Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2070367894
Éditeur : Gallimard (1976)


Note moyenne : 4.27/5 (sur 527 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
«Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s'éclaira...
- Le Führer, dit-il d'une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta :
- Vous avez été choisi pour exécuter cette ... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (73)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par araucaria, le 04 mars 2013

    araucaria
    Un excellent roman historique. Mais ce livre est très noir, très dur puisqu'il nous conduit dans les chambres à gaz et les fours crématoires d'Auschwitz. Obéîr sans réfléchir, sans activer sa conscience, uniquement pour faire son devoir, peut amener à des conséquences dramatiques, désastreuses, voilà la leçon que nous enseigne entre-autres Robert Merle. Un texte qui émeut, qui ne laisse pas indifférent. Un livre capital à découvrir absolument. Je le recommande à tous les lecteurs qui se sont déjà documentés sur la shoa et on lu par exemple des témoignages comme ceux de Primo Levi. Ce roman me semble être un excellent complément à tous les témoignages des survivants des camps de la mort.

    Lien : http://araucaria.20six.fr
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          4 73         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 29 novembre 2012

    Gwen21
    La terrifiante réalité des atrocités de la Seconde Guerre Mondiale servie par le plume brillante et sans concession d'un auteur rompu à tous les exercices de style, cela vous donne un grand roman tel que La mort est mon métier.
    Sans chercher à stéréotyper l'homme allemand, Robert Merle cherche à nous faire partager la pensée d'un individu endoctriné parmi d'autres, comme tant d'autres. Un homme prisonnier d'un passé de souffrance, d'un présent de conviction et d'un avenir d'espérance ; un avenir à construire sur les ruines d'un monde décrété corrompu.
    Tel un bon ouvrier appliqué à sa tâche sur le chantier d'un Etat à reconstruire, le personnage principal (je ne peux quand même pas le nommer "héros") nous glace le sang par ses actes et par ses pensées mais nous permet de mieux "comprendre" ce qui s'est passé dans la tête et l'existence de millions d'Allemands dans l'entre-deux-guerres pour aboutir à cette catastrophe humaine et politique qui n'a pas encore fini de nous traumatiser.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 48         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 08 avril 2013

    fredho
    Début du xxè, Rudoph Lang grandit dans une famille allemande composée de deux grandes sœurs, d'une mère au foyer et d'un père tyrannique et très pieux. le père ayant commis un pêché de jeunesse pendant un voyage en France, souhaite faire de son fils un prêtre afin d'expier sa faute. Sous l'autorité de ce père bigot, la famille subit une éducation catholique très stricte, contrainte aux prières quotidiennes.
    Un jour Rudolph, sous un accès de colère, casse la jambe de l'un de ses camarades, celui-ci ne le dénoncera pas, mais Rudolph ira se confesser auprès du prêtre de l'école. le soir même, il s'aperçoit avec stupeur que son père est au courant, et croit que le prêtre l'a dénoncé. A ce jour, le jeune garçon perd à jamais la foi en Dieu.
    Après la mort de son père, Rudolph conserve malgré tout, cette discipline religieuse inculquée par ce dernier.
    La 1ère guerre mondiale éclate, le jeune adolescent alors âgé de 16 ans essaie de s'enrôler sur le front mais trop jeune, il est vite refouler. Il se porte alors volontaire dans un hôpital militaire où il fera la connaissance d'un dragon de cavalerie qui lui inculquera le sens du devoir patriotique. Par conséquent, Rudolph s'éloigne définitivement de l'église chrétienne et de sa famille, et n'aura dorénavant qu'une église : l'Allemagne.
    Après la guerre 14-18, il connaît pendant une longue période le chômage, la faim et le froid. La misère pousse le jeune homme à rejoindre différents groupements militaires, ainsi en 1920 il adhère au parti nazi. Il retrouve alors les ordres et la discipline, ses seules raisons de vivre.
    Après la prise de pouvoir d'Hitler, Himmler qui voit en Rudolph Lang un bon organisateur, lui fait rapidement grimper les échelons et lui confiera par la suite, le poste de commandant au camp d'Auschwitz où il aura ordre de supprimer le plus grand nombre de juifs...
    Sous la belle plume de Robert Merle, nous pénétrons dans l'âme perverse d'un nazi, nous parcourons l'ascension d'un homme déshumanisé, qui ne montre ni sentiments, ni pitié. Guidé par les ordres et la discipline auxquels se soumet volontiers Rudolph Lang, il ne mettra à aucun moment en doute la gravité de ses actes, et se pliera à l'autorité hiérarchique.
    Rudolph Lang n'écoute pas sa conscience, il ne pense pas et n'a qu'une devise :
    « Mon devoir est d'obéir ».
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 30         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par bouquine, le 10 avril 2013

