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Par le_Bison, le 13/02/2012
Les neiges bleues de
Piotr Bednarski
Les ténèbres furent le cauchemar de mon enfance. Les ténèbres et aussi Staline. Je supportais mieux les ténèbres : elles avaient un début au crépuscule, et une fin à l’aube, et elles n’avaient pas toujours l’opacité des ténèbres bibliques. Tandis que Staline, ce voyeur génial, était partout. A tous les coins de rue, sur toutes les affiches, jusque dans nos rêves. Le guide, le timonier, le père. Souvent, j’essayais de le fixer en pleine lumière pour vaincre ma phobie. En vain. La terreur ne me lâchait pas l’âme.
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Par Moan, le 25/03/2012
Piotr Bednarski
J'avais une mère prompte à aimer. Mais elle ne pouvait aimer que des hommes bons. Or un homme bon , ici-bas, c'est plutôt un être raté, une sorte de merle blanc.
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Par litolff, le 17/05/2010
Les neiges bleues de
Piotr Bednarski
Comme toujours le malheur, le gel arriva sans prévenir. Une seule nuit lui suffit pour ouvrir son portail d'argent et semer soigneusement partout ses graines mortifères. Une oreille sensible pouvait percevoir un chuchotis comme celui du blé qui glisse dans la goulotte d'un moulin. Cela signifiait que la température était tombée en dessous de moins quarante degrés.
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Par Moan, le 24/03/2012
Les neiges bleues de
Piotr Bednarski
Ce fut pour nous un instant solennel. Pour moi surtout. Je venais de sentir que j'étais exceptionnel, j'avais compris de tout mon être que j'étais singulier, unique, qu'il n'y avait jamais eu auparavant d'être tel que moi, et qu'il n'y en aurait jamais plus tard.
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Les neiges bleues de
Piotr Bednarski
J'ignorais encore que si un home désire quelque chose de tout son coeur,jusqu'aux tréfonds de lui-même,s'il croit que le non-accomplissement de son désir signifierait sa mort inévitable, alors un miracle arrive.Sans rime,ni raison,il tombe sur quelque chose qui rend la réalisation de son rêve possible.
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Par Moan, le 25/03/2012
Les neiges bleues de
Piotr Bednarski
Ce cercueil , ciselé avec piété, me disait aussi que personne n'avait le droit de faire l'oeuvre de la mort à la place de celle-ci, qu'elle n'avait pas besoin de mercenaires. Qu'il fallait préserver la vie et laisser la mort à la mort.
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Par Moan, le 24/03/2012
Les neiges bleues de
Piotr Bednarski
_ Ce n'est rien, mon garçon, murmura-t-elle. Tu failliras encore plus d'une fois. L'homme tombe tout au long de sa vie. L'essentiel est que tu te relèves avec du coeur .
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Par Moan, le 24/03/2012
Les neiges bleues de
Piotr Bednarski
Ma mère s'était tue, mais sans oublier, le ver du souvenir la rongeait sans répit. Moi seul j'avais oublié. Je sentis des remords: je m'étais trop facilement débarrassé du drame de ma mère, n'en gardant aucune trace, aucune cicatrice...Je compris alors comme jamais jusque-là qu'une blessure de l'âme s'apaise difficilement, que le temps ne guérit pas toujours ces blessures-là, et aussi que nul n'a le droit d'oublier les besoins du coeur de son prochain.
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Par litolff, le 05/11/2010
Les neiges bleues de
Piotr Bednarski
Staline était mortifère, il répendait la mort. Il détruisait la vie, et moi,j'avais une telle envie de vivre ! En dépit de ma misère, en dépit de la faim. A tout prix, voir le ciel bleu, les oiseaux insouciants, l'herbe éternelle. Je me précipitais toujours dans les maisons où un enfant venait de naître. Regarder un nouveau-né m'était une grande émotion, voire une révélation.
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Par le_Bison, le 13/02/2012
Les neiges bleues de
Piotr Bednarski
Il n’était pas beau, je ne trouvais nulle chaleur ni dans ses yeux ni dans ses traits ; Cependant il m’était moins repoussant que le visage d’Hitler. J’avais néanmoins la sensation qu’il répandait la lèpre ; mon instinct me le suggérait. Là était probablement la source de ma peur. Staline était mortifère, il répandait la mort. Il détruisait la vie, et moi, j’avais une telle envie de vivre ! En dépit de ma misère, en dépit de la fin. A tout prix, voir le ciel bleu, les oiseaux insouciants, l’herbe éternelle.