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Par luocine, le 10/08/2009
Le portrait de
Pierre Assouline
. ne pas oublier que les gens ne vous pardonneront jamais le bien que vous leur avez fait. C'est là une constante de la loi d'ingratitude... Un bienfait ne reste jamais impuni
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Par zabeth55, le 04/07/2012
Le portrait de
Pierre Assouline
J’aime la langue française comme seule une étrangère peut l’aimer ; je l’aime pour sa tendresse et pour son exceptionnelle mémoire historique. Mais elle ne se laisse pas facilement habiter ; elle réclame un certain temps avant de permettre à l’étranger de s’y installer.
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Par carre, le 12/02/2012
La Cliente de
Pierre Assouline
Pourquoi ont-ils si peur ? Il s'agissait juste de faire couler un peu d'encre pour rappeler que d'autres avaient fait couler un peu de sang. Rien de plus. Mais on enfermait pour moins que ça. Plutôt que de désespérer, je suivis le conseil d'un poète et laissai infuser davantage.
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Par Woland, le 06/08/2009
Herge de
Pierre Assouline
[...] ... [Hergé] est sincère quand il dit vouloir éviter de passer à la télévision tant il s'y sent mal à l'aise. A chaque fois qu'il a la faiblesse d'accepter, il en revient avec le sentiment d'avoir été piégé, convaincu que nul ne l'a écouté, chacun s'étant accroché à l'apparence plus qu'au fond. Même sa prestation à "Apostrophes" l'a déçu. Cette vieille défiance envers la petite lucarne trouve son origine dans un incident survenu en 1972. Hergé avait été invité à l'émission de Philippe Bouvard à l'occasion du lancement du film, Tintin et le lac aux requins.
- "Qu'est-ce que vous avez fait dans ce film ?" demanda l'animateur à Hergé.
- Eh ! bien, je l'ai supervisé ..."
Quatre fois, Bouvard lui reposa la même question au cours de l'émission. Quatre fois, Hergé lui opposa la même réponse, de plus en plus embarrassée. Les habitués sentaient déjà le vent du boulet. Pas le principal intéressé, encore plus candide qu'à l'accoutumée. Jusqu'à la cinquième et dernière reprise avant le KO final :
- "Alors, monsieur Hergé, en-dehors du requin, qu'est-ce que vous avez fait dans ce film ?"
L'interpellé resta sans voix. Tétanisé. Il ne prononça pas un mot de plus de la soirée, y compris après l'émission. Jamais il ne pardonna à Philippe Bouvard. ... [...]
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Par Matt85, le 19/07/2010
Les invités de
Pierre Assouline
Le fait est que certain on si peu le goût des autres qu'ils ne leur posent jamais de questions. Ce qu'ils sont, ce qu'ils font, d'où ils viennent, rien. Le désert de la curiosité. Un au-delà de muflerie. Ces gens là n'en ont que pour eux-mêmes. Ils croient devenir sourds lorsqu'ils n'entendent plus parler d'eux. S'ils devaient un jour commettre un crime passionnel, ce serait certainement un suicide.
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Par lexote, le 16/07/2009
La Cliente de
Pierre Assouline
Un matin, j'ai eu honte d'être biographe. Honte de mon indiscrétion. Honte de me servir du crédit acquis par mes livres pour m'introduire chez des témoins et leur soutirer des souvenirs qu'ils s'étaient bien juré de ne jamais dévoiler. Honte de trahir leurs confidences, fût-ce pour la cause d'une vérité supérieure. Honte de cette technique éprouvée, mélange de patience et de diplomatie, qui me permettait de m'immiscer dans les archives de particuliers et de m'insinuer dans les moindres replis de leur vie privée. Honte de partager des secrets de famille sans demander l'avis des intéressés. Honte de cette discipline de flic et d'indicateur. Honte de vérifier à chaque fois que l'esprit fouille-merde était la vertu cachée des meilleurs biographes. Honte de trouver quelque volupté à plonger les bras dans les poubelles pour en extirper de misérables indices. Honte de lire des ordonnances de médecins qui détaillaient d'intimes maladies, des relevés de banque qui contredisaient des postures de miséreux, des lettres d'amour qui auraient dû être détruites, des brouillons destinés à n'être jamais déchiffrés. Honte que tout cela parût être une méthode qui portât ses fruits. Honte de toujours raconter le passé des gens pour n'avoir pas à révéler le mien. Honte de gagner ma vie avec celle des autres. Honte de moi.
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Par horline, le 24/11/2007
Lutetia de
Pierre Assouline
l'état d'exception que ces années de guerre avaient inscrit dans nos esprits rendaient possibles tant de choses qui nous paraissaient de l'ordre de l'inimaginable.
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Par wictoria, le 27/09/2008
Le portrait de
Pierre Assouline
L'autre jour, alors qu'il recevait un écrivain qui s'est bizarrement mis en tête de voir ce que mes yeux ont vu, je l'ai entendu lui confier :
"Ce temps est révolu et ce n'est pas sans mal. La seule nostalgie qui m'anime est celle du Ferrières de mon enfance, une image toute de légèreté, d'insouscience et de bonheur dans un décor féerique. Le passé est le passé, les traditions doivent être adaptées."
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Par tex_242, le 06/10/2008
La Cliente de
Pierre Assouline
On n'en finira jamais avec cette histoire. Elle nous hante, elle nous obsède, impossible de nous en débarrasser. Plus d'un demi-siècle que la méduse nous colle à la peau. Quand certains meurent de leurs mœurs, d'autres étouffent encore de ce passé qui ne passe pas. Après tout, à chacun ses insomnies. Les plus à plaindre ont la nostalgie de ce qu'ils n'ont même pas connu. Cet étrange spectre est l'astre noir de notre morale. Qui saura l'exorciser ? Qui...
J'en étais là de mon délire quand la voix hésitante du hautparleur interrompit la course de la plume sur le papier. La bibliothèque allait fermer. Je relevai la tête, comme hébété.
Les lecteurs alentour ne semblaient pas tellement plus frais que moi. De quelle émeute médié-ale pouvaient-ils bien émerger? Une chronique d'une infinie brutalité se lisait dans leur regard. Manifestement, on s'était beaucoup battu ce jour-là chez eux. En tout cas plus que chez moi.
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Par Woland, le 06/08/2009
Herge de
Pierre Assouline
[...] ... A Bruxelles, Le Soir commence la publication quotidienne d'une nouvelle aventure de Tintin et Milou. Elle durera sept mois et 183 strips (bandes). La précédente s'est achevée il y a un mois à peine. Un mois de suspense. Car Le Secret de la Licorne appelait naturellement une suite. Après avoir réussi à localiser le trésor de Rackham le Rouge, Tintin & Haddock avaient hâte d'aller le chercher.
La presse ayant ébruité leur projet d'expédition, ils sont assaillis par de supposés ayants droit à l'improbable généalogie, réclamant tous leur part du futur butin. Le capitaine leur fait dévaler l'escalier plus vite qu'ils ne l'ont monté. Sauf un qui s'impose par son originalité plutôt que par son insistance. Ce savant s'appelle Tryphon Tournesol, et il présente toutes les caractéristiques de l'hurluberlu dont on ne sait si son léger grain relève du génie ou de la folie. Sa mise inspirée du XIXème siècle, sa calvitie plus artistique qu'esthétique, sa distraction prétexte à gags et sa surdité qui favorise les quiproquos en font un personnage épuisant car désarmant. Toutes les paroles qui lui sont adressées sont perçues comme des malentendus. Il est irrésistible au sens propre du terme. Quoi qu'on lui oppose, il répond sur un autre registre car il est toujours sur une longueur d'ondes différente de celle de son interlocuteur. L'idée de génie d'Hergé est de rendre inséparables le capitaine Haddock, personnage qui parle tout le temps, et le professeur Tournesol, qui n'entend pas quand il n'a pas son appareil. ... [...]
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