> Nathalie Bauer (Traducteur)

ISBN : 2021000095
Éditeur : Seuil (2010)


Note moyenne : 3.41/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Guido Guerrieri est appelé à la prison de Bari pour défendre en appel un prévenu condamné pour trafic de drogue. Reconnaissant en lui Fabio Ray-Ban, l'agitateur fasciste qui fut le cauchemar de son adolescence, il décide de refuser. Or, l'homme clame son innocence : il ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nanne, le 03 avril 2010

    Nanne
    Guido Guerrieri, avocat pénaliste à Bari, est appelé à la prison pour défendre un certain Fabio Paolicelli, dit Fabio Ray-Ban. L'apercevant, celui-ci reconnaît en son futur client un cogneur fasciste. Il a d'excellentes raisons de ce souvenir de lui, parce que ce Fabio Ray-Ban a empoisonné son adolescence dans l'Italie des année 1970.
    Une drôle d'histoire lui est tombée dessus, comme la misère sur le bas-clergé ! En revenant de ses vacances au Monténégro, Fabio Paolicelli est arrêté par la police financière italienne qui procédait à des fouilles en règle de certains véhicules considérés comme suspects. Par un malheureux hasard, sa voiture cachait quarante kilos de cocaïne très pure, sans même que le principal intéressé n'en soit informé. Comme le veut la procédure dans ces cas-là, on lui demande de désigner un avocat pour le défendre. Et là, l'affaire prend une tout autre tournure. Miraculeusement, un inconnu se présente à la femme de Fabio Paolicelli avec le nom d'un avocat à conseiller à son mari - Corrado Macri, de Rome - qui enfoncera son client plus qu'il ne l'aidera. Celui-ci ira même jusqu'à refuser de se faire payer ses honoraires ! Fabio Paolicelli est persuadé que son défenseur l'a grugé. C'est la raison pour laquelle il demande à Guido Guerrieri de l'aider à comprendre ce qui lui est arrivé et de le sortir de prison.
    Malgré la bonne foi apparente de Fabio Paolicelli, les erreurs de procédure de son prédécesseur, Guido ne se sent aucun désir, encore moins la volonté de défendre cet ancien fasciste apparemment tombé dans les mailles du filet de la mafia locale. Qu'il se débrouille et se trouve un autre défenseur. Guido, quant à lui, a surtout envie de se venger des rebuffades passées en refusant de le défendre. Mais lorsque la femme de ce dernier vient au cabinet de Guido Guerrieri, sa première réaction est de lui opposer un refus catégorique.
    Malheureusement pour Guido, Natsu Kawabata, la superbe épouse de Fabio Ray-Ban, est entré dans sa vie au moment où elle a franchi le seuil de son cabinet ! Pour presque se rassurer que son client ne lui mentait pas - maintenant qu'il avait décidé de s'occuper de son affaire - Guido Guerrieri fera appel à Carmelo Tancredi "[...] inspecteur de police spécialisé dans la chasse aux pires rebuts de l'humanité : les violeurs, les tortionnaires, les trafiquants d'enfants". Si son ami le tranquillise quant à la version des faits de son client, il lui rappelle aussi de s'intéresser à son ancien défenseur, plutôt qu'à la femme de Fabio Paolicelli !
    "Les raisons du doute" de Gianrico Carofiglio appartient à cette nouvelle vague de roman policier très en vogue actuellement, le Legal Thriller. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'auteur frappe fort avec son personnage, Guido Guerrieri. Avocat malheureux en amour, intègre, loyal, moral, scrupuleux, honnête mais qui sait se servir des rouages de la machine judiciaire italienne pour sortir ses clients dans l'ornière où ils se sont généralement mis, Guido Guerrieri est aussi et surtout un intellectuel, féru de belles lectures et rêvant de devenir écrivain, boxeur à ses heures perdues, amateur de belles femmes et de musique. Cela pourrait s'arrêter là et ferait un policier agréable à lire. Mais "Les raisons du doute" va plus loin. Et c'est ce qui en fait un bon roman policier à l'italienne. Ici, pas de violence physique, pas d'insultes ni de grossièretés, pas de policier redresseur de torts et jouant les justiciers. Au contraire, un avocat rusé comme un renard, madré, subtil et intelligent, parfois un brin cynique et macho - juste ce qu'il faut - pour nous le rendre attirant. Dans son roman, Gianrico Carofiglio convie le lecteur à une découverte des arcanes de la justice italienne, proches de chez nous. Il nous fait partir à la rencontre d'un milieu qui ne nous est pas si souvent dévoilé. Ici, les avocats sont parfois honnêtes, parfois véreux. Les policiers aident les avocats grâce à de petites combines pas toujours légales, les magistrats restent à leur place et font régner l'ordre pour le bien public. Et puis, en toile de fond, il y a Bari, ville portuaire des Pouilles s'ouvrant sur l'Adriatique et sur l'Europe de l'Est, où la mafia est très active, les trafics en tous genres, nombreux et fructueux. Bari, belle citée du sud de l'Italie, animée comme le sont les villes italiennes, mais qui se pare parfois d'une légère teinte d'inquiétude. L'ensemble, servi par une écriture nerveuse et une histoire qui ne se relâche pas, donne un très bon moment de lecture.

