-
Par Sand, le 26/10/2009
Gouverneurs de la rosée de
Jacques Roumain
Si l'on est d'un pays, si l'on y est né, comme qui dirait : natif-natal, eh bien, on l'a dans les yeux, la peau, les mains, avec la chevelure de ses arbres, la chair de sa terre, les os de ses pierres, le sang de ses rivières, son ciel, sa saveur, ses hommes et ses femmes : c'est une présence dans le cœur, ineffaçable, comme une fille qu'on aime : on connaît la source de son regard, le fruit de sa bouche, les collines de ses seins, ses mains qui se défendent et se rendent, ses genoux sans mystère, sa force et sa faiblesse, sa voix et son silence.
-
Par Sand, le 26/10/2009
Gouverneurs de la rosée de
Jacques Roumain
Non, c'est pas possible. Est-ce qu'on peut déserter la terre, est-ce qu'on peut lui tourner le dos, est-ce qu'on peut la divorcer, sans perdre aussi sa raison d'existence et l'usage de ses mains et le goût de vivre ?
-
Gouverneurs de la rosée de
Jacques Roumain
Le rire de Délira était étonnamment jeune, c'est qu'elle n'avait pas tellement l'habitude de le faire entendre, la vie n'est pas assez gaie pour ça ; non, elle n'avait jamais eu le temps de trop l'user : elle l'avait préservé tout frais, comme un chant d'oiseau dans un vieux nid.
-
Par Sand, le 26/10/2009
Gouverneurs de la rosée de
Jacques Roumain
Je suis ça : cette terre-là, et je l'ai dans le sang. Regarde ma couleur : on dirait que la terre a déteint sur moi et sur toi aussi.
Ce pays est le partage des hommes noirs et toutes les fois qu'on a essayé de nous l'enlever, nous avons sarclé l'injustice à coups de machette.
-
Par Sand, le 26/10/2009
Gouverneurs de la rosée de
Jacques Roumain
Non, mon Dieu, tu n'es pas bon, non, c'est pas vrai que tu es bon, c'est une menterie. Nous te hélons à notre secours et tu n'entends pas. Regarde notre douleur, regarde notre grande peine, regarde notre tribulation.
Est-ce que tu dors, mon Dieu, est-ce que tu es sourd, mon Dieu, est-ce que tu es aveugle, mon Dieu, est-ce que tu es sans entrailles, mon Dieu ? Où est ta justice, où est ta pitié, où est ta miséricorde ?
-
Par Sand, le 26/10/2009
Gouverneurs de la rosée de
Jacques Roumain
La misère n'a pas grafignée ma figure, regarde mes rides, la misère ne m'a pas écorchée, regarde mes mains, la misère ne m'a pas saignée, si seulement tu pouvais regarder dans mon cœur.
-
Par Sand, le 26/10/2009
Gouverneurs de la rosée de
Jacques Roumain
Le malheur bouleverse comme la bile, ça remonte à la bouche et alors les paroles sont amères.
-
Par Lyv, le 15/01/2012
Gouverneurs de la rosée de
Jacques Roumain
Est-ce qu'on peut déserter la terre, est-ce qu'on peut lui tourner le dos, est-ce qu'on peut la divorcer, sans perdre aussi sa raison d'existence et l'usage de ses mains et le goût de vivre?
-
Par Lyv, le 15/01/2012
Gouverneurs de la rosée de
Jacques Roumain
La vie c'est un fil qui ne se casse, qui ne se perd jamais. Tu sais pourquoi? Parce que chaque nègre pendant son existence y fait un noeud: c'est le travail qu'il a accompli et c'est ça qui rend la vie vivante dans les siècles des siècles : l'utilité de l'homme sur cette terre.
-
Par Lyv, le 15/01/2012
Gouverneurs de la rosée de
Jacques Roumain
Si le travail était une bonne chose, il y a longtemps que les riches l'auraient accaparé