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ISBN : 2070367894
Éditeur : Gallimard (1976)


Note moyenne : 4.23/5 (sur 245 notes) Ajouter à mes livres
«Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s'éclaira...
- Le Führer, dit-il d'une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta :
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 07 mai 2011

    lehane-fan
    Difficile de dire que l'on a aimé un tel livre car il ne raconte pas une histoire mais est l'Histoire , dans tout ce qu'elle a eu de plus tragique...
    " La mort est mon metier " retrace l'itinéraire d'un jeune allemand , Rudolph Lang (plus connu sous le tristement celebre patronyme de Hoess ) , de son enfance à son proces final à Varsovie pour crime contre l'humanité .
    Si l'auteur avoue avoir quelque peu brodé concernant la description de ses rapports familiaux eminemment perturbants etant enfant , il a veritablement effectué un reel travail de journaliste concernant la mise en place de ces camps de rééducation voués à devenir , par la suite , des camps d'extermination .
    Lang n'aime pas son pere mais le subit , le craint . Il est élevé dans une croyance catholique extreme le destinant tout naturellement à rentrer dans les ordres . Sa mere ainsi que ses deux soeurs sont des éléments phantomatiques de ce récit n'ayant absolument aucune consistance , si ce n'est celle de vénérer cet époux et pere . Un malentendu le conduira tout naturellement a changer de voie et sera précurseur de ce long cheminement dans l'horreur la plus absolue !
    Deuxieme partie beaucoup plus interessante car entierement basée sur des faits réels . L'on y voit cet allemand , dévoué corps et ame à la cause nazie , gravir un à un les échelons des SS pour finir commandant du camp d'Auschwitz-Birkenau . Ce qui est frappant chez cet homme , c'est l'absence totale d'empathie ! C'est un etre totalement déshumanisé qui n'aura de cesse de satisfaire ses supérieurs lui demandant d'aller toujours plus loin dans l'indicible ! A noter cette abscence d'empathie , tout autant pour les victimes que pour sa femme Elsie et leurs trois enfants . Une seule chose compte , bien faire le travail qui lui est confié ! L'echec n'est pas envisageable ! Parlons de ses prérogatives : appelé à diriger un camp initialement prévu pour rééduquer les déviants et les opposants au régime , il s'averera rapidement que suite à l'accession d'Hitler au pouvoir supreme , ces camps seront desormais destinés à l'éradication pure et simple de la race Juive ! Et c'est là que ce fonctionnaire besogneux donnera la pleine mesure de son " talent " en participant plus qu'activement au développement de nouvelles techniques visant a tuer et faire disparaitre le plus de Juifs possible . Je dis Juif , lui parle d'unités...Ces etres humains n'ont pas de véritable consistance à ses yeux , ils sont immateriels et ne sont appréhendés que dans leur globalité ! Ils ne sont qu'un chiffre de morts à atteindre à une date donnée ! Effrayant...
    Il sera , notamment , celui qui préconisera l'emploi du gaz ( le Cyclon B ) alors que les émanations de pots d'échappement faisaient originalement office de grande faucheuse . Plus rapide donc possibilité de décimer à plus grande échelle ! le chiffre , toujours le chiffre !
    Ce type , ce bourreau devrais-je dire meme si ce dernier ne se verra jamais comme tel mais juste comme un simple éxécutant , choque par son absence totale de remords ! Pas d'états d'ame , il est juste là pour effectuer un boulot du mieux possible et il s'y emploiera , hélas , avec la réussite que l'on sait ! J'avais des ordres , je les ai éxécuté ! Point ! Il est à ce point embrigadé qu'à un moment donné , lorsque sa femme lui demandera ce qu'il ferait s'il recevait l'ordre d'éliminer ses propres enfants , il répondra tout naturellement par l'affirmative ! Effrayant !
    Le slogan de l'Allemagne Nazie : Deutchland uber alles ! L'Allemagne avant tout ! Lang en sera un pur produit ! Rien n'est au-dessus du Fuhrer, pas meme sa propre famille..Effrayant !
    Livre dérangeant s'il en est focalisé sur l'un des rouages les plus connus de la machine nazie et son ascension légitimée par une créativité sans bornes en matiere de crime de masse !
    J'invite les révisionnistes et les provocateurs en mal de publicité à redécouvrir les nombreux témoignages tels que :
    - Nuit et brouillard
    - de Nuremberg à Nuremberg
    - Les dossiers secrets du Nazisme...afin de réaliser définitivement que cette période n'était sans doute pas qu'un point de détail de l'histoire...
    Merci à Robert Merle pour ce témoignage glaçant mais nécéssaire .
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    • Livres 5.00/5
    Par fleurdusoleil, le 30 novembre 2011