    Lien : http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/2010/04/boulevard-of-broke..
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    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 05 avril 2010

    chocobogirl
    L'avocat Guido Guerrieri vient d'être désigné pour assurer la défense d'un certain Fabio Paolicelli. Ce dernier est accusé d'avoir voulu passer à la frontière 40 kgs de cocaine, à son retour de vacances, en compagnie de sa femme et de sa fille. Fabio nie les faits.
    Quand Guido le visite en prison, il découvre que Fabio n'est autre que le Fabio Ray-Ban de son enfance : celui qui lui flanqua une branlée mémorable, celui dont on dit qu'il a participé à l'assassinat d'un jeune communiste, celui qui faisait parti d'un groupe fasciste.
    Guido écoute le prisonnier mais, compte tenu des circonstances, il est certain de refuser cette affaire.
    Pourtant il va découvrir que quelque chose cloche : un mystérieux confrère avocat qui s'est occupé de défendre le dit Fabio en première instance et qui ne semble pas entièrement clair.
    L'avocat Guerrieri est partagé : accepter le dossier pour mieux se venger et faire plonger Fabio ? le refuser pour des questions de justice et d'équité ? Ou enfin l'accepter et exercer son travail d'avocat réputé pour sa droiture en faisant jour sur les incohérences de l'affaire ? La belle, très belle épouse de Fabio saura-t'elle le convaincre ? je vous laisse le découvrir !
    "Les raisons du doute" est la troisième enquête de notre avocat Giudicelli. Je n'ai pas lu les précédentes et ça ne m'a posé aucun problème.
    Nous sommes ici dans l'univers des polars judiciaires. Pas de meurtres, de sang qui coule ou de violence.
    L'intrigue tourne essentiellement autour de l'enquête de Guido, de conjonctures, de recherches d'indices, de stratégies judiciaires et du procès lui-même.
    Les portraits psychologiques des personnage sont vraiment très intéressants.
    Guido est très attachant. C'est un homme droit et bon qui s'engage avec beaucoup de coeur et de conscience dans les affaires qu'il conduit. Sa vie affective est quelque peu désolante. Sa compagne l'a quitté pour plusieurs mois (ou plus ?) pour des raisons professionnelles et il peine à trouver une oreille attentive à ses soucis. Son ami flic,Tancredi, sera l'aide essentielle dans son enquête, lui fournissant les informations déterminantes pour le procès.
    Pourtant Guido doute. Il est tiraillé entre sa volonté de nuire à un ex-ennemi et celle de mener à bien une enquête qui va s'avérer dérangeante pour certains. Ses scrupules iront en s'accentuant lorsqu'il se rapprochera de la femme de Fabio, qui s'interroge elle aussi sur la part de vérité de cette affaire.
    La partie constituant le procès en lui-même est passionnante. On découvrira le travail dans les salles d'audience où tout est question de stratégie et de formulation. Sa plaisoirie finale est un vrai morceau de bravoure.
    "Les raisons du doute" est donc un bon polar judiciaire. Sans grande originalité et surprises dans l'intrigue, il contentera les fans du genre. Pour ma part, même si sa lecture fut agréable, je n'en garderais pas un souvenir mémorable. J'aurais souhaité plus de suspense et de rebondissements dans une histoire qui avance un peu mollement.
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    • Livres 3.00/5
    Par cathulu, le 17 mars 2010

