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Par gill, le 31/01/2012
Malevil de
Robert Merle
Sur un thème fort classique (renaissance d'une société après l'anéantissement de la précédente par un holocauste nucléaire), Malevil (1972) offre une image assez forte de la communauté qui se reconstruit. Loin des pièges de la politique-fiction ou tout simplement du sensationnalisme (et ignorant d'ailleurs avec dédain les effets qu'aurait dû avoir la bombe sur les miraculés), Robert Merle décrit avec minutie (par l'intermédiaire d'un journal intime) la difficile remise en route d'un monde dévasté où se pose bien sûr la question de la pertinence du retour à une forme avancée de civilisation.
Fait exceptionnel pour un roman français, Malevil a obtenu l'une des plus importantes distinctions attribuées aux États-Unis à une oeuvre de SF : le prix John W.Campbell. Ce roman a fait l'objet d'une adaptation au cinéma.
(extrait "la science-fiction" guide Totem de Lorris Murail paru chez Larousse en 1999 - 384 pages 220 illustrations)
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Par Hindy, le 17/12/2010
La Mort est mon métier de
Robert Merle
A qui puis-je dédier ce livre,
sinon aux victimes de ceux pour qui la Mort est un Métier
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Par gill, le 31/01/2012
Théâtre III : Le Mort et le Vif suivi de Nanterre la Folie de
Robert Merle
Une antichambre au Louvre. Quand le rideau se lève, Chicot est assis sur une marche, en train d'aiguiser sa dague.
CHICOT.- Bonnes gens, pardonnez-moi, étant si occupé, de ne point me lever pour vous faire honneur ! Je suis Chicot.
Henri III m'appelle son fol pour se persuader qu'il est raisonnable. Mais raisonnable, il ne l'est pas plus que vous et moi. Nous vivons de nos passions et parfois, elles nous tuent.
Moi, la passion qui m'a tué - permettez-moi d'anticiper sur ma propre mort -, c'est l'amour du prochain. Jugez-en : je prends part à un combat contre les espagnols et dans la mêlée, je terrasse un de leurs officiers. Je lui laisse la vie, je le ramène au camp, où l'un de mes compagnons s'esbouffe en me voyant : "Comment ! Toi, Chicot, toi le fol du roi, tu as fait un prisonnier ?"
Là-dessus mon prisonnier, furieux d'avoir été capturé par un fol, tire son épée - que je lui avais laissé par délicatesse -, me la passe à travers le corps et m'occit.
Pour vous parler franc, j'ai trouvé ce point d'honneur castillan tout à fait imbécile.
Mais j'anticipe. J'aiguise ma dague, ce jour d'hui en l'an de grâce ou plutôt de disgrâce 1588 sous le roi Henri III, mon maître. Occupation, je vous l'accorde, tout à fait futile, puisque je n'ai pas l'intention de m'en servir.....
("Le mort et le vif" lever de rideau du premier tableau)
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Par gill, le 31/01/2012
Pièces pies et impies de
Robert Merle
Je voudrais dire un mot sur ma position à l'égard de ces pièces. Le Seigneur m'a donné à ma naissance, avec quelques défauts, quelques bonnes qualités, dont je n'ai jamais pu le remercier, puisqu'il ne m'avait pas en même temps accordé le don de la foi. Est-ce pour cela que j'éprouve un grand intérêt et parfois même de la sympathie pour les religions ? Elles simplifient tant de choses, clarifient l'obscur par tant de lumières et sont si réconfortantes... C'est pourquoi sans doute, que je le veuille ou non, dans les pièces qu'on va lire le pie l'emporte de beaucoup sur l'impie. Mais je n'empêche pas le lecteur zélé de penser le contraire.
(facéties de Robert Merle en quatrième de couverture de "pièces pies et impies" - éditions de Fallois)
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Par beeshop, le 17/08/2008
La Mort est mon métier de
Robert Merle
Extrait de la préface du livre écrite par Robert Merle signé du 27 avril 1972
Il y a bien des façons de tourner le dos à la vérité. On peut se refugier dans le racisme et dire : les hommes qui ont fait cela étaient des Allemands. On peut aussi en appeler à la métaphysique et s’écrier avec horreur, comme un prêtre que j’ai connu : « Mais c’est le démon ! Mais c’est le Mal !... ».
Je préfère penser, quant à moi, que tout devient possible dans une société dont les actes ne sont plus contrôlés par l’opinion populaire. Dès lors, le meurtre peut bien lui apparaitre comme la solution la plus rapide à ses problèmes.
Ce qui est affreux et nous donne de l’espèce humaine une opinion désolée, c’est que, pour mener à bien ses desseins, une société de ce type trouve invariablement les instruments zélés de ses crimes.
C’est un de ces hommes que j’ai voulu décrire dans La Mort est mon Métier. Qu’on ne s’y trompe pas : Rudolf Lang n’était pas un sadique. Le sadisme a fleuri dans les camps de la mort, mais à l’échelon subalterne. Plus haut, il fallait un équipement psychique très différent.
Il y eu sous le nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l’intérieur de l’immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs « mérites » portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref, en homme de devoir : et c’est en cela justement qu’il est monstrueux.