    fleurdusoleil
    La mort est mon métier. Un titre très évocateur de ce que l'on apprend dans ce roman de Robert Merle. Personne ne peut oublier l'Holocauste. Ce que Hitler, dans sa folie, a fait subir à la race humaine, et en particulier aux Juifs ne pourra jamais être effacé. Il ne le faut pas car il est indispensable que ceci ne se reproduise plus...
    Robert Merle a écrit son roman en 1952 en sachant pertinemment qu'il était à contre courant de ce qui s'était déjà écrit. Beaucoup d'écrivains étaient revenus sur cette horreur en se basant sur les témoignages de rescapés des camps de concentration et d'extermination. En donnant la parole a ceux qui avaient connu l'Enfer et en rendant hommage aux disparus.
    Robert Merle nous offre une vision inversée de cet épisode de l'histoire par le regard de ces hommes qui ont commis l'irréparable.
    La mort est mon métier est inspiré des confessions à un psychologue américain lors du procès de Nuremberg de Rudolph Hoess, commandant du camp d'Auschwitz.
    Si la première partie du roman, retraçant l'enfance et la vie de Rudolph Lang, est romancée et fictive, la seconde partie sur le camp d'Auschwitz et la mise en place de la Solution Finale, est un véritable travail d'historien construit à l'aide des documents du procès de Nuremberg.
    Robert Merle a fait un travail remarquable dans ce livre car il est essentiel de tenter de comprendre comment des hommes et des femmes ont pu suivre la folie d'un seul et commettre un acte d'une telle immoralité. Quels sont les éléments déclencheurs d'une telle atrocité ? Et surtout pourquoi ? N'avaient-ils aucune conscience ?
    Rudolph Lang lui n'en avait plus. Son enfance sans amour et la perte de sa foi chrétienne l'ont entrainé dans les profondeurs de l'indifférence. Lang est devenu une machine réglée pour obeir quelque soit l'ordre. Il a été conditionné dès l'enfance à accomplir sa tâche "parfaitement et à fond". Lorsque Himmler lui ordonne de mettre en place un camp d'extermination à Auschwitz, c'est avec zèle et détermination qu'il se met à l'oeuvre. Il ne réfléchit en aucun cas à l'ampleur catastrophique de ses actes. Pour lui, les Juifs ne sont qu'une marchandise à traiter....et son travail est de les tuer pour le bien de l'Allemagne. Cette froideur dans les yeux de Rudolph n'est que le reflet d'une âme profondément annihilée.
    Le but de Robert Merle n'est pas de nous justifier les décisions des officiers nazis. Bien au contraire, il nous ouvre les yeux sur les mécanismes dévastateurs d'une propagande tissée de faux patriotisme, de mensonges et de haine ayant menée des humains à détruire en masse d'autres humains. Afin que ceci ne se reproduise plus jamais, il faut parfois choquer et ne pas avoir peur de montrer l'Horreur.
    En bref, La mort est mon métier est un livre d'histoire, éprouvant mais oh combien nécessaire. Il permet de ne jamais oublier que nous pourrions être un jour ces hommes et ces femmes combattant pour des idéaux pervertis et monstrueux en obéissant aveuglément aux missions décrites comme salutaires pour la patrie, fussent-elles inhumaines....N'oubliez jamais !!!

    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2011/11/la-mort-est-mon-metier-r..
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    • Livres 4.00/5
    Par nuitet0ilee, le 15 janvier 2012

