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Par gwenlaot, le 17/09/2009
La Maison aux esprits de
Isabel Allende
Il s'agissait d'une de ces longues pauses dans le sermon auxquelles le curé, bon connaisseur des effets d'un silence gênant, avait fréquemment recours. Ses yeux enflammés mettaient ces moments à profit pour passer en revue un à un ses paroissiens. (...)Et c'est à cet instant, comme s'en souviendrait encore Nivéa des années plus tard, au beau milieu de cette angoisse et de ce silence, qu'on entendit très distinctement la voix de sa petite Clara: "Pstt! Père Restrepo! Et si cette histoire d'enfer n'était q'un gros mensonge, on l'aurait tous dans le baba...".
L'index du jésuite, déjà dressé en l'air pour signaler de nouveaux supplices, resta suspendu comme un paratonnerre au-dessus de sa tête.
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Fille du destin de
Isabel Allende
Elle avait organisé sa vie et le stigmate de la vieille fille ne lui faisait pas peur ; au contraire, elle était bien décidée à susciter la jalousie des épouses, malgré la théorie en vogue selon laquelle les femmes qui s'écartent de leur rôle de mère et d'épouse se voient pousser des moustaches, comme les suffragettes.
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Par pleblon, le 18/03/2011
La Maison aux esprits de
Isabel Allende
Clara passa son enfance et les débuts de sa jeunesse entre les murs de la maison, dans un univers d'histoires merveilleuses, de silences paisibles où le temps ne se décomptait pas sur les cadrans ou les calendriers et où les objets avaient leur vie à eux, où les revenants prenaient place à table et devisaient avec les vivants, où passé et futur étaient de la même étoffe, où la réalité présente était un kaléidoscope de miroirs sens dessus dessous, où tout pouvait survenir. C'est un régal pour moi de lire les cahiers de cette époque où se dépeint un monde magique désormais révolu. Clara habitait un univers conçu pour elle, qui la protégeait des rigueurs de la vie, où se mêlaient indissolublement la prosaïque vérité des choses tangibles et la séditieuse vérité des songes, où les lois de la physique ou de la logique n'avaient pas toujours cours. Clara vécut cette période toute à ses rêvasseries, dans la compagnie des esprits aériens, aquatiques et terrestres, si heureuse qu'en neuf ans elle n'éprouva pas le besoin de parler. Tout un chacun avait perdu l'espoir d'entendre à nouveau le son de sa voix quand, le jour de son anniversaire, après qu'elle eut soufflé les dix-neuf bougies de son gâteau au chocolat, elle étrenna une voix qui était restée remisée pendant tout ce temps-là et qui sonnait comme un instrument désaccordé…
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Par gridou, le 14/09/2010
La Maison aux esprits de
Isabel Allende
Lles fleurs ne parvenaient pas tenir jusqu'à la nuit tombée, car la grosse voix de tonnante d'Esteban Trueba et ses coups de canne avaient le don de terroriser la nature. Sur son passage, les animaux domestiques fuyaient, les plantes se recroquevillaient. Blanca faisait pousser un gommier apporté du Brésil, arbuste malingre et timoré dont la seule grâce tenait à son prix: on le vendait à la feuille. Lorsqu'on entendait le grand-père arriver, celui qui se trouvait à proximité courait mettre le gommier en sûreté sur la terrasse, car à peine le vieillard était-il entré dans la pièce que l'arbuste laissait pendouiller ses feuilles et se mettait à exsuder par sa tige un pleur blanchâtre comme des larmes de lait.
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Par Myrinna, le 05/05/2010
Zorro de
Isabel Allende
Commençons par le commencement, un événement sans lequel Diego de la Vega n'aurait pas vu le jour. Il a eu lieu en Haute-Californie, à la mission de San Gabriel, en l'an 1790 de Notre Seigneur. En ce temps-là, la mission était dirigée par le père Mendoza, un franciscain aux épaules de bûcheron qui ne faisait pas ses quarante ans bien vécus, énergique et autoritaire, pour qui le plus difficile, dans son ministère, était d'imiter l'humilité et la douceur de Saint François d'Assise.