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Par gill, le 30/01/2012
Nouveau Sisyphe, d'après Aristophane de
Robert Merle
Ce n'est pas la première fois que Robert Merle est sollicité par le problème de Sisyphe. En 1950, il avait écrit un lever de rideau, "Sisyphe et la mort", qui fut traduit en plusieurs langues, crée à Paris par Michel de Ré, et repris récemment par Gabriel Garran. De cette esquisse Robert Merle a fait une pièce en trois actes, très différente de ton et de tour......Dans cette pièce dont les prises de position sont trop vigoureuses pour ne pas être, elles aussi, diversement appréciées, Robert Merle a tracé de son héros un portrait chaleureux, et exploité une situation ironique avec une verve qui n'admet pas de compromis.
La même verve et la même ironie se retrouvent dans "Justice à Miramar", mais le ton est ici plus burlesque.....L'auteur de "week-end à Zuydcoote" paraissait particulièrement bien qualifié pour adapter Aristophane. Robert Merle, en fondant en un seul spectacle trois comédies distinctes, a pris de grandes libertés dans la construction de "l'assemblée des femmes. Mais il a respecté les thèmes et l'inspiration du grand comique grec, retrouvé dans la transposition moderne, sa gaieté méridionale, et voilé son énorme humour sans jamais l'émasculer.
(extrait de la quatrième de couverture de l'édition de la Nouvelle revue Française datée de 1957)
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Par gill, le 30/01/2012
Flamineo, Sisyphe et la Mort, Les Sonderling de
Robert Merle
ACTE PREMIER - TABLEAU UNIQUE
La maison de Camillo à Rome. Quand le rideau se lève, Camillo et Vittoria sont debout en haut des marches, face au public. Le duc de Brachiano, en bas des marches, prend congé d'eux. Il tourne à demi le dos au public. A sa gauche, un serviteur, porteur d'une torche. A l'avant-scène à droite, Flaminéo immobile dans l'ombre. La scène est obscure, sauf la partie éclairée par la torche. Au fond une large fenêtre s'ouvre sur la nuit.
BRACHIANO.- Les heures que j'ai passées dans ta maison m'ont été douces, Camillo. Et plus douce encore, la voix de Vittoria. Vous chanterez encore pour moi, Vittoria ?
CAMILLO.- Je remercie votre Seigneurie de l'honneur fait à ma maison.
BRACHIANO.- Chanterez-vous encore pour moi, Vittoria ?
CAMILLO.- Désirez-vous, Monseigneur, que deux de mes serviteurs accompagnent votre carrosse ? Les rues de Rome ne sont pas sûres...
(extrait d'ouverture de "Flaminéo")
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Par beeshop, le 17/08/2008
La Mort est mon métier de
Robert Merle
« Je passai la semaine qui suivit dans une angoisse terrifiante : le rendement de Treblinka était de 500 unités par 24 heures, celui d’Auschwitz devait être, selon le programme, de 3000 unités ; dans quatre semaines à peine, je devais remettre au Reichsführer un plan d’ensemble sur la question, et je n’avais pas une idée.
J’avais beau tourner et retourner le problème sous toutes ses faces, je n’arrivais même pas à entrevoir sa solution. J’avais vingt fois par jour la gorge douloureusement serrée par la certitude de l’échec, et je me répétais avec terreur que j’allais lamentablement échouer, dès l’abord, dans l’accomplissement du devoir. Je voyais bien, en effet, que je devais obtenir un rendement six fois plus élevé qu’à Treblinka, mais je ne voyais absolument aucun moyen de l’obtenir. Il était facile de construire six fois plus de salles qu’à Treblinka, mais cela n’aurait servi à rien : il eut fallu avoir aussi six fois plus de camions, et là-dessus, je ne me faisais aucune illusion. Si Schmolde, en dépit de toutes ses demandes, n’avait pas reçu de dotation supplémentaire, il allait de soi que je n’en recevrais pas non plus.
Je m’enfermais dans mon bureau, je passais des après-midi à essayer de me concentrer, je n’y parvenais pas, l’envie irrésistible me venait de me lever, de sortir de ce bureau dont les quatre murs m’étouffaient ; je me forçais à me rassoir, mon esprit était un blanc total, et j’éprouvais un profond sentiment de honte et d’impuissance à la pensée que j’étais inférieur à la tâche que le Reichsführer m’avait confiée. »
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Par Dconeed, le 20/12/2010
La Mort est mon métier de
Robert Merle
Ses yeux bleus se fixèrent sur moi avec une intensité gênante, il secoua de nouveau la tête, et il dit à voix basse, avec un bizarre mélange de pitié et d'horreur :
- Vous êtes complètement déshumanisé.
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Par thomas141, le 24/12/2010
La Mort est mon métier de
Robert Merle
Les jeunes gens se figèrent, le bras tendu. Puis ils crièrent à l'unisson, d'une voix rauque et forte, en scandant les syllabes:
- Heil Hitler!
Leurs voix résonnèrent puissamment dans ma poitrine. J'éprouvai un profond sentiment de paix. J'avais trouvé ma route. Elle s'étendait devant moi, droite et claire. Le devoir, à chaque minute de ma vie, m'attendait.