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Par viou1108, le 11/05/2013
Un rôle qui me convient de
Richard Russo
Mais les gens vraiment reconnaissants, satisfaits, n'établissent pas de listes de reconnaissances. Pas plus que les gens heureux n'écrivent les raisons pour lesquelles ils le sont. Ils sont suffisamment occupés à le rester.
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Par carre, le 30/08/2012
Le phare de Monhegan de
Richard Russo
Qui était cette femme? Elle semblait tendre l'oreille vers le distant murmure de la mer. Peut-être imaginait-elle la douce sensation de se laisser porter par les vagues?
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Par le_Bison, le 27/02/2012
Un rôle qui me convient de
Richard Russo
...je me dirige avec hâte aux toilettes, au fond du couloir, où je me retrouve face à l’implacable miroir à attendre mes mictions. Entre-temps, trois étudiants se présentent, se déboutonnent, pissent, se reboutonnent et partent sans se laver les mains, alors que je n’ai pas bougé et que je médite ces choses de la vie que les jeunes croient acquises. J’ai tous les symptômes du vieillissement - insomnie, craquements et raideurs articulaires (dans les neurones aussi). Je sais que bien des hommes plus âgés que moi confessent veiller la nuit, solitaires et patients, assis comme de vieilles femmes sur le siège fatidique à trois heures du matin, à attendre et attendre, jusqu’à ce qu’ils s’endorment, la tête dans les mains, pour s’éveiller plus tard en sursaut au son de leurs urines. A quelques semaines de la cinquantaine, il semble que je sois bientôt membre de ce club.
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Par viou1108, le 11/05/2013
Un rôle qui me convient de
Richard Russo
Lily serre le volant et je retrouve sur ses phalanges nerveuses une vérité que je connais depuis longtemps - que le monde est divisé en deux sortes de gens: d'un côté les enfants qui souhaitent en grandissant ressembler à leurs parents, et de l'autre ceux qui font tout pour le contraire. Aucun n'arrive à ses fins.
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Par carre, le 15/05/2012
Le pont des soupirs de
Richard Russo
Sarah comprenait peu à peu qu’il y a plusieurs façons de mentir. Certains mentaient aux autres, mais également, curieusement, à eux-mêmes. Ce qu’il fallait peut-être faire pour être convaincant. Ses propres parents étaient-ils ainsi ?
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Par Pippo, le 08/04/2013
Le pont des soupirs de
Richard Russo
Curieux comme notre perception du destin change au cours d’une vie. Jeunes, nous croyons ce que croient les jeunes, que tout dans l’existence est affaire de choix. Nous avons une centaine de portes devant nous, nous choisissons d’en ouvrir une, puis il en arrive encore cent, et il faut recommencer. Nous choisissons ce que nous ferons, mais aussi qui nous serons. Sans doute le bruit de chacune de ces portes qui, au fur et à mesure, se referment derrière nous devrait-il nous troubler, mais non. Même si elles se ressemblent et nous amènent au même endroit. Il s’en trouvera à l’occasion quelques-unes de verrouillées, mais qu’importe, puisque tant d’autres ne le sont pas. Le choix lui-même n’est peut-être qu’une illusion, mais nous n’en tenons pas compte. Nous sommes trop curieux de savoir ce que cache la prochaine, celle qui nous conduira espère-t-on, au cœur du mystère. Nonobstant les preuves manifestes du contraire, toujours plus abondantes, nous restons sûrs que, tout au bout, une fois les choix faits, nous aurons trouvé notre vraie destination, et que celle-ci révèlera son sens. La jeunesse voit ainsi la vie, à l’endroit, les yeux sur la lorgnette qui balaie avidement l’infini du ciel et ses myriades de possibilités. En opposant le libre arbitre et la responsabilité individuelle, la religion confirme le besoin des plus jeunes de se croire au milieu de la scène, de dire oui à ceci, non à cela, sous l’œil accusateur de la moralité.
