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Par carre, le 18/05/2012
Hammerstein ou l'intransigeance : Une histoire allemande de
Hans Magnus Enzensberger
Comme tout criminaliste l'apprend à ses dépens, les déclarations des témoins oculaires ne sont pas toujours à prendre pour argent comptant. Même les rapports faits de bonnes volontés présentent plus d'une fois des lacunes et des contradictions. Le désir de se faire valoir ou d'enjoliver les choses peut créer autant de confusion qu'une mémoire défaillante ou d'insolents mensonges.
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Par Thaleia, le 25/05/2012
Une femme à Berlin : journal, 20 avril-22 juin 1945 de
Hans Magnus Enzensberger
Me voilà maintenant assise à la table de la cuisine, je viens de remplir mon stylo d'encre et j'écris, j'écris, j'écris tout ce qui se bouscule dans ma tête et dans mon cœur. Que va-t-il advenir ? Qu'est-ce qui va encore nous tomber dessus? Je me sens poisseuse, je n'ai plus envie de rien toucher, même pas ma peau. Prendre un bain, ou, mieux encore, avoir du vrai savon et beaucoup d'eau. Stop, cessons de rêver.
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Par carre, le 17/05/2012
Hammerstein ou l'intransigeance : Une histoire allemande de
Hans Magnus Enzensberger
Les époques normales, ça n'existe pas. Savez-vous ce que disent les italiens ?
dans le pire, il n'y a pas de fin.
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Par Aela, le 23/01/2011
Une femme à Berlin : journal, 20 avril-22 juin 1945 de
Hans Magnus Enzensberger
Personne ne répond. La fille reste étendue, comme pétrifiée. Le Russe vocifère derechef, sur un ton à la fois bourru et furibard: "Quel âge?"
Je m'empresse de répondre en russe: "C'est une étudiante, elle a dix-huit ans." Je voudrais ajouter qu'elle est blessée à la tête; ne trouve pas les mots et m'en sors finalement en recouvrant au terme internationalement connu kaputt: "tête kaputt, les bombes"
Suit alors un aparté entre l'homme et moi, un échange de paroles précipitées, de questions et de réponses qu'il serait inutile de transcrire, parce qu'elles n'avaient pas de sens. Cela tournait autour de l'amour, l'amour vrai, de l'amour passionnel, et qu'il m'aimait, et si moi je l'aimais, et si on allait s'aimer lui et moi.
Le petit peuple de la cave, toujours terrorisé, ne comprend pas une once de ce qui est en train de se passer.
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Par Cath36, le 23/01/2011
Hammerstein ou l'intransigeance : Une histoire allemande de
Hans Magnus Enzensberger
"Je ne suis pas un héros, tu te trompes sur mon compte. Je fais face quand il le faut. Mais je ne me bouscule pas pour empoigner la roue de l'Histoire, comme vous autres !" Et vint alors un mot complètement désarmant : "Je suis trop paresseux pour ça !" L'explication qui suivit, sur la belle qualité qu’était la paresse, qui permettait à ;l'homme de développer sa raison et d'agir avec réflexion, culmina dans cette sentence : "On a le temps de penser. L'application au travail ne fait que gêner."
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Par Piling, le 07/08/2010
Le perdant radical : Essai sur les hommes de la terreur de
Hans Magnus Enzensberger
Le fait que l'énergie destructrice des activistes islamistes se tourne essentiellement, au contraire de ce que semble croire l'Occident, contre les musulmans eux-mêmes n'est donc de ce point de vue ni une erreur tactique ni un "dommage collatéral". Rien qu'en Algérie, leurs actes terroristes ont coûté la vie à au moins 50 000 de leurs concitoyens ; d'autres sources évoquent jusqu'à 150 000 assassinats, auxquels toutefois ont également participé les militaires et les services secrets. En Irak et en Afghanistan aussi, le nombre des victimes musulmanes dépasse largement celui des victimes étrangères. D'ailleurs, la susceptibilité hystérique dont ils font preuve dans leurs rapports au monde extérieur disparaît comme par enchantement lorsqu'il s'agit de conflits internes au monde arabe. Lorsqu'en Irak, au Tchad, au Darfour ou en Afghanistan des musulmans tuent d'autres musulmans, on s'en soucie comme d'une guigne, pas l'ombre d'une fatwa ne se profile à l'horizon. Tout comme l'unité panarabique, la solidarité de l'oumma conjurée dans le Coran se révèle être un pieux mensonge.
Le projet des perdants radicaux consiste, comme en ce moment en Irak ou en Afghanistan, à organiser le suicide de toute une civilisation. Il est peu probable qu'ils réussissent à étendre indéfiniment et à perpétuer leur culte de la mort. Leurs attentats représentent un risque toujours présent en arrière-plan, comme la mort quotidienne sur les routes, à laquelle nous sommes habitués. Il faudra bien qu'une société globalisée, qui dépend de combustibles fossiles et qui produit constamment de nouveaux perdants en prenne son parti.
