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Par Peggy, le 14/08/2009
Les Rois maudits, tome 1 : Le Roi de fer de
Maurice Druon
De ce visage en feu, la voix effrayante proféra :
"Pape Clément!... Chevalier Guillaume!... Roi Philippe!... Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races!..."
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Par Orphea, le 30/08/2012
Les Rois maudits, tome 1 : Le Roi de fer de
Maurice Druon
Les hommes appelés à jouer un rôle décisif dans l'histoire des nations ignorent le plus souvent quels destins collectifs s'incarnent en eux.
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Par lecassin, le 02/03/2013
Les Rois maudits, tome 1 : Le Roi de fer de
Maurice Druon
Frère Renaud s’approcha pour fermer les yeux du roi. Mais les paupières qui n’avaient jamais battu se relevèrent d’elles-mêmes. Par deux fois, le Grand Inquisiteur essaya en vain de les abaisser. On dut couvrir d’un bandeau le regard de ce monarque qui entrait les yeux ouverts dans l’éternité.
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Par Orphea, le 28/08/2012
Les Rois maudits, tome 2 : La Reine étranglée de
Maurice Druon
Tout acte injuste, même commis pour une juste cause, porte en soi sa malédiction.
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Les Rois maudits, tome 7 : Quand un roi perd la France de
Maurice Druon
Le dauphin, au milieu de la table d'honneur, avait Charles de Navarre à sa droite et Jean d'Harcourt à sa gauche. Il était vêtu d'un drap bleu marbré de Bruxelles et coiffé d'un chaperon de même étoffe, orné de broderies de perles disposées en forme de feuillage. Je ne vous ai jamais décrit Monseigneur le Dauphin.. Le corps étiré, les épaules larges et maigres, il a le visage allongé, un grand nez un peu bossué en son milieu, un regard dont on ne sait s'il est attentif ou songeur, la lèvre supérieure mince, l'autre plus charnue, le menton effacé.
On dit qu'il ressemble assez, pour autant qu'on ait moyen de savoir, à son ancêtre Saint Louis, qui était cimme lui très long et un peu voûté. Cette tournure-là, à côté d'hommes très sanguins et redressés, apparaît de temps à autre dans la famille de France.
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Les Rois maudits, tome 3 : Les poisons de la couronne de
Maurice Druon
- Vous vous inquiétez, Madame, de savoir si notre Sire le roi...
Elle s'arrêta de nouveau, mais Clémence l'encouragea des yeux.
- Rassurez-vous, Madame, dit Eudeline ; Monseigneur Louis n'est pas empêché d'avoir un héritier, comme de méchantes langues le prétendent dans le royaume et même à la cour.
- Sait-on... murmura Clémence.
- Moi, je sais, répliqua Eudeline lentement, et l'on a pris bien soin que je sois seule à le savoir.
- Que veus-tu dire ?
- Je veux dire le vrai, Madame, parce que moi aussi j'ai un lourd secret. Sans doute devrais-je me taire... Mais ce n'est pas offenser une dame telle que vous, de si haute naissance et de si grande charité, que de vous avouer que ma fille est de Monseigneur Louis.
La reine contemplait Eudeline avec un étonnement sans mesure. Que Louis ait eu une première épouse n'avait guère posé à Clémence de problèmes personnels. Louis, comme tous les princes, avait été marié selon les intérêts d'Etat. Un scandale, la prison, puis la mort l'avaient séparé d'une femme infidèle. Clémence ne s'interrogeait pas sur l'intimité ou les mésententes secrètes du couple. Aucne curiosité, aucune représentation n'aissaillaient sa pensée. Or voici que l'amour, l'amour conjugal, se dressait devant elle en la personne de cette belle femme rose et blonde, à la trentaine plantureuse ; et Clémence se mettait à imaginer...
Eudeline prit le silence de la reine poun un blâme.
- Ce n'est pas moi qui l'ai voulu, Madame, je vous l'assure ; c'est lui qui y avait mis bien de l'autorité. Et puis, il était si jeune, il n'avait point de discernement ; une grande dame l'eût sans doute effarouché.
D'un geste de la main, Clémence signifia qu'elle ne souhaitait point d'autre explication.
- Je veux voir ta fille.
Une expression de crainte passa sur les traits de la lingère.
- Vous le pouvez, Madame, vous le pouvez, bien sûr, puisque vous êtes la reine. Mais je vous demande de n'en rien faire, car on saurait alors que je vous ai parlé. Elle ressemble tant à son père que Monseigneur Louis, par crainte que sa vue ne vous blesse, l'a fait enfermer dans un couvent juste avant que vous n'arriviez. Je ne la visite qu'une fois le mois et, dès qu'elle sera en âge, elle sera cloîtrée.
Les premières réactions de Clémence étaient toujours généreuses. Elle oublia pour un moment son propre drame.
- Mais pourquoi, dit-elle à mi-voix, pourquoi cela ? Comment croyait-on qu'un tel acte pût me plaire, et à quel genre de femmes les princes de France sont-ils donc accoutumés ? Ainsi, ma pauvre Eudeline, c'est pour moi que l'on t'a arraché ta fille ! Je t'en demande bien grand pardon.
- Oh ! Madame, répondit Eudeline, je sais bien que cela ne vient pas de vous.
- Cela ne vient pas de moi, mais cela s'est fait à cause de moi, dit Clémence pensivement. Chacun de nous n'est pas seulement comptable de ses mauvais agissements, mais aussi de tout le mal dont il est l'occasion même à son insu.
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Par Nef, le 11/10/2012
Les Rois maudits, tome 1 : Le Roi de fer de
Maurice Druon
Pape Clément !.... Chevalier Guillaume!.... Roi Philippe!....Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieux pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits! Maudits! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races!...
Les flammes entrèrent dans la bouche du grand-maitre, et y étouffèrent son dernier cri.
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Les Rois maudits, tome 1 : Le Roi de fer de
Maurice Druon
Geoffroy de Charnay n'était plus qu'un objet qui noircissait, crépitait, se gonflait de bulles, s'effondrait lentement dans la cendre, devenait cendre.
Des femmes s'évanouirent. D'autres s'approchaient de la berge, à la hâte, pour aller vomir dans l'eau, presque sous le nez du roi. La foule, d'avoir tant hurlé, s'était calmée, et l'on commençait à crier au miracle parce que le vent, s'obstinant à souffler dans le même sens, couchait les flammes devant le grand-maître, et que celui-ci n'avait pas encore été atteint. Comment pouvait-il tenir si longtemps ? Le bûcher de son côté paraissait intact.
Puis, soudain, il y eut un effondrement du brasier et, ravivées, les flammes bondirent devant le condamné.
- Ca y est, lui aussi ! s'écria Louis de Navarre.
Les vastes yeux froids de Philippe le Bel, même en ce moment, ne cillaient pas.
Et tout à coup, la voix du grand-maître s'éleva à travers le rideau de feu et, comme si elle se fût adressée à chacun, atteignit chacun en plein visage. Avec une force stupéfiante, ainsi qu'il l'avait fait devant Notre-Dame, Jacques de Moley criait :
- Honte ! Honte ! Vous voyez des innocents qui meurent. Honte sur vous tous ! Dieu vous jugera.
La flamme le falgella, brûla sa barbe, calcina en une seconde sa mitre de papier et alluma ses cheveux blancs.
La foule terrifiée s'était tue. On eût dit qu'on brûlait un prophète fou.
De ce visage en feu, la voix effrayante proféra :
- Pape Clément !... Chevalieer Guillaume !... Roi Philippe !... Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !...
Les flammes entrèrent dans la bouche du grand-maître, et y étoufférent son dernier cri. Puis, pendant un temps qui parut interminable, il se battit contre la mort.
Enfin il se plia. La corde se rompit. Il s'effondra dans la fournaise, et l'on vit sa main qui demeurait levée entre les flammes. Elle resta ainsi jusqu'à ce qu'elle fût toute noire.
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Les Rois maudits, tome 2 : La Reine étranglée de
Maurice Druon
Chaque roi, chaque homme a ses plaisirs qui, mieux que toute autre chose, révèlent les tendances profondes de sa nature. Louis X montrait peu d'inclination à la chasse, aux joutes, aux passes d'armes, et, de façon générale, à aucun exercice où il risquait blessure. Il aimait depuis l'enfance la longue paume qui se jouait avec des balles de cuir ; mais il s'y essouflait et échauffait trop vite. Son divertissement préféré consistait à s'installer, arc en main, dans un jardin fermé, et à tirer au vol, de fort près, des oiseaux, pigeons ou colombes, qu'un écuyer laissait l'un après l'autre échapper d'un grand panier d'osier.
profitant de l'allongement du jour, il était occupé à ce délassement cruel, dans une petite cour de Vincennes disposée comme un cloître, lorsque son oncle et son cousin, en fin d'après-midi, lui amenèrent l'archevêque.
L'herbe verte et rase, qui couvrait le sol de la cour, était souillée de plumes et de sang. Une colombe, clouée par l'aile à une poutre du déambulatoire, continuait de se débattre et criait ; d'autres, mieux atteintes, gisaient éparses, leurs pattes minces roidies et crispées. Le Hutin poussait une exclamation de joie chaque fois qu'une de ses flèches perçait un oiseau.
- Une autre ! lançait-il aussitôt à l'écuyer.
Si la flèche, manquant son but, allait s'épointer sur un mur, Louis reprochait alors à l'écuyer d'avoir lâché la colombe au mauvais instant ou du mauvais côté.
- Sire, mon neveu, dit Charles de Valois, vous me paraissez plus habile aujourd'hui que jamais ; mais si vous consentiez à interrompre un instant vos exploits, je pourrais vous entretenir des choses bien plus graves que je vous ai annoncées.
- Quoi ? Qu'est-ce encore ? dit le Hutin avec impatience.
Il avait le front moite et les pommettes rouges. Il aperçut l'archevêque, et fit signe à l'écuyer de s'éloigner.
- Alors, Monseigneur, dit-il en s'adressant au prélat, est-il vrai que vous m'empêchiez d'avoir un pape ?
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Les Rois maudits, tome 2 : La Reine étranglée de
Maurice Druon
Ce ne fut jamais une situation aisée que d’être le geôlier de personnes royales. Robert Bersumée devait à ces deux condamnées qui lui étaient arrivées vers la fin d’avril, la tête rasée, dans des chariots tendus de noir et sous l’escorte de cent archers, les plus mauvais moments de sa vie. Deux femmes jeunes, trop jeunes pour qu’on n’eût pas pitié d’elles… belles, trop belles, même sous leurs informes robes de bure, pour qu’on pût se défendre d’être ému en les approchant, jour après jour, pendant sept mois… Qu’elles allassent séduire un sergent de la garnison, s’évader, ou bien que l’une d’elles se pendît ou gagnât une maladie mortelle, ou encore que leur survînt un retour de fortune, et ce serait toujours lui, Bersumée, qui serait en tort, réprimandé pour trop de faiblesse ou trop de rigueur ; et, dans tous les cas, cela ne lui vaudrait rien pour son avancement. Or, pas plus que ses prisonnières, il n’avait envie de terminer ses jours dans une citadelle battue des vents, mouillée des brumes, construite pour contenir deux mille soldats et qui n’en comptait plus que cent cinquante, au-dessus de cette vallée de Seine par où la guerre, depuis beau temps, ne passait plus.
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