    bouquine
    « La mort est mon métier » est un témoignage terrifiant, difficilement supportable mais captivant. Travail d'historien primordial pour la postérité, le roman de Robert Merle est basé sur l'enquête d'un psy réalisée au moment du procès de Nuremberg. Il se présente comme le journal intime du commandant du camp d'Auschwitz-Birkenau, son enfance, son ascension jusqu'à sa chute. L'emploi du « je » confère au récit une proximité épouvantable.
    Comment devient-on un bourreau monstrueux capable d'organiser l'horreur au rang d'une industrie ? de l'optimiser dans les moindres détails ?
    Des traumatismes de l'enfance qui trouveront une compensation dans l'armée, comme un ersatz de famille offrant un sentiment de sécurité, un refuge dans l'obéissance et le culte du chef, puis les stigmates de 14-18 - l'humiliation après le traité de Versailles ressenti comme un «diktat» et la spirale chômage-misère des années 20 - enfin les idées nauséabondes scandées en « prêt à penser » par le parti nazi, ont joué leurs rôles d'attiseurs sur cet homme manifestement déséquilibré.
    On suit son évolution dans les rangs des SA puis des SS en parallèle avec celle du IIIème Reich. Pour ses talents d'organisateur, le Reichfürher lui confiera la mission secrète de réaliser le plus grand camp d'extermination, avec des objectifs imposés en temps et en «unités » (comprenez juifs). Sans esprit critique, sans état d'âme, aucune trace de pitié ni de remords, enfin, sans aucune humanité, il y parvint bien au-delà des espérances de ses chefs. Simplement obéir avec une froide détermination, exécuter les ordres avec zèle pour être utile à la cause/patrie.
    « Comme un tableau de Breughel, celui qui peignait l'enfer ». C'est ainsi qu'est décrit par l'un des SS le « traitement spécial », génocide planifié dans les camps de la mort. Mais le tableau est une œuvre d'art, une allégorie alors que ces camps étaient l'enfer.
    Après cette lecture réellement éprouvante, j'aimerais savoir comment a survécu sa famille, dans l'après-guerre. Ses enfants étaient encore très jeunes au moment des faits et ont logé sur le site d'Auschwitz. Comment a-t-il pu vivre une vie de famille à côté de l'horreur absolue ? J'ai lu quelque part que sa femme recommandait aux enfants de bien essuyer la poussière retombée des cheminées et déposée sur les fraises du jardin avant de les manger !
    Ne dit-on pas que les bourreaux ont d'abord été des victimes ? On peut en convenir pour quelques individus, monstres fabriqués par l'enchaînement de circonstances puis par un système. Mais l'inconcevable, c'est le nombre ! Combien y a-t-il eu de Höess ? Voilà l'inimaginable.
    Cela m'évoque ces paroles d'une chanson de Goldman « Qu'on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps D'avoir à choisir un camp».
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 28         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 27 avril 2012

    gill
    Rudolf Lang a existé.Il s'appelait en réalité Rudolf Hoess.
    Ce livre écrit le récit de sa vie durant laquelle il devint un bourreau nazi.
    Écrit de 1950 à 1952 il est contemporain du conflit, ce roman est complexe et peut donner de l'espèce humaine une opinion désolée.
    Il fallait tout le talent de Robert Merle pour donner sa force à ces lignes qui dénoncent la soumission à l'ordre, l'impératif catégorique, la fidélité au chef et le respect pour l'état lorsqu'ils mènent au pire de la tragédie.
    Ce grand livre courageux et philosophique est écrit par un des plus grands auteurs français de son époque.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 37         Page de la critique