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Le doux monstre de Bruxelles ou L'Europe sous tutelle de
Hans Magnus Enzensberger
"Rien n'indique pour le moment que les Européens inclinent à se défendre contre leur mise sous tutelle politique. Certes, les manifestations de mauvaise humeur ne manquent pas, ni les sabotages silencieux ou patents, mais au total le célèbre déficit démocratique ne provoque pas de révolte, plutôt du désintérêt et du cynisme, le mépris pour la classe politique, et une dépression collective."
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Par Cath36, le 23/01/2011
Hammerstein ou l'intransigeance : Une histoire allemande de
Hans Magnus Enzensberger
Pour Hammerstein, l'assassinat de son vieil ami,envers lequel il était toujours demeuré loyal en dépit de leurs divergences politiques, ainsi que de son collaborateur Ferdinand von Bredow, était plus qu'il n'en pouvait supporter. "Ces gens, dit-il, ont rendu antimilitariste le vieux soldat que je suis"
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Par Piling, le 04/08/2010
Le perdant radical : Essai sur les hommes de la terreur de
Hans Magnus Enzensberger
On oublie souvent que le terrorisme moderne est une invention européenne datant du XIXe siècle. Ses ancêtres les plus représentatifs se trouvent dans la Russie tsariste, mais en Europe occidentale aussi, il peut se prévaloir d'une longue tradition. Ces derniers temps, sa principale source d'inspiration a été le terrorisme d'extrême gauche des années 1960 et 1970. Les islamistes lui empruntent de nombreux symboles et de nombreuses techniques. Le style de leurs communiqués, l'utilisation d'enregistrements vidéo, la signification emblématique de la kalachnikov, leurs mimiques, leurs postures et leurs habits même révèlent tout ce qu'ils ont retenu des modèles européens. De plus, les outils techniques du terrorisme, de l'explosif au téléphone satellitaire, de l'avion à la caméra vidéo, ont tous une origine occidentale.
À l'instar de leurs précurseurs européens, les combattants islamistes se rattachent à un nombre très limité d'autorités canoniques. Le Coran remplace Marx, Lénine et Mao, et au lieu de se réclamer de Gramsci, on cite Sayyid Qutb. Ce n'est plus le prolétariat international qui fournit le sujet révolutionnaire, mais l'oumma ; ce n'est plus le Parti qui fait figure d'avant-garde et représentant auto-désigné des masses, mais le réseau clandestin et largement ramifié des combattants islamistes. Si le mouvement islamiste reprend parfois à son compte une rhétorique plus ancienne, qui peut paraître grandiloquente et prétentieuse, il doit nombre de ses idées fixes à l'ennemi communiste : l'histoire est soumise à des lois inébranlables, la victoire est assurée, partout il s'agit de démasquer les dissidents et les traîtres, qu'on couvre, suivant la bonne vieille méthode léniniste, d'insultes rituelles.
La liste des adversaires préférés ne recèle guère plus de surprises : l'Amérique, l'Occident décadent, le capital international, le sionisme. On la complète avec les infidèles, c'est-à-dire les 5,2 milliards d'êtres humains qui restent. À cela s'ajoutent les musulmans considérés comme dissidents, les chiites, ibadites, alevis, yazidis, zaydites, ahmadis, hanafites, druzes, soufis, kharidjites, ismaéliens et autres courants religieux.
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Par Piling, le 05/08/2010
Le perdant radical : Essai sur les hommes de la terreur de
Hans Magnus Enzensberger
En ce qui concerne la liberté politique, les États arabes se retrouvent à la dernière place de toutes les régions du monde, y compris derrière l'Afrique noire. Constat d'échec similaire pour l'économie. Même en tenant compte des énormes revenus du pétrole, les pays arabes arrivent avant-derniers ; il n'y a qu'en Afrique que la situation est pire. Les dépenses de recherche et de développement des États arabes représentent tout juste 0,2% de leur produit national brut, ce qui est sept fois moins que la moyenne mondiale. On est également frappé par un déficit dans le transfert des connaissances. Les livres imprimés dans le monde arabe représentent 0,8% de la production mondiale. Le nombre total de livres traduits à partir d'autres langues depuis le règne du calife Al-Mamoun (813-833), c'est-à-dire au cours des douze derniers siècles, correspond au nombre de traductions d'une seule année en Espagne aujourd'hui. Le rapport relève des blocages similaires concernant la place des femmes dans la société. Là aussi, l'écart avec les autres régions du monde est conséquent ; seuls certains indicateurs de l'Afrique noire sont encore inférieurs à ceux des États de la Ligue arabe ; ainsi, une femme sur deux ne sait ni lire ni écrire.
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