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Par canel, le 20/04/2012
Jusqu'a ce que la mort nous separe de
Lisa Gardner
En général, les tueurs en série collectionnent [les trophées]. Au vu de la scène de crime, il est impossible de savoir ce qui manquait. Le coupable a peut-être pris une bague pour l'offrir à son épouse, histoire d'éprouver des sensations chaque fois qu'il la verrait. Peut-être n'était-ce qu'une boucle de cheveux. Bref, il a besoin de quelque chose pour pouvoir revivre son acte plus tard.
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Par canel, le 20/04/2012
Jusqu'a ce que la mort nous separe de
Lisa Gardner
Pendant leur lune de miel, Jim lui avait expliqué qu'elle aurait quelques règles à suivre, maintenant qu'elle était son épouse. L'épouse d'un officier de police. Les règles étaient simples : marcher deux pas derrière lui. Lui demander la permission avant d'acheter quoi que ce soit. Ne porter que les tenues qu'il approuvait. La maison devait toujours être impeccable, la viande servie saignante. Enfin, ultime recommandation : ne jamais l'interroger sur son emploi du temps.
Elle avait acquiescé. Elle ne comprenait pas très bien, mais avait promis d'essayer. Elle avait dix-neuf ans, elle venait de se marier, elle voulait être parfaite. (p. 59-60)
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La maison d'à côté de
Lisa Gardner
JE ME SUIS TOUJOURS DEMANDÉ ce que ressentaient les gens pendant les toutes dernières heures de leur existence. Savent-ils qu’un drame est sur le point de se produire ? Pressentent-ils la tragédie imminente, étreignent-ils leurs proches ? Ou bien est-ce que ce sont juste des choses qui arrivent ? La mère de famille qui couche ses quatre enfants en s’inquiétant des covoiturages du matin, du linge dont elle ne s’est pas encore occupée et du bruit bizarre que fait à nouveau la chaudière, quand elle entend soudain un craquement sinistre au bout du couloir. Ou l’adolescente qui rêve de son shopping du samedi avec sa Meilleure Amie pour la Vie et qui découvre en ouvrant les yeux qu’elle n’est plus seule dans sa chambre. Ou le père qui se réveille en sursaut et se demande Mais qu’est-ce que ? juste avant de recevoir un coup de marteau entre les deux yeux.
Pendant les six dernières heures du monde tel que je le connais, je donne son dîner à Ree. Des macaronis au fromage de chez Kraft avec des morceaux de saucisse de dinde. Je coupe une pomme en tranches. Ree mange la chair blanche croquante et laisse des demi sourires de pelure rouge. Toutes les vitamines sont dans la peau, lui dis-je. Elle lève les yeux au ciel – elle a quatre ans, mais là on dirait quatorze. C’est déjà la bagarre pour les vêtements : elle aime les jupes courtes, son père et moi préférons les robes longues ; elle veut un bikini, nous tenons à ce qu’elle porte un maillot de bain une pièce. J’imagine que c’est l’affaire de quelques semaines avant qu’elle ne demande les clés de la voiture.
Ensuite elle veut partir à la «chasse au trésor» dans le grenier. Je lui réponds que c’est l’heure du bain. De la douche, en fait. Depuis qu’elle est bébé, nous nous lavons ensemble dans la vieille baignoire à pattes de lion dans la salle de bains de l’étage. Ree savonne deux Barbie et un canard princesse en caoutchouc. Je la savonne, elle. Lorsque nous avons fini, nous sentons toutes les deux la lavande et la salle de bains carrelée de noir et blanc est une étuve.
J’aime le rituel qui suit la douche. Nous nous enveloppons dans d’immenses serviettes, puis nous filons tout droit par le couloir froid jusqu’au Grand Lit de la chambre que je partage avec Jason ; nous nous y allongeons, côte à côte, les bras emmaillotés, mais les doigts de pied qui dépassent et se frôlent. Notre chat tigré orange, M. Smith, saute sur le lit et nous dévisage de ses grands yeux dorés en remuant sa longue queue.
«Quel moment tu as préféré aujourd’hui ?» demandé-je à ma fille.
Ree plisse le nez. «Je ne me souviens plus.»
M. Smith s’éloigne de nous, se trouve un coin bien douillet près de la tête de lit et commence sa toilette. Il sait ce qui vient ensuite.
«Mon moment préféré, c’est quand j’ai eu droit à un gros câlin en rentrant du collège.» Je suis enseignante. Nous sommes mercredi.
Le mercredi, je rentre vers quatre heures. Jason part à cinq. Ree a l’habitude de cette organisation à présent. Papa s’occupe d’elle la journée, maman le soir. Nous ne voulions pas que notre enfant soit élevée par d’autres et nous avons ce que nous voulions.
«Je peux regarder un film?» demande Ree. Sempiternelle question. Elle passerait sa vie enchaînée au lecteur de DVD si on la laissait faire.
«Pas de film, réponds-je avec légèreté. Raconte-moi l’école.»
Elle revient à la charge :
«Un petit film, dit-elle avant de proposer d’un air triomphant : Nos amis les légumes !
– Pas de film», répété-je en dégageant un peu mon bras pour la chatouiller sous le menton. Il est près de huit heures du soir et je sais qu’elle est fatiguée et têtue. J’aimerais éviter un beau caprice aussi près de l’heure du coucher. «Alors, raconte-moi l’école. Qu’est-ce que vous avez eu comme collation ?»