> voir toutes (26)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par beeshop, le 17 août 2008

    Extrait de la préface du livre écrite par Robert Merle signé du 27 avril 1972
    Il y a bien des façons de tourner le dos à la vérité. On peut se refugier dans le racisme et dire : les hommes qui ont fait cela étaient des Allemands. On peut aussi en appeler à la métaphysique et s’écrier avec horreur, comme un prêtre que j’ai connu : « Mais c’est le démon ! Mais c’est le Mal !... ».
    Je préfère penser, quant à moi, que tout devient possible dans une société dont les actes ne sont plus contrôlés par l’opinion populaire. Dès lors, le meurtre peut bien lui apparaitre comme la solution la plus rapide à ses problèmes.
    Ce qui est affreux et nous donne de l’espèce humaine une opinion désolée, c’est que, pour mener à bien ses desseins, une société de ce type trouve invariablement les instruments zélés de ses crimes.
    C’est un de ces hommes que j’ai voulu décrire dans La Mort est mon Métier. Qu’on ne s’y trompe pas : Rudolf Lang n’était pas un sadique. Le sadisme a fleuri dans les camps de la mort, mais à l’échelon subalterne. Plus haut, il fallait un équipement psychique très différent.
    Il y eu sous le nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l’intérieur de l’immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs « mérites » portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref, en homme de devoir : et c’est en cela justement qu’il est monstrueux.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 21         Page de la citation

  • Par araucaria, le 02 mars 2013

    Notre Führer Adolf Hitler avait défini une fois pour toutes l'honneur SS. Il avait fait de cette définition la devise de sa troupe d'élite : "Ton honneur", avait-il dit, "c'est ta fidélité". Désormais, par conséquent, tout était parfaitement simple et clair. On n'avait plus de cas de conscience à se poser. Il suffisait seulement d'être fidèle, c'est-à-dire d'obéir. Notre devoir, notre unique devoir était d'obéir. Et grâce à cette obéissance absolue, consentie dans le véritable esprit du Corps noir, nous étions sûrs de ne plus jamais nous tromper, d'être toujours dans le droit chemin, de servir inébranlablement, dans les bons et les mauvais jours, le principe éternel : L'Allemagne, l'Allemagne au-dessus de tout.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 38         Page de la citation

  • Par beeshop, le 17 août 2008

    « Je passai la semaine qui suivit dans une angoisse terrifiante : le rendement de Treblinka était de 500 unités par 24 heures, celui d’Auschwitz devait être, selon le programme, de 3000 unités ; dans quatre semaines à peine, je devais remettre au Reichsführer un plan d’ensemble sur la question, et je n’avais pas une idée.
    J’avais beau tourner et retourner le problème sous toutes ses faces, je n’arrivais même pas à entrevoir sa solution. J’avais vingt fois par jour la gorge douloureusement serrée par la certitude de l’échec, et je me répétais avec terreur que j’allais lamentablement échouer, dès l’abord, dans l’accomplissement du devoir. Je voyais bien, en effet, que je devais obtenir un rendement six fois plus élevé qu’à Treblinka, mais je ne voyais absolument aucun moyen de l’obtenir. Il était facile de construire six fois plus de salles qu’à Treblinka, mais cela n’aurait servi à rien : il eut fallu avoir aussi six fois plus de camions, et là-dessus, je ne me faisais aucune illusion. Si Schmolde, en dépit de toutes ses demandes, n’avait pas reçu de dotation supplémentaire, il allait de soi que je n’en recevrais pas non plus.