    cathulu
    Les hasards de la vie,-mais y a-t-il un hasard ?-font que l'avocat Guido Guerrieri est amené à à devoir défendre en appel celui qu'il identifie comme un ancien agitateur fasciste qui lui avait cherché des noises durant l'adolescence. Autre problème ,ce Fabio Ray-Ban pour l'instant inculpé de trafic de drogue mais se proclamant innocent, est doté d'une très jolie femme et d'une non moins charmante petite fille. Pour un avocat qui vient d'être largué et qui rêve de devenir père, ces faits risquent d'interférer dans sa manière de travailler. Pour couronner le tout Guerrieri va devoir affronter un confrère peu regardant sur la légalité...
    N'aimant qu'à faible dose et les romans italiens et les romans judiciaires, Les raisons du doute n'avait que peu de chance de me plaire. Et pourtant j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce texte car le personnage de l'avocat malheureux en amour, qui ne joue pas ni les matamores ni les gros bras, mais fréquente une librairie tenue par un libraire insomniaque et utilise les références à l'art de l'écriture dans sa plaidoirie, a véritablement su me charmer. Quelques pointes d'humour et une ville haute en couleurs relèvent encore le tableau et font de ce roman un livre très agréable , sans l'aspect "pinailleur" que l'on trouve parfois dans les romans judiciaires américains .
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    • Livres 3.00/5
    Par jmfhcb, le 28 mars 2010

    jmfhcb
    Un legal thriller ? Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Pour cela, il faut regarder wikipedia parce que lui seul à réponse à tout. Donc voilà les liens vers le thriller ("La caractéristique commune des oeuvres appartenant à ce genre est de chercher à provoquer chez le spectateur ou le lecteur une certaine tension, voire un sentiment de peur (qu'il doit cependant trouver agréable) à l'idée de ce qui pourrait arriver aux personnages dans la suite du récit") et vers le legal thriller (l'article est en anglais).
    Au vu de ses définitions, je peux déjà vous dire que nous n'avons pas affaire à un thriller parce que pour le coup je n'ai pas eu peur, ni n'ai ressenti une certaine tension. Pour ce qui est du legal thriller : en effet, le protagoniste principal est un avocat mais c'est tout ce qui peut correspondre à la définition de wikipédia. En effet, rien à voir avec les legal thriller à l'américaine (genre L'affaire Pélican de John Grisham par exemple, même si je n'ai pas aimé personnellement).
    Je trouve ça bizarre de la part de l'éditeur d'avoir voulu mettre un genre spécifique sur la quatrième de couverture. Quand je vois le mal que j'ai déjà à mettre les livres dans mes catégories, je me dis que c'est vraiment cherché les complications pour rien. C'est un roman qui se suffit à lui-même, pas besoin de chercher à le mettre dans une petite case absolument. À noter le site Evene reprend le terme de legal thriller mais ajoute "à l'italienne". Sur un autre site, j'ai vu que Gianrico Carofiglio était le chef de file du legal thriller à l'italienne. Qui sont les autres ? Trêve de préambule sur ce sujet qui me laisse perplexe.
    C'est un roman agréable à lire pour se détendre, sans plus. Il n'est pas mal ni bien écrit. C'est ce qu'on peut attendre d'un roman policier. On sait que le gentil avocat (même si il couche avec la femme de son client) va gagner à la fin. L'histoire est intéressante et sympathique.
    Maintenant, passons au point négatif. Gianrico Carofiglio ne fait rien de ses personnages. Par exemple, Guerrieri (dont c'est au moins la troisième enquête publié en France) aime la boxe et la littérature. le sujet est à peine éfleurer (à part le fameux passage de la librairie dont on parle sur tous les blogs). Par exemple, la femme du client a comme nom Kawabata. L'auteur note juste qu'en effet c'est le nom d'un célèbre auteur japonais (il n'y pas d'envolée lyrique sur le sujet). Finalement, Guerrieri n'a aucune profondeur ; on n'arrive pas à le sentir, lui et ses doutes, ses sentiments pour la femme, rien.
    Même dans l'histoire, il ne fait rien de son histoire de mafieux, ni du passé fasciste de Fabio Ray-Ban. Pour toi, ce sont des thèmes que j'aurai aimé voir développer. le procès occupe environ les soixante dernières pages du livre (avant, il y a une enquête qui n'est même pas fait par Guerrieri, pourtant les avocats ont le droit de le faire en Italie, mais par un flic de ses amis) : on y découvre le système judiciaire italien (et surtout comment les procès sont expédiés). C'est sûrement la partie la plus intéressante parce qu'elle nous fait découvrir un système inconnu avec ses rouages et ses imperfections.
    En conclusion, ce que l'on peut reprocher à Gianrico Carofiglio c'est d'avoir décrit la vie quotidienne et surtout réelle d'un avocat en Italie en oubliant que ce n'est pas forcément ce que l'on attend de la littérature.
    Livre lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio.

