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ISBN : 2070367894
Éditeur : Gallimard (1976)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.25/5 (sur 1208 notes)
Résumé :
"Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s'éclaira...
- Le Führer, dit-il d'une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta:
- Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
Je le regardai. Il dit sèchement :
- Vous avez l'air effaré. Pourtant, l'idée d'en finir avec les Juifs n'est pas neuve.
- Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné ... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (130) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
araucaria04 mars 2013
  • Livres 5.00/5
Un excellent roman historique. Mais ce livre est très noir, très dur puisqu'il nous conduit dans les chambres à gaz et les fours crématoires d'Auschwitz. Obéîr sans réfléchir, sans activer sa conscience, uniquement pour faire son devoir, peut amener à des conséquences dramatiques, désastreuses, voilà la leçon que nous enseigne entre-autres Robert Merle. Un texte qui émeut, qui ne laisse pas indifférent. Un livre capital à découvrir absolument. Je le recommande à tous les lecteurs qui se sont déjà documentés sur la shoa et on lu par exemple des témoignages comme ceux de Primo Levi. Ce roman me semble être un excellent complément à tous les témoignages des survivants des camps de la mort.
Lien : http://araucaria.20six.fr
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Gwen21
Gwen2129 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
La terrifiante réalité des atrocités de la Seconde Guerre Mondiale servie par la plume brillante et sans concession d'un auteur rompu à tous les exercices de style, cela vous donne un grand roman tel que "La Mort est mon métier".
Sans chercher à stéréotyper l'homme allemand, Robert Merle cherche à nous faire partager la pensée d'un individu endoctriné parmi d'autres, comme tant d'autres. Un homme prisonnier d'un passé de souffrance, d'un présent de conviction et d'un avenir d'espérance ; un avenir à construire sur les ruines d'un monde décrété corrompu.
Tel un bon ouvrier appliqué à sa tâche sur le chantier d'un Etat à reconstruire, le personnage principal (je ne peux quand même pas le nommer "héros") nous glace le sang par ses actes et par ses pensées mais nous permet de mieux "comprendre" ce qui s'est passé dans la tête et l'existence de millions d'Allemands dans l'entre-deux-guerres pour aboutir à cette catastrophe humaine et politique qui n'a pas encore fini de nous traumatiser.
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Ellane92
Ellane9217 novembre 2013
  • Livres 5.00/5
Comment appelle-t-on un homme qui fait du massacre en masse ? Un bourreau ? Un tyran ? Un "génocidaire" ? La réponse de Robert Merle donne son titre à l'ouvrage : il s'agit d'un homme dont "La mort est le métier". Sur la base des rapports de psychiatrie de Rudolf Hess et des rapports du procès de Nuremberg, Merle nous livre la vie, l'histoire et les pensées de Rudolf Hoss, commandant du camp d'extermination d' Auschwitz-Birkenau.
Au premier abord, on est pris de sympathie pour l'enfance du futur nazi, auprès d'un père chrétien intégriste qui le voue à la carrière religieuse et d'une mère et de soeurs transparentes. On suit avec soulagement son adolescence et son entrée dans le régiment des dragons. Puis l'on devient inquiet lorsque, las du chômage et de la misère qu'il connait lors de son retour en Allemagne, il sympathise avec un groupe politique qui commence à prendre de l'importance, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (ou parti nazi). Car après un séjour en prison et une période de calme, Rudolf est ravi de déposer sa vie, son obéissance et son honneur aux pieds de ses supérieurs, eux qui ont une vue stratégique de l'ensemble des actions demandées à leurs subalternes, eux dont les décisions, quelles qu'elles soient, sont justes et eux qui, enfin, légitiment toutes les conséquences des actions qu'ils auront demandées. Y compris lorsqu'il s'agit de rendre opérationnel et de faire un modèle de rendement du futur camp d'extermination d'Auschwitz.
