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Et qui va promener le chien? de
Stephen McCauley
A vrai dire, l'idée d'être assis pendant plus d'une heure en face de mon père, autour d'une table de dîner pas très large, me donnait l'impression d'être extrêmement vulnérable, d'autant que la table en question allait être couverte d'objets pointus.
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Par brigetoun, le 29/05/2010
L'objet de mon affection de
Stephen McCauley
Tes amis sont peut-être des intellectuels de gauche larges d'esprit qui trouvent que ta façon de vivre est tout à fait banale, mais, crois-moi, je me vois mal, dans le style soirée romantique, déboucher une bouteille de vin et dire à Cici que mon frère est homosexuel. Elle est toute jeune, toute fraîche. C'est le genre de fille qui est parfaitement capable de ne pas comprendre ce que le mot veut dire.
- J'espère qu'à la réception j'aurai le temps de le lui expliquer.
- Tu pourrais au moins prendre la bonne décision, comme tu le disais toi-même si justement, et épouser cette pauvre fille.
- Franck tu délires. Pourquoi voudrais-tu que je l'épouse ?
- Pour sauvegarder les apparences, Georges. Les apparences, tu vois ce que c'est ?"
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Par brigetoun, le 29/05/2010
L'objet de mon affection de
Stephen McCauley
Paul avait les cheveux un peu sales, gras, les yeux ourlés par la fatigue. Je cessai de l'écouter pour me concentrer sur le charme qu'il dégageait en cet instant précis - il n'était pas beau, ses traits n'étaient pas parfaits, mais il avait beaucoup de charme ; il avait quelque chose d'excitant, il paraissait vaguement bouffi après une semaine d'excès de nourriture et de sommeil, et il se contrefichait de son aspect.
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Par line70, le 24/03/2011
La vérité ou presque de
Stephen McCauley
Si l'on élimine toute trace de désir et de passion de l'acte sexuel, cela finit tragiquement par ressembler à une machine à sous: insérez la pièce, abaissez la manette, et espérez, paralysé par l'attente, que vous allez toucher le jackpot.
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Par zazimuth, le 29/08/2010
Et qui va promener le chien? de
Stephen McCauley
Il existe une frontière ténue entre le luxe admirable de ne rendre compte de son temps à personne et la solitude de savoir que personne ne se soucie de ce qu'on peut bien en faire. (p.10)
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Par brigetoun, le 29/05/2010
L'objet de mon affection de
Stephen McCauley
Elle me parut gênée, comme si elle se sentait responsable de ce qui s'était passé entre Joley et moi.
"Je sui vraiment désolée, me dit-elle.
- Cela vaut sans doute mieux, lui répondis-je.
- Oui, je sais, mais je suis vraiment désolée.
- ça n'est pas de votre faute.
- Non, bien sûr, mais... Il faut reconnaître qu'il a de beaux yeux.
- S'il vous plaît. Ne retournez pas le couteau dans la plaie.
- Excusez-moi Georges. Il faut m'excuser. Je ferais mieux de réfléchir à ce que je dis."
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Par line70, le 24/03/2011
Sexe et dépendances de
Stephen McCauley
Pourquoi sommes-nous sur terre ? Quel est le but de l'existence ? Quel sens tout cela a-t-il ? Je n'ai jamais eu ce genre d'interrogation. Quand on vit dans le semi-pessimisme et que l'on n'attend pas grand-chose de soi-même, ce n'est jamais un grand choc ni une énorme déception de découvrir que sa propre existence est insignifiante et que la vie en général n'a aucun but.
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Par Myrtle, le 16/07/2011
(Autre) Homme de Ma Vie (l') de
Stephen McCauley
Au cours des dix dernières années écoulées, j’avais commencé à affronter les différents défis et déceptions liés à l’âge, à l’incertitude financière et à la réalité en général en dressant mentalement l’inventaire des compensations que j’avais baptisé la liste « au moins ». Je m’y référais lorsque j’avais pris une mauvaise décision, comme celle d’ouvrir mes relevés de compte, ou après m’être vu dans un miroir installé dans une pièce bien éclairée. - Mes fonds diminuent mais, au moins, j’ai encore de l’argent à perdre. - J’ai les cheveux grisonnants mais, au moins, il me reste des cheveux. - Je ne mérite pas entièrement la promotion dont j’ai envie mais, au moins, la concurrence ne la mérite pas entièrement non plus. - Mon visage ressemble peut-être à un relevé topographique des Andes mais, au moins, je n’ai pas de cancer de la peau. La dernière entrée de la liste, vers laquelle je m’acheminais peu à peu, serait un aveu général de défaite et de désespoir : Au moins, je suis encore en vie.
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Et qui va promener le chien? de
Stephen McCauley
[ Incipit ]
Le matin où j'ai reçu la lettre de Louise Morris m'annonçant son arrivée en ville, j'étais assis dans mon lit, plongé dans la lecture des "Hauts de Hurlevent". J'essayais de trouver un commentaire profond que je pourrais resservir cette semaine-là aux élèves de mon cours pour adultes. Il était un peu plus de dix heures et déjà la chaleur montait, en même temps qu'une humidité confortable. L'été avait été un bain de vapeur, chaque journée se révélant plus intolérablement léthargique que la précédente, mais on venait de dépasser la mi-août et je m'étais habitué au temps. J'aimais croire qu'en y résistant stoïquement, mon caractère allait s'endurcir, vertu que je ne pouvais me permettre de négliger, quel que fût le prix à payer. J'avais fêté mes trente-cinq ans au printemps et pensais que cette histoire de caractère, c'était pour tout de suite ou jamais.
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Et qui va promener le chien? de
Stephen McCauley
Le problème, c'est qu'à force de partager la maison avec quelqu'un d'aussi beau que Marcus, je finissais par considérer son visage comme tout à fait normal. Mais à chaque fois que je rencontrais un miroir, il me fallait subir la comparaison.