épuisé tous les bons prétextes pour ne rien faire.