Robert Merle est un conteur, lui qui mêle dans ce livre, sur le même ton et avec la même précision clinique, des morceaux de vie de famille et d'horreur. Cet ouvrage fait partie des livres qui ne se lâchent pas, que l'on dévore, qui nous obsèdent tant qu'ils ne sont pas finis, et bien après encore. Merle ne nous épargne aucune image, ni la misère des camps, ni les fumées asphyxiantes de la graisse versée sur les corps pour brûler les os, ni les stratégies pour convaincre les juifs d'entrer en bon ordre dans les chambres à gaz. Parce qu'au final, le problème "de la solution finale", c'est l'optimisation du rendement des camps comme celui d'Auschwitz : ce n'est pas de tuer en masse qui est compliqué, mais de savoir quoi faire des corps de façon à tuer encore plus encore plus vite.
Et que tout ce qui est décrit est réel, a eu lieu, dans un passé dont des rescapés nous parlent encore.
Au final, je ne sais pas si je suis convaincue par la thèse de Merle sur la naissance d'un bourreau. Pour moi, l'énigme demeure sur le déroulement qui amène un homme, au choix : à tuer, à torturer ses semblables, à massacrer, à ignorer sa part d'humanité pour mieux nier celle de l'autre. Je ne peux pas croire que tous les nazis étaient des « fous ». Alors, comment se peut-il… ? Ce roman de Merle m'a marquée, en décrivant un parcours possible. Et s'il me laisse toujours aussi démunie face à la folie de certains hommes, il permet au moins d'informer et de faire se poser quelques bonnes questions.
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palamede
palamede03 février 2016
  • Livres 4.00/5
Obéir aux ordres, fussent-ils les plus fous, les plus inconcevables, les plus atroces, c'est la défense des criminels de guerre nazis, ils ont obéi aux ordres. Quand on est militaire cela fait partie des règles de base, et quand on est allemand cela fait partie des gènes dit-on. Seulement là, ce n'est pas recevable, le crime est trop horrible, trop grand, personne ne leur pardonnera, ils seront même responsables du sentiment de culpabilité des générations suivantes, aujourd'hui encore.
Rudolf Höss (Rudolph Lang dans le roman), le commandant du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, fait partie de ces hommes, un militaire à qui Himmler a ordonné d'appliquer la solution finale aux Juifs et qui s'est acquitté de sa tâche avec « soin », sans affect pour les victimes quelles qu'elles soient, il dira d'ailleurs face à ces juges : " vous comprenez, je pensais aux Juifs en termes d'unités, jamais en termes d'êtres humains. Je me concentrais sur le côté technique de ma tâche ".
La Mort est mon métier est remarquable dans ce qu'il illustre parfaitement cette attitude qui conduit à la banalité du mal dont parle la philosophe Hannah Arendt. Envoyée spéciale du New Yorker en Israël au procès d'Adolf Eichmann, elle a estimé que l'homme était tristement banal, un petit fonctionnaire ambitieux et zélé, entièrement soumis à l'autorité, incapable de distinguer le bien du mal.
Eichmann comme Rudolf Höss ont cru accomplir un devoir, ils ont suivi les consignes et cessé de penser. Et le seul moyen d'échapper à l'inhumain qui se loge en chacun n'est-il pas bien de penser, de réfléchir à nos actes en dehors de toute pression extérieure ?
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gill
gill27 avril 2012
  • Livres 5.00/5
Rudolf Lang a existé.Il s'appelait en réalité Rudolf Hoess.
Ce livre écrit le récit de sa vie durant laquelle il devint un bourreau nazi.
Écrit de 1950 à 1952 il est contemporain du conflit, ce roman est complexe et peut donner de l'espèce humaine une opinion désolée.
Il fallait tout le talent de Robert Merle pour donner sa force à ces lignes qui dénoncent la soumission à l'ordre, l'impératif catégorique, la fidélité au chef et le respect pour l'état lorsqu'ils mènent au pire de la tragédie.
Ce grand livre courageux et philosophique est écrit par un des plus grands auteurs français de son époque.
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Citations & extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
beeshopbeeshop17 août 2008
Extrait de la préface du livre écrite par Robert Merle signé du 27 avril 1972