    Lien : http://cecile.ch-baudry.com/post/Les-raisons-du-doute-de-Gianrico-Ca..
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    • Livres 4.00/5
    Par urbanbike, le 19 mars 2010

    urbanbike
    Je suis client de l'excellent Andrea Camilleri et du commissaire Montalbano. J'en ai lu pas mal avec la même gourmandise en me disant qu'il était difficile d'égaler le talent de Camilleri. Erreur, Gianrico Carofiglio met ici en scène un avocat — Guido Guerrieri — un peu paumé mais très humain. Et la magie opère vite. Je me suis retrouvé au milieu de la nuit à prendre la décision de dormir tout de même un minimum, porté par l'écriture et l'intrigue.
    Son héros se balade à vélo dans Bari et assiste des délinquants sans pour autant être dupe de leurs agissements. Sauf que l'on est pas dans une ville ordinaire.
    Bari, est en face de Bar, de l'autre côté de l'Adriatique, une ville pas trop loin de l'Albanie. Je me souviens, gamin, être passé ainsi en ferry de l'ex. Yougoslavie en Italie pour accompagner mes parents lors de vacances d'été
    Or, dans l'histoire décrite, cette traversée est aussi celle de tous les trafics. le client que doit défendre Guerrieri s'est fait pincer avec de la drogue dans sa voiture. Sauf qu'il revenait de vacances avec sa femme et sa fille.
    Opération camouflée qui a flanchée ou réel passage de stupéfiants à son insu…? On est pas dans la violence décrite dans Gomorra mais dans un jeu étrange où certains membres de la justice ont — comme c'est étrange — des liens étroits avec les organisations qu'elles sont censées combattre. Si tout ceci vous semble totalement incroyable, je vous engage à lire les derniers billets du blog de Jean-Marie le Ray, cela laisse pourtant peu de doutes. Et un point de vue qui en vaut d'autres.