    Je m’enfermais dans mon bureau, je passais des après-midi à essayer de me concentrer, je n’y parvenais pas, l’envie irrésistible me venait de me lever, de sortir de ce bureau dont les quatre murs m’étouffaient ; je me forçais à me rassoir, mon esprit était un blanc total, et j’éprouvais un profond sentiment de honte et d’impuissance à la pensée que j’étais inférieur à la tâche que le Reichsführer m’avait confiée. »
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

  • Par slyshowbob, le 14 mars 2013

    — Vous voyez, dit-il en s’asseyant de nouveau derrière son bureau, le procédé est simple… mais il a fallu beaucoup tâtonner pour le mettre au point… En premier lieu, la fosse doit avoir… Comment dire ?… des dimensions optima.
    — J’ai trouvé qu’une bonne fosse devait avoir 50 mètrès de long, 6 mètres de large, et 3 mètres de profondeur.
    Il leva la main qui tenait le monocle :
    — Second point, et qui m’a donné beaucoup de mal : La disposition des fagots et des corps. Vous comprenez, elle ne doit pas se faire au hasard. Voici comment je procède : Je mets une première couche de fagots sur le sol. Sur cette couche je place une centaine de corps, et – c’est là le point important, Sturmbannführer ! – entre les corps je place d’autres fagots. J’allume ensuite avec des chiffons imbibés de pétrole, et quand le feu est bien pris, et alors seulement, j’ajoute des fagots, je jette de nouveaux corps…
    Il fit un petit geste de la main :
    — Et ainsi de suite…
    Il leva son monocle :
    — Troisième point : La graisse.
    Il me regarda.
    — Vous devez savoir, reprit-il, qu’au début, la combustion était gênée par l’énorme quantité de graisse qui se dégageait des corps. J’ai cherché une solution…
    Il eut un petit rire courtois :
    — … et j’ai trouvé. Je donne une pente à la fosse, je perce des rigoles d’écoulement, et je récupère la graisse dans un réservoir.
    Je dis :
    — Herr Standartenführer, les détenus qui puisaient cette graisse dans les seaux…
    Il eut un petit sourire de triomphe.
    — Précisément.
    Il mit ses deux mains à plat sur la table, et me regarda d’un air fin :
    — Ils en arrosent les corps. C’est toute l’astuce. J’arrose les corps avec une partie de la graisse qu’ils dégagent… Pourquoi ?
    Il leva la main droite :
    — Beaucoup de graisse gêne la combustion, mais un peu de graisse l’active. Par temps de pluie, par exemple, l’arrosage est précieux.
    Il ouvrit son étui en or, me le tendit, le tendit à Setzler, et nous donna du feu. Puis il prit une cigarette, éteignit son briquet, le ralluma, et présenta sa cigarette à la flamme.
    Je dis :
    — Herr Standartenführer, quel est le rendement par 24 heures d’une fosse de ce genre ?
    Il eut un petit rire :
    — Par 24 heures ! Mais vous voyez décidément les choses en grand !
    Il me jeta un regard de côté, son visage redevint sérieux, et il reprit :
    — Vous comprenez, le rendement par 24 heures ne se pose pas pour moi. Je n’ai jamais de telles quantités à traiter. Cependant, je puis vous dire mon rendement par heure. Il est de 300 à 340 unités ; 340 par temps sec, et 300 par temps de pluie.
    Je fis le calcul et je dis :
    — 8 000 corps par 24 heures !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par lehane-fan, le 08 mai 2011

    J'apportai immediatement une amélioration notable au systeme de Treblinka . Je fis inscrire sur les deux batiments : " Salle de désinfection " , et je fis installer , à l'interieur , des pommes de douche et des tuyauteries en trompe-l'oeil , pour donner l'impression aux détenus qu'on les amenait là pour se laver . Toujours dans le meme esprit , je donnai à l'Untersturmfuhrer de service les instructions suivantes : il devait annoncer aux détenus qu'apres la douche , du café chaud leur serait servi . Il devait , en outre , entrer avec eux dans " la salle de désinfection " et circuler de groupe en groupe en plaisantant ( et en s'excusant de ne pouvoir distribuer du savon ) jusqu'à ce que tout le monde fut entré .
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation

> voir toutes (5)

Videos de Robert Merle

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Robert Merle

Démo de la pièce de théâtre "Ceux de Malevil" d'après le roman "Malevil" de Robert Merle; adaptation et mise en scène: Jérôme Dalotel.








Sur Amazon
à partir de :
6,19 € (neuf)
5,24 € (occasion)

   

Faire découvrir La Mort est mon métier par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (1050)

> voir plus

Quiz