- ... Enfin, ce qu'on peut dire pour les Anglais, c'est qu'eux au moins, ils embarquent leurs hommes, tandis que du côté français !... En principe, ça se passe à Dunkerque et à Malo, mais jusqu'ici au compte-gouttes et seulement par unités constituées.
Il a jouta... > voir plus
Ce roman raconte la vie d'un groupe de soldats français pris au piège sur les plages de Dunkerque, durant deux jours, après la défaite franco-britannique.
Le sergent Maillat, rencontrera tout au long du récit des personnages insolites et vivra des situations inattendues, il sauvera notamment une jeune fille du viol et se terrera dans une maison en ruine.
Ce premier livre de Robert Merle est un grand livre humain, il annonce l'auteur majeur qui écrira le cycle de "FORTUNE DE FRANCE", "Malevil" et bien d'autres chefs d'œuvre.
Publié en 1949 par la prestigieuse NRF ce roman puissant n'a pas pris une ride et a inspiré un excellent film où Jean Paul Belmondo donne avec le rôle de Maillat la mesure de son talent.
La force de Merle, c'est d'arriver à décrire dans un style relativement simple tout un environnement, un ambiance et des émotions de façon très saisissante. La complexité du personnage de Maillat est aussi une belle réussite, à la fois désabusé et cynique, mais avec une espèce d'interrogation perpétuelle sur lui, la guerre et les autres qu'il n'arrive pas à résoudre. Encore du bon Merle !
Robert Merle nous fait revivre ici un des épisodes les plus tragiques de la débâcle de 1940. Trois cent mille hommes sont cernés dans la poche de Dunkerque: ils ne peuvent retrouver la liberté qu'en s'embarquant sur des navires anglais qui, sous le bombardement des avions allemands, vont et viennent à travers le détroit.
Une grande page d'histoire...Une écriture vivante et bien rythmée.. A lire et à relire...
- Les vaches ! répéta l'homme. Quand ils ont demandé ceux qui savaient conduire, j'aurais dû me méfier, je me suis laissé biter comme un bleu. "Vous savez conduire ?" qu'il me dit le pitaine, "bon !" et hop ! il me colle le nez sur un macab, entre deux brancards ! J'en suis devenu tout pâle. "Virrel !" qu'il me dit, le pitaine, "Vous n'allez pas vous dégonfler ! Il s'agissait bien de ça ! Je m'en foutais un peu, du macab ! Il n'y comprenait rien, le pitaine ! Mais entre deux brancards, dis donc ! Comme un bourrin !...
Il lança un coup d'oeil à Maillat.
- Moi, tu comprends, dans le civil, je suis chauffeur de taxi à Paname...
(extrait du premier chapitre "Samedi matin")
La côte était toute proche, une centaine de mètres à peine. Sous le choc le cargo avait dû rompre sa chaîne d'ancre, et dériver. Il était venu s'ensabler presque en face du Sana. Au loin, sur la gauche, Maillat distingua confusément les lignes de tommies alignés sur la plage de Bray-Dunes. L'embarquement continuait.
Maillat se pencha. La hauteur au-dessus de l'eau paraissait vertigineuse. La mer tout en bas était calme, sans une ride. Elle luisait comme un bouclier d'acier.