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Par Hindy, le 17/12/2010
La Mort est mon métier de
Robert Merle
A qui puis-je dédier ce livre,
sinon aux victimes de ceux pour qui la Mort est un Métier
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Par beeshop, le 17/08/2008
La Mort est mon métier de
Robert Merle
Extrait de la préface du livre écrite par Robert Merle signé du 27 avril 1972
Il y a bien des façons de tourner le dos à la vérité. On peut se refugier dans le racisme et dire : les hommes qui ont fait cela étaient des Allemands. On peut aussi en appeler à la métaphysique et s’écrier avec horreur, comme un prêtre que j’ai connu : « Mais c’est le démon ! Mais c’est le Mal !... ».
Je préfère penser, quant à moi, que tout devient possible dans une société dont les actes ne sont plus contrôlés par l’opinion populaire. Dès lors, le meurtre peut bien lui apparaitre comme la solution la plus rapide à ses problèmes.
Ce qui est affreux et nous donne de l’espèce humaine une opinion désolée, c’est que, pour mener à bien ses desseins, une société de ce type trouve invariablement les instruments zélés de ses crimes.
C’est un de ces hommes que j’ai voulu décrire dans La Mort est mon Métier. Qu’on ne s’y trompe pas : Rudolf Lang n’était pas un sadique. Le sadisme a fleuri dans les camps de la mort, mais à l’échelon subalterne. Plus haut, il fallait un équipement psychique très différent.
Il y eu sous le nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l’intérieur de l’immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs « mérites » portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref, en homme de devoir : et c’est en cela justement qu’il est monstrueux.
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Par beeshop, le 17/08/2008
La Mort est mon métier de
Robert Merle
« Je passai la semaine qui suivit dans une angoisse terrifiante : le rendement de Treblinka était de 500 unités par 24 heures, celui d’Auschwitz devait être, selon le programme, de 3000 unités ; dans quatre semaines à peine, je devais remettre au Reichsführer un plan d’ensemble sur la question, et je n’avais pas une idée.
J’avais beau tourner et retourner le problème sous toutes ses faces, je n’arrivais même pas à entrevoir sa solution. J’avais vingt fois par jour la gorge douloureusement serrée par la certitude de l’échec, et je me répétais avec terreur que j’allais lamentablement échouer, dès l’abord, dans l’accomplissement du devoir. Je voyais bien, en effet, que je devais obtenir un rendement six fois plus élevé qu’à Treblinka, mais je ne voyais absolument aucun moyen de l’obtenir. Il était facile de construire six fois plus de salles qu’à Treblinka, mais cela n’aurait servi à rien : il eut fallu avoir aussi six fois plus de camions, et là-dessus, je ne me faisais aucune illusion. Si Schmolde, en dépit de toutes ses demandes, n’avait pas reçu de dotation supplémentaire, il allait de soi que je n’en recevrais pas non plus.
Je m’enfermais dans mon bureau, je passais des après-midi à essayer de me concentrer, je n’y parvenais pas, l’envie irrésistible me venait de me lever, de sortir de ce bureau dont les quatre murs m’étouffaient ; je me forçais à me rassoir, mon esprit était un blanc total, et j’éprouvais un profond sentiment de honte et d’impuissance à la pensée que j’étais inférieur à la tâche que le Reichsführer m’avait confiée. »
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Par mgeffroy, le 21/01/2008
La Mort est mon métier de
Robert Merle
« Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s'éclaira...
- Le Führer, dit-il d'une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta :
- Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
Je le regardai. Il dit sèchement :
- Vous avez l'air effaré. Pourtant, l'idée d'en finir avec les Juifs n'est pas neuve.
- Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu'on ait choisi... »
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Par Dconeed, le 20/12/2010
La Mort est mon métier de
Robert Merle
Ses yeux bleus se fixèrent sur moi avec une intensité gênante, il secoua de nouveau la tête, et il dit à voix basse, avec un bizarre mélange de pitié et d'horreur :
- Vous êtes complètement déshumanisé.
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Par thomas141, le 24/12/2010
La Mort est mon métier de
Robert Merle
Les jeunes gens se figèrent, le bras tendu. Puis ils crièrent à l'unisson, d'une voix rauque et forte, en scandant les syllabes:
- Heil Hitler!
Leurs voix résonnèrent puissamment dans ma poitrine. J'éprouvai un profond sentiment de paix. J'avais trouvé ma route. Elle s'étendait devant moi, droite et claire. Le devoir, à chaque minute de ma vie, m'attendait.
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La Mort est mon métier de
Robert Merle
J'apportai immediatement une amélioration notable au systeme de Treblinka . Je fis inscrire sur les deux batiments : " Salle de désinfection " , et je fis installer , à l'interieur , des pommes de douche et des tuyauteries en trompe-l'oeil , pour donner l'impression aux détenus qu'on les amenait là pour se laver . Toujours dans le meme esprit , je donnai à l'Untersturmfuhrer de service les instructions suivantes : il devait annoncer aux détenus qu'apres la douche , du café chaud leur serait servi . Il devait , en outre , entrer avec eux dans " la salle de désinfection " et circuler de groupe en groupe en plaisantant ( et en s'excusant de ne pouvoir distribuer du savon ) jusqu'à ce que tout le monde fut entré .
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Malevil de
Robert Merle
A l’Ecole Normale des Instituteurs, nous avions un professeur amoureux de la madeleine de Proust. Sous sa houlette, j’ai étudié, ce texte fameux. Mais avec le recul, elle me parait maintenant bien littéraire, cette petite pâtisserie. Oh, je sais qu’un goût ou une mélodie vous redonnent, très vif, le souvenir d’un moment. Mais c’est l’affaire de quelques secondes. Une brève illumination, le rideau retombe et le présent, tyrannique, est là. Retrouver tout le passé dans un gâteau amolli par une infusion, comme ce serait délicieux, si cétait vrai.
p. 9
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La Mort est mon métier de
Robert Merle
-Par conséquent , si c'était à refaire , vous ne le referiez pas ?
Je dis vivement :
-Je le referais , si on m'en donnait l'ordre .
-Vous agiriez contre votre conscience !
-Excusez-moi , je crois que vous ne comprenez pas mon point de vue . Je n'ai pas à m'occuper de ce que je pense . Mon devoir est d'obeir .
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Par gill, le 27/04/2012
Les Hommes protégés de
Robert Merle
Pièce sans fenêtre à air conditionné. Boiseries de chêne à mi-hauteur. Au dessus, les murs sont blancs avec une seule gravure représentant une scène de la vaccination antivariolique à Cuba en 1900. Moquette épaisse où, en entrant, j'ai enfoncé jusqu'aux chevilles. Gros siège confortable, où, sur un geste, je m'enfouis jusqu'aux hanches.
Là-dessus, un long silence. Je suis ici pour parler, mais on n'a pas l'air de m'y inviter volontiers. La parole n'est pas une chose dont les grands de ce monde aiment se dessaisir : ils préfèrent s'écouter qu'écouter.
Au surplus, je m'en rend bien compte, je ne suis pas "persona grata".
Ni moi, ni ce que j'ai à dire. On me laisse mijoter.
Que je me pénètre bien, au départ, de mon insignifiance...
(extrait du chapitre I)
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