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Par Elianthe, le 26/09/2010
Ce qui a dévoré nos coeurs de
Louise Erdrich
Les chagrins, on les épuise avec les moyens du bord, ce qu'on a sous la main. On s'en débarrasse à force d'en parler, de vivre avec, on ne les laisse pas s'incruster au fond de soi. Vous voyez, c'était à ça que le tambour était bon. A faire sortir ces chagrins, au grand jour, où les chants pouvaient les emporter.
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Par wictoria, le 11/11/2009
La Chorale des maîtres bouchers de
Louise Erdrich
"Celui-ci n'est qu'un gamin, même pas de duvet aux couilles, je parie." Qu'aurait-il rétorqué, de toute façon, se demanda-t-il, dans la mesure où le soldat avait plus ou moins raison ?
...
... Erich fut horrifié de s'entendre hurler :
"Grands dieux, je vous en prie de me tirez pas dessus.
- Merde alors !
- Je suis né dans le Dakota du Nord, articula Erich d'une voix étranglée. Mon papa vit toujours là-bas.
- Qu'il aille se faire foutre. Qu'est-ce que tu fiches ici, espèce de morveux ?
- On m'a envoyé ici avant la guerre.
- Alors qui t'es, putain, un putain de nazi ou un putain d'américain ?"
Erich fut encore choqué par son cri inattendu.
"Je ne sais pas ce que je suis, mais je n'ai pas de poil aux couilles !"
Les Américains se tordirent de rire, et ses camarades de classe de la Hitler Schule, les deux qui restaient, considérèrent Erich avec un étonnement indécis et grave, en se disant qu'il possédait une intelligence supérieure jusque-là ignorée, ou bien que sous la pression du combat il avait totalement perdu la tête.
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Par litolff, le 22/07/2011
La malédiction des colombes de
Louise Erdrich
Au fil du temps, je découvris que le chagrin était une chose que chacun dissimulait à sa façon -mon vieil oncle grâce à sa discipline passionnée, ma mère grâce à une sévère bonté et un ordre méticuleux. Quant à mon grand-père, il pratiquait l'art patient du ridicule.
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La Chorale des maîtres bouchers de
Louise Erdrich
« J’ai loupé Dieu, songea-t-elle. Pourtant je ne me suis pas raconté d’histoires. Je continue à croire que Dieu est un butor alcoolique qui n’a plus pensé au monde depuis qu’Il l’a créé. Autrefois un génie, oui, je le lui accorde, mais un artiste d’une insouciance suprême qui expédie en enfer Ses tableaux et Ses sculptures les plus extraordinaires, Ses œuvres vivantes les plus exquises, et laisse le diable chier dessus » (Delphine - p 419)
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Par litolff, le 24/07/2011
La malédiction des colombes de
Louise Erdrich
L'amour qui vient sur le tard, l'amour du milieu de la vie, le genre d'amour qui se connait et sait que rien ne dure, est une fureur désespérée et partagée.
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Par litolff, le 22/07/2011
La malédiction des colombes de
Louise Erdrich
Mais évidemment la réserve tout entière est en proie à des passions contradictoires. Apparemment, nous sommes, il est vrai, incapables de nous laisser tranquilles les uns les autres, et chaque tentative visant à faire obstacle à nos désirs au moyen de lois et de principes religieux semble bien au contraire devoir susciter la transgression.
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Par kathel, le 15/10/2010
La malédiction des colombes de
Louise Erdrich
Les colombes étaient dodues, et délicieuses fumées, mais on pouvait tordre le cou à des centaines ou des milliers d'entre elles sans obtenir de diminution visible de leur nombre. Les maisons de perches et de torchis des Metis et les cabanes en écorce des Indiens s'affaissaient sous le poids des oiseaux. Qui étaient rôtis, brûlés vifs, apprêtés en tourtes, en ragoûts, mis au sel dans des tonneaux, ou assommés à coups de bâtons et laissés là à pourrir. Mais ceux qui étaient morts ne faisaient rien d'autre que nourrir les vivants, et chaque matin quand les gens s'éveillaient c'était au bruit des grattements et des battements d'ailes, des susurrations murmurantes, de l'affreux babil roucoulant, et à la vue, pour ceux dont les carreaux étaient encore intacts, des douces et curieuses têtes de ces animaux.
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Par jostein, le 08/10/2010
La malédiction des colombes de
Louise Erdrich
Quand nous sommes jeunes, les mots sont éparpillés autour de nous. au fur et à mesure qu'ils sont assemblés par l'expérience, nous le sommes aussi, phrase par phrase, jusqu'à ce que l'histoire prenne forme
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Par de, le 02/11/2011
La malédiction des colombes de
Louise Erdrich
J’aime toujours Mooshum, bien entendu, mais avec cette histoire quelque chose de mon estime pour lui se trouva troublé, comme si j’étais entrée dans un ruisseau limpide et que la vase était remontée en tournoyant autour de mes pieds.
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Par Nanne, le 06/01/2010
La Chorale des maîtres bouchers de
Louise Erdrich
Un temps, bien que sa profession fût assurée, il avait aimé s'imaginer poète. Aussi ses étagères étaient-elles chargées de volumes de ses héros, Goethe, Heine, Rilke, et même Trakl, dissimulé derrière les autres. Il les considéra avec une morne curiosité. Comment avait-il pu un jour se soucier de ce que racontaient ces hommes-là ? Qu'importaient leurs mots ? L'histoire de son enfance se trouvait également dans cette pièce, ses petits soldats toujours disposés sur le rebord de la fenêtre. Et sa fierté de jeune homme : ses diplômes et ses certificats de la guilde encadrés et accrochés au mur.