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Par caro64, le 30/01/2011
Le cherche-bonheur de
Michael Zadoorian
On raconte qu’ Ambrose Bierce – dont j’avais adoré les nouvelles, terrifiantes quand j’étais jeune -, à soixante-dix ans passés, avait décidé sur un coup de tête de partir pour le Mexique. « Je me rends bien compte qu’il est possible, voire probable, que je ne revienne pas. » Il a aussi écrit : « Il s’agit de couper l’herbe sous le pied à la vieillesse, à la maladie, et aux chutes dans les escaliers de la cave. » Moi qui connais bien les trois, je ne peux qu’applaudir avec chaleur ce cher Ambrose.
Bref, nous n'avons rien à perdre. J'ai donc décidé d'agir.
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Par canel, le 14/06/2012
Le cherche-bonheur de
Michael Zadoorian
John est éveillé maintenant, je l'entends grommeler dans sa barbe. Il engueule quelqu'un. Me parviennent des chuchotements obscènes, des menaces à on ne sait quel ennemi, des imprécations. Durant toute notre vie commune, John a été un homme calme et docile. Mais depuis que son esprit s'est mis à battre la campagne, il dit aux gens ce qu'il a toujours souhaité leur dire. Personne n'y échappe.
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La boutique de la seconde chance de
Michael Zadoorian
Plus on prend de l'âge, plus on possède d'objets. Pourquoi ça ? Parce que les objets ont un pouvoir de protection. Ils agissent comme un lest, une sorte de système passif d'entrave à la mortalité. Que l'on songe à ce que l'on ressent au moment d'acheter quelque chose. Ce petit flash. Comme un éclair d'éternité.
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Par keisha, le 22/04/2012
Le cherche-bonheur de
Michael Zadoorian
On peut se demander si c'est la meilleure idée possible. Ce couple de vieux débris, l'une avec plus de problèmes de santé qu'un pays du tiers-monde, l'autre sénile au point de ne pas savoir quel jour on est, partant sillonner les routes du pays.
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Le cherche-bonheur de
Michael Zadoorian
Vieillir ensemble, c’est aussi cela :
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Que nous ne disions rien me va très bien. Parler romprait le charme. L’espace d’un instant, je suis si heureuse que je pourrai pleurer. Voilà exactement le genre de chose qui fait que j’aime tant voyager, et que j’ai désobéi à tout le monde. Nous deux réunis comme nous l’avons toujours été, sans rien dire, sans rien faire de particulier, simplement “en vacances”. Je sais bien que rien ne dure mais, quand on sait que le film va bientôt se terminer, on a parfois la possibilité de rembobiner et d’en prendre un peu sans que personne ne le remarque.
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La boutique de la seconde chance de
Michael Zadoorian
On possède quelque chose quand on est gosse, qu'on est prêt à payer une centaine de fois sa valeur d'origine une fois adulte. On croit reconquérir sa jeunesse, son innocence, un truc dans ce goût-là, alors qu'en réalité on ne fait que racheter sa propre ignorance. On cherche à se souvenir d'un temps où l'on en savait moins long.
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Le cherche-bonheur de
Michael Zadoorian
le plus triste dans l'affaire, c'est que nous n'avons pris la route 66 qu'une seule fois au cours de nos déplacements pour Disneyland . John et moi, comme le reste de l'Amérique, avons succombé aux charmes des autoroutes plus rapides, des itinéraires plus directs, des limitations de vitesses moins contraignantes. Nous n'avons plus jamais songé à emprunter la route secondaire. A se demander si quelque chose en nous ne sait pas que notre vie va s'écouler plus vite que nous ne pouvons le concevoir. Alors, nous courons à l'aveuglette comme des poulets sans tête.
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Par Chouchane, le 11/05/2012
Le cherche-bonheur de
Michael Zadoorian
Au bout d'un moment, même rester en vie est un boulot à temps complet.
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Par Theoma, le 17/02/2012
Le cherche-bonheur de
Michael Zadoorian
Je repense à un incident quand Kevin était à la maison, voici quelques années, et qu'il installait le pare-tempête sur la fenêtre de la prote d'entrée. Il s'était coupé le doigt sur un gond. Il n'était pas rouillé, Dieu merci, mais méchamment tranchant. Il était entré dans la cuisine en saignant comme un bœuf. Dès que je m'en étais aperçue, je m'étais ruée pour aller lui chercher un pansement. J'avais badigeonné un peu d'antiseptique sur la blessure et entouré le doigt avec le sparadrap, ajusté juste ce qu'il fallait. Puis j'avais saisi ce doit et, dans même y pendre garde, y avais posé un bisou. « Et maintenant, c'est guéri », avais-je ajouté. Quand j'avais levé la tête, j'avais vu un homme de quarante-quatre ans. Je n'avais pas fait ce geste depuis plusieurs dizaines d'années, et pourtant rien ne m'avait paru plus naturel.
Voilà le genre de pensées qui me coupe le souffle quand elles me viennent à l'esprit. Au moment où je commence à croire que je m'habitue à la situation présente, un truc comme ça vient tout bousiller et me laisse anéantie.
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Par meelly, le 21/10/2011
Le cherche-bonheur de
Michael Zadoorian
on passe sa vie à se préoccuper de l'opinion des autres, alors qu'en réalité ils ne pensent pas. Les rares fois où ça leur arrive, je l'admets, c'est souvent en mal, mais on peut au moins de réjouir qu'ils soient capables de penser.