    Lien : http://www.urbanbike.com/index.php/site/comments/les-raisons-du-dout..
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Citations et extraits

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  • Par liratouva2, le 26 mars 2010

    « J’ai toujours détesté les gens qui pleurnichent sur leur sort.
    Je décidai donc d’aller acheter un livre.
    A l’heure qu’il était - 23 heures – il n’y avait qu’un seul endroit où acheter des livres et bavarder un peu. L’Osteria del Caffelatte qui malgré son nom est une librairie.
    Elle ouvre le soir à 22 heures et ferme le matin à 6 heures. Le libraire, Ottavio, est un ancien professeur de lycée insomniaque chronique. Il a détesté avec ténacité son métier d’enseignant pendant tout le temps qu’il a été contraint de l’exercer
    Il y a toujours du monde à l’Osteria del Caffelatte. Pas beaucoup, mais tout le temps. Des individus bizarres, bien sûr, surtout des individus normaux. Qui sont plus étranges que les autres puisqu’ils achètent des livres à 4 heures du matin.
    La librairie possède trois tables et un petit comptoir de bar. Quand on en a envie,on peut consommer une boisson et un morceau des gâteaux qu’Ottavio prépare l’après-midi. Au petit matin, il est possible de prendre un petit déjeuner composé de ces mêmes gâteaux et d’un café au lait. A l’heure de la fermeture, Ottavio vous offre le gâteau entamé, vous salue et fume devant l’entrée son unique cigarette de la journée. Après quoi, il fait un tour dans la ville qui se ranime et va se coucher au moment où les autres commencent à travailler, parce qu’il ne parvient à dormir que le jour."
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  • Par urbanbike, le 19 mars 2010

    Il faisait un froid de loup à Foggia ce matin-là, et il fut donc très agréable de pénétrer dans le restaurant bien chauffé et plein de bonnes odeurs. Colaianni était déjà là, assis à une table en compagnie de deux individus à l'air peu recommandable : les policiers de son escorte.
    Nous nous étreignîmes, échangeâmes les politesses habituelles de lycéens d'un certain âge. Sans un mot, les deux membres de l'escorte se levèrent et prirent place à une autre table, près de l'entrée.
    « Depuis combien de temps vis-tu à Rome ?
    - Depuis trop longtemps. J'en ai plein les bottes. En particulier, j'en ai plein les bottes du boulot de l'anti-Mafia. Nous passons notre temps à arrêter trafiquants et dealers, à dépenser des centaines de milliers d'euros en écoutes téléphoniques, à interroger des repentis, ou des pseudo-repentis, et rien ne change. Je devrais me trouver un travail honnête. »
    Voilà, pensai-je, c'est exactement ce que je me suis dit il y a quelques jours en sortant de la prison. Nous étions les meilleurs représentants d'une génération en plein succès professionnel.
    Je gardai ces réflexions pour moi, et il poursuivit. Il avait brusquement abandonné le ton de la plaisanterie pour celui d'une amertume que je n'aurais jamais soupçonnée chez lui.
    Contrairement à moi, il avait toujours nourri des passions et surtout des certitudes.
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  • Par Nanne, le 03 avril 2010

    Les fascistes étaient organisés de façon très professionnelle. Comme des criminels professionnels. Ils avaient pour arguments politiques des barres de fer, des chaînes et des couteaux. Quand ils n'empoignaient pas des révolvers. Il suffisait de traverser la via Sparano, non loin de l'église de San Fernandino, considérée comme une zone noire, avec un journal, un livre, voire des vêtements inadéquats, pour passer un mauvais quart d'heure. J'en fis, moi aussi, l'expérience.
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  • Par Nanne, le 03 avril 2010

    On raconte que vous ne vous dérobez pas quand la cause est juste. "On raconte que vous êtes un type bien." Je sentis un léger fourmillement sur le cuir chevelu, puis le long de la colonne vertébrale. "Et on raconte que vous êtes très habile." Je ne savais pas quoi dire. Il poursuivi, et sa voix se fêla, comme s'il avait épuise les forces dont il avait besoin pour se maîtriser. "Sortez-moi d'ici ! Je suis innocent, je vous le jure. J'ai une petite fille. C'est la seule chose qui compte vraiment dans ma vie.
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La raison du doute - Gianrico Carofiglio Margue Page 05-10-2010








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