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Par emmyne, le 28/01/2012
Pays de neige de
Yasunari Kawabata
La nuit se tenait immobile, figée, sans le moindre soupçon de brise, et le paysage se revêtait d'une austère sévérité. On avait l'impression qu'un grondement sourd, dans le sol, répondait au crissement du gel qui resserrait la neige partout sur l'étendue. Il n'y avait pas de lune. Les étoiles, par contre, apparaissaient presque trop nombreuses pour qu'on crût à leur réalité, si scintillantes et si proches qu'on croyait les voir tomber et se précipiter dans le vide. Le ciel se retranchait derrière elles, toujours plus profond et plus lointain, là-bas, vers les sources enténébrées de la nuit.
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Par Piling, le 31/07/2008
Première phrase du livre
Correspondance avec Mishima de
Yasunari Kawabata
incipit :
Ces temps derniers, j'ai eu le sentiment qu'en moi s'accumulaient toutes sortes de choses qui ne peuvent pas trouver leur juste expression à travers une forme d'art objective comme le roman. A vingt ans, un poète lyrique y réussirait peut-être, mais je n'ai plus vingt ans et, du reste, je n'ai jamais été poète.
J'ai donc cherché, à tâtons, une autre forme mieux adaptée à des propos personnels de cet ordre et j'ai abouti à une espèce de compromis entre la confession et la critique, à un mode d'expression subtilement ambigu qu'on pourrait appeler la "critique confidentielle".
J'y vois un genre crépusculaire à mi-chemin entre la nuit des confessions et le grand jour de la critique.
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Par Anassete, le 12/05/2010
Kyôto de
Yasunari Kawabata
Les papillons, eux, les connaissent. Quand Chieko découvrit les fleurs, voletait au ras du jardin un essaim de petits papillons blancs que leur danse éleva le long du tronc jusqu'aux violettes. Les bourgeons de l'érable, petits et légèrement rouges, étaient sur le point de s'ouvrir, et, blanche, la danse des papillons se détachait comme une tache claire. Fleurs et feuilles des deux souches de violettes jetaient, sur la mousse verte tendre du tronc, un reflet léger.
C'était une journée de printemps tout en douceur, où le ciel s'embrume comme arbre en fleur.
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Par JLM56, le 31/01/2012
Pays de neige de
Yasunari Kawabata
KAWABATA : l'ensemble de ses livres: un univers à découvrir, un voyage dans un Japon perdu, une poesie de chaque page, un monde trop difficile a préserver qu'il vaut mieux fuir
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Pays de neige de
Yasunari Kawabata
Et ce fut l’air de Kanginchô qu'elle se mit à jouer. Instantanément Shimamura se sentit comme électrisé, parcouru par un long frisson qui lui mit la chair de poule jusque sur le plein des joues, pensa-t-il. Il lui sembla que les premières notes creusaient un creux dans ses entrailles, y ménageaient un vide où venait retentir, pur et clair, le son du samisen. C'était plus que de l'étonnement chez lui : une stupéfaction qui l'avait presque renversé, assommé comme un coup bien ajusté. Emporté dans un sentiment qui confinait à la pure vénération, submergé, noyé presque sous une mer de regrets, attendri, perdant pied, incapable de résister, il n'avait plus qu'à se laisser aller à cette force qui l'emportait, à se livrer sans défense, avec joie, au bon plaisir de Komako. Elle pouvait faire de lui ce qu'elle voulait. [...] Komako avait plongé son regard dans le ciel pur au dessus de la neige. "La résonnance est tout autre par un temps pareil". La richesse de la sonorité, sa puissance harmonique étaient bien, en effet, comme elle l'avait laissé entendre. Et quelle différence, aussi, par le cadre, dans cette solitude intime, loin des embarras de la ville, loin des artifices de la scène, sans les murs du théâtre, le public, au coeur de cette claire matinée d'hiver, dans cette transparence de cristal où le cristal de la musique semblait élancer son chant vibrant et pur jusque sur les pointes neigeuses des montagnes, au loin, là-bas, à l'horizon !
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Par Anassete, le 12/05/2010
Kyôto de
Yasunari Kawabata
Des fleurs, il y en avait, chaque printemps, trois, cinq, ou plus, c'était à peu près le compte. Pas d'avantage, et pourtant, dans les petites cavités du haut de l'arbre, à chaque printemps, surgissaient des boutons et s'épanouissaient les fleurs. Chieko les contemplait de la galerie, ou, au pied de l'arbre, levant la tête; s'il lui arrivait d'être frappée par la "vie" de ces violettes sur le tronc, parfois leur "solitude" l'envahissait.
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Par emmyne, le 28/01/2012
Pays de neige de
Yasunari Kawabata
Le fût des cèdres, derrière le rocher où elle avait pris place, s'élançait en un jet sans défaut et à une hauteur telle, qu'il lui fallait se pencher en arrière et s'adosser au roc pour le suivre des yeux jusqu'à la cime des arbres. Le ciel demeurait invisible, caché par l'écran noir des cèdres alignés serrés, mêlant leurs branches et étalant leurs aiguilles vertes et denses. Le silence et la paix montaient comme un cantique. Avec un sentiment étrange, Shimamura remarqua qu'il était adossé contre le plus vieux des arbres, un tronc qui n'avait que des branches mortes et cassées du côté nord, sans qu'il sût très bien pourquoi, le hérissant sur toute sa hauteur d'un terrifique alignement de moignons agressifs et de lances pointées comme pour en faire une arme féroce dans la main d'un dieu.
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Par le_Bison, le 28/01/2012
Le Lac de
Yasunari Kawabata
Pour Gimpei, le moment parfait incarné dans l’adolescente ne pouvait être qu’éphémère. Et quel secret, quand les autres jeunes filles ont si tôt fait d’ensevelir, sous la poussière des manuels scolaires, le subtil parfum du bouton à peine éclos, conférait à celle-là sa beauté, son inégalable perfection ? Quelle lumière, propre à elle seule, lui donnait ce rayonnement, cette transparence ?
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Par Anassete, le 12/05/2010
Kyôto de
Yasunari Kawabata
A l'endroit où l'arbre penche fortement, un peu en dessous, on devine deux petites cavités dans le tronc; dans chacune des cavités, ont poussé des violettes. Et, à chaque printemps, apparaissent les fleurs. D'aussi loin que Chieko se souvienne, il y a toujours eu ces deux souches de violette sur l'arbre.
Trente centimètres environ séparent les violettes du haut de celles du bas. la jeune fille qu'était Chieko en venait à se demander :
"Arrive-t-il que les violettes du haut et celles du bas se recontrent , Se connaissent-elles ? Que signifie pour des fleurs "se rencontrer", "se connaître" ?
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Par BMR, le 05/04/2008
Les Belles Endormies de
Yasunari Kawabata
[...] ... le vieux Kiga, celui qui avait introduit Eguchi, avait dit que c'était comme si «l'on couchait avec un Bouddha caché».