Mais il est un moment où cela change. Fruit de la déception et de la répétition, le doute remplace la curiosité. De guerre lasse, nous commençons à situer le vrai, à comprendre que les portes sont plus nombreuses derrière qu’il n’en reste devant, et nous sommes pour la première fois tentés de retourner la lorgnette et de regarder le monde par le mauvais bout – mais qui peut dire lequel est le bon ? Comme les choses prennent alors une autre allure ! De plus larges contours émergent, les décisions individuelles perdent leur consistance. Regarder la vie à l’envers, comme tout le monde s’y essaie après un certain âge, revient à la dépouiller de son mystère et à l’habiller de fatalité – ennemie jurée du théâtre. Voilà du moins ce qui m’apparaît à moi Louis Charles Lynch. L’homme que je suis devenu, l’existence que j’ai menée, - n’est-ce pas une série de dominos qui se suivent comme ils se doivent, et non comme je le voudrais ? (Pour Valentine Michez ?)
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Par morin, le 06/03/2011
Les sortilèges du Cap Cod de
Richard Russo
Une vague de culpabilité déferla sur Griffin, une lame de fond qui lui coupa les jambes. Il voyait qu'elle aussi relevait chez lui les changements physiques, qui étaient encore plus prononcés. Depuis son arrivée dans la région, il se demandait s'ils allaient s'étreindre.
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et celle qui était sa femme depuis trente cinq ans se retrouva dans ses bras avant même qu'il puisse réagir .
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Par kathel, le 14/11/2010
Les sortilèges du Cap Cod de
Richard Russo
Pour Griffin, qui avait maintenant cinquante-sept ans - à peu près l'âge de ses parents lorsqu'il avait épousé Joy -, les noms de localités du cap avaient gardé toute leur magie : Falmouth, Woods Hole, Barnstable, Dennis, Orleans, Harwich. Ces toponymes le ramenaient à son enfance, au siège arrière de la voiture familiale, où il avait passé une bonne partie de sa jeunesse, sans ceinture, les bras posés sur les sièges avant, à tendre l'oreille pour attraper des bribes de ce qu'ils se disaient sans jamais essayer de l'inclure dans leurs conversations. Non pas qu'elles l'aient intéressé tant que ça, mais il était conscient que se prenaient là des décisions ayant des conséquences directes sur sa vie, et, s'il les interceptait assez tôt, peut-être aurait-il l'opportunité de donner son avis. Malheureusement, le simple fait que son menton soit posé sur l'appuie-tête semblait l'exclure d'emblée. Dans l'ensemble, les informations qu'il glanait ne valaient pas tant d'efforts. "Wellfleet, disait par exemple sa mère, le nez dans un atlas routier. Pourquoi est-ce qu'on n'a jamais essayé Wellfleet ?" L'année où Griffin entra en seconde, celle de leur dernier séjour au cap, ils avaient déjà ratissé les locations saisonnières de la région. Chaque été, au moment de rendre les clés à l'agence, on leur demandait s'ils envisageaient de revenir l'année suivante. Ils répondaient toujours par la négative, et Griffin commençait à douter que cet endroit rêvé existe pour de bon. Il finit par conclure que le chercher leur suffisait peut-être.
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Quatre saisons à Mohawk de
Richard Russo
A ton âge un garçon a besoin d'être épaulé, m'a dit Rose. Un de ces quatre, tu vas te retrouver avec une copine enceinte, et qu'est-ce que tu feras, ce jour-là ?
J'ai eu envie de lui expliquer que c'était moins simple que ça. Elle n'était cependant pas la seule à redouter - mal à propos - les conséquences de l'excès de liberté dont, si l'on peut dire, je jouissais. Les clients du Grill voulaient toujours savoir si je culbutais une petite quelque part, et ils m'encourageaient fortement dans ce sens. " À ton âge, je baisais tous les soirs à condition de trouver une chambre" aimait à me répéter Skinny. J'avais du mal à l'imaginer à douze ans, et encore moins passer à l'acte.
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Un homme presque parfait de
Richard Russo
Au-delà de ses deux îlots de banques et de bureaux, la grand-rue de la petite ville de North Bath gardait sur quelques centaines de mètres un aspect résidentiel, avant de se transformer en simple artère rurale d'une égale quiétude.