Il y a bien des façons de tourner le dos à la vérité. On peut se refugier dans le racisme et dire : les hommes qui ont fait cela étaient des Allemands. On peut aussi en appeler à la métaphysique et s’écrier avec horreur, comme un prêtre que j’ai connu : « Mais c’est le démon ! Mais c’est le Mal !... ».

Je préfère penser, quant à moi, que tout devient possible dans une société dont les actes ne sont plus contrôlés par l’opinion populaire. Dès lors, le meurtre peut bien lui apparaitre comme la solution la plus rapide à ses problèmes.

Ce qui est affreux et nous donne de l’espèce humaine une opinion désolée, c’est que, pour mener à bien ses desseins, une société de ce type trouve invariablement les instruments zélés de ses crimes.

C’est un de ces hommes que j’ai voulu décrire dans La Mort est mon Métier. Qu’on ne s’y trompe pas : Rudolf Lang n’était pas un sadique. Le sadisme a fleuri dans les camps de la mort, mais à l’échelon subalterne. Plus haut, il fallait un équipement psychique très différent.

Il y eu sous le nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l’intérieur de l’immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs « mérites » portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref, en homme de devoir : et c’est en cela justement qu’il est monstrueux.

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araucariaaraucaria02 mars 2013
Notre Führer Adolf Hitler avait défini une fois pour toutes l'honneur SS. Il avait fait de cette définition la devise de sa troupe d'élite : "Ton honneur", avait-il dit, "c'est ta fidélité". Désormais, par conséquent, tout était parfaitement simple et clair. On n'avait plus de cas de conscience à se poser. Il suffisait seulement d'être fidèle, c'est-à-dire d'obéir. Notre devoir, notre unique devoir était d'obéir. Et grâce à cette obéissance absolue, consentie dans le véritable esprit du Corps noir, nous étions sûrs de ne plus jamais nous tromper, d'être toujours dans le droit chemin, de servir inébranlablement, dans les bons et les mauvais jours, le principe éternel : L'Allemagne, l'Allemagne au-dessus de tout.
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slyshowbobslyshowbob14 mars 2013
— Vous voyez, dit-il en s’asseyant de nouveau derrière son bureau, le procédé est simple… mais il a fallu beaucoup tâtonner pour le mettre au point… En premier lieu, la fosse doit avoir… Comment dire ?… des dimensions optima.

— J’ai trouvé qu’une bonne fosse devait avoir 50 mètrès de long, 6 mètres de large, et 3 mètres de profondeur.

Il leva la main qui tenait le monocle :

— Second point, et qui m’a donné beaucoup de mal : La disposition des fagots et des corps. Vous comprenez, elle ne doit pas se faire au hasard. Voici comment je procède : Je mets une première couche de fagots sur le sol. Sur cette couche je place une centaine de corps, et – c’est là le point important, Sturmbannführer ! – entre les corps je place d’autres fagots. J’allume ensuite avec des chiffons imbibés de pétrole, et quand le feu est bien pris, et alors seulement, j’ajoute des fagots, je jette de nouveaux corps…

Il fit un petit geste de la main :

— Et ainsi de suite…

Il leva son monocle :

— Troisième point : La graisse.

Il me regarda.

— Vous devez savoir, reprit-il, qu’au début, la combustion était gênée par l’énorme quantité de graisse qui se dégageait des corps. J’ai cherché une solution…

Il eut un petit rire courtois :

— … et j’ai trouvé. Je donne une pente à la fosse, je perce des rigoles d’écoulement, et je récupère la graisse dans un réservoir.

Je dis :

— Herr Standartenführer, les détenus qui puisaient cette graisse dans les seaux…

Il eut un petit sourire de triomphe.

— Précisément.

Il mit ses deux mains à plat sur la table, et me regarda d’un air fin :

— Ils en arrosent les corps. C’est toute l’astuce. J’arrose les corps avec une partie de la graisse qu’ils dégagent… Pourquoi ?

Il leva la main droite :

— Beaucoup de graisse gêne la combustion, mais un peu de graisse l’active. Par temps de pluie, par exemple, l’arrosage est précieux.

Il ouvrit son étui en or, me le tendit, le tendit à Setzler, et nous donna du feu. Puis il prit une cigarette, éteignit son briquet, le ralluma, et présenta sa cigarette à la flamme.

Je dis :

— Herr Standartenführer, quel est le rendement par 24 heures d’une fosse de ce genre ?

Il eut un petit rire :

— Par 24 heures ! Mais vous voyez décidément les choses en grand !

Il me jeta un regard de côté, son visage redevint sérieux, et il reprit :

— Vous comprenez, le rendement par 24 heures ne se pose pas pour moi. Je n’ai jamais de telles quantités à traiter. Cependant, je puis vous dire mon rendement par heure. Il est de 300 à 340 unités ; 340 par temps sec, et 300 par temps de pluie.

Je fis le calcul et je dis :

— 8 000 corps par 24 heures !
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beeshopbeeshop17 août 2008
« Je passai la semaine qui suivit dans une angoisse terrifiante : le rendement de Treblinka était de 500 unités par 24 heures, celui d’Auschwitz devait être, selon le programme, de 3000 unités ; dans quatre semaines à peine, je devais remettre au Reichsführer un plan d’ensemble sur la question, et je n’avais pas une idée.

J’avais beau tourner et retourner le problème sous toutes ses faces, je n’arrivais même pas à entrevoir sa solution. J’avais vingt fois par jour la gorge douloureusement serrée par la certitude de l’échec, et je me répétais avec terreur que j’allais lamentablement échouer, dès l’abord, dans l’accomplissement du devoir. Je voyais bien, en effet, que je devais obtenir un rendement six fois plus élevé qu’à Treblinka, mais je ne voyais absolument aucun moyen de l’obtenir. Il était facile de construire six fois plus de salles qu’à Treblinka, mais cela n’aurait servi à rien : il eut fallu avoir aussi six fois plus de camions, et là-dessus, je ne me faisais aucune illusion. Si Schmolde, en dépit de toutes ses demandes, n’avait pas reçu de dotation supplémentaire, il allait de soi que je n’en recevrais pas non plus.



Je m’enfermais dans mon bureau, je passais des après-midi à essayer de me concentrer, je n’y parvenais pas, l’envie irrésistible me venait de me lever, de sortir de ce bureau dont les quatre murs m’étouffaient ; je me forçais à me rassoir, mon esprit était un blanc total, et j’éprouvais un profond sentiment de honte et d’impuissance à la pensée que j’étais inférieur à la tâche que le Reichsführer m’avait confiée. »

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lehane-fanlehane-fan08 mai 2011
J'apportai immediatement une amélioration notable au systeme de Treblinka . Je fis inscrire sur les deux batiments : " Salle de désinfection " , et je fis installer , à l'interieur , des pommes de douche et des tuyauteries en trompe-l'oeil , pour donner l'impression aux détenus qu'on les amenait là pour se laver . Toujours dans le meme esprit , je donnai à l'Untersturmfuhrer de service les instructions suivantes : il devait annoncer aux détenus qu'apres la douche , du café chaud leur serait servi . Il devait , en outre , entrer avec eux dans " la salle de désinfection " et circuler de groupe en groupe en plaisantant ( et en s'excusant de ne pouvoir distribuer du savon ) jusqu'à ce que tout le monde fut entré .
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Videos de Robert Merle (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Merle
Malevil est un film français de science-fiction postapocalyptique de Christian de Chalonge sorti en 1981, librement inspiré du roman de Robert Merle, avec Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jean-Louis Trintignant, Robert Dhéry et Jacques Villeret
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