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Par skyso, le 19/07/2011
Le Marchand de passés de
José Eduardo Agualusa
Vous êtes resté longtemps à l'étranger, à voyager, vous n'avez pas idée de ce que nous avons vécu dans ce maudit pays. Luanda est plein de gens qui ont l'air très lucides et qui tout à coup se mettent à parler des langues impossibles, ou à pleurer sans raison apparente, ou à rire, ou à lancer des imprécations. Certains font tout ça à la fois. Il y en a qui se croient morts. D'autres qui sont morts pour de bon et que personne n'a encore eu le courage de prévenir. Certains croient qu'ils peuvent voler. D'autres y croient tellement qu'ils volent pour de bon. C'est une fête des fous, cette ville, il y a par ici, dans ces rues pleines de décombres, dans ces quartiers aux alentours, des pathologies qui n'ont même pas encore été répertoriées.
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Par skyso, le 19/07/2011
Le Marchand de passés de
José Eduardo Agualusa
Je vous donne une vérité impossible, vous me donnez un mensonge banal et convaincant
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Par skyso, le 19/07/2011
Le Marchand de passés de
José Eduardo Agualusa
Félix Ventura étudie les journaux pendant le dîner, il les feuillette attentivement et si un article l'intéresse, il le coche au stylo, à l'encre violette. Il finit de manger, et ensuite il le découpe soigneusement et le garde dans un fichier. Sur l'une des étagères de la bibliothèque, il y a des dizaines de ces fichiers. Sur une autre dorment des centaines de cassettes vidéo. Félix aime enregistrer les journaux télévisés, les événements politiques importants, tout ce qui peut lui être utile un jour.
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Par nadejda, le 30/09/2011
Barroco tropical de
José Eduardo Agualusa
Elle a reculé de deux pas. Elle a fermé les yeux et a commencé à chanter dans une langue que je n'avais jamais entendue. Je suis convaincu qu'elle l'inventait en chantant. Pourtant il semblait y avoir une logique puissante dans la façon dont les sons s'articulaient. C'étaient une langue à la fois évidente et impossible, comme un serpent dépliant des ailes humides. La mélodie ? C'était le miel inhérent à la parole, avec sa douceur et sa couleur, plus la paisible lucidité du jour.
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Le Marchand de passés de
José Eduardo Agualusa
Entre la vie et les livres, mon fils, choisis les livres.
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Par nadejda, le 30/09/2011
Barroco tropical de
José Eduardo Agualusa
Lua est le diminutif affectueux avec lequel nous autres, Luandais, appelons notre ville. Je le trouve particulièrement approprié. Luanda partage avec la Lune -- Lua -- la même désolation aride et sauvage, la même poussière suffocante. Pourtant, comme la Lune, vue de nuit et de loin, elle semble belle. Illuminée, elle séduit. En outre, sa lumière a le pouvoir étrange de transformer des hommes simples en loups féroces.
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Le Marchand de passés de
José Eduardo Agualusa
Il s'est renversé sur le dossier et a plongé ses yeux dans la profondeur prodigieuse du ciel. J'ai eu peur que ce soit pour sauter dedans. Je ne connaissais pas cet endroit. Je ne parvenais pas à me souvenir d'y avoir été, un jour, dans mon autre vie. Des cactus énormes, certains hauts de plusieurs mètres se dressaient parmi les dunes, derrière nous, eux aussi éblouis par l'éclat limpide de la mer. Un vol de flamands roses a glissé en un calme incendie à travers l'azur du ciel, juste au-dessus de nos têtes, et ce n'est qu'alors que j'ai été certain que j'étais en train de rêver. Félix s'est retourné lentement, les yeux humides.
- C'est ça la folie ?
Je n'ai rien trouvé à lui répondre.
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Par skyso, le 19/07/2011
Le Marchand de passés de
José Eduardo Agualusa
Il y a de la vérité, même s'il n'y a pas de vraisemblance, dans tout ce qu'un homme rêve.
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Par nadejda, le 30/09/2011
Barroco tropical de
José Eduardo Agualusa
... (Kianda) je suis consciente de la lumière qui dort dans certains mots, de la nuit qui se cache dans d'autres. Il y a des métaphores qui explosent comme des grenades, des strophes capables de déclencher des éclairs sous nos yeux.
(...) Quand je me sens perdue, je m'assieds et j'écris. Quand je suis irrémédiablement perdue, je chante.
(...) Qu'est-ce que j'écris ? Je consigne ce qui m'arrive, tentant de comprendre ce qui m'est arrivé. Je n'invente rien. Je n'ai pas besoin d'inventer quoi que ce soit. Je ne suis pas écrivain. Je pourrais appeler ça journal aveugle, car il ne comporte pas de dates. Je préfère "Elucidaire".
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Par Aifelle, le 18/10/2011
Barroco tropical de
José Eduardo Agualusa
"J'écris pour illuminer les couloirs de mon âme. (Bartolomeu me crucifierait à cause de cette phrase. Je le vois déjà en train de rire. Quand je suis avec lui, j'ai même peur de parler. Je me surveille constamment pour ne pas sortir de banalités, pour ne pas faire de phrases ampoulées). Qu'il aille donc au diable ! Je suis comme je suis. Cela dit, c'est vrai : je suis consciente de la lumière qui dort dans certains mots, de la nuit qui se cache dans d'autres. Il y a des métaphores qui explosent comme des grenades, des strophes capables de déclencher des éclairs sous nos yeux."
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