Elle libère ses bras et me chatouille sous le menton. «Des carottes !
– Ah oui ?» Encore des chatouilles, derrière son oreille. «Qui les a apportées ?
– Heidi ! »
Elle essaie d’atteindre mes aisselles. Je bloque adroitement sa manœuvre. «Arts plastiques ou musique ?
– musique !
– Chant ou instrument ?
– Guitare ! »
Elle enlève sa serviette et me saute dessus pour me chatouiller partout où elle le peut de ses petits doigts vifs, dernier débordement d’énergie avant l’effondrement de la fin de journée. J’arrive à la repousser, mais roule en riant jusqu’à tomber du lit. J’atterris lourdement sur le parquet, ce qui ne fait que redoubler l’hilarité de Ree tandis que M. Smith émet un miaulement de protestation. Il sort de la chambre en trottinant, impatient désormais que notre rituel du soir s’achève.
Je sors un long tee-shirt pour moi et une chemise de nuit Petite Sirène pour elle. Nous nous brossons les dents ensemble, côte à côte devant le miroir ovale. Ree aime que nous crachions en même temps. Deux histoires, une chanson et une demi-comédie musicale plus tard, elle est enfin couchée, Doudou Lapine entre les bras et M. Smith roulé en boule à ses pieds.
Vingt heures trente. Notre petite maison est officiellement à moi. Je m’installe au bar de la cuisine. Je prends un thé en corrigeant des copies, le dos tourné à l’ordinateur pour ne pas être tentée.
L’horloge en forme de chat que Jason a offerte à Ree pour Noël miaule pour sonner l’heure. Le bruit résonne dans les deux étages de notre pavillon des années 1950, qui paraît ainsi plus vide qu’il ne l’est réellement.
J’ai froid aux pieds. C’est le mois de mars en Nouvelle-Angleterre, les journées sont encore fraîches. Je devrais mettre des chaussettes, mais j’ai la flemme de me lever.
Vingt et une heures quinze, je fais ma ronde. Je pousse le verrou de la porte de derrière, vérifie les coins en bois enfoncés dans tous les châssis de fenêtre. Pour finir, je ferme le double verrou de la porte d’entrée métallique. Nous vivons à South Boston, dans un quartier résidentiel sans prétention, avec des rues bordées d’arbres et des parcs pour les enfants. Beaucoup de familles, beaucoup de clôtures de piquets blancs.
Je vérifie quand même les verrous et je renforce les fenêtres. Jason et moi avons chacun nos raisons.
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Par nefertari, le 03/04/2012
Disparue de
Lisa Gardner
L'adjoint Dan Mitchell avait été le premier sur les lieux. Un type jeune, de souche paysanne, mais consciencieux. Il n'avait pas aimé la façon dont les choses se présentaient : la portière ouverte, les phares allumés, le moteur en marche. Ca lui avait paru un peu hollywoodien. Alors il avait appelé le shérif Atkins, qui n'avait pas été ravi d'être tiré du lit par une nuit pareille mais qui était venu.
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Par isallysun, le 09/01/2012
Derniers adieux de
Lisa Gardner
Vous vous croyez en sécurité. Classe moyenne, banlieusard, la bonne voiture, la jolie maison. Vous croyez que les malheurs n'arrivent qu'aux autres par exemple aux abrutis qui vivent dans des villages de mobile homes où la proportion de délinquants sexuels fichés par rapport au nombre d'enfants est parfois de un sur quatre.
Mais pas à vous, jamais à vous. Vous êtes trop bien pour ça.
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Derniers adieux de
Lisa Gardner
« Parce que c’était ce qu’il faisait de mieux : détruire, même ce qu’il aimait. »
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Par Inextenso, le 03/09/2011
Derniers adieux de
Lisa Gardner
La terreur ne dure pas indéfiniment. C'est impossible. Ça demande trop d'énergie de l’entretenir. Et à vrai dire, la terreur naît de la rencontre avec l'inconnu. Mais quand c'est arrivé un nombre suffisant de fois, quand tu as été systématiquement violenté, battu, soumis, ce n'est plus de l'inconnu, n'est-ce pas ? Le même geste dont la perversité t'as un jour choqué, blessé, humilié devient la norme. Voilà ce que sont désormais tes journées. Voilà la vie que tu mènes. Voilà ce que tu es devenu. Un spécimen de la collection.
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Sauver sa peau de
Lisa Gardner
Je sentis la nostalgie me prendre à la gorge, les larmes me bruler les yeux. Et je compris pourquoi je n’étais jamais allée de l’avant : parce que j’avais surtout envie de revenir en arrière.
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Par oops, le 10/07/2011
La maison d'à côté de
Lisa Gardner
On peut-être amoureux et se sentir encore incroyablement seul. On peut avoir tout ce qu'on a toujours voulu et s'apercevoir qu'on ne voulait pas les bonnes choses.
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Par isallysun, le 09/01/2012
Derniers adieux de
Lisa Gardner
Mais Kimberly et son père étaient unis par un lien plus profond, plus poignant: ils comprenaient ce que c'était de se battre jusqu'au bout pour sauver la vie d'inconnus tout en sachant, jour après jour, qu'ils avaient failli à celles qu'ils aimaient.
Plus encore, ils comprenaient l'importance d'aller toujours de l'avant parce que rester trop longtemps sur place, c'était prendre le risque d'être écrasé par le poids des regrets. [p.107]