    nuitet0ilee
    Ca va être difficile de donner un avis sur ce livre, car on ne peut pas juger ou donner une appréhension sur des faits historiques aussi horribles. Il faut donc pour ce livre avoir le coeur bien accroché, c'est une lecture très intense, qui m'a amené à réfléchir sur le devoir et qui m'a plusieurs fois écoeuré.
    On suit la vie de Rudolf, de ses treize ans à son emprisonnement. Il a eu une éducation assez rigide, son père était très croyant et voulait faire de son fils un prêtre. Un épisode marquera son enfance c'est lorsque il veut frapper un camarade de classe et celui glisse et se blesse à la jambe, Rudolf va tout de suite se confesser et il est terrifié à l'idée que son père l'apprenne. le soir même, son père l'apprend, Rudolf croyant avoir été dénoncé par le Père, va perdre la foi.
    Il va se tourner vers l'armée, deux tentatives alors qu'il est mineur, puis il combattra en Turquie et d'autres endroits durant la première Guerre Mondiale. Puis la guerre s'arrête, il va se retrouver à ne rien faire, sans ambitions, errant.
    Pendant l'entre deux guerres, il va combattre à l'Est et dans la Ruhr, malgré le traité de Versailles qui s'oppose à une armée allemande. Il va ensuite s'inscrire au Parti Nazi et voilà comment il va se retrouver à la tête du camp d'Auschwitz-Birkenau.
    Pendant toute ma lecture, j'ai voulu comprendre la personne de Rudolf, comprendre comment il arrive à devenir une machine à tuer. Mais on ne peut pas comprendre, c'est une personne froide, sans réel sentiment, il fait toutes ces actions par ordre de quelqu'un : même se marier ! C'est vraiment une machine, il est déshumanisé comme le dit le Procureur de son procès. Elsie m'a marqué lorsqu'elle apprend ce que son mari mijote dans ces camps, elle a envie de le faire réfléchir, réagir à cette horreur qu'il fait. Même Setler, le bras droit de Rudolf à Birkenau est plus “admirable” car il préfère s'arrêter de vivre que continuer cette horreur.
    Je ne crois pas avoir déjà lu d'avis de l'autre côté de ce drame, j'ai surtout lu du côté des persécutés : le livre de Primo Levi Si c'est un homme décrit l'intérieur d'un camp de concentration. Donc ici, ça donne une vision totalement différente, et même aberrante, on n'arrête pas de se demander comment font-ils pour supporter à vivre, pour continuer? Rudolf a imaginé le principe des chambres à gaz et des fours crématoires au même endroit, il a visité d'autres camps d'extermination pour réaliser un camp supérieur au nombre de morts. Ca devient la mort industrielle, atteindre le chiffre fixé et même le dépasser si possible, écœurant. Ce qui m'a le plus dégoûté sont les descriptions des camps : l'odeur de chair humaine brûlée a failli plusieurs fois me faire vomir, imaginer également que les chefs de camps habitent en dehors et vivent raisonnablement alors que tous les jours des hommes sont tués à quelques centaines de mètres ou kilomètres.
    J'étais souvent étonné qu'il n'y ait pas de rébellions et si à la fin du livre un groupe de juifs se rebellent et prennent les mitraillettes des SS, et des mères également cachent leurs enfants dans leurs vêtements aux vestiaires, c'est touchant même si ça n'empêche pas qu'il soit tués.
    Rudolf explique ce travail par ordre, par devoir. Ca nous fait réfléchir sur : jusqu'au peut-on aller par devoir ? Lui-même est capable de tuer son propre fils sur ordre, et Himmler a tué son neveu pour montrer que le devoir n'a aucune limite.
    Vraiment c'est un livre qu'il faut lire, si vous avez l'estomac bien accroché : à ne pas mettre en de jeunes mains, ça nous amène à réfléchir sur cette période.
    En tout cas pour moi ce fut une lecture intense, intéressante.

    Lien : http://novelenn.wordpress.com/2011/12/02/la-mort-est-mon-metier-robe..
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 01 juillet 2011

    canel
    Rudolf Lang apprend à treize ans que son destin est tout tracé : il entrera dans les ordres pour expier les fautes paternelles. A la mort de son père en 1914, le jeune garçon se libère de cette volonté et oeuvre pour partir au front. Il deviendra finalement soldat en 1916, dès seize ans. Dès lors, sa vie sera intimement liée au sentiment patriotique.
    Voici un roman-documentaire choc. Même si on estime avoir lu de nombreux ouvrages sur le nazisme, celui-ci offre un éclairage particulier. Robert Merle prend l'exemple de Rudolf Hoess (qui a réellement existé) pour montrer comment les idéaux nazis ont pu s'enkyster chez un individu - mais pas n'importe quel individu - et faire de lui un monstre. Rudolf a été élevé par un père tyrannique, impitoyable, obsédé par la religion et le péché. Croyant échapper à l'emprise paternelle, le jeune homme se "libère" en rejoignant l'armée, où il subit de fait d'autres tyrannies : celle de la hiérarchie, mais aussi celle de l'extrême rigueur qu'il s'impose lui-même. Nous suivons le cheminement de cet homme froid, ce "petit fonctionnaire calme et scrupuleux" (p. 369), capable du meilleur et du pire, qui éprouve plus de plaisir en cirant ses bottes qu'entre les bras d'une femme... le fait que son sens de la discipline occulte tout sentiment, toute faculté de jugement est terrifiant : "Je n'ai pas à m'occuper de ce que je pense. Mon devoir est d'obéir." (p. 363). le sadisme semble étrangement absent de ses actes, ceux-ci sont dictés par un effroyable souci d'ordre et d'obéissance envers un idéal... Ce récit a de quoi bouleverser bien des idées préconçues. Il est évidemment dur, parfois insoutenable, puisque Rudolf Lang fut un rouage important du monstrueux mécanisme d'élimination des Juifs...
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    • Livres 5.00/5
    Par pages-de-lecture, le 19 juin 2009

