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Par Nadael, le 22/05/2012
Les joies éphémères de Percy Darling de
Julia Glass
Maintenant qu'on sait qu'on est d'accord sur la fin de l'histoire – et pour le début, on n'a pas de quoi se plaindre ? – il ne nous reste plus que le milieu à découvrir. (…) Le milieu, c'est là qu'il y a la garniture, la confiture, la crème anglaise, la farce de la dinde. L'escalope dans la tranche de lard.
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Par Nadael, le 22/05/2012
Les joies éphémères de Percy Darling de
Julia Glass
(…) il s'écoulait parfois des semaines sans que je m'aperçoive consciemment de la ressemblance entre la mère et la fille, puis elle refaisait surface, et j'éprouvais brusquement un tourbillon d'émotions vertigineux : le soulagement de la présence dans l'absence (de voir que ma femme avait laissé quelque chose derrière elle), mêlé à la tristesse de l'absence de la présence (de savoir que mes filles seraient toujours là pour me rappeler que leur mère avait disparu).
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Par Nadael, le 22/05/2012
Les joies éphémères de Percy Darling de
Julia Glass
Je regardais mes filles et mes petits-enfants sous un autre angle, mieux ajusté, comme si je pouvais littéralement les voir au millieu des générations suivantes, comme si nous étions sur une estrade en gradins.
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Par Nadael, le 22/05/2012
Les joies éphémères de Percy Darling de
Julia Glass
Ce que j'aime dans les livres c'est ce qu'ils renferment ; ils contiennent du savoir comme un pichet contient de l'eau, comme une robe contient le mystère d'un corps de femme exquis. Leur matérialité est important – ne me parlez pas de conserver les livres sous forme d'octets ! – mais ils ne doivent pas inspirer un culte fétichiste.
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Par Nadael, le 22/05/2012
Les joies éphémères de Percy Darling de
Julia Glass
– Pourquoi faut-il toujours que tu sois ironique quand la situation est grave ?
Parce que l'ironie, ai-je dit, c'est comme les chaises droites. C'est fiable. Ça ne s'affaise pas. C'est le siège dont on se relève le plus facilement. »
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Par Leiloona, le 01/04/2011
Louisa et Clem de
Julia Glass
Parce que la tragédie, telle une fleur sombre et rare qui sème des graines, prolifère autour de nous.
Comme l'indique le titre, elles sont deux. Deux soeurs qui vont s'affronter, se tirailler mais aussi se confier et s'aimer. Au cours de ce roman, c'est leur vie respective qui s'étale sous nos yeux.
Huit étapes jalonnent le récit : des années 80 au nouveau millénaire, le lecteur passera donc avec Louisa et Clem deux décennies. Louisa, l'aînée, serait plutôt une artiste. Un brin bohême sur les bords. Clem, quant à elle, est une passionnée de nature.
L'une rêve de vie plus stable, l'autre de grands espaces et de liberté.
Au début du livre on se demande si un jour elles arriveront à se comprendre, et puis, la vie aidant, elles se rapprochent. Tour à tour oiseau craintif ou chat échaudé, elles ont tout de même du mal à se livrer.
Il faut dire qu'un passif existe. L'aînée Louisa a toujours cru, quand elle était plus jeune, qu'elle aurait toujours un ascendant sur sa soeur. Jouant à tour de rôle la main qui châtie et celle qui caresse, la relation entre elles était déjà ambigue et construite sur une rivalité.
Il est en effet question de rivalité dans ce roman. Entre les deux soeurs, mais aussi entre la mère et les soeurs. Comme si les femmes ne pouvaient s'apprécier sans éprouver de la jalousie.
J'ai eu du mal au début à trouver l'envie de continuer ma lecture. Même si ce sont deux caractères forts, cette rivalité m'épuisait. N'ayant pas de soeur, je n'ai pas connu ce type de relation, aussi l'identification à l'une ou à l'autre ne pouvait pas non plus me raccrocher à cette histoire.
J'ai donc été spectatrice du livre, de cette histoire, tournant les pages sans réel intérêt. Et puis, vers la moitié, cette rivalité s'atténue. Comme si la vie, avec ses revers de fortune, rapprochait ces soeurs.
Malgré tout, le plis était malheureusement pris.
Ces sémillantes femmes n'ont pas réussi à vraiment m'emporter dans leur tourbillon.
Et puis, à l'image de la citation au début du billet, c'est un livre triste. Triste à cause de ce panorama que l'histoire nous offre. Voir une vie entière brossée dans un roman me met le cafard. Parce qu'on voit toute la souffrance que peut contenir une vie, parce que c'est un condensé de la vie, comme si elle ne durait que le temps d'une journée.
Ces femmes ne seraient alors que des papillons.
Néanmoins, j'ai tout de même été émue par ces deux caractères, peut-être un peu trop sur la fin.
Pour moi, ce sont des personnages semblables à Don Quichotte. Ce sont des femmes qui se battent contre une jalousie qui n'a pas lieu d'être. Et puis, une fois le fil de la vie déroulé, elles se rendent compte que finalement c'était un combat inutile.
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Par Nadael, le 04/09/2010
Jours de juin de
Julia Glass
Je me prépare, gaiement cette fois, à évoquer d'autres souvenirs, à boire encore du vin - trop, beaucoup trop - et à penser au moment où j'ouvrirai la porte de l'endroit où je vis vraiment, de l'endroit que j'ai choisi, où j'entrerai dans cette ridicule pièce outrageusement rouge, déposerai mes bagages, retrouverai mon oiseau et mon chien, et débrancherai mon téléphone. Non par refus d'entendre la voix de mes amis, mais parce que j'aurai besoin de dormir des heures et des heures avant de m'éveiller pour regarder la vie qui m'attend, pour apprendre à vivre tout simplement.
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Par Nadael, le 03/09/2010
Jours de juin de
Julia Glass
Le temps joue comme un accordéon, il se resserre et se déploie de mille manières mélodieuses. Les mois passent comme l'éclair, dans une suite accélérée d'accords, ouverts-fermés, unis-séparés ; puis vient une seule semaine mélancolique, qui est peut-être le pivot de l'année, une longue note soutenue. Le jour de mon retour est resté gravé dans ma mémoire comme une fugue, avec un ton parfaitement clair, mais des mois qui suivirent, l'automne et l'hiver qui précédèrent la mort de ma mère, ne me restent que quelques bribes d'une musique légère.
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Par bookaure, le 01/03/2012
Refaire le monde de
Julia Glass
Mais c'était là des réflexions que Walter ne se fit que bien plus tard, après la mort de Granna. Ce jour-là dans la cuisine, il ne pensait qu'à la solitude: passer toute une vie sans trouver un parent à qui parler seul à seul inlassablement, en tête-à-tête ou, dans le pire des cas, dans un cadre de photo. Comment trouver cette personne si je ne peux jamais me marier? se disait-il. Et si personne n'avait jamais besoin de Walter, de l'avoir à ses côtés pour lui faire la lecture ou l'écouter?
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Par saphoo, le 20/06/2010
Jours de juin de
Julia Glass
Paul soupire, " Je ne suis pas un grand collectionneur. " Plus exactement, il aurait pu dire qu'il n'est pas venu ici pour en rapporter des souvenirs mais pour les oublier, pour y apporter une partie des siens et les laisser tomber comme des pierres, un par un, dans la mer.