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Par Aela, le 06/03/2011
Inés de mon âme de
Isabel Allende
Pendant plusieurs années je reçus très peu de nouvelles de mon mari, excepté trois messages brefs en provenance du Vénézuéla que le curé de l'église me lut et auxquels il m'aida à répondre.
Juan disait qu'il vivait des moments très difficiles et dangereux, que c'était là-bas que venaient échouer les hommes les plus enclins aux vices, qu'il devait toujours se déplacer les armes prêtes à être utilisées et tout en surveillant ses arrières, qu'il y avait de l'or en abondance, bien que lui n'en eût pas encore vu, et qu'il reviendrait riche pour me bâtir un palais et m'offrir une vie de duchesse.
Durante varios años recibí muy pocas noticias de mi marido, excepto tres breves mensajes provenientes de Venezuela que el cura de la iglesia me leyó y me ayudó a contestar. Juan decía que estaba pasado muchos trabajos y peligros, que allí iban a parar los hombres más viciosos, que debía andar siempre con las armas prontas, vigilando por encima del hombro, que había oro en abundancia, aunque él todavía no lo había visto, y que regresaría rico a construirme un palacio y darme vida de duquesa.
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Par gridou, le 08/06/2011
Fille du destin de
Isabel Allende
Sa femme avait la quarantaine; on aurait dit une vieille, flétrie, la tête baissée, toujours habillée en noir à cause de ses enfants morts en bas âge et étouffant sous le poids de son corset, de la religion et de ce mari que le sort lui avait donné.
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Par Nadael, le 14/05/2011
La Maison aux esprits de
Isabel Allende
Vers minuit, on sut que la gauche avait vaincu. En un clin d'oeil, les groupes épars grossirent, s'enflèrent, s'étirèrent, les rues s'emplirent d'une foule euphorique et bondissante où l'on riait, criait, s'embrassait l'un l'autre(...)On vit alors ce spectacle inhabituel des gens du peuple, les hommes dans leurs godasses de fabrication grossière, les femmes avec leurs gosses dans les bras, les étudiants en manches de chemise, cheminant paisiblement dans cette luxueuse zone réservée où ils s'étaient si rarement aventurés, où ils étaient comme des étrangers. La clameur de leurs chants, leur piétinement, l'éclat de leurs torches pénétrèrent jusqu'à l'intérieur des demeures closes et silencieuses où tremblaient ceux qui avaient fini par ajouter foi à leur propre campagne de trouille, convaincus que le peuple allait en faire de la chair à pâté ou, dans le meilleur des cas, les dépouiller de tous leurs biens et les expédier en Sibérie.
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Par Myrinna, le 07/03/2011
La Maison aux esprits de
Isabel Allende
J'ai apprécié ce livre malgré tout, il n'a pas été mon coup de coeur.
Parfois, j'ai trouvé certains passages trop lents : période de Jean de Savigny. Mais au final lorsqu'on dépasse cette période , on n'est de nouveau transporté dans l'intrigue familiale...
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Par Nadael, le 14/05/2011
La Maison aux esprits de
Isabel Allende
Vois-tu, ma petite fille, dans la plupart des familles il y a toujours un fou ou un idiot, lui certifia Clara en s'absorbant dans son tricot, car malgré tant d'années elle ne savait toujours pas tricoter sans regarder les mailles. Parfois on ne les remarque pas, parce que les gens les cachent comme quelque chose de honteux. Ou les enferment dans les pièces les plus reculées afin que les visiteurs ne les voient pas. En vérité, il n'y a pas de quoi avoir honte, car eux aussi sont l'oeuvre de Dieu.
– Mais grand-mère, il n'y en a aucun chez nous, répliqua Alba.
– Non. Ici le grain de folie est réparti entre tous et il n'y en a plus de reste pour que nous ayons notre idiot de la famille.
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