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Jules Michelet

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  • 53 livres
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Note moyenne : 3.89/5 (sur 28 notes) Jules Michelet

Biographie et informations

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 21 août 1798
Mort(e) à : Hyères , le 9 février 1874

Biographie :

Fils d'un imprimeur, docteur ès lettres à 21 ans, Jules Michelet devient professeur d'histoire. En 1831, il entre aux Archives nationales et enseigne à l'université puis, en 1838, au Collège de France. A partir de 1833, il rédige son 'Histoire de France', oeuvre de toute une vie fondée sur une documentation rigoureuse. Dès 1840, il affiche des idées démocratiques et anticléricales : son hostilité à Louis Napoléon le privent de ses fonctions de professeur et d'archiviste en 1852. Tout en travaillant aux tomes successifs de son histoire de France, il écrit aussi pour le peuple des ' cours d'éducation nationale ' ainsi que des textes lyriques sur la nature et les passions humaines. Le culte de la vie et la proximité avec le peuple participent à la qualité de son oeuvre historique et poétique.


> lire la suite Source : http://www.evene.fr/celebre/biographie/jules-michelet-268.php
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L'Histoire de France de Jules Michelet
- "Les quatre vérités" - Participants : --- PHILIPPE BOUVARD --- ROBERT --- MATHIEU GALEY.
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Citations de Jules Michelet

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  • Par Xavidof, le 14/05/2012

    Histoire romaine de Jules Michelet

    « Les masses font tout, les prétendus dieux, les géants, les titans (presque toujours des nains), ne trompent sur leur taille qu'en se hissant par fraude aux épaules lisses du bon géant, le Peuple »

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  • Par Xavidof, le 14/05/2012

    Histoire romaine de Jules Michelet

    Les masses font tout, les prétendus dieux, les géants, les titans (presque toujours des nains), ne trompent sur leur taille qu'en se hissant par fraude aux épaules lisses du bon géant, le Peuple

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  • Par templiers, le 03/03/2009

    le moyen age de Jules Michelet

    l existe des rues Michelet dans la plupart des villes françaises.

    Au moins trois lycées portent son nom : le lycée Michelet à Vanves, celui de Montauban et celui de Marseille. L'école primaire de Renwez, village maternel, porte également son nom, ainsi que le collège de Lisieux.

    Il existe également durant la colonisation en Algérie (en Kabylie exactement), une ville qui porte son nom. Même si la ville a pris un autre nom aujourd’hui (Ain El Hammam), les habitants continuent toujours de l’appeler « Michelet ».
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  • Par brigetoun, le 12/12/2009

    La Mer de Jules Michelet

    Ce petit quai de galets, très petit, est encore trop grand. J'y voyais nombre de barques abandonnées, inutiles. La pêche est devenue stérile. Le poisson a fui. Étretat languit, périt, près de Dieppe languissante. De plus en plus, il est réduit à la ressource des bains ; il attend sa vie des baigneurs, du hasard des logements, qui, tantôt loués, tantôt vides, rapportent un jour, et l'autre appauvrissent.
    Ce mélange avec Paris, le Paris mondain, quelque cher que celui-ci paye, est un fléau pour le pays.

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  • Par gigi55, le 23/06/2011

    Tableau de la France, volume A de Jules Michelet

    Cette unification de la France, cet anéantissement de l'esprit provincial est considéré fréquemment comme le simple résultat de la conquête des provinces. La conquête peut attacher ensemble, enchaîner des parties hostiles, mais jamais les unir. La conquête et la guerre n'ont fait qu'ouvrir les provinces aux provinces, elles ont donné aux populations isolées l'occasion de se connaître ; la vive et rapide sympathie du génie gallique, son instinct social ont fait le reste. Chose bizarre 1 Ces provinces, diverses de climats, de moeurs et de langage, se sont comprises, se sont aimées ; toutes se sont senties solidaires. Le Gascon s'est inquiété de la Flandre, le Bourguignon a joui ou souffert de ce qui se faisait aux Pyrénées ; le Breton, assis au rivage de l'Océan, a senti les coups qui se donnaient sur le Rhin
    Ainsi s'est formé l'esprit général, universel de la contrée. L'esprit local a disparu chaque jour ; l'influence du sol, du climat, de la race, a cédé à l'action sociale et politique. La fatalité des lieux a été vaincue, l'homme a échappé à la tyrannie des circonstances matérielles. Le Français du Nord a goûté le Midi, s'est animé à son soleil, le Méridional a pris quelque chose de la ténacité, du sérieux, de la réflexion du Nord. La société, la liberté, ont dompté la nature, l'histoire a effacé la géographie. Dans cette transformation merveilleuse, l'esprit a triomphé de la matière, le général du particulier, et l'idée du réel. L'homme individuel est matérialiste, il s'attache volontiers à l'intérêt local et privé ; la société humaine est spiritualiste, elle tend à s'affranchir sans cesse des misères de l'existence locale, à atteindre la haute et abstraite unité de la patrie.
    Plus on s'enfonce dans les temps anciens, plus on s'éloigne de cette pure et noble généralisation de l'esprit moderne. Les époques barbares ne présentent presque rien que de local, de particulier, de matériel. L'homme tient encore au sol, il y est engagé, il semble en faire partie. L'histoire alors regarde la terre, et la race elle-même, si puissamment influencée parla terre. Peu à peu la force propre qui est en l'homme le dégagera, le déracinera de cette terre. Il en sortira, la repoussera, la foulera ; il lui faudra, au lieu de son village natal, de sa ville, de sa province, une grande patrie, par laquelle il compte lui-même dans les destinées du monde. L'idée de cette patrie, l'idée abstraite qui doit peu aux sens, l'amènera par un nouvel effort à l'idée de la patrie universelle, de la cité de la Providence.
    A l'époque où cette histoire est parvenue, au xe siècle, nous sommes bien loin de cette lumière des temps modernes. Il faut que l'humanité souffre et patiente, qu'elle mérite d'arriver... Hélas 1 A quelle longue et pénible initiation elle doit se soumettre encore 1 Quelles rudes épreuves elle doit subir 1 Dans quelles douleurs elle va s'enfanter elle-même 1 Il faut qu'elle sue la sueur et le sang pour amener au monde le Moyen Age, et qu'elle le voie mourir, quand elle l'a si longtemps élevé, nourri, caressé. Triste enfant, arraché des entrailles mêmes du christianisme, qui naquit dans les larmes, qui grandit dans la prière et la rêverie, dans les angoisses du coeur, qui mourut sans achever rien ; mais il nous a laissé de lui un si poignant souvenir, que toutes les joies, toutes les grandeurs des âges modernes ne suffiront pas à nous consoler. p. 139-140
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  • Par gigi55, le 16/05/2011

    Histoire de France de Jules Michelet

    CREDO du XVIII °siècle pp. 501 - 510
    L'action universelle. — Diderot.
    L’ouvrier naît au XVIIIe siècle, et la machine au XIXe. Notable différence. Les œuvres industrielles, l'ameublement surtout, les arts de décoration intérieure, portent alors l'empreinte vive de la main de l'homme, souvent exquise et délicate, parfois quelque peu indécise, avec certains légers défauts qui ne sont pas sans grâce, indiquant que la vie a passé là, l'émotion, et que l'œuvre en palpite encore.
    Les formes convenues du siècle de Louis XIV s'étaient imposées à l'Europe, mais pour les choses qu'on peut dire extérieures : architecture, jardins, costumes officiels. Des arts nouveaux se créent sous la Régence, qui atteignent bien plus le dedans. Ils pénètrent, se glissent, semblent des confidents d'amour et d'amitié. Ils ne méprisent rien, donnent aux menus détails d'intérieur, à cent choses d'utilité (fort grossières sous Louis le Grand) un charme singulier. Toute la vie en est ennoblie. Au plus caché boudoir des princesses étrangères, l'ameublement intime, le négligé d'amour, la vie mystérieuse, tout est création de la France. Ce génie d'industrie, qui sent et prévoit tout, sert les raffinements solitaires et la coquetterie sociale, les goûts de l'intérieur et l'aimable vie de salon.
    En ouvrant les recueils des hommes sortis de la Régence, Oppenord, Meissonier, de Cotte 1, etc., on voit qu'ils entrevirent, tentèrent une grande chose : féconder l'art par la nature, marier avec charme les formes si diverses de la végétation et de la vie marine, les feuilles, oiseaux, coquilles ; exploiter mille espèces de fleurs, de coraux (autres fleurs) ; sortir de la pauvreté sèche des trois ou quatre types maussades où s'est tenu le Moyen Âge. Ils en firent des essais, allèrent (on peut le dire) au bord de la Nature. Ils y seraient entrés avec bien plus d'audace si l'Histoire naturelle, maîtrisée par Buffon, n'eût été immobile dans ses descriptions solennelles, si déjà elle eût eu le génie des transformations qui doit un jour changer les arts. Lamarck, Geoffroy, Darwin 2, s'ils étaient nés déjà, auraient ouvert un champ immense au génie de nos Oppenord.
    L'art était jusque-là chose d'église, se répétant toujours, ou ridiculement bouffi, aux apothéoses royales, aux plafonds de Versailles. Mais tout à coup voilà qu'il est partout. Il devient social. Il crée une société. Il n'est plus une école ou une académie ; il est un peuple. Un grand peuple sans nom a poussé sous la terre, de fine main, par qui le métier devient art. Il est même juste de dire que le sculpteur, le peintre, ne sont pas alors en progrès. C'est bien plus en ces arts appelés des métiers, que le siècle fleurit de grâce et d'invention.
    Notez qu'ici l'ouvrier seul est tout. Il conçoit, exécute. Ce n'est ni Vanloo, ni Boucher qui lui enseignent ces merveilles. Dans son cinquième étage, il est un créateur. Sans secours, sans machine et presque sans outil, il est forcé d'avoir du génie dans les doigts. Que d'efforts, de pensées, de combinaisons solitaires, avant que le chef-d’œuvre aille au bout de l'Europe faire admirer les arts français !
    Mais cet ermite du travail, par moments, voit monter à lui un Esprit, qui aime et sent tout, qui pénètre ses habiletés, ses procédés, qui lui trouve une langue pour cent choses innommées, lui explique son art à lui-même. C'est le pantophile Diderot.
    Voltaire l'appelle Panto-phile, amant de toute la nature, ou plutôt amoureux de tout.
    Il n'est pas moins Pan-urge, l'universel faiseur. C'est un fils d'ouvrier (comme Rousseau, Beaumarchais et tant d'autres). Langres, sa ville, fabrique de bons couteaux et de mauvais tableaux, l'inspire aux métiers et aux arts.
    De son troisième nom qui lui va mieux encore, c'est le vrai Prométhée. Il fit plus que des œuvres. Il fit surtout des hommes. Il souffla sur la France, souffla sur l'Allemagne. Celle-ci l'adopta plus que la France encore, par la voix solennelle de Goethe.
    Grand spectacle de voir le siècle autour de lui. Tous venaient à la file puiser au puits de feu. Ils y venaient d'argile, ils en sortaient de flamme. Et, chose merveilleuse, c'était la libre flamme de la nature propre à chacun. Il fit jusqu'à ses ennemis, les grandit, les arma de ce qu'ils tournèrent contre lui.
    Il faut le voir à l'œuvre, et travaillant pour tous. Aux timides chercheurs, il donnait l'étincelle, et souvent la première idée. Mais l'idée grandiose les effrayait ? Ils avaient peu d'haleine ? Il leur donnait le souffle, l'âme chaude et la vie par torrents. Comment réaliser ! S'il les voyait en peine, de sibylle et prophète, il était tout à coup, pour les tirer de là, ouvrier, maçon, forgeron ; il ne s'arrêtait pas que l'œuvre ne surgît, brusquement ébauchée, devant son auteur stupéfait.
    Les plus divers esprits sortirent de Diderot ; d'un de ses essais, Condillac ; d'un mot, Rousseau dans ses premiers débuts. Grimm le suça vingt ans. De son labeur immense et de sa richesse incroyable coula le fleuve trouble, plein de pierres, de graviers, qu'on appelle du nom de Raynal'.
    Un torrent révolutionnaire. On peut dire davantage. La Révolution même, son âme, son génie, fût en lui. Si de Rousseau vint Robespierre, « de Diderot jaillit Danton ». (Aug. Comte.)
    « Ce qui me reste, c'est ce que j'ai donné. » Ce mot que le Romain généreux dit en expirant, Diderot aussi pouvait le dire. Nul monument achevé n'en reste, mais cet esprit commun, la grande vie qu'il a mise en ce monde, et qui flotte orageuse en ses livres incomplets. Source immense et sans fond. On y puisa cent ans. L'infini reste encore.
    Dans l'année même (1746) où Vauvenargues publia ses Essais, ses vues sur l'action, Diderot publia ses Pensées, où il dit un mot admirable. Il demande que Dieu ait sa libre action, qu'il sorte de la captivité des temples et des dogmes, et qu'il se mêle à tout, remette en tout la vie divine :
    « Élargissez Dieu !
    Combien à ce moment on l'avait étouffé ! Combien indignement on l'avait remplacé, ce Dieu de vie, par la Mort même ! Comme on s'en servait hardiment pour sacrer toute tyrannie, arrêter la science, la recherche des causes, au nom de la Cause première ! On voulait qu'on s'en tînt à ce mot : « Dieu le veut. »
    « Qu'est-ce que la Nature ? Adorez, ignorez ! Comprendre, c'est impie. — Qu'est-ce que l'industrie ? la témérité de créer et de faire concurrence à Dieu. — Et la médecine ? Défiance et défaut de résignation, l'acharnement de vivre. Guérir est un péché. »
    Ainsi, à chaque pas, obstacle et inertie, un monde obscur, épais, coagulé ; rien ne se meut. Pour y ramener le mouvement, la circulation de la vie, le fluide de la Nature, et ses transformations à travers l'espace et le temps, il fallait écarter le Dieu faux d'inertie — affranchir le Dieu mouvement.
    Après la longue mort des trente années dernières du règne de Louis XIV, il y eut un réveil violent de toutes les énergies cachées. Dieu s'élargit, on peut le dire, il s'échappa. La vie parut partout. Des lettres aux arts, des arts à la Nature tout s'anima, tout devint force vive. Il n'y eut plus personne de mort. Tous les êtres voulurent monter.
    Du plus profond abîme, les madrépores eux-mêmes, les coraux réclamèrent, dirent qu'ils n'étaient pas simples fleurs, mais de vrais animaux. Les plantes à leur tour, autant que l'animal, dirent aimer et avoir des sexes.
    Les insectes (par Réaumur 3) prouvèrent qu'ils étaient ouvriers, de merveilleux industriels, qui se faisaient chacun des outils pour son art.
    Ainsi la nature tout entière, devant l'Industrie qui naissait, dit qu'elle aussi elle était industrie, un créateur laborieux. Notre Maillet`*, qui vécut en Égypte, vit, dans la matrice du Nil, surgir l'animal (non oisif), mais persévérant ouvrier, qui va se fabriquant, va montant dans l'échelle de la métamorphose, se diversifiant, tendant vers chaque espèce, selon qu'il développe tel organe ou telle fonction.
    Pure machine au temps de Descartes, l'animal s'émancipe au XVIII e siècle, devient animal vrai, une force animée et active, qui se crée, et qui a sa part du Créateur... Et Dieu n'en rougit pas. Animer tous ces simples, ces innocents, pour lui, c'est s'élargir, reprendre sa libre action et rentrer dans la vie divine dont les prêtres et les sophistes, ces impies, l'avaient exilé.
    Le vertige me vient à regarder la scène prodigieuse de tant d'êtres, hier morts, aujourd'hui si vivants, créateurs... Cela est beau, grand ! Dieu partout !
    Démocratie immense !... Plus la compression monarchique du Dieu de fer du Moyen Âge fut exagérée jusqu'ici, plus aussi elles brûlent, ces forces délivrées, d'avoir tout leur ressort, de se détendre enfin, de vivre de la vie républicaine. Diderot, leur organe, a un respect si tendre des moindres libertés, des petites activités, qu'il craint de les gêner par un cadre trop fort. Il les relie sans les serrer, les laisse vigoureusement s'épandre en ses systèmes. Il ne les contraint pas, s'efface. — ,Au système du monde, il agit tout à fait de même. Le grand Auteur à peine y paraît. Il n'est pas nié, mais écarté, ajourné ou voilé.
    Ah ! l'amour contredit l'amour, et il a en lui son obstacle !
    Qui aime à ce point toute chose — par l'amour de la vie locale — perdra le sentiment de l'Unité centrale.
    En douant chaque être d'une âme et d'un esprit divin, y mettant Dieu, on a peine à garder l'harmonie supérieure et la haute Unité d'amour qui liait toute chose.
    Cela est triste... Le monde en devient sombre. Quel éparpillement de la vie !...
    Si l'animal s'élève dans l'échelle des êtres, selon qu'il est centralisé, en montant des mollusques à l'homme — hélas ! L’animal monde, s'il n'est centralisé dans l'unité divine, de quelle chute profonde va-t-il tomber, cher Diderot !
    Ses Pensées sont brûlées (1746). — Sa Lettre sur les aveugles (1749) le fait mettre à Vincennes. Regardons-le sur ce donjon.
    De là la vue est grande sur la plaine, la Seine et Paris, sur Notre-Dame et la Bastille. Que d'hommes ont regardé du haut de cette tour, malgré la hauteur ! Retz, Condé,
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  • Par brigetoun, le 12/12/2009

    La Mer de Jules Michelet

    Partout où la mer est profonde, sa vie continue équilibrée, parfaitement balancée, calme et féconde, toute à ses enfantements. Elle ne s'aperçoit pas de ces petits accidents qui ne se passent qu'en haut. Les grandes légions de ses enfants qui vivent (quoi qu'on ai dit) au fond de sa paisible nuit et ne remontent tout au plus qu'une fois par an vers la lumière et les tempêtes doivent aimer leur grande nourrice comme l'harmonie elle-même.

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  • Par brigetoun, le 12/12/2009

    La Mer de Jules Michelet

    Assistons à l'oeuvre divine. Prenons une goutte dans la mer. Nous y verrons recommencer la primitive création. Dieu n'opère pas de telle façon aujourd'hui, et d'autre demain. Ma goutte d'eau, je n'en fais pas doute, va dans ses transformations me raconter l'univers. Attendons et observons.
    Qui peut prévoir, deviner l'histoire de cette goutte d'eau ? – Plante- animal, animal-plante, qui le premier doit en sortir ?

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  • Par brigetoun, le 12/12/2009

    La Mer de Jules Michelet

    La voyant mal de ma fenêtre, je sortis, et, par des ruelles tortueuses, entre les hauts palazzi, je me hasardai à descendre, non sur la plage (il n'y en a point), mais sur une corniche de noires roches volcaniques qui bordent le rivage, étroit sentier qui souvent n'a pas trois pieds de large, et qui, montant, descendant, souvent surplombant la mer, la domine de trente pieds, parfois de quarante ou soixante. On ne découvrait pas bien loin. Des tourbillons continuels tiraient le rideau. On voyait peu ; ce qu'on voyait était borné et affreux. L'âpreté, les angles cassants de cette côte de cailloux, ses pointes et ses pics, ses rentrées subites et dures, imposaient à la tempête des sauts, des
    bonds, des efforts incroyables, des tortures d'enfer. Elle grinçait d'écume blanche, et comme d'exécrables sourires, à la férocité des laves qui, sans pitié, la brisaient.
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  • Par brigetoun, le 09/08/2010

    La Mer de Jules Michelet

    Rugissements sauvages, hurlements plaintifs, râle et cris de noyade, gémissements du malheureux vaisseau, qui redevient vivant, comme dans sa forêt, se lamente avant de mourir, tout cet affreux concert n'empêche pas d'entendre aux cordages d'aigres sifflements de serpents. Tout à coup un silence... Le noyau de la trombe passe alors dans l'horrible foudre, qui rend sourd, presque aveugle... Vous revenez
    à vous. Elle a rompu les mâts sans qu'on en ait rien entendu.

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