    pages-de-lecture
    Ce livre est un des plus affreux que j'ai lu. Il m'a provoqué un tel dégout, j'ai presque failli fermer le livre. Ce livre est écrit à la première personne et c'est Rudolf Höss (Rudolh Lang dans le livre), responsable de centres de concentration puis d'extermination dont Auschwitz. Robert Merle nous narre, dans un ton froid, glacial, la vie de cet homme du début (pratiquement) jusqu'à la fin. On voit que son éducation, son engagement dans l'armée puissent expliquer ce qu'il a fait lors de la seconde guerre mondiale, son obéissement envers ses supérieurs. le livre, par la biographie de cet homme (qui a conçu Auschitz), nous amène à réfléchir sur l'être humain, sur ce qu'est capable de faire un (ou plutot des) homme. De tuer ses pairs (parce que les Juifs sont aussi des hommes, même si les nazis ne les considéraient pas tel quel, de plus, ce qui me faisait froid dans le dos, c'est que j'avais l'impression que Rudolf Lang, ne se posait même pas la question de savoir si éliminer des Juifs était juste ou pas, si les Juifs étaient comme le pensait Hitler des "sous hommes", pour moi, il s'est engagé dans le parti nazi car il aimait l'armée et puis Himmler lui a donné des responsabilités jusqu'à celle de concevoir un camp d'extermination, il a alors obéit car c'est la seule chose qu'il devait faire, il n'était pas responsable de tout ça, c'était Himmler et ses supérieurs les responsables de la création de camps qui tuent). Je n'arrivais pas tout au long du livre à comprendre cet homme, son obéissance "militaire", le peu de sensibilité, la cruauté, cet homme a l'air tellement éloigné de nous mais quand on y réfléchit, c'est un homme (ce n'est pas un animal ou une machine) comme nous. Ce livre va en crescendo, ce que je veux dire, c'est que plus, on avance dans la vie de cet homme, plus on supporte les horreurs que produit Rudolf Lang. Lorsqu'il va visiter les autres camps et qu'il conçoit Auschwitz et les chambres à gaz, c'est horrible, immonde, inhumain. Comment a-t-il pu faire ça? Je ne vous donne pas les éléments de réponse qu'à pu apporter son procès, je vous laisse lire ce livre.
    Ce livre décrit, de façon glaciale, des horreurs mais selon moi, il est important de le lire. (pour continuer à lire ce livre, dans les qq pages qui sont vraiment horribles, je pensais aux Juifs et autres personnes qui ont vécu ça, je me suis dis que je pouvais bien essayer de lire ça, pour eux, pour "comprendre" ce qu'ils ont subi. C'est rien et minime, je sais.
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Citations et extraits

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  • Par beeshop, le 17 août 2008

    Extrait de la préface du livre écrite par Robert Merle signé du 27 avril 1972
    Il y a bien des façons de tourner le dos à la vérité. On peut se refugier dans le racisme et dire : les hommes qui ont fait cela étaient des Allemands. On peut aussi en appeler à la métaphysique et s’écrier avec horreur, comme un prêtre que j’ai connu : « Mais c’est le démon ! Mais c’est le Mal !... ».
    Je préfère penser, quant à moi, que tout devient possible dans une société dont les actes ne sont plus contrôlés par l’opinion populaire. Dès lors, le meurtre peut bien lui apparaitre comme la solution la plus rapide à ses problèmes.
    Ce qui est affreux et nous donne de l’espèce humaine une opinion désolée, c’est que, pour mener à bien ses desseins, une société de ce type trouve invariablement les instruments zélés de ses crimes.
    C’est un de ces hommes que j’ai voulu décrire dans La Mort est mon Métier. Qu’on ne s’y trompe pas : Rudolf Lang n’était pas un sadique. Le sadisme a fleuri dans les camps de la mort, mais à l’échelon subalterne. Plus haut, il fallait un équipement psychique très différent.
    Il y eu sous le nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l’intérieur de l’immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs « mérites » portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref, en homme de devoir : et c’est en cela justement qu’il est monstrueux.
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  • Par beeshop, le 17 août 2008

    « Je passai la semaine qui suivit dans une angoisse terrifiante : le rendement de Treblinka était de 500 unités par 24 heures, celui d’Auschwitz devait être, selon le programme, de 3000 unités ; dans quatre semaines à peine, je devais remettre au Reichsführer un plan d’ensemble sur la question, et je n’avais pas une idée.
    J’avais beau tourner et retourner le problème sous toutes ses faces, je n’arrivais même pas à entrevoir sa solution. J’avais vingt fois par jour la gorge douloureusement serrée par la certitude de l’échec, et je me répétais avec terreur que j’allais lamentablement échouer, dès l’abord, dans l’accomplissement du devoir. Je voyais bien, en effet, que je devais obtenir un rendement six fois plus élevé qu’à Treblinka, mais je ne voyais absolument aucun moyen de l’obtenir. Il était facile de construire six fois plus de salles qu’à Treblinka, mais cela n’aurait servi à rien : il eut fallu avoir aussi six fois plus de camions, et là-dessus, je ne me faisais aucune illusion. Si Schmolde, en dépit de toutes ses demandes, n’avait pas reçu de dotation supplémentaire, il allait de soi que je n’en recevrais pas non plus.

    Je m’enfermais dans mon bureau, je passais des après-midi à essayer de me concentrer, je n’y parvenais pas, l’envie irrésistible me venait de me lever, de sortir de ce bureau dont les quatre murs m’étouffaient ; je me forçais à me rassoir, mon esprit était un blanc total, et j’éprouvais un profond sentiment de honte et d’impuissance à la pensée que j’étais inférieur à la tâche que le Reichsführer m’avait confiée. »
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  • Par lehane-fan, le 08 mai 2011

    J'apportai immediatement une amélioration notable au systeme de Treblinka . Je fis inscrire sur les deux batiments : " Salle de désinfection " , et je fis installer , à l'interieur , des pommes de douche et des tuyauteries en trompe-l'oeil , pour donner l'impression aux détenus qu'on les amenait là pour se laver . Toujours dans le meme esprit , je donnai à l'Untersturmfuhrer de service les instructions suivantes : il devait annoncer aux détenus qu'apres la douche , du café chaud leur serait servi . Il devait , en outre , entrer avec eux dans " la salle de désinfection " et circuler de groupe en groupe en plaisantant ( et en s'excusant de ne pouvoir distribuer du savon ) jusqu'à ce que tout le monde fut entré .
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  • Par beeshop, le 17 août 2008

    « Je compris aussi qu’il fallait mettre les chambres à gaz en relation avec la gare, et construire une voie ferrée qui amènerait les transports devant leur porte, tant pour éviter les pertes de temps que pour cacher le contenu des trains à la population civile d’Auschwitz.
    Ainsi, peu à peu, l’idée prenait corps dans mon esprit, avec une précision grisante, d’une gigantesque installation industrielle, directement desservie par le rail, et dont les superstructures, s’élevant sur d’immense salles souterraines, comprendraient des cantines pour le personnel, des cuisines, des dortoirs, des beutekammer (chambre de butin), ainsi que des salles de dissection et d’études pour les savant nationaux-socialistes. »
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  • Par mgeffroy, le 21 janvier 2008

    « Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s'éclaira...
    - Le Führer, dit-il d'une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
    Il fit une pause et ajouta :
    - Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
    Je le regardai. Il dit sèchement :
    - Vous avez l'air effaré. Pourtant, l'idée d'en finir avec les Juifs n'est pas neuve.
    - Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu'on ait choisi... »
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Démo de la pièce de théâtre "Ceux de Malevil" d'après le roman "Malevil" de Robert Merle; adaptation et mise en scène: Jérôme Dalotel.








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