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Journal 1942-1944 : Suivi de Hélène Berr, une vie confisquée de
Hélène Berr
Il faudrait donc que j'écrive pour pouvoir plus tard montrer aux hommes ce qu'a été cette époque. Je sais que beaucoup auront des leçons plus grandes à donner, et des faits plus terribles à dévoiler. Je pense à tous les déportés, à tous ceux qui gisent en prison, à tous ceux qui auront tenté la grande expérience du départ. Mais cela ne doit pas me faire commettre une lâcheté, chacun dans sa petite sphère peut faire quelque chose. Et s'il le peut, il le doit.
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Journal 1942-1944 : Suivi de Hélène Berr, une vie confisquée de
Hélène Berr
Qui dira jamais ce qu'a été la souffrance de chacun? Le seul "reportage" véridique, et digne d'être écrit, serait celui qui réunirait les récits complets de chaque individu déporté. (...) nous sommes si isolés parmi les autres, notre souffrance particulière même crée entre les autres et nous une barrière, qui fait que notre expérience demeure incommunicable, sans précédent, et sans attaches dans le reste de l'expérience du monde.
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Par MissG, le 26/03/2011
Journal 1942-1944 : Suivi de Hélène Berr, une vie confisquée de
Hélène Berr
Ce soir, j'ai une envie folle de tout flanquer en l'air. J'en ai assez de ne pas être normale; j'en ai assez de ne plus me sentir libre comme l'air, comme l'année dernière; j'en ai assez de sentir que je n'ai pas le droit d'être comme avant. Il me semble que je suis attachée à quelque chose d'invisible et que je ne peux pas m'en écarter à ma guise, j'en viens à haïr cette chose, et à la déformer.
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Par MissG, le 26/03/2011
Journal 1942-1944 : Suivi de Hélène Berr, une vie confisquée de
Hélène Berr
Est-ce que le pape est digne d'avoir le mandat de Dieu sur la Terre, lui qui reste impuissant devant la violation la plus flagrante des lois du Christ ?
Est-ce que les catholiques méritent le nom de chrétiens, alors que s'ils appliquaient les paroles du Christ, il ne devrait pas exister une chose qui s'appelle : différence de religion, et de races même ?
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Journal 1942-1944 : Suivi de Hélène Berr, une vie confisquée de
Hélène Berr
25 août 1943 : … il y a mille raisons qui m'empêchent d'écrire et qui me tiraillent encore à cette heure, et qui m'entraveront encore demain et les autres jours.
D'abord, un espèce de paresse qui sera dure à vaincre. Ecrire, et écrire comme je le veux, c'est-à-dire avec une sincérité complète, en ne pensant jamais que d'autres liront, afin de ne pas fausser son attitude, écrire toute la réalité et les choses tragiques que nus vivons en leur donnant leur gravité nue sans déformer par les mots, c'est une tâche très difficile et qui exige un effort constant.
Il y a ensuite une répugnance très grande à se concevoir comme ” quelqu'un qui écrit, parce que pour moi, peut-être à tort, écrire implique un dédoublement de la personnalité, sans doute une perte de spontanéité, une abdication (mais ces choses-là sont peut-être des préjugés).
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Par darkan, le 17/02/2008
Journal 1942-1944 : Suivi de Hélène Berr, une vie confisquée de
Hélène Berr
Qu'on soit arrivé à concevoir le devoir comme une chose indépendante de la conscience indépendante de la justice,de la bonté ,de la charité,c'est là la preuve de l'inanité de notre prétendue civilisation.
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Par MissG, le 26/03/2011
Journal 1942-1944 : Suivi de Hélène Berr, une vie confisquée de
Hélène Berr
Nouvelle ordonnance aujourd'hui, pour le métro. D'ailleurs, ce matin, à l'Ecole militaire, je me préparais à monter dans la première voiture lorsque j'ai brusquement réalisé que les paroles brutales du contrôleur s'adressaient à moi : "Vous là-bas, l'autre voiture." J'ai couru comme une folle pour ne pas le manquer, et lorsque je me suis retrouvée dans l'avant-dernière voiture, des larmes jaillissaient de mes yeux, des larmes de rage, et de réaction contre cette brutalité.
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Journal 1942-1944 : Suivi de Hélène Berr, une vie confisquée de
Hélène Berr
C'est une question qui m'a toujours angoissée, cette différence entre l'actuel et le passé, le passage du présent au passé, la mort de tant de choses vivantes. En ce moment, nous vivons l'histoire. Ceux qui la réduiront en paroles comme Rumelles pourront bien faire les fiers. Sauront-ils ce qu'une ligne de leur exposé recouvre de souffrances individuelles ? Ce qu'il y a eu, en dessous, de vie palpitante, de larmes, de sang, d'anxiété ? 25 octobre 1943
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Par MissG, le 26/03/2011
Journal 1942-1944 : Suivi de Hélène Berr, une vie confisquée de
Hélène Berr
Je suis repartie pour la Sorbonne; dans le métro, encore une femme du peuple m'a souri. Cela a fait jaillir les larmes à mes yeux, je ne sais pourquoi.
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Par MissG, le 26/03/2011
Journal 1942-1944 : Suivi de Hélène Berr, une vie confisquée de
Hélène Berr
Mercredi 15 juillet
23 heures
Quelque chose se prépare, quelque chose qui sera une tragédie, la